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EAN : 9782731613001
70 pages
Les Humanoïdes associés (01/01/1998)
4.05/5   10 notes
Résumé :
Bien plus qu'une adaptation, Dracula est une interprétation en clé grotesque du personnage créé par Bram Stocker. Breccia y développe tout son savoir aire en termes de découpage, cadrage et construction de la page : une véritable "leçon" de bande dessinée.
Cette nouvelle édition présente en appendice l'intégralité des croquis préparatoires réalisés par Breccia.
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
jamiK
  09 mai 2018
Comme des vitraux qui auraient fondu, des couleurs froides une ambiance étrange, pas particulièrement angoissante, plutôt baroque, certaines illustrations sont magnifiques. C'est une adaptation muette, très libre, du mythe de Dracula. Breccia y glisse quelques raillerie, il y a un peu d'humour, mais le chapitre intitulé “Je ne suis plus une légende est sans fioritures, il est directement question de la dictature argentine (1976-1983). Ce Dracula un peu rococo, presque burlesque en devient finalement folklorique comparé à la réalité, cette réalité est-elle le fléau qu'il nous a apporté Sous la forme d'un général couvert de médailles (Videla ?) ou comme le laisse penser le titre du chapitre, le dépasse. Un panneau publicitaire dans un décor de misère “Todo va mejor con Coca Cola”. Cette bande dessinée toute jolie, baroque, burlesque, laisse de douloureuses questions, du grand Art !
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Alcapone
  15 février 2014
Avec sa bouche lippue et ses allures grotesques, le Dracula d'Alberto Breccia n'a rien du vampire fascinant et ténébreux. Ses mésaventures improbables pétries d'humour et d'ironie sous-tendent pourtant une colère froide qu'une mise en contexte par le préfacier Carlos Sampayo permet de comprendre : "En 1982 et en Argentine, Alberto Breccia entreprit de dessiner sa version personnelle de Dracula ; il devait terminer un an plus tard, en synchronisme parfait avec la dernière période de la dictature militaro-financière qui avait mis le pays à genoux pendant sept ans. Encore que seul l'avant-dernier épisode faisait directement allusion à la férocité de cette organisation d'assassins, la totalité de cette oeuvre constitue la risposte personnelle de Breccia à la situation que vivaient à l'époque les argentins, dont le principal antagoniste était précisément le sang." (extrait de la préface). Travail donc engagé que cette bande-dessinée du talentueux dessinateur argentin. Entre autres situations cocasses, Dracula se bat contre Superman ou fait la rencontre d'Edgar Poe et de son corbeau. Ainsi les cinq histoires tragi-comiques imaginées par Alberto Breccia (La dernière nuit du carnaval, Latrans canis non admortet, Un coeur doux et éploré, Je ne suis plus une légende et Poe ?... Puaf !) parodient-elles subtilement sous des couverts de bande-dessinée humoristique, tous les despotes de la planète. Grâce à cet ouvrage, La dictature militaire argentine (1976-1983) personnifiée par le ridicule vampire de Breccia a donc trouvé un visage : celui d'un monstre caricatural toujours surpris la main dans le sac...
Dessiner la dictature en la dénonçant sans un mot (l'album est en effet totalement exempt de texte !), voilà un tour de force merveilleusement réussi par Alberto Breccia. Les planches superbes parlent d'elles-mêmes. Les dessins presque enfantins distillent ouvertement sur chaque planche des détails funèbres ou accablants qu'on ne peut pas ignorer et qui "trahissent" l'intention de Breccia. Donc à ceux qui seraient tentés de croire que ce livre relève de la littérature jeunesse, je confirmerai que ce livre ne se destine pas nécessairement à un jeune public. Quant à son traitement graphique, Breccia s'offre même le luxe d'une somptueuse mise en couleur comme s'il voulait conjurer le sombre sort des 30 000 desaparecidos arrêtés ou tués durant la sale guerre d'Argentine (drôle d'expression quand on y pense : avez-vous connaissance de guerres propres ?). le style adopté ici par le dessinateur (Breccia a produit d'autres oeuvres qui n'ont aucun rapport. Cf. L'éternaute du même auteur) peut déplaire pour ses traits naïfs, grossiers ou ultra caricaturés. de mon point de vue, nous tenons avec ce Dracula une oeuvre de qualité qui convainc à la fois par ses illustrations et son intention. C'est divertissant, parfois drôle et paradoxalement léger. Bref, c'est à lire !
Quel dommage qu'Alberto Breccia ne soit plus. Cette belle mise en bouche me frustrerait presque tant j'ai aimé ce travail et que je sais qu'il ne publiera plus de nouvelles bandes-dessinées. L'éminent illustrateur qui a enseigné à la Escuela Panamerica de Arte tout comme de Hugo Pratt, était comme le montre ses collaborations avec Oesterheld ou ses travaux sur les oeuvres d'Edgar Poe (cf. le coeur révélateur mais aussi dans le même esprit le chat noir de Horacio Lalia), Umberto Ecco ou Lovecraft, passionné par la littérature (il était en l'occurrence attiré par les mêmes auteurs que moi). Les tomes de sa série Perramus sont introuvables ou hors de prix. Cet effet de frustration me donne d'autant plus envie de les lire. Mais je vais pour l'instant me contenter de lire les titres disponibles. Soit dit en passant, si une âme charitable voulait bien me prêter (je dis bien prêter) ses exemplaires de Perramus, je le bénirai jusqu'à la 30e génération (bon, je sais, je peux toujours rêver)...
Lien : http://embuscades-alcapone.b..
