AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2501117824
Éditeur : MARAbulles (27/06/2018)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Cet album est un vibrant hommage à Simone Veil, figure féministe populaire et discrète. Le récit s’attache aux temps forts de sa vie, de la loi pour l’IVG défendue à l’assemblée nationale, à son enfance à Nice avant d’être déportée avec sa famille.
Simone Jacob est née en 1927 à Nice. À 17 ans elle est déportée à Auschwitz, avec toute sa famille. Ses sœurs et elle reviendront du camp de concentration. Cette période l'a marquée à jamais. En 1946, elle épouse A... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  01 janvier 2019
'Immortelle', Simone Veil, selon le terme qui définit les personnes reposant au Panthéon : « 78 grands hommes dont 5 femmes » (sic).
Immortelle, Simone Veil, pour ceux qui se souviennent d'elle, de son combat pour les droits des femmes en général et en faveur de l'avortement en particulier, lorsqu'elle était ministre de la santé dans les années 1970.
Eternelle aussi pour ceux qui, comme moi, un peu jeunes alors pour comprendre, entendaient le profond respect et l'admiration qu'elle inspirait aux adultes, de droite, de gauche, du centre, athées ou croyants...
Centré sur les débats à l'Assemblée nationale autour de 'sa' loi sur l'IVG en 1974, cet album évoque également la jeunesse de Simone Veil, née Jacob à Nice en 1927, déportée avec sa famille vers les camps nazis en 1944. Elle a vécu l'horreur à Auschwitz, au côté de sa mère, d'une de ses soeurs, et de son amie Marceline Rozenberg (connue plus tard sous le nom de Loridan-Ivens). Son père, sa mère, son frère ne sont pas revenus.
L'être humain est capable du pire, Simone Veil en a fait la douloureuse expérience à plusieurs reprises. Ses détracteurs ont brandi son passé pour la déstabiliser, la détruire, lorsqu'elle a défendu l'avortement. Elle a dû affronter un déferlement de haine : lettres d'insultes, foule grondante devant le Parlement, croix gammées taguées devant son domicile. Nombreux ont osé un parallèle avec le génocide juif.
Cet exemple parmi d'autres, lors des débats à l'Assemblée : « On est allé - quelle audace incroyable ! - jusqu'à déclarer tout bonnement qu'un embryon humain était un agresseur, eh bien ! Ces agresseurs, vous accepterez, madame, comme cela se passe ailleurs, de les voir jetés au four crématoire ou remplir des poubelles. » (Jean-Marie Daillet, député Centre démocrate).
Un documentaire à partager avec toutes les générations, pour passer le relais de la mémoire et rappeler que rien n'est jamais acquis en matière de droits.
Mais aussi un témoignage sur le contexte socio-politique des années 70 sous Giscard, pas si différent de celui d'aujourd'hui (stratégie, mesquinerie, sexisme...). Où l'on voit aussi qu'on peut être à la fois de droite et de gauche. Ou plutôt que ce clivage n'a pas de sens, le coeur et la raison devraient l'emporter lorsqu'on prétend représenter le peuple.
Pour résumer l'esprit de cet album qui rend un bel hommage à cette grande femme, ces mots de Simone Veil : « L'horreur a fait de moi une femme sensible et pudique, à la fois dure et réservée, véhémente et sereine. »
Et cette séquence, toujours aussi émouvante : https://www.youtube.com/watch?v=LgDrHX9LmF8
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          413
blandine5674
  15 octobre 2018
Une magnifique BD pour une grande dame qui m'a happée ne me la laissant pas la poser jusqu'à la dernière page. L'essentiel des moments forts de sa vie. Les planches où sont reproduits le discours de certains politiques contre l'avortement est révoltant. La façon dont ses années passées à Auschwitz sont décrites, restera, je pense, inoubliable. C'est pleine d'émotions que je quitte à regret ce roman graphique en disant adieu à cette femme de caractère qui a tant fait en matière de modernisation pour nous. Les dessins et couleurs sont agréables et permettent de bien se repérer dans les époques. Pour tout public.
