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ISBN : 2930607432
Éditeur : Editions Les Carnets du dessert de lune (17/10/2016)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Christophe Bregaint fréquente les réseaux sociaux. On a pu l’y voir publier des citations de Cioran ou encore de Schopenhauer. Ce n’est donc guère surprenant que ce recueil fasse songer à une fresque au fusain, déployant des nuances de gris et se risquant jusqu’au noir le plus profond. « Un homme / A été // Jeté / Dehors // Hors / De / Sa quiétude » peut-on lire en ouverture de l’ouvrage. Le ton est donné. Cette inquiétude fondamentale, constitutive de l’être pensan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Dessert
  11 avril 2017
Christophe Bregaint Encore une nuit sans rêve. Couverture Sophie Brassart. Préface Jean-Christophe Belleveaux. Les Carnets du Dessert de Lune, octobre 2016
ISBN 9782930607436. 13 €
En hauts poèmes verticaux, aux vers très courts, Bregaint raconte comment un être se déglingue, perd ses repères, se fissure jusqu'à trouver sa tombe.
Métaphore puissante du destin de chacun, certes, mais détresse quotidienne aussi de nombre de vagabonds lâchés par la vie, rejetés vers les berges, par mépris, sans aucun regard de compassion, déchus littéralement.
 Bregaint ne passe rien sous silence de ces destins au bord des rues, de ces naufrages abandonnés.
 « Tu t'accoutumes
 Au mépris
 de ces regards qui s'en remettent
 Au vide ». « Tu donnes ta misère/ En pâture » : et pourtant il résiste, cet homme, en dépit de tout, en dépit du jour à recommencer, malgré « cette inertie/ violente ».
 « Seule 
La rue 
Ce symbole d'une cassure
 Te semble solide
 ». le titre du livre, pour être glacial, traduit bien la condition « infirme » d'êtres déjetés, laissés à leur péril. 
Autour de ces êtres, la débâcle, les mirages, les expédients immondes, une vie d'infortune majeure. 
Sur ce thème de l'exclusion du champ des possibles, un livre magistral.

© Philippe Leuckx, à paraître dans la revue Bleu d'Encre.
C'est un recueil noir ; chaque poème consigne une maigre part du désarroi. Christophe Bregaint résume bien son état : Il fait amer / Dans ton esprit. Ou encore il parle avec justesse d'« existence désillusionnée », et les vers se multiplient qui constatent inquiétude, lassitude, manque… Il est en permanence A bord / de l'ennui. Sa poésie verticale et serrée sort à petits mots, vers courts, ainsi le titre du recueil est-il décliné en un tercet. Et ce qu'elle exprime y est de même, infime et minimal, pour reprendre deux adjectifs que le poète emploie. On le lit, en découvrant sa condition, due peut-être à un accident de parcours un peu brusque L'ordinaire / A percuté // Un iceberg… , le mot crash est utilisé plus loin ; ou bien une érosion lente de la vie. Il est au tout début question d'un homme rejeté de la société, et cet homme, c'est toi, puisque l'auteur s'adresse à quelqu'un. Et c'est le terme de déchéance qui le caractérise. On ne sait rien de ce qui le met dans une telle déréliction. Gommé du corps social… SDF mental. Christophe Bregaint a été le coordonnateur du recueil collectif : « Dehors, recueil sans abri » chez Janus . le fait est que toutes les pages consigneront les signes de ce changement définitif confinant au désastre. L'existence revêt une monotonie sans fin : Mêmes / Matins / Semblables / A la marche du silence ou une angoisse infinie du lendemain: On peut déchiffrer / Cette inquiétude / de ne plus voir / L'aurore / Réapparaître Il rajoute même à la page suivante : Seul / le déclin / Est une évidence / Qui te parle / A chaque instant On est bien dans le syndrome de la désillusion, Christophe Bregaint parle même de déperdition, et l'on pourrait aller jusqu'au dégoût s'il n'y avait une absence de jugement et de sentiment, qui n'inclut donc ni regret ni rancune. Quelque part, cette déshumanisation subie fait du héros un étranger dans ce monde, un fantôme dans la nuit sans rêve Un univers / Te sépare / du domaine / Des vivants. L'écriture révèle un travail d'empathie et d'humanité rare. Il y a de la solidarité à offrir ses poèmes de disgrâce comme des cadeaux au nécessiteux. le recueil parle pour lui et sert de passeport pour un lecteur qui évite ou ignore le déclassement si présent dans les grandes villes. Illustration de Sophie Brassart. © Jacmo in Décharge.