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belette2911
  17 mai 2020
J'ai eu du mal, au départ, d'apprécier cet ouvrage, car j'ai détesté les dessins ! Ils sont horribles, comme les couleurs…
Le personnage de Dracula est grotesque, drôle, amusant… Loin de ce que l'on connaît. Je me suis même surprise à rire à la fin des différents récits qui composent cette bédé sans paroles.
Mais ce n'est pas vraiment le vampire de Stoker qui est visé, il sert plus d'avatar à l'auteur pour parler de la dictature et des disparitions (30.000 morts) qui eurent lieu durant les heures sombres en Argentine.
Évidemment, il vaut mieux le savoir au départ, et heureusement, dans la préface, c'est expliqué, sinon, sans ces données, le lecteur ne comprendrait pas l'analogie qui est faite entre ce vampire suceur de sang (et donc, assassin) et ceux qui firent régner la terreur.
Dracula sortant de son château, suivi par sa bande de loups, a sans doute aussi sa signification et les loups ne sont pas que les mammifères, que le Canis Lupus, mais les sbires des dirigeants, ceux qui faisaient le sale boulot…
Si les dessins sont moches, ils sont, en revanche, riches de détails funèbres et macabres, notamment dans le château du vampire.
Les nouvelles intitulées "La dernière nuit du carnaval", "Latrans canis non admortet", "Un coeur doux et éploré" et "Poe ?… Puaf !?" sont burlesques, amusantes, on sourit, on pouffe.
Par contre, changement de ton dans « Je ne suis plus une légende » car là, plus de doute, les despotes sont dessinés et le sang coule car ce sont eux qui tuent les gens et Dracula qui se retrouve couvert de sang. Les rôles sont inversés…
Il y a même une scène de torture, des corps entassés, des veuves pleurant au cimetierre, une scène de pédophilie, la famine règne, le tout sous une banderole qui proclame que "Todo va mejor con Coca Cola". On ne rigole plus.
Lorsque j'ai ouvert cette bédé et découvert ces dessins horribles et sans paroles, je pensais la lire et faire une chronique vite fait bien fait, persuadée qu'elle serait lapidaire… Ben non.
Oui, c'est horriblement mal dessiné (pas dans mes goûts) mais bordel de dieu, c'est profond et fallait être couillu pour réaliser cela en pleine dictature.
Une revisite du mythe Dracula avec humour car on découvre un Dracula amoureux, luttant contre un Superman, chez le dentiste, devenant chrétien…
Mais sous le couvert de l'humour, il y a de la profondeur et une attaque contre tous les dictateurs, despotes, tyrans, du monde.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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7269
  05 novembre 2021
5 épisodes dont le héros/anti-héros est Dracula, qui se jouent de la représentation du personnage et le pastiche. le dessin est chargé, très expressionniste et torturé. Il nécessite beaucoup d'observation pour comprendre certaines cases. Celles-ci s'adaptent à l'univers inquiétant, très gothique. le traitement de la perspective est très impressionnante. Il faut avoir l'humour noir pour apprécier.
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Vidéo de Alberto Breccia
Chaque année depuis 2013, la revue de littérature du SoBD offre un panorama des ouvrages consacrés à la bande dessinée parus depuis sa dernière édition. Mettant en avant les études et les discours sur la BD, elle propose une approche critique et argumentée d'une sélection d'ouvrages importants. En février 2021, la 8e édition de la revue de littérature s'est tenue dans le cadre du e-SoBD à la BPI. Introduite par Nathanaël Travier (00:00), elle rassemblait (de gauche à droite sur la vignette) Antoine Sausverd, Florian Rubis, Renaud Chavanne, Manuel Hirtz et Harry Morgan. Après un rappel de ce qu'est la Revue de littérature (00:00:47), suivi d'une présentation des intervenants (00:02:00) et du panel général des livres pris en considération en 2020 (00:03:15), les participants reviennent longuement sur les entretiens entre Juan Sasturain et Alberto Breccia, paru chez Rackham, un livre qui a été récompensé par le Prix Papiers Nickelés SoBD en 2020. Puis la discussion s'arrête (00:26:10) sur les différentes collections qui publient plus ou moins régulièrement des livres sur la bande dessinée, et plus particulièrement sur « Mémoire Vive » aux éditions PLG (00:32:40), sur titres des Impressions nouvelles et sur « Iconotextes » des Presses Universitaires François Rabelais de Tours (00:38:48). Les éditions L'Harmattan sont également évoquées à cette occasion (00:45:25), et notamment au travers du livre de Sandra Federici, L'Entrance des auteurs africains dans le champ de la bande dessinée européenne française (00:46:06). La conversation aborde ensuite les catalogues d'exposition (00:51:20), et notamment ceux édités à l'occasion du FIBD 2020 et des expositions sur l'oeuvre de Tsuge (Être sans exister - 00:52:52) et de Calvo (Un maître de la fable - 00:59:54), puis évoque l'ouvrage collectif Histoire de la bande dessinée polonaise (01:05:45) et s'interroge sur la multiplication des essais sur la bande dessinée (01:09:18), dont par exemple ceux du « Club de la bande dessinée », une collection de la maison Aédon, ou ceux de « La Fabrique de héros » des Impressions nouvelles (01:12:33). Quelques-uns de ces essais, consacrés à Batman, Barbarella et Astroboy, sont commentés par les intervenants. Les échanges sont plus courts concernant le Guerre civile espagnole et bande dessinée (01:30:54), de Michel Matly (Presses universitaires Blaise Pascal). Puis les intervenants abordent deux ouvrages portant sur les dessinateurs de presse (01:34:20) : Traits engagés de Fabienne Desseux (01:36:20) et Les Dessinateurs du peuple d'Henri Pinaud (01:44:50). Enfin, la revue de littérature s'achève sur une monographie consacrée à Pierre Christin (01:49:20), co-éditée par la maison Caurette et la revue dBD.
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