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Iris Brey (Autre)
EAN : 9782757887998
240 pages
Éditeur : Points (08/04/2021)
4.08/5   46 notes
Résumé :
On se souvient de la légendaire robe soulevée par le vent de Marilyn Monroe dans Sept ans de réflexion ou encore du bikini de Halle Berry, la célèbre James Bond girl, dans Meurs un autre jour. Devenues cultes, ces scènes ont marqué l'histoire du cinéma. De quoi ces images sont-elles le nom ? Depuis toujours, les femmes sont filmées comme des objets de plaisir, les privant de pouvoir au profit du regard masculin et de ses désirs. Pour faire face à ce male gaze majori... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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ATOS
  13 septembre 2021
L'art , la place que l'on donne à ses oeuvres, sa mémoire, son histoire nous permettent de comprendre les cultures que nous traversons, celles que nous défendons, celles que nous rejetons, celles que nous sommes prêt.e.s à voir rayonner. Culture plurielle, multiple, queer, mouvante. Un regard. Un geste. Un mouvement. Une révolution. Un autre éclairage, un hors cadre, hors champ. Une égalité, un partage. L'essai d'Iris Brey s'adresse à celleux qui veulent comprendre ce qui se produit depuis des dizaines d'années, ce qui a été effacé, ce qui a changé à tout jamais notre regard. Alice Guy, Agnès Varda, Chantal Akerman ...Céline Sciamma, Barabara Hammer, Barbara Loden...tant et tant d'autres, qui ne cessent de porter leur regard à notre hauteur.
Regard féminin et non cinéma de femmes.
L'objet n'est plus, le sujet renaît.
Iris Brey, à l'appui d'une culture cinématographique, littéraire et philosophique, riche et pertinente, éclaire avec intelligence l'histoire, la phénoménologie, et l'avenir de ce cinéma que nous aimons, défendons, et qui nous exhortent , depuis ses origines, à «  redresser nos regards ».
Essai incontournable, précieux.
Astrid Shriqui Garain
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Litteratureandco
  28 avril 2021
Le female gaze et le male gaze, qu'est ce donc? Regards masculins et regards féminins, oui mais ?
Iris Brey nous apporte des précisions. Il s'agit de la manière de filmer les femmes, de les mettre en scène à l'écran. le male gaze filmera la femme comme un objet, une convoitise, il placera le spectateur en tant que voyeur de la scène, scène sexuelle notamment. le female gaze, ne fonctionne pas de cette façon, la femme n'est plus un objet, une personne à part entière, on ne regarde plus les scènes en tant que voyeur: on participe, on ressent les émotions. le viol par exemple n'est pas érotisé, on le vit comme ce qu'il est: une agression, on en voit les conséquences dramatiques.
Ce livre est très intéressant, bien qu'au début assez complexe à comprendre. Finalement, il est très utile et nous permet de voir films et séries sous un autre angle, de s'interroger sur ce que l'on voit. Très rapidement, on se questionne sur tout! Un exemple très récent: la finale de Pekin Express. Les deux copines parisiennes, tout comme le père et sa fille, doivent glisser sur une longue bâche, au moment de s'enduire d'huile et de savon, gros plan sur le corps des amies et musiques langoureuse. Alors non, il ne s'agit pas de voir le mal partout, mais de reconnaître quand le male gaze est présent.
Le male gaze est pour moi le parfait exemple de la société patriarcale dans laquelle nous évoluons, dans laquelle les femmes sont perçues uniquement comme des objets de désirs. Leurs désirs d'ailleurs ne valent rien comparé à ceux des hommes!
Je trouve un peu dommage que l'autrice ne s'attarde pas davantage sur la société patriarcale et le rôle du male gaze, à savoir de faire perdurer les clichés sur les femmes, et ancrer en nous le patriarcat. Elle rappelle d'ailleurs qu'il ne suffit pas d'être une femme réalisatrice pour faire du female gaze et échapper au regard masculin! Tant d'images male gaze nous ont abreuvé depuis des décennies, qu'il est difficile de nous en défaire. Réaliser un film avec un regard féminin en devient un acte politique.
