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ISBN : 2070322793
Éditeur : Gallimard (21/02/1985)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 159 notes)
Résumé :
Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l'on peut ainsi dire. C 'est à sa conquête que je vais, certain de n'y pas parvenir mais trop insoucieux de ma mort pour ne pas supporter un peu les joies d'une telle possession.
Des projets et des promesses du premier Manifestes du surréalisme (1924) aux prises de position, politiques et polémi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
peloignon
  16 février 2013
Le surréalisme, comme le romantisme, c'est la manifestation d'un désespoir qui n'est pas suffisamment naïf pour trouver son refuge et sa consolation dans l'atmosphère artistique, mais qui ne pousse pas suffisamment la réflexion existentielle au point d'en sortir et va plutôt tenter de tout y faire entrer.
Alors que l'immédiat artistique atteint son paroxysme lorsque s'impose magistralement la réalité d'une image originale qu'un individu exceptionnel parvient à extérioriser dans une extase géniale, l'immédiat surréaliste est une fuite rageuse de la réalité qui revendique aussi bien le rêve : « L'homme, ce rêveur définitif, de jour en jour plus mécontent de son sort » (p.11), que la destruction violente et gratuite en tant que mode d'existence : « L'acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu'on peut, dans la foule » (p.78) et sa réflexion ne se fera jamais autrement qu'en tant que réaction contre les critiques externes, les courants de pensées concurrents et les défections.
D'autre part, si on s'attarde au cas de Breton, on s'aperçoit que sa subjectivité entre constamment en conflit avec l'idéal surréaliste qu'il a fondé et voulu défendre. Par exemple, on voit mal pourquoi un mouvement qui affirme la primauté du rêve devrait être athée et matérialiste, surtout lorsque la « magie » et l'« esprit » sont évoqués comme repères intellectuels et que la réalité socio-économique est complètement ignorée par le mouvement.
Ceci dit, malgré l'absence de véritable originalité du mouvement (qui répète de manière plus violente et plus pauvre ce que l'on trouvait déjà chez les romantiques), malgré toutes les incohérences, les bizarreries et maladresses dans l'expression de ces manifestes, ils ne manquent pas leur effet lorsqu'il s'agit de servir, comme l'écriture nietzschéenne, de digestif efficace et agréable à celui qui a beaucoup à digérer.
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Moonlightsonata
  09 août 2012
Par ce manifeste, par Breton, se libère l'imaginaire, s'envole le regard de l'autre, et plongent dans les tréfonds de nos inconscients, la créativité et l'envie de baigner dans celle des autres. Jamais je ne saurais exprimer ma gratitude envers cette oeuvre, majeure dans mon éducation d'adolescente d'alors. le surréalisme vous ouvre un horizon où l'orange est vaste comme la terre, les couleurs et les sens embrasent vos yeux dessillés, l'absurde s'évapore par les rêves les plus fous, et où la création se moque de la bienséance de nos raisons. Ce manifeste est une fondation dans l'architecture du développement. Un engagement pour la vie. le bureau de consignation des rêves est d'une géniale audace. Un vent de liberté. Merci André.
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AmandineMM
  12 août 2011
Lu le Manifeste du Surréalisme de 1924: intéressant, bien que j'aie parfois eu l'impression qu'il laissait aller sa pensée et en perdait quelque peu le fil de son exposé auquel il se raccrochait ensuite tant bien que mal. J'ai surtout apprécié lire la façon dont il a "découvert" l'écriture automatique et ses conseils à ceux qui voudraient s'y essayer. Ce qui m'a déplu, surtout au début, est son ton de "juge" face à l'attitude réaliste: j'ai lu plusieurs manifestes et, même en s'opposant à tel ou tel courant, les auteurs n'ont pas toujours ce ton prétentieux et désagréable.
Intéressant, mais un peu décousu par moments.
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bob-moussette
  18 novembre 2012
Si le surréalisme est révolutionnaire, il lui faut certainement un manifeste.
Mais bon...on pourra aussi très bien sans passer.
Le surréalisme français, comme celui d'André Breton, a voulu s'engluer, sous prétexte de réanimer le rêve, dans une régulation rigide de l'imaginaire, du fantasme, de l'inconscience et de la spontanéité.
Libre jeu mon oeil ! Je préfère de loin le pendant Belge du surréalisme qui ne s'est pas posé trente six milles questions et a préféré faire tout simplement.
Le manifeste de Breton reste néanmoins un texte incontournable pour comprendre, de manière philosophique, le surréalisme.
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GuillaumeTM
  28 mars 2013
André Breton affiche, dès 1924, ses ambitions et la direction que devra emprunter le mouvement tout récent du Surréalisme. Il fustige la forme descriptive du roman, prend Mallarmé, Valéry ou Rimbaud comme exemple. Sous influence Hégélienne, il trace un cheminement dans lequel nul ne devra dévier sous peine de se faire excommunier du groupe, ce qui arrivera à un certain nombre des poètes affiliés tels que Prévert, Artaud, Desnos, Soupault etc...
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   14 décembre 2016
Sur le fond du problème, qui est des rapports de l’esprit humain avec le monde sensoriel, le surréalisme se rencontre ici avec des penseurs aussi différents que Louis-Claude de Saint-Martin et Schopenhauer en ce sens qu’il estime comme eux que nous devons « chercher à comprendre la nature d’après nous-mêmes et non pas nous-mêmes d’après la nature ». Toutefois ceci ne l’entraîne aucunement à partager l’opinion que l’homme jouit d’une supériorité absolue sur tous les autres êtres, autrement dit que le monde trouve en lui son achèvement — qui est bien le postulat le plus injustifiable et le plus insigne abus à mettre au compte de l’anthropomorphisme. Bien plutôt à cet égard sa position rejoindrait celle de Gérard de Nerval telle qu’elle s’exprime dans le fameux sonnet « Vers dorés ». Par rapport aux autres êtres dont, au fur et à mesure qu’il descend l’échelle qu’il s’est construite, il est de moins en moins à même d’apprécier les vœux et les souffrances, c’est seulement en toute humilité que l’homme peut faire servir le peu qu’il sait de lui-même à la reconnaissance de ce qui l’entoure(1).

