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EAN : 9782264038555
176 pages
Éditeur : 10-18 (07/10/2004)
4.16/5   158 notes
Résumé :
Mémoires sauvés du vent, poussières d’Amérique : c’est le petit poème qui ponctue la remontée dans le temps du narrateur de ce livre. Il a douze, treize ans à l’époque, il porte des tennis « fondues » à ses pieds et pêche de charmantes truites au bord d’un étang, fréquenté par des gens bizarres… Et l’on découvre petit à petit, au fil d’un texte dont le lyrisme est aussi délicat que minimal, la puissance tragique d’un souvenir, grain par grain, comme une « poussière ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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TerrainsVagues
  15 juin 2019
Depuis le temps que j'avais noté ce rendez vous avec Richard Brautigan, j'avais toujours trouvé une excuse pour le décommander. Vous savez ce que c'est, les titres qui grillent tout le monde dans la file d'attente de nos lectures prévues et qui repoussent les rencontres qu'on s'était promis d'honorer plus ou moins rapidement. Un billet de Blackbooks sur « Mémoires sauvés du vent » et voilà comment ce rencard est devenu d'un coup prioritaire.
Bon, comment dire… Je crois que c'était le moment pour Brautigan vu mes dernières lectures. Je suis dans une période « fracassés de l'intérieur » ou « rebelles qui peuvent changer le monde » et j'ai pas trop envie d'en sortir pour l'instant à part pour de doux moments de poésie.
Dans la famille « fracassés de l'intérieur » je voudrai Brautigan. Bonne pioche.
Par contre « Mémoires sauvés du vent » je suis pas sur qu'il me fallait ce titre pour une première rencontre ou plutôt pour mes lectures du moment.
L'Amérique d'après guerre, 47 / 48, ça m'excite pas vraiment pour tout vous dire. La période n'y est pour rien mais l'Amérique toutes époques confondues bah… c'est pas mon truc on va dire.
Oui je sais, Brautigan, j'avais des indices quand même mais sait-on jamais...
Les souvenirs d'enfance de Richard Brautigan, c'est pas que ça ne m'intéresse pas mais dès le début je me dis que même s'il n'y a que 163 pages, je risque de trouver long. J'essaye bien au début, pour me motiver, de me dire que les racines du futur bordel intérieur sont peut être là mais après quelques pages, c'est mort. Je n'arrive pas à entrer dans le bouquin, pire, je m'ennuie. Je dois me rendre à l'évidence, les souvenirs d'enfance de Richard, aujourd'hui, je m'en fous.
Que de redondances dans ces pages où les questions existentielles de l'auteur à 12 ans, tournent autour du nombre de poissons pêchés et non mangés par un couple de pêcheurs bien barrés, et une fixette sur les hamburgers. Hamburgers qui sont la clé d'un drame, fil rouge du bouquin. Pour ce qui est du drame, le suspens bah, c'est plombé dès le début.
J'irai pas jusqu'à dire que je reste sur ma faim car les poissons et les hamburgers m'ont plutôt occasionnés une indigestion mais quelle déception quand même.
En refermant le bouquin je me suis dit qu'il y avait erreur. C'est pas un bouquin c'est un scénario. En fait ce bouquin est un film et un film qui sous cette forme serait probablement excellent avec la voix off de l'auteur trente ans plus tard. Vu comme ça, c'est bien écrit. Je n'ai malheureusement pas ressenti la poésie croisée dans les billets lus sur babel mais je n'en resterai pas là avec Brautigan.
Je vais persévérer et laisser dans ma file d'attente « Journal japonais » et « Il pleut en amour » qui seront certainement plus à mon gout afin de rencontrer enfin Brautigan le poète.
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marion_b
  24 mars 2013
Comment ai je pu ignorer si longtemps l'existence de BRAUTIGAN !? Quel gâchis !!!
Maintenant que j'ai comblé cette lacune, j'ai hâte de le découvrir encore et encore...
Tout en féerie, petites touches gracieuses et détails bruts, ce poète des petites sensations a fait vibrer que dis je frissonner, trembler en moi des cordes sensibles que je ne soupçonnais même pas.......Mémoires sauvés du vent ne se raconte pas, il se ressent, ou pas, j'imagine. Pour moi c'est une révélation!
PS: Je remercie Thirdlake qui à l'insu de son plein gré (comme dirait l'autre) en ouvrant sa bibliothèque et ses impressions à des incultes comme moi, a su me donner l'envie de découvrir ce très bel auteur si singulier.

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batlamb
  02 septembre 2019
Comme une brise incessante, le temps balaie les souvenirs, les dissémine et les associe étrangement dans la mémoire, d'une façon elliptique. Un mauvais choix ressassé, des amitiés fugaces, d'anciennes obsessions (culinaires, ici)... La continuité entre ces éléments est oblitérée. Nous échouons à saisir pleinement ce que nous avons été. Il n'en reste toujours que des pièces rapportées. Alors, dans son dernier roman, Brautigan s'éparpille et digresse, pour s'approcher du réel tel que le perçoit un adulte se retournant sur un passé traumatique.
