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Alain Jouffroy (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070300455
Éditeur : Gallimard (28/10/1937)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 61 notes)
Résumé :
D'André Breton, le public a surtout retenu les slogans, les théories définitives et les outrances provocatrices. On en oublierait presque le poète. Et"Clair de terre", justement, nous rappelle combien cette poésie demeure vivante et indispensable. Avec l'écriture automatique, les collages, les récits de rêves et autres principes d'écriture révolutionnaires, on ressent aujourd'hui encore quel choc, quel vent de tempête a pu déchaîner ce langage nouveau (ou presque...... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Inshongore
  12 juin 2019
Rêve.
Poésie.
Métaphore.
Liberté.
Surréalisme.
Écriture automatique.
Dédicaces.
Pensées, cauchemars et délires, difficile de parler de cet ouvrage au titre magique. Par moment je me suis demandée, si mon adolescence passée, j'étais toujours sensible au surréalisme ? La réponse est oui, et pour paraphraser le poème "Plutôt la vie "du recueil : en ce qui me concerne ce serait, plutôt la poésie.
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GuillaumeTM
  29 mars 2013
Ce sont les premiers poèmes d'André Breton dont certains furent publiés dans les revues Dadaïstes. Toutes écrites en prose, ça va de 1919 à 1936. Un livre peu abordable pour ceux qui n'entendent rien au Surréalisme.
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Mirpoint
  15 août 2014
Recueil étrange et inconstant, qui convulse entre le délire ennuyeux et le délire génial.
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Cielvariable
  14 mai 2018
Lecture indispensable à qui s'intéresse au surréalisme. Personnellement, j'aime beaucoup ce style.
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lesmiscellaneesdepapier
  16 décembre 2015
Résumé : recueil de poésie, textes en vers, en prose, rêves écrits.... Les textes ont été écrits entre 1919 et 1936, pendant que l'auteur était en pleins doutes quant à son écriture.
Le mot de la fin : Des textes complètement perturbants que ce soit par la forme ou par le contenu. André Breton est totalement déroutant. Je n'en attendais pas moins pour cet ancien dadaïste, chef de file du surréalisme. Un plaisir qui se lit lentement par contre, car la lecture n'est pas aisée.
Lien : http://www.lesmiscellaneesde..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   10 janvier 2015
LE RÉVOLVER À CHEVEUX BLANCS

LA FORÊT DANS LA HACHE (1932)


On vient de mourir mais je suis vivant et cependant je n’ai plus d’âme. Je n’ai plus qu’un corps transparent à l’intérieur duquel des colombes transparentes se jettent sur un poignard transparent tenu par une main transparente. Je vois l’effort dans toute sa beauté, l’effort réel qui ne se chiffre par rien, peu avant la disparition de la dernière étoile. Le corps que j’habite comme une hutte et à forfait déteste l’âme que j’avais et qui surnage au loin. C’est l’heure d’en finir avec cette fameuse dualité qu’on m’a tant reprochée. Fini le temps où des yeux sans lumière et sans bagues puisaient le trouble dans les mares de la couleur. Il n’y a plus ni rouge ni bleu. Le rouge-bleu unanime s’efface à son tour comme un rouge-gorge dans les haies de l’inattention. On vient de mourir, — ni toi ni moi ni eux exactement, mais nous tous, sauf moi qui survis de plusieurs façons : j’ai encore froid, par exemple. En voilà assez. Du feu! Du feu! Ou bien des pierres pour que je les fende, ou bien des oiseaux pour que je les suive, ou bien des corsets pour que je les serre autour de la taille des femmes mortes, et qu’elles ressuscitent, et qu’elles m’aiment, avec leurs cheveux fatigants, leurs regards défaits! Du feu, pour qu’on ne soit pas mort pour des prunes à l’eau-de-vie, du feu pour que le chapeau de paille d’Italie ne soit pas seulement une pièce de théâtre! Allô, le gazon! Allô, la pluie! C’est moi l’irréel souffle de ce jardin. La couronne noire posée sur ma tête est un cri de corbeaux migrateurs car il n’y avait jusqu’ici que des enterrés vivants, d’ailleurs en petit nombre, et voici que je suis le premier aéré mort. Mais j’ai un corps pour ne plus m’en défaire, pour forcer les reptiles à m’admirer. Des mains sanglantes, des yeux de gui, des bouches de feuilles mortes et de verre (les feuilles mortes bougent sous le verre ; elles ne sont pas aussi rouges qu’on le pense, quand l’indifférence expose ses méthodes voraces), des mains pour te cueillir, thym minuscule de mes rêves, romarin de mon extrême pâleur. Je n’ai plus d’ombre non plus. Ah mon ombre, ma chère ombre. Il faut que j’écrive une longue lettre à cette ombre que j’ai perdue. Je commencerai par Ma chère ombre. Ombre, ma chérie. Tu vois. Il n’y a plus de soleil. Il n’y a plus qu’un tropique sur deux. Il n’y a plus qu’un homme sur mille. Il n’y a plus qu’une femme sur l’absence de pensée qui caractérise en noir pur cette époque maudite. Cette femme tient un bouquet d’immortelles de la forme de mon sang.