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IZZYVIVI
  08 mars 2020
Encore un hasard de l'actualité ! Terminer [ 𝘓𝘦 𝘳𝘦𝘨𝘢𝘳𝘥 𝘧é𝘮𝘪𝘯𝘪𝘯. 𝘐𝘳𝘪𝘴 𝘉𝘳𝘦𝘺 ] le soir où la direction de l'Académie des César a démissionné. Iris Brey doit être satisfaite...
Quant à son essai, si je l'ai ouvert avec des idées préconçues et une envie plutôt moyenne de m'y plonger, j'en ressorts assez agréablement surprise.
Surprise d'avoir apprécié cette lecture . Un texte plutôt facile à lire, pas trop de chiffres, de statistiques ni de pourcentages. Quelques termes techniques : vous apprendrez ce que " Freud nomme la scopophilie,[ ce ] regard voyeuriste qui vole l'image de l'autre."
Vous découvrirez comment le " regard masculin" filme les femmes, sa manière de les rendre désirables aux yeux des spectateurs hommes, comment ce même " regard masculin ", ce " mâle gaze" montre des scènes d'agressions faites au femmes, telle que le viol. Et ce depuis des décennies, car déjà utilisé par Renoir en 1946 !
Quelques cinéastes ont un autre regard, " un female gaze". le film Wonder Woman avec son héroïne sortant d'une tranchée ( et non filmée en morceaux ) et avec des gros plans non sur ses attributs physiques ( seins, fesses,...) mais sur ses accessoires ( bouclier, lasso,...) en fait partie. Moi qui ne suis pas très cinéphile, je pense que je vais avoir un autre Regard désormais.
Mais je continue à rester une fan de James, même si ses Girls sont filmées selon un "mâle gaze
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prettyrosemary
  17 août 2020
Des images à la James Bond girls sortant de l'eau en bikini, avec les mouvements de caméra qu'on pourrait prédire à dix kilomètres, accompagnant un regard qui s'intéresse moins (notatall) à la psyché du personnage qu'à sa charmante enveloppe, on en a toutes et tous des tas en tête. le cinéma a longtemps été (et est toujours, ne nous voilons pas la face) dominé par le fameux « male gaze » et c'est bien son alternative, ancienne et pourtant tout juste frémissante, qu'Iris Brey théorise dans cet essai qui a captivé la petite personne qui vous parle, le female gaze ou regard féminin.
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le regard féminin n'a rien à voir avec le sexe ou le genre de la personne qui filme. Tout ce qui compte, ce sont les choix qui sont faits. Une réalisatrice ou un réalisateur pratique le female gaze à partir du moment les spectateur.ices ont accès, grâce aux choix de caméra, de montage, de réalisation, à la subjectivité du personnage. On s'attache particulièrement à la représentation des femmes à l'écran qui ne sont plus objectifiées, ramenées exclusivement à leur corps et déshumanisées mais bien présentées comme des personnages vivant une véritable expérience, expérience qui peut être partagée avec les spectateur.ices.
Iris Brey rétablit dans cet essai l'importance du regard qui peut absolument tout changer dans le traitement des émotions, des corps, des sujets à l'écran. Pourquoi est-ce que le viol semble à la fois omniprésent, ultra problématique et en même temps jamais traité frontalement dans ses véritables implications, hors des impasses voyeuristes ? MALE GAZE. Pourquoi est-ce que le désir féminin est aussi mal représenté dans la culture mainstream, contribuant malheureusement à relayer des clichés dévastateurs ? MALE GAZE. Pourquoi est-ce que les personnages féminins ont aussi rarement accès à la complexité réservée aux personnages masculins ? MALE GAZE EUGAINE.

Ce que j'ai aimé, c'est que l'autrice ne fait jamais dans la théorie abstraite, chacune de ses idées s'appuie sur des exemples (et contre-exemples) bien concrets, tirés de la culture pop ou du cinéma d'auteur. Je m'étais déjà largement interrogée sur des scènes bien cringe de Game of Thrones par exemple et l'autrice les dissèque allègrement, tout comme à l'inverse, elle s'enchante et nous enchante sur la représentation du désir féminin dans Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma. Et ce qui m'a le plus emballée, c'est quand elle s'attaque à des oeuvres controversées ou qu'on n'aurait pas attendues là, du blockbuster Wonder Woman au sombre Elle de Paul Verhoeven. Je me souviens d'ailleurs du passage de l'autrice à Quotidien et de la façon dont elle avait parlé de Titanic, plus maintream tu meurs, plus dirigé par un homme cis tu meurs, et pourtant full female gaze, prônant une égalité incroyablement sexy dans la relation qui lie Rose à Jack.