La langue du narrateur entremêle les accents de l'enfance et de l'âge adulte : naïveté et mélancolie composent une poésie ludique imposant un nouveau rythme au temps qui passe. le récit étire sa description du passé pour laisser exister la rassurante étrangeté des marginaux américains d'autrefois. Ceux-ci sont parfois abandonnés dans un plan fixe au détour du récit, et peuvent ainsi conduire leur camionnette « contre le grain du réel encore quelques temps ».
Le narrateur ne juge pas, ou très peu. Il écoute parler ces personnages aux passés et aux motivations lacunaires, rendus absurdes à nos yeux par le manque de contexte, pendant que des leitmotivs sinistres rappellent la fuite du temps : enterrements d'enfants (au sens propre et figuré), rêves sans lendemain... le narrateur ne peut guère s'accrocher qu'à des images diffuses, comme des ossements effrités. Un simple souffle suffit à les disperser. « Mémoires sauvés du vent, poussière d'Amérique ».
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carnet-de-voyage
  24 janvier 2016
Difficile de commenter un livre de Brautignan.
L'auteur en lui-même est si complexe.... Je pourrais dire qu'il y a ceux qui adorent Brautignan et ceux qui ne le connaissent pas.
"Mémoires sauvés du vent, Poussières d'Amérique" n'est pas un livre truffé de courant d'air. Bien au contraire.
L'écriture est fine, délicate....
On y perçoit une légère brise sur les phrases de Brautignan...
Ce même petit vent qui fait friser la surface de l'eau où s'ébattent les truites argentées là où un étrange couple s'installe avec tout le confort de l'époque (années 50) pour une hypothétique pêche d'anthologie....
Là où les vieux ne perdent pas tant la mémoire que les autres prétendent....
Là où les blessures de cette Amérique sont plus profondes que ne pense le "bien- pensant de Washington"...
Là où la poussière colle aux pieds de ceux-là qui savent encore d'où vient le vent et où il va....
Le vent emporte bien des choses mais quelques Mémoires sont sauvées du vent, même si ces "Mémoires" ne sont que des poussières d'Amérique...
Poussées par le vent, elles resteront éternelles...
Ce livre est intemporel.
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muse2805
  25 mai 2012
J'aime Brautigan tout simplement. J'aime sa façon de retrouver ses mots d'ados américain des années 50. J'aime les images qu'il emploie pour que tout devienne simple à comprendre.. pour lui, mais qui me sonne comme une poésie insolente , avec des phrases ritournelles qu'il ressasse comme un enfant rechante les chansons de son enfance.Etre intelligent sensible et gardant cette naïveté originelle,conscient, ô combien de ses propres incapacités et de la gravité des choses, il aime les gens sans demander de retour... un symptôme "génifiant " non?
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
MyrtleMyrtle   22 juin 2012
Je me suis rejoué bien des fois cette journée dans ma tête, comme si je faisais le montage d'un film dont j'aurais été le metteur en scène, le monteur, le scénariste, les acteurs, la musique, enfin, tout quoi!
J'ai un studio de cinéma gigantesque dans la tête et je n'ai cessé d'y travailler depuis le 17 février 1948. Cela fait maintenant trente et un ans que je travaille sur le même film. Je crois qu'il s'agit d'un record. Je ne pense pas arriver à le finir un jour.
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MyrtleMyrtle   22 juin 2012
Dans ce temps-là, les gens se préparaient eux-mêmes l'imagination, comme on fait sa cuisine soi-même. Maintenant, nos rêves ne ressemblent plus guère qu'à n'importe quelle rue d'Amérique, bordée des deux côtés de restaurants à succursales. Je me dis parfois que même notre digestion n'est qu'une bande sonore que les chaînes de télévision font enregistrer à Hollywood.
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isabrootisabroot   12 janvier 2017
Ils mettaient beaucoup de sucre dans leur café. Tous les soirs ils consommaient un paquet de sucre d'une livre. Vous auriez pratiquement pu marcher sur la surface de leur café. Pour une fourmi qui aurait bu leur café, ç'aurait été le paradis.
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batlambbatlamb   02 septembre 2019
Il avait installé son télescope au grenier et il mélangeait toujours les constellations. Il n’arrivait jamais à se faire une idée précise de ce qu’était Orion et de ce qu’était la Grande Ourse. Pour une raison mystérieuse, il ne put jamais accepter le fait que la Grande Ourse avait l’air d’une grande ourse, mais au moins il n’était pas tout le temps en prison pour vol de voiture.

Il travaillait dur et donnait tout son argent à sa femme ; elle, elle couchait avec le facteur à la moindre occasion. Cela ne faisait pas vraiment une vie, mais le fait d’être toujours interloqué par la Grande Ourse permettait quand même de lui donner une toute petite particule, grosse comme une rognure d’ongle, de continuité et de sens.
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line70line70   19 mars 2011
Les meubles neufs n'ont aucun caractère, alors que les vieux meubles ont toujours un passé. Les meubles neufs sont toujours muets, mais les vieux meubles parviennent presque à parler. Il est pratiquement possible de les entendre parler du bon vieux temps et des difficultés qu'ils ont traversées.
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Videos de Richard Brautigan (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Richard Brautigan
Le choix de Mathias Malzieu : « C'est tout ce que j'ai à déclarer » de Richard Brautigan
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