Pour cela, le grand moyen dont il dispose est l’intuition poétique. Celle-ci, enfin débridée dans le surréalisme, se veut non seulement assimilatrice de toutes les formes connues mais hardiment créatrice de nouvelles formes — soit en posture d’embrasser toutes les structures du monde, manifesté ou non. Elle seule nous pourvoit du fil qui remet sur le chemin de la Gnose, en tant que connaissance de la Réalité suprasensible, « invisiblement visible dans un éternel mystère ».

(1) En ce sens on n’a rien dit de mieux ni de plus définitif que René Guénon, dans son ouvrage Les États multiples de l’être : il est absurde de croire « que l’état humain occupe un rang privilégié dans l’ensemble de l’Existence universelle, ou qu’il soit métaphysiquement distingué par rapport aux autres états, par la possession d’une prérogative quelconque. En réalité, cet état humain n’est qu’un état de manifestation comme tous les autres, et parmi une indéfinité d’autres ; il se situe, dans la hiérarchie des degrés de l’Existence, à la place qui lui est assignée par sa nature même, c’est-à-dire par le caractère limitatif des conditions qui le définissent, et cette place ne lui confère ni supériorité ni infériorité absolue. Si nous devons parfois envisager particulièrement cet état, c’est donc uniquement parce que, étant celui dans lequel nous nous trouvons en fait, il acquiert par là, pour nous, mais pour nous seulement, une importance spéciale ; ce n’est là qu’un point de vue tout relatif et contingent, celui des individus que nous sommes dans notre présent mode de manifestation ». Par nous une telle opinion n’est, d’ailleurs, nullement empruntée à Guénon, du fait qu’elle nous a toujours paru ressortir au bon sens élémentaire (quand il serait sur ce point la chose du monde la plus mal partagée). ("Du surréalisme en ses œuvres vives", 1953)
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enkidu_enkidu_   19 février 2017
Que pourraient bien attendre de l’expérience surréaliste ceux qui gardent quelque souci de la place qu’ils occuperont dans le monde ? En ce lieu mental d’où l’on ne peut plus entreprendre que pour soi-même une périlleuse mais, pensons-nous, une suprême reconnaissance, il ne saurait être question non plus d’attacher la moindre importance aux pas de ceux qui arrivent ou aux pas de ceux qui sortent, ces pas se produisant dans une région où, par définition, le surréalisme n’a pas d’oreille. On ne voudrait pas qu’il fût à la merci de l’humeur de tels ou tels hommes ; s’il déclare pouvoir, par ses méthodes propres, arracher la pensée à un servage toujours plus dur, la remettre sur la voie de la compréhension totale, la rendre à sa pureté originelle, c’est assez pour qu’on ne le juge que sur ce qu’il a fait et sur ce qui lui reste à faire pour tenir sa promesse.