p.123-124
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lesmiscellaneesdepapierlesmiscellaneesdepapier   10 octobre 2015
Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n'a pas d'ailes, il ne se tient pas nécessairement à une table desservie sur une terrasse, le soir, au bord de la mer. C'est le désespoir et ce n'est pas le retour d'une quantité de petits faits comme des graines qui quittent à la nuit tombante un sillon pour un autre. Ce n'est pas la mousse sur une pierre ou le verre à boire. C'est un bateau criblé de neige, si vous voulez, comme les oiseaux qui tombent et leur sang n'a pas la moindre épaisseur. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Une forme très petite, délimitée par un bijou de cheveux. C'est le désespoir. Un collier de perles pour lequel on ne saurait trouver de fermoir et dont l'existence ne tient pas même à un fil, voilà le désespoir. Le reste, nous n'en parlons pas. Nous n'avons pas fini de deséspérer, si nous commençons. Moi je désespère de l'abat-jour vers quatre heures, je désespère de l'éventail vers minuit, je désespère de la cigarette des condamnés. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n'a pas de coeur, la main reste toujours au désespoir hors d'haleine, au désespoir dont les glaces ne nous disent jamais s'il est mort. Je vis de ce désespoir qui m'enchante. J'aime cette mouche bleue qui vole dans le ciel à l'heure où les étoiles chantonnent. Je connais dans ses grandes lignes le désespoir aux longs étonnements grêles, le désespoir de la fierté, le désespoir de la colère. Je me lève chaque jour comme tout le monde et je détends les bras sur un papier à fleurs, je ne me souviens de rien, et c'est toujours avec désespoir que je découvre les beaux arbres déracinés de la nuit. L'air de la chambre est beau comme des baguettes de tambour. Il fait un temps de temps. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. C'est comme le vent du rideau qui me tend la perche. A-t-on idée d'un désespoir pareil! Au feu! Ah! ils vont encore venir... Et les annonces de journal, et les réclames lumineuses le long du canal. Tas de sable, espèce de tas de sable! Dans ses grandes lignes le désespoir n'a pas d'importance. C'est une corvée d'arbres qui va encore faire une forêt, c'est une corvée d'étoiles qui va encore faire un jour de moins, c'est une corvée de jours de moins qui va encore faire ma vie.
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lesmiscellaneesdepapierlesmiscellaneesdepapier   10 octobre 2015
Plutôt la vie

Plutôt la vie que ces prismes sans épaisseur même si les couleurs son plus pures
Plutôt que cette heure toujours couverte que ces terribles voitures de flammes froides
Que ces pierres blettes
Plutôt ce coeur à cran d'arrêt
Que cette mare aux murmures
Et que cette étoffe blanche qui chante à la fois dans l'air et dans la terre
Que cette bénédiction nuptiale qui joint mon front à celui de la vanité totale
Plutôt la vie

Plutôt la vie avec ses draps conjuratoires
Ses cicatrices d'évasions
Plutôt la vie plutôt cette rosace sur ma tombe
La vie de la présence rien que de la présence
Où une voix dit Es-tu là où une autre répond Es-tu là
Je n'y suis guère hélas
Et pourtant quand nous ferions le jeu de ce que nous faisons mourir
Plutôt la vie