Commenter  J’apprécie          320
Under_The_Moon
  30 novembre 2018
Un beau roman graphique qui retrace des moments clés de la vie de Simone Veil dans ses combats humanistes avec un retour sur les causes qui ont amenées cette détermination et ce courage qui la caractérisaient.
A l'inverse de Robert Badinter (dont on a parlé il y a quelques semaines à l'occasion de la sortie de son livre, Idiss), Simone Veil naît dans une famille de juifs français laïques, attachés à la République et aux valeurs de l'éducation. Sans doute est-ce avec son retour de la déportation à Birkenau, ses convictions et sa volonté de protéger les plus démunis, ceux qui ne peuvent ou ne peuvent plus s'exprimer s'enracinent.
Grâce à des planches alternants les couleurs et les époques ( le jaune de l'enfance brisée (entre autre - il est aussi repris pour sa mort pour fermer le cyvle de sa vie), le bleu des années 1970, le gris pour la déportation et les camps) on voit se dessiner peu à peu la femme politique militante, intellectuelle et "progressiste" ainsi que la jeune Simone Jacob, jeune fille à l'adolescence volée. le choix d'intégrer des planches avec Marceline Loridan-Ivens constitue aussi un joli clin d'oeil et offre une soeur d'infortune à cette femme qui par sa pudeur et sa distance paraissait bien seule.
Un moment de lecture émouvant, qui sera sans doute instructif pour des adolescents, et surtout un magnifique hommage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
LiliGalipette
  27 janvier 2019
26 novembre 1974. Simone Veil se prépare à présenter son projet de loi autorisant l'interruption volontaire de grossesse. « Elle ne doit pas effrayer les hommes. Elle a l'intelligence de les comprendre, de ne pas entrer en conflit avec eux. » (p. 5) Depuis des semaines, la ministre de la Santé reçoit des lettres d'injures, de menaces, d'intimidation. Son projet de loi dérange, choque, révolte. Nombreux sont ceux qui en appellent à la loi divine, mais Simone Veil est confiante. « On ne doit pas se laisser intimider ni même se laisser entraîner dans un débat moral. » (p. 7) À quelques heures du vote, rien n'est joué et elle ne sait pas encore si elle peut compter sur le soutien de la gauche. Elle ne connaît pas la position de l'Église. On la voit fumer, beaucoup, et se souvenir. Reviennent l'enfance, l'adolescence sous l'Occupation, l'arrestation, le camp, la perte de ses proches. Reviennent la rencontre avec Marceline Lorridan-Ivans, la volonté de ne pas fléchir, de tenir jusqu'à la fin de la guerre. Après tout ce qu'elle a vécu, Simone Veil se sait solide et déterminée. Hélas, il en faudrait si peu pour qu'elle vacille, tandis que les hommes politiques de son propre parti agitent le spectre des agissements nazis pour qualifier l'IVG. « Je ne me laisserai pas abattre par ce torrent de haine et je ne montrerai pas à ces hommes qu'une femme est plus fragile qu'eux. » (p. 55) La suite de l'Histoire, tout le monde la connaît : la loi est passée et les femmes ont enfin acquis le droit de disposer de leur corps.
Très bel hommage à Simone Veil, récemment décédée, cette bande dessinée est aussi un rappel nécessaire face aux mentalités rétrogrades qui voudraient tant supprimer des droits à ceux et celles qui ont eu tant de mal à les obtenir. Faut-il rappeler que l'IVG n'est pas un mode de contraception, que l'avortement de confort n'existe pas, sauf dans l'esprit de ceux qui voudraient contrôler les femmes ? Apparemment, et malheureusement, oui. « Aucune femme ne recourt de gaieté de coeur à l'avortement. Il suffit d'écouter les femmes. C'est toujours un drame et cela restera toujours un drame. » (p. 32) Avec ses pages en noir et blanc parsemées de touches de monochromie qui changent selon les époques, ce livre est un bel ouvrage. Chapeau aux dessinateurs qui ont su représenter Simone Veil, Jacques Chirac, Valéry Giscard d'Estaing et bien d'autres sans les caricaturer, mais en saisissant l'essentiel de leurs traits. Ils sont tous parfaitement reconnaissables. le seul reproche que j'ai à faire à cet ouvrage tient dans les dialogues que j'ai parfois trouvés un peu artificiels. Mais après tout, qu'en sais-je ? Je ne fréquente pas les hautes sphères du pouvoir et peut-être est-ce ainsi que les membres d'un gouvernement discutent...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Aelinel
  22 novembre 2018
Cette bande dessinée autobiographique sur Simone Veil a fait partie de la sélection du mois d'octobre dans le cadre de mon Club de lecture. Et étant donné que je nourris un profond respect pour cette personnalité historique, je ne voulais certainement pas passer à côté. Je n'ai pas encore lu son roman autobiographique, Une vie publié en 2007 mais cette bande dessinée m'a bien donné envie de franchir le pas.
