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Fondation Internationale Jacques Brel (Éditeur scientifique)
EAN : 9782221088494
410 pages
Éditeur : Robert Laffont (30/11/-1)

Note moyenne : 4.54/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Cette nouvelle édition rassemble l'intégralité des textes des chansons de Jaques Brel. Certaines courent dans touts les mémoires et sur toutes les lèvres. D'autres sont moins célèbres. D'autres encore sont demeurées longtemps inédites : celles qu'il écrivit à ses débuts, entre 1948 et 1953, et les toutes dernières, datées de 1977. Toutes sont rassemblées, y compris les chansons de films ou de comédies musicales.
Cet ensemble, publié sous les auspices se la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Wiewowas
  10 juin 2014
J'ai été immédiatement fascinée par les chansons de Brel, Ne me quitte pas et le plat pays, avant de savoir parler le français. Mais lorsque j'ai découvert les paroles je suis tombée en arrêt devant Brel, le poète. D'habitude les livres de ma bibliothèque sont les souvenirs et les reflets d'une amitié mais ce recueil, je l'ai choisi moi-même. Pour ne laisser passer aucune pépite car souvent, portée par la mélodie des chansons, je n'écoute pas assez les textes. (Je dois être plus visuelle qu'auditive ? Étrange pour une musicienne !)
Ce livre contient des extraits des comédies musicales, des chansons de films, un poème symphonique ainsi que des chansons et textes inédits. Mais ce sont Les Textes de jeunesse (1948 à 1953) qui m'ont impressionnée le plus, peut-être parce que je ne les connaissais pas en tant que chansons. Pour les deux poèmes que j'ai cités hier sur le site Babelio (Je suis l'ombre des chansons et Départs), j'ai dû vérifier si les chansons existent. Oui, Brel les chantait, mais je trouve qu'ici les textes priment d'emblée la musique. Parfois j'ai l'impression que ce n'est pas juste un poème, j'imagine l'entendre de la bouche de quelqu'un que j'ai connu, tellement c'est vrai…
Ces textes sont d'une grande richesse. Je les trouve très forts, moi qui suis sensible aux détails réalistes. Brel n'est pas un poète qui compose ses vers dans son fauteuil, il les écrit avec son sang ! Il vomissait de trac pourtant il ne pouvait pas faire autrement que de chanter en public ! Son besoin de « lever le monde » était infini :
J'aurais voulu lever le monde
Rien que pour lui, par la bonté
J'aurais voulu lever le monde
Mais c'est le monde qui m'a couché ! dit « le troubadour ».
Tout Brel est là, sincère, touchant. J'aime sa justesse du mot, sa sensibilité à fleur de peau, la grande imagination dans ses métaphores. Chaque poème est un condensé : un amour, une amitié, une rencontre. C'est lapidaire et poignant. C'est ce qu'il faut dans notre siècle impatient où on survole les oeuvres d'art comme les arbres par la fenêtre d'un train !
Je répète encore : ces poèmes se lisent très bien sans la musique et sans le public. Jugez vous-même leur qualité littéraire en prenant simplement celui-ci : « J'aime les pavés de ma rue Petite rue gentille Leurs ventres sales ont porté Feuilles mortes d'été Mes lettres d'amour jolies». Il évoque « les pavés aux joues humides de rosée »…
En un mot : Brel, ça me rend meilleure. Est-ce la voix de la conscience ?
+ Lire la suite
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Arimbo
  14 août 2020
Un de mes livres de chevet. Brel, un chanteur, un poète, un témoin, notre conscience.
J'ai eu la chance de faire partie de cette génération d'adolescentes et adolescents qui, chaque année, découvrait de nouvelles chansons de Jacques Brel. Mémorable et bouleversant pour moi qui suis du Nord, le Plat Pays, sorti en 1962, que nous avons vite appris à chanter....dans nos veillées.
Et puis, il y eut l'arrêt volontaire du grand poète, d'abord des concerts en 1967, puis des disques je crois, en 1968, jusqu'à ce que sorte en 1977, évènement extraordinaire, son dernier disque merveilleux, Les Marquises, avec ses chansons d'exception, outre celle qui donne son titre à l'album: Jaurès, La ville s'endormait, le Bon Dieu, Vieillir, Orly...
Il y a beaucoup de chanteuses et chanteurs que j'admire, entre autres Trenet, Brassens, Ferré, Aznavour, Nougaro, Gainsbourg, Higelin, Christophe, ...., mais Brel, et dans le même registre, Barbara, c'est viscéral.
Et donc, ma critique ne peut être objective.
Mais je voudrais quand même distinguer, parmi tous les textes, quelques uns qui sont pour moi d'une extraordinaire poésie: Les pieds dans le ruisseau, La lumière jaillira, Une île, Zangra, le Plat Pays, Les Vieux, Amsterdam, Les jardins du Casino (une merveille), L'Ostendaise, Je suis un soir d'été (pour moi, le plus beau texte), Regarde bien petit, L'éclusier, Jaurès, La ville s'endormait, le Bon Dieu, Les Marquises...
Je reproduis ci-dessous le texte de Je suis un Soir d'Été, et les 4 derniers vers saisissant de la ville s'endormait, qui rattrapent ceux, bien misogynes, que l'on trouve par ailleurs, dans le texte.....
" Et la sous-préfecture
Fête la sous-préfète
Sous le lustre à facettes
Il pleut des orangeades
Et des champagnes tièdes
Et les propos glacés
Des femelles maussades
De fonctionnarisés
Je suis un soir d'été
Aux fenêtres ouvertes
Les dîneurs familiaux
Repoussent leurs assiettes
Et disent qu'il fait chaud
Les hommes lancent des rots
De chevaliers teutons
Les nappes tombent en miettes
Par-dessus les balcons
Je suis un soir d'été
Aux terrasses brouillées
Quelques buveurs humides
Parlent de haridelles
Et de vieilles perfides
C'est l'heure où les bretelles
Soutiennent le présent
De lourdes amoureuses
Aux odeurs de cuisine
Promènent leur poitrine
Sur les flancs de la Meuse
Il leur manque un soldat
Pour que l'été ripaille
Et monte vaille que vaille
Jusqu'en haut de leurs bas
Je suis un soir d'été
Aux fontaines les vieux
Bardés de références
Rebroussent leur enfance
A petits pas pluvieux
Ils rient de toute une dent
Pour croquer le silence
Autour des filles qui dansent
A la mort d'un printemps
Je suis un soir d'été
La chaleur se vertèbre
Il fleuve des ivresses
L'été a ses grand-messes
Et la nuit les célèbre
La ville aux quatre vents
Clignote le remords
Inutile et passant
De n'être pas un port
Je suis un soir d'été"