Plutôt la vie plutôt la vie Enfance vénérable
Le ruban qui part d'un fakir
Ressemble à la glissière du monde
Le soleil a beau n'être qu'une épave
Pour peu que le corps de la femme lui ressemble
Tu songes en contemplant la trajectoire tout du long
Ou seulement en fermant les yeux sur l'orage adorable qui a nom ta main
Plutôt la vie

Plutôt la vie avec ses salons d'attente
Lorsqu'on sait qu'on ne sera jamais introduit
Plutôt la vie que ces établissements thermaux
Où le service est fait par des colliers
Plutôt la vie défavorable et longue
Quand les livres se refermeraient ici sur des rayons moins doux
Et quand là-bas il ferait mieux que meilleur il ferait libre oui
Plutôt la vie

Plutôt la vie comme fond de dédain
A cette tête suffisamment belle
Comme l'antidote de cette perfection qu'elle appelle et qu'elle craint
La vie le fard de Dieu
La vie comme un passeport vierge
Une petite ville comme Pont-à-Mousson
Et comme tout s'est déjà dit
Plutôt la vie
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coco4649coco4649   16 février 2015
L'air de l'eau (1934)


J ' ai devant moi la fée du sel
Dont la robe brodée d 'agneaux
Descend jusqu' à la mer
Et dont le voile de chute en chute irise toute la
montagne
Elle brille au soleil comme un lustre d 'eau vive
Et les petits potiers de la nuit se sont servis de ses
ongles sans lune
Pour compléter le service à café de la belladone
Le temps se brouille miraculeusement derrière ses
souliers d 'étoiles de neige
Tout le long d' une trace qui se perd dans les caresses de
deux hermines
Les dangers rétrospectifs ont beau être richement
répartis
Des charbons mal éteints au prunelier des haies par le
serpent corail qui peut passer pour un très mince
filet de sang coagulé
Le fond de l' âtre
Est toujours aussi splendidement noir
Le fond de l' âtre où j ' ai appris à voir
Et sur lequel danse sans interruption la crêpe à dos
de primevères
La crêpe qu'il faut lancer si haut pour la dorer
Celle dont je retrouve le goût perdu
Dans ses cheveux
La crêpe magique le sceau aérien
De notre amour

p.166-167
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   29 janvier 2015
NON-LIEU


Art des jours art des nuits
La balance des blessures qui s'appelle Pardonne
Balance rouge et sensible au poids d'un vol d'oiseau
Quand les écuyères au col de neige les mains vides
Poussent leurs chars de vapeur sur les prés
Cette balance sans cesse affolée je la vois
Je vois l'ibis aux belles manières
Qui revient de l'étang lacé dans mon cœur
Les roues du rêve charment les splendides ornières
Qui se lèvent très haut sur les coquilles de leurs robe
Et l'étonnement bondit de-ci de-là sur la mer
Partez ma chère aurore n'oubliez rien de ma vie
Prenez ces roses qui grimpent au puits des miroirs
Prenez les battements de tous les cils
Prenez jusqu'aux fils qui soutiennent les pas des
danseurs de corde et des gouttes d'eau
Art des jours art des nuits
Je suis à la fenêtre très loin dans une cité pleine
d'épouvante
Dehors des hommes à chapeau claque se suivent à
intervalle régulier
Pareils aux pluies que j'aimais
Alors qu'il faisait si beau
« A la rage de Dieu » est le nom d'un cabaret où je suis
entré hier
Il est écrit sur la devanture blanche en lettres plus
pâles
Mais les femmes-marins qui glissent derrière les vitres
Sont trop heureuses pour être peureuses
Ici jamais de corps toujours l'assassinat sans preuves
Jamais le ciel toujours le silence
Jamais la liberté que pour la liberté

p.109-110
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Videos de André Breton (53) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Breton
Une intervention de Breton, interrogé par André Parinaud aux côtés de Francis Ponge et Pierre Reverdy, le 19 octobre 1952 sur la Chaîne Nationale dans l’émission « Rencontres et témoignages ».
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