Le 26 novembre 1974, Simone Veil alors Ministre de la Santé est fébrile car le lendemain, elle doit présenter à l'Assemblée Nationale un projet de loi controversé à l'époque mais qui fera avancer durablement le droit des femmes : la loi sur l'Interruption Volontaire de Grossesse. Or, la tâche s'avère ardue car non seulement, les députés sont en majorité des hommes mais des résistances proviennent également de la société elle-même encore très influencée par la religion chrétienne. Pour ses opposants, l'avortement est assimilé à un meurtre et s'oppose au Commandement « Tu ne tueras point ». Pourtant, Simone Veil se montre déterminée, inébranlable et courageuse même lorsque plusieurs députés vont faire référence au parti nazi, elle qui a été internée à Auschwitz en 1944-1945 à cause de ses origines juives…
La principale richesse de cette bande dessinée tient au fait qu'elle aborde de manière très documentée deux sujets importants de la vie de Simone Veil : la Shoah et la Loi sur l'IVG.
– Simone Veil de son nom de naissance Jacob était d'origine Juive. Elle et sa famille ont vécu à Nice lors de la Seconde Guerre Mondiale. Si son père architecte et sa mère institutrice perdent tout deux leur emploi en 1940 à cause des lois raciales contre les Juifs, sa famille vit tout de même à l'abri grâce à de faux papiers jusqu'en 1944. Mais, peu après que Simone passe les épreuves du Baccalauréat en mars, sa famille est dénoncée et arrêtée. Déportée à Drancy puis à Auschwitz avec sa mère et sa soeur, et finalement à Bergen-Belsen, Simone parvient à survivre jusqu'à la libération de son camp par les Anglais, en Mai 1945. La déportation a causé la mort de son père, sa mère et son grand frère.
– Valéry Giscard d'Estaing alors Président de la République depuis quelques mois en 1974, souhaite réformer la société française afin de diminuer les inégalités sociales. C'est ainsi qu'il charge sa nouvelle ministre de la Santé, Simone Veil de préparer un projet de loi sur l'IVG. En effet, à cette époque, l'avortement est interdit et est même passible d'une peine d'emprisonnement à l'égard des contrevenantes. Or, 300000 femmes le pratiquent de manière illégale. Si les plus riches peuvent se permettre d'interrompre leur grossesse en Angleterre ou en Hollande dans des hôpitaux ou des cliniques, les plus modestes au contraire ont recours à des « faiseuses d'ange » en France dans des conditions sanitaires épouvantables. 2500 femmes meurent ainsi des suites d'un avortement clandestin chaque année. Toutefois, les moeurs commencent doucement à évoluer notamment grâce au Manifeste des 343 (en 1971, 343 personnalités féminines et signataires de la Pétition avouent avoir eu recours à l'IVG) ainsi qu'au résultat du Procès de Bobigny en 1972 acquittant une jeune fille de 17 ans qui avait été violée et qui avait pratiqué un avortement clandestin.
Lors des débats à l'Assemblée Nationale, Simone Veil fait montre d'un grand courage face aux insultes et suscite l'admiration des Français. Après plus d'un mois, elle parvient finalement à faire voter la Loi Veil en faveur de l'IVG, en Janvier 1975, la faisant définitivement rentrer dans l'Histoire.