"Et vous êtes passée
Demoiselle inconnue
A deux doigts d'être nue
Sous le lin qui dansait"
+ Lire la suite
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frandj
  23 juillet 2017
Ce livre, publié par la fondation internationale Jacques Brel, est la compilation de tous les textes écrits par l'artiste, Attention, on n'y trouvera aucune analyse ou historique de ces chansons, pas plus que des éléments de biographie.
Le quatrième de couverture de ce recueil se réfère à la critique du magazine le Point: « Brel est un des seuls auteurs dont on puisse lire les textes à haute voix ». Certes… Mais en les lisant, comment oublier les accents inimitables de la voix de ce chanteur exceptionnel, cet écorché vif, ce clown tragique et touchant, si entièrement sincère dans ses interprétations ?
Pour ma part, je n'adore pas tous les textes, mais beaucoup me semblent d'une grande poésie et génèrent en moi une puissante émotion. J'ai eu plaisir à les lire. Mais surtout cela m'a donné envie de réentendre les chansons.
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Pachy
  06 avril 2017
Mon actualité de lecture m'a poussé à réparer une erreur grossière : ne pas vous parler de ma bible (aux côté des « Contemplations » sur la table de nuit). L'oeuvre intégrale de Monsieur Brel est une chose précieuse. Chaque texte est déjà une musique. Curieusement, lorsqu'on lit du Brel on fait abstraction de son interprétation et c'est bien ainsi. Il y a les très connues et celles qui sont souvent inconnues du grand public. Je vais éviter de vous parler de la beauté de son oeuvre, tout le monde le sait et beaucoup partagent cet avis.
Pourquoi poser cette bible sur la table de nuit ? Pour s'endormir sur du beau. « Une île » et vous vous endormez sur des images de lagons, le soleil vous fait un clin d'oeil et vous souffle « à demain, je serai là au réveil »
J'ai eu la chance, lors de ma première lecture de cette "oeuvre", de découvrir les cinq textes inédits à l'époque (qui depuis ont été maquettés et édités sur cd). Eh bien, elles sonnaient avec la même musicalité que les autres malgré que nous ne les avions jamais entendus.
+ Lire la suite
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NathalC
  29 décembre 2015
Ici, on retrouve tous les textes merveilleux de Monsieur Brel.
Un indispensable dans une bibliothèque.
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
WiewowasWiewowas   10 juin 2014
Je suis l'ombre des chansons.