Désespoir et désarroi
« Une nuit sans rêve » c'est très décevant mais « encore une nuit sans rêve » c'est carrément désespérant et ce titre correspond très bien à l'atmosphère du recueil de poésie présenté par Christophe Bregaint. Christophe, c'est le préfacier du recueil de poésie de Fabien Sanchez que je viens de lire, un recueil qui dégage une souffrance et une douleur infinies. A coups de vers très courts, juste deux ou trois mots, Bregaint rythme ses poèmes qui expriment la fragilité, le désespoir et le désarroi d'une tierce personne qu'il semble accompagné sur le chemin de sa douleur, comme s'il scandait, sur la pédale de la grosse caisse de son groupe, un vieux rock and roll immortalisé par un de ces chanteurs mythiques qu'il doit, à mon avis, encore admirer. le désespoir et le désarroi des Jimmy Morrison, Kurt Cobain, Freddie Mercury et autres rockeurs maudits planent sur ce recueil comme les corbeaux volent au-dessus des champs de bataille.
Dès les premiers mots le recueil exprime la fragilité : « Un homme / A été // Jeté / Dehors// Hors/ de / Sa quiétude… ». Cet homme est un ami, ou peut-être l'auteur lui-même mais je ne le crois pas, il s'adresse à cet autre par le tu. « Tu as glissé / le long de la paroi… ». « La ligne / de ta petite mort / S'est détraquée… ». « C'est arrivé / Tu t'es perdu… ». Ainsi les vers racontent le destin de celui qui s'est brisé, perdant progressivement tout espoir de redevenir ce qu'il a été. « Ton histoire / N'a pas toujours été / Ainsi // Sans issue… », « Tout est devenu / Tellement vulnérable… »
L'auteur se souvient, s'apitoie, se lamente, sait que plus rien ne sera comme avant, il pleure comme un vieux blues dans le lamento de Billie Holiday. Il n'a plus le courage de laisser croire à ce « tu » qu'il y a un espoir, seul reste le désarroi. « Ton désarroi / Est plus grand que / ton refuge… Tu ne fais plus la différence / entre / le besoin et / le manque // Entre la peine et le désespoir ». A la fin de ce recueil que j'ai lu comme une histoire tragique, comme un chant désespéré, que j'ai écouté comme un rock éthéré, déboussolé, déjanté, il ne reste plus qu'un texte minimum, mais un texte minimum qui prend aux tripes, qui bouleverse tant les mots sonnent juste, tant le désarroi est palpable.
© Denis Billamboz in http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/49377
Avec cette poésie, le lecteur se prend la souffrance de plein fouet. Poésie heurtée, parmi des « débris de vie ». Les premiers mots donnent le ton : « un homme / a été / jeté / dehors. » le livre est ensuite adressé à un pronom. le lecteur ne saisit pas immédiatement à qui s'adresse ce « tu ». Les vers sont brefs, scandés, l'écriture hachurée, rythme rock, la poésie ténébreuse, hors-circuit. le lecteur avance, saisi par tant de déchéance, ne sait pas de trop à quoi s'en tenir. Pourtant des indices sont donnés : l'anonymat, la non-conformité à la société, ce qui est perdu, la lumière cherchée. Sans cesse le « reste / d'un hier » se confronte avec le « rude / présent. » le lexique est assez noir mais comprend aussi des éclaircies, celles qui viennent du passé. Puis, petit à petit se dessinent la rue, le naufrage des sans abris, ces exilés dans leur pays. Tout cela se fait net. Un vrai sujet de société se détache. Avec empathie, Christophe Bregaint prête sa voix aux sans domicile fixe et une parole au plus profond de la souffrance des hommes.
© Cécile Guivarch, in Terre à ciel, janvier 2017
Souffrance-Désespoir-Dénuement-Rue. C'est le récit d'un écorché de la vie, « Passager/Sans horizon », écrit à la seconde personne : « Tu as glissé/Le long de la paroi//Tu as dévissé/Sans cri/Avant d'arriver/Là//Tu portes/Désormais/Les stigmates/De la déchéance ». Déperdition, dépérissement, dénuement, naufrage et désespoir. Un langage Titanic, pourrait-on dire, tisse la métaphore filée de la chute, de l'errance, de l'effacement, de l'engloutissement. Un être qui « effleure les abysses », un être « gommé du corps social », hors circuit, en manque de tout, pour qui « Tout est vide de sens », « Tour à tour/Prostré/Ou/Te traînant ». « Un univers/Te sépare/Du domaine/Des vivants… Chaque jour/Tenter de ne pas perdre pieds/Paume ouverte ».
© Odlile Bonnel in Intercdi

Lien : http://www.dessertdelune.be
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