Pour finir, la bande dessinée possède un code couleur très clair allant du bleu, vert, gris et jaune. La couleur la plus chaude, jaune, évoque son enfance heureuse à Nice ainsi que son entrée au Panthéon, à sa mort, en 2017. Quant aux couleurs froides, elles font référence aux moments mouvementés de l'existence de Simone Veil : gris pour le désespoir, la mort et la souffrance dans les camps de concentration au bleu lors de l'affrontement et du combat pour son projet de loi en faveur de l'avortement.
En conclusion, Simone Veil, L'immortelle, est une bande dessinée remarquable par sa construction et parfaitement bien documentée. Elle rend hommage à cette femme d'exception qu'était Simone Veil tout en louant ses qualités (force, courage et détermination) forgées au cours de sa terrible adolescence mais qui lui ont été utiles pour le reste de sa carrière. Cette bande dessinée est un cadeau à faire ou à se faire!
Lien : https://labibliothequedaelin..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120

critiques presse (4)
Bedeo   12 septembre 2018
Ce roman graphique est un témoignage magnifique de la révolution qu’elle a apporté à la France et un devoir de mémoire engagé de la part des auteurs pour que plus jamais le statut de la femme ne reprenne le train en marche arrière.
Lire la critique sur le site : Bedeo
BulledEncre   16 juillet 2018
Plutôt que d’opter pour une biographie linéaire, les auteurs se sont intéressés à deux moments clés de la vie de Simone Veil : lorsqu’elle a défendu son projet de loi devant une Assemblée Nationale très masculine et sa survie lorsqu’elle a été déportée et sauvée par une kapo.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
BDGest   03 juillet 2018
Complet, sincère et un peu terne, Simone Veil l’Immortelle remplit quand même largement sa part du contrat. Outre son sujet central, il présente aussi un moment critique dans l’évolution et la modernisation de la société française.

Lire la critique sur le site : BDGest
ActuaBD   02 juillet 2018
Réalisé pour son entrée au Panthéon, "Simone Veil, L’immortelle" est un roman graphique qui tente de dresser le portrait d’une femme remarquable. Entre le combat pour l’adoption de la loi sur l’IVG et les souffrances liées à la Shoah, le portrait est clair et concis.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   01 janvier 2019
Je ne sais pas par quelles ressources insoupçonnées j'arrive encore à tenir debout. Jacques Chirac [alors premier ministre] ne déborde pas d'enthousiasme dans la défense de mon projet de loi. « C'est une affaire de bonnes femmes ! » dit-il. Décidément, il a le sens de la formule...
Commenter  J’apprécie          83
AlaisAlais   03 décembre 2018
- Madame Veil, qu'avez-vous envie de dire aux gens qui vont regarder ce long entretien ?
- J'ai envie de leur dire : n'oubliez jamais ce qu'ils nous ont fait ! Il faut transmettre, témoigner, c'est une nécessité aussi urgente que cruciale pour nos jeunes. C'est en se projetant dans un avenir commun, en ayant foi dans les valeurs de la démocratie et du respect d'autrui qu'ils parviendront à dire non à toutes les idéologies de haine et de violence, et qu'ils construiront un monde plus juste et plus fraternel...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
LiliGalipetteLiliGalipette   27 janvier 2019
« Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame. » (p. 32)
Commenter  J’apprécie          70
Helene1960Helene1960   07 octobre 2018
Les notions de justice, de droit à la vie me reviennent sans cesse, je me souviens m'entendre dire devant ce chien traversant la rue : "pourquoi une bête a-t-elle le droit de vivre en paix?"... Et pas nous!
Si Pierre était là, il me dirait : "Simone, l'espoir fait vivre!"... Mais, pour un juif, il n'y a plus moyen d'espérer, d'entrevoir un avenir...
Commenter  J’apprécie          20
celinefabre27celinefabre27   25 novembre 2018
Qu’allons nous devenir? Comment pouvons nous vivre dans cet environnement dénué de toute humanité ? On m’a appris la notion de valeur humaine, de valeur morale, moi je croyais en l’homme, n’etais Je donc qu’une idéaliste ?
Commenter  J’apprécie          30
Lire un extrait
Videos de Pascal Bresson (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pascal Bresson
"Plus fort que la haine" - la tv doloise
autres livres classés : ivgVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
695 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre
.. ..