Suis l'ombre des chansons
Que tu veux oublier
Pour chanter les leçons
D'un monde fatigué
Suis l'ombre des chansons
Qui auraient pu jeter
Au fond de ta prison
Un rayon de clarté

Tout habillé de noir
Je te suis dans tes rêves
Tes rêves illusoires
Où le jour qui se lève
Sans foi sans joie s'achève

Suis l'ombre de l'ami
Dont tu laissas la main
La main qui te servit
A faire tes lendemains
Suis l'ombre de l'ami
Qui faisait qu'au matin
Pour toi chantait la vie
Et s'ouvraient les chemins

Tout habillé de noir
Je te suis au désert
Où t'entraîne l'espoir
De conquérir la terre
L'enfant méchant se perd

Suis l'ombre des amours
Que tu t'es refusés
En refusant toujours
A ton cœur d'espérer
Suis l'ombre des amours
Que tu as gaspillés
En gaspillant les jours
Qui sont faits pour aimer

Tout habillé de noir
Je te suis dans la vie
Ta vie où chaque soir
Se désole et vieillit
Ton cœur qui meurt d'ennui

Suis l'ombre de tout ça
Que tu as rejeté
Au plus profond de toi
Pour ne plus y penser
Suis l'ombre de tout ça
De cette vie passée
Que demain toi et moi
Pouvons recommencer.
+ Lire la suite
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StephbegalaStephbegala   01 septembre 2019
Un jour le diable vint sur terre,un jour le diable vint sur terre pour surveiller ses interets,il a tout vu le diable,il a tout entendu,et après avoir tout vu,après avoir tout entendu,il est retourné chez lui,là bas
Et là bas ,on avait fait un grand banquet,à la fin du banquet,il s est levé le diable,il a prononcé un discours et en substance il a dit ceci,il a dit:

Il y a toujours un peu partout
Des feux illuminant la terre
Ça va
Les hommes s amusent comme des fous
Aux dangereux jeux de la guerre
Ca va
Les trains déraillent avec fracas
Parce que les gars pleins d idéal
Mettent des bombes sur les voies
Ça fait des morts originales
Ça fait des morts sans confession
Des confessions sans rémission
Ça va

Rien ne se vend mais tout s achète
L honneur et même la sainteté
Ça va
Les états se muent en cachette
En anonymes sociétés
Ça va
Les grands s arrachent les dollars
Venus du pays des enfants
L Europe répète l Avare
Dans un décor mil neuf cent
Ça fait des morts d inanition
Et l inanition des nations
Ça va

Les hommes ils en ont tant vu
Que leurs yeux sont devenus gris
Ça va
Et l on ne chante même plus
Dans toutes les rues de Paris
Ça va
On traite les braves de fous
Et les poètes de nigauds
Mais dans les journaux de partout
Tous les salauds ont leurs photo
Ça fait mal aux honnêtes gens
Et rire les malhonnêtes gens
Ça va ça va ça va ça va

Le Diable (ça va)
+ Lire la suite
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WiewowasWiewowas   10 juin 2014
Départs.
Toutes les amitiés
Qu´on laisse mourir
Qu´on laisse tomber
Pour aller courir
Sur de vains chemins
Cherchant pas à pas
Un bonheur humain
Qu´on ne connaît pas
Amitiés anciennes
Vieilles comme la vie
Idées faites siennes
Et que l´on renie
Visages sans noms
Prénoms sans visages
Rires que nous perdons
Inutiles bagages

Tous les "au revoir"
Qu´on lance à la ronde
Parce qu´on croit devoir
Parcourir le monde
...
Les bonheurs qu´on sème
A chaque départ
Meurent vite d´eux-mêmes
Sur les quais des gares
...
+ Lire la suite
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ArimboArimbo   04 septembre 2020
Et la sous-préfecture
Fête la sous-préfète
Sous le lustre à facettes
Il pleur des orangeades
Et des champagnes tièdes
Et les propos glacés
Des femelles maussades
De fonctionnarisés

Je suis un soir d'été

Aux fenêtres ouvertes
Les dîneurs familiaux
Repoussent leurs assiettes
Et disent qu'il fait chaud
Les hommes lancent des rots
De chevaliers teutons
Les nappes tombent en miettes
Par-dessus les balcons

Je suis un soir d'été

Aux terrasses brouillées
Quelques buveurs humides
Parlent de haridelles
Et de vieilles perfides
C'est l'heure où les bretelles
Soutiennent le présent
Des passants répandus
Et des alcoolisants

Je suis un soir d'été

De lourdes amoureuses
Aux odeurs de cuisine
Promènent leur poitrine
Sur les flancs de la Meuse
Il leur manque un soldat
Pour que l'été ripaille
Et monte vaille que vaille
Jusqu'en haut de leurs bas

Je suis un soir d'été

Aux fontaines les vieux
Bardés de références
Rebroussent leur enfance
A petits pas pluvieux
Ils rient de toute une dent
Pour croquer le silence
Autour des filles qui dansent
A la mort d'un printemps

Je suis un soir d'été

La chaleur se vertèbre
Il fleuve des ivresses
L'été a ses grand-messes
Et la nuit les célèbre
La ville aux quatre vents
Clignote le remords
Inutile et passant
De n'être pas un port

Je suis un soir d'été


L
+ Lire la suite
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angie22angie22   24 mai 2013
Un enfant
C'est le dernier poète
D'un monde qui s'entête
A vouloir devenir grand
Et ça demande si les nuages ont des ailes
Et ça s'inquiète d'une neige tombée
Et ça croit que nous sommes fidèles
Et ça se doute qu'il n'y a plus de fées
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