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Friedrich Hölderlin (Adaptateur) Sophocle (Antécédent bibliographique)Maurice Regnaut (Traducteur)
EAN : 9782851814524
84 pages
L'Arche (01/03/2000)
4.19/5   36 notes
Résumé :
Antigone face à Créon. Dans la tragédie de Sophocle, le conflit entre le souverain de Thèbes et la fille d’Œdipe mène inévitablement à la destruction. Les deux protagonistes de la famille des Labdacides campent implacablement sur leurs positions. Hegel y voyait l’incarnation du tragique : le défenseur de la raison d’État contre la protectrice de la dignité familiale, deux causes ayant les mêmes droits s’affrontent avec force et se détruisent. De retour d’exil en 194... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique

J'aime le personnage d'Antigone, depuis ma découverte, adolescente, de la version d'Anouilh. J'en ai lu plusieurs depuis lors. Jamais je n'avais croisé de version plus proche de mon ressenti initial.

Et j'aime, je l'avoue, le prologue proposé par les éditions de l'Arche, celui de Berlin 1945, plutôt que le nouveau prologue ajouté en fin de livre. J'aime cette vision moderniste de ce mythe antique, ce qui me paraît respecter justement le sens même d'un mythe.

Cela ne me donne qu'une envie, approfondir l'oeuvre de ce dramaturge, trop peu joué, en tout cas dans mon pays.

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Parmi les versions d'Antigone, à mon avis, celle de Brecht est la plus proche de nous, celle qui explique le plus notre condition actuelle, et la condition de ces pays qui agonisent sous la tyrannie, de ces peuples tiraillés entre le choix de la révolte et celui de l'endurance passive. Elle se lit d'un seul trait.

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Antigone tout le monde ou presque connaît ou en a entendu parler. Personnellement, je découvre cette version germanique, ayant eu envie après ma précédente lecture d'interroger le concept de tragédie. J'avais encore en tête la version de jean Anouilh, plus que l'original de Sophocle.

C'est donc en comparant ces deux versions bien nettes dans mon esprit que je vais commenter brièvement ce livre.

Rien à voir.

Ici, le personnage central est Créon, l'homme d'état. Certains le trouvent "dictatorial", personnellement je préfère le qualifier de pragmatique. Efficace comme on le dirait de nos jours. Il dirige Thèbes d'une main de fer pour son bien selon ses critères : enrichissement grâce à l'asservissement des cités voisines. Brecht ne dénonce pas Créon pour Créon, il pose la question de l'exercice du pouvoir temporel. Simplement, là où Anouilh décrivait un Créon presque victime de sa fonction, Brecht lui fait endosser pleinement le rôle, avec volontarisme.

Le Créon d'Anouilh veut sauver Antigone malgré elle, celui ci n'en a cure, elle doit mourir pour l'avoir défié.

En creux seulement se pose la figure de la résistance des architectes puis victimes de ce système qui tourne finalement à la tragédie. Ses fils, les Anciens cupides, Antigone et Ismène bien sûr.

C'est très beau et fait réfléchir comme seule la littérature sait le faire.

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Ouf ! quelle gifle ! quelle trouvaille que ce dialogue entre les deux soeurs en préambule ! Ismène et Antigone, quelles héroïnes ! Que de nuances, de suggestions dans une langue (traduite bien sûr) claire, aisée, forte. Antigone : une reine. Créon, l'autocrate, dominé tout du long par une femme devant l'assemblée des Anciens consternée ; un chef qui supplie presque ses victimes de fléchir, un politicien médiocre, un chef de guerre sanguinaire et calamiteux.

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Le mythe d'Antigone raconté par la célèbre pièce de théâtre de Sophocle est sans doute l'un des plus célèbres de l'Antiquité grecque et de la civilisation européenne. La version de Bertolt Brecht insiste sur la violence de la dictature et sur les faiblesses des dirigeants totalitaires qui conduisent des peuples entiers à leur perte et agissent pour des motifs personnels. Brecht qui a lui même vécu les persécutions nazies à s'en exiler aux États-Unis utilise l'histoire contée par le dramaturge grec pour souligner les aberrations et l'oppression du pouvoir dictatorial et l'on peut lire en toile de fond une critique très net de l'Allemagne des années 1930 à 1945. Cette pièce est très intéressante, et très bien écrite, il elle amène à réfléchir sur la notion de pouvoir et de décision. Malgré le titre "Antigone", c'est bien Créon et son comportement dictatorial qui est au coeur de l'histoire.

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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
CREON.
Même si donner des ordres m'était imposé,
Je le ferais à ma manière.
HEMON.
A ta manière, mais que cette manière soit la bonne.
CREON.
Comment pourrais-tu en juger,
Ignorant ce que je sais ? Es-tu mon ami,
Quelle que soit la manière dont je puisse agir ?
HEMON.
J'aimerais que tu agisses de telle sorte
Que je puisse être ton ami, j'aimerais
Que tu n'affirmes pas que toi seul as raison
Et nul autre. Un homme qui, sans autre avis que le sien,
Estime qu'il possède une âme, une pensée, un langage
Différents de tous autres, un tel homme,
Si on pouvait l'ouvrir, on s'apercevrait
Qu'il est vide.
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J’ai enfreint ton décret
Parce qu’il était le tien, celui d’un mortel.
Un mortel peut l’enfreindre,
Et je suis simplement un peu plus mortelle que toi. (…)
Mais s’il te semble que j’ai perdu le sens
De craindre la colère des dieux et non la tienne,
Qu’un insensé soit maintenant mon juge.
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Et je dis : quand les affaires vont mal,
On réclame un grand homme, mais on n’en trouve aucun.
La guerre ne peut plus s’arrêter et se casse la jambe.
Le pillage entraîne le pillage et la dureté
Appelle la dureté et plus veut toujours plus
Et se termine par rien. Voilà :
J’ai jeté un regard en arrière et autour de moi.
Vous, regardez en avant et tremblez.
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LES ANCIENS : La sœur avait sans aucun doute
Le droit d’ensevelir le frère.
CRÉON : Le chef des armées, sans aucun doute,
Avait le droit de châtier le traître.
LES ANCIENS : Se réclamer d’un droit contre un autre
Avec l’intention de contraindre
Ne peut que nous mener à l’abîme.
CRÉON : La guerre crée un droit nouveau.
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Jamais un ennemi, même mort, ne devient un ami.
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