Avant de procéder, toutefois, à la vérification de ces comptes, il importe de savoir à quelle sorte de vertus morales le surréalisme fait exactement appel puisque aussi bien il plonge ses racines dans la vie, et, non sans doute par hasard, dans la vie de ce temps, dès lors que je recharge cette vie d’anecdotes comme le ciel, le bruit d’une montre, le froid, un malaise, c’est-à-dire que je me reprends à en parler d’une manière vulgaire. Penser ces choses, tenir à un barreau quelconque de cette échelle dégradée, nul n’en est quitte à moins d’avoir franchi la dernière étape de l’ascétisme. C’est même du bouillonnement écœurant de ces représentations vides de sens que naît et s’entretient le désir de passer outre à l’insuffisante, à l’absurde distinction du beau et du laid, du vrai et du faux, du bien et du mal. Et, comme c’est du degré de résistance que cette idée de choix rencontre que dépend l’envol plus ou moins sûr de l’esprit vers un monde enfin habitable, on conçoit que le surréalisme n’ait pas craint de se faire un dogme de la révolte absolue, de l’insoumission totale, du sabotage en règle, et qu’il n’attende encore rien que de la violence.

L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut, dans la foule. Qui n’a pas eu, au moins une fois, envie d’en finir de la sorte avec le petit système d’avilissement et de crétinisation en vigueur a sa place toute marquée dans cette foule, ventre à hauteur de canon. ("Second manifeste du surréalisme", 1930)
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RusenRusen   05 mai 2016
Swift est surréaliste dans la méchanceté.
Sade est surréaliste dans le sadisme.
Chateaubriand est surréaliste dans l’exotisme.
Constant est surréaliste en politique.
Hugo est surréaliste quand il n’est pas bête.
Desbordes-Valmore est surréaliste en amour.
Bertrand est surréaliste dans le passé.
Rabbe est surréaliste dans la mort.
Poe est surréaliste dans l’aventure.
Baudelaire est surréaliste dans la morale.
Rimbaud est surréaliste dans la pratique de la vie et ailleurs.
Mallarmé est surréaliste dans la confidence.
Jarry est surréaliste dans l’absinthe.
Nouveau est surréaliste dans le baiser.
Saint-Pol-Roux est surréaliste dans le symbole.
Fargue est surréaliste dans l’atmosphère.
Vaché est surréaliste en moi.
Reverdy est surréaliste chez lui.
Saint-John Perse est surréaliste à distance.
Roussel est surréaliste dans l’anecdote.
Etc.
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ClairocheClairoche   31 octobre 2014
L'esprit se convainc peu à peu de la réalité suprême de ces images. Se bornant d'abord à les subir, il s'aperçoit bientôt qu'elles flattent sa raison, augmentent d'autant sa connaissance. Il prend conscience des étendues illimitées où se manifestent ses désirs, où le pour et le contre se réduisent sans cesse, où son obscurité ne le trahit pas. Il va, porté par ces images qui le ravissent, qui lui laissent à peine le temps de souffler sur le feu de ses doigts. C'est la plus belle des nuits, la nuit des éclairs : le jour, auprès d'elle, est la nuit.
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NeljaNelja   20 mai 2012
Contre la mort

Le surréalisme vous introduira dans la mort qui est une société secrète. Il gantera votre main, y ensevelissant l'M profond par quoi comence le mot Mémoire. Ne manquez pas de prendre d'heureuses dispositions testamentaires : je demande, pour ma part, à être conduit au cimetière dans une voiture de déménagement.
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Videos de André Breton (49) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Breton
"André BRETON, écrivain définitif : Une enfance littéraire " émission de Mathieu Bénézet diffusée, en 1996, sur France Culture.
>LES ARTS>Sujets particuliers>Style, point de vue : ajouter les développements de 3, Table 3C. Art surréaliste = 700.4116 (8)
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