N'étant pas cinéphile moi-même, certaines références un peu pointues m'ont laissée au bord de la route (j'ai un bac-12 en Agnès Varda), mais Iris Brey ne nous abandonne jamais et tout est toujours hyper contextualisé. J'ai d'ailleurs vraiment apprécié la liste de films à voir spéciale « female gaze » en fin d'ouvrage, l'occasion aussi de rétablir les noms de grandes réalisatrices oubliées de l'histoire.
Lien : https://prettyrosemary.wordp..
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ledevorateur
  19 septembre 2020
Je n'arrive jamais à résumer les essais que je lis – et est-ce d'ailleurs intéressant ? Pour ça, on peut lire la 4ème de couverture. Elle est courte, mais elle résume pourtant à la perfection ce livre.
Je vais plutôt parler de mes ressentis. Iris Brey soulève une question qui revient de plus en plus dans les débats, mais que peu de gens définissent : le female gaze. Qu'est-ce que c'est ? Ce que je retiens, c'est que c'est surtout un outil d'analyse qui me permet enfin de comprendre. de comprendre comment la façon dont les films sont filmés définit la façon dont nous les percevons. le regard de la caméra détermine le nôtre.
Le regard féminin me permet de mettre des mots sur le coup de coeur intersidéral qu'a été Portrait de la jeune fille en feu. Qui me permet de comprendre pourquoi I may destroy you est la meilleure série jamais tournée. Et qui me fait réfléchir, beaucoup : à la façon dont je visionne films et séries, mais aussi – et peut-être que je m'emballe (mais peut-être pas) ? – à la façon dont à l'écrit aussi male gaze et female gaze sont importants. Comme au cinéma, on pourrait analyser les figures de style, les processus de narration, pour changer de regard, de perspective, sur les personnages. Bref, j'ai pas fini de réfléchir à ce livre.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
armand7000armand7000   15 juin 2020
Il existe un regard féminin, ou female gaze, un regard qui nous fait ressentir l’expérience d’un corps féminin à l’écran. Ce n’est pas un regard créé par des artistes femmes, c’est un regard qui adopte le point de vue d’un personnage féminin pour épouser son expérience. Pour le faire émerger, les cinéastes ont dû tordre le corps de la caméra, inventer et réinventer une forme filmique afin de s’approcher au plus près de l’expérience des femmes. D’Alice Guy, qui utilise pour la première fois le gros plan au cinéma à des fins dramatiques dans Madame a des envies en 1906, à Phoebe Waller-Bridge, qui utilise le regard caméra pour créer non plus une distanciation mais un lien entre l’héroïne et les spectateur.trice.s (Fleabag, 2016), le regard féminin est là, sous nos yeux.

Pourtant, même si de nombreuses œuvres privilégient cette perspective depuis les débuts du cinéma, le regard féminin semble avoir été relégué à une culture souterraine, invisible. Dès lors, il s’est doté d’une autre puissance, d’une autre aura, celle des œuvres secrètes qui existent dans un murmure, dans les soupirs de celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans le cinéma dominant. Un régime d’images qui appellent à désirer autrement, à explorer nos corps, à laisser nos expériences nous bouleverser. Des images qu’il faut aujourd’hui nommer et définir.
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BazartBazart   18 juin 2020
" Interroger le male gaze d'un film c'est réfléchir à la manière dont un ou une cinéaste met en scène le corps féminin et l'imaginaire liée aux femmes.Ce n'est donc pas s'opposer au désir d'un cinéaste de filmer des femmes comme des culs, mais interroger la manière dont ces culs sont filmés et ce qui résulte du regard que porte le ou la cinéaste sur les êtres. L'utilisation de ce terme ne sert qu'à questionner l'esthétisme d'un film, non pas à le censurer"
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Ellana1978Ellana1978   10 mars 2020
Le female gaze ne définit pas une essence féminine mais analyse, grâce à une approche phénoménologique et féministe, une spécificité qui renvoie à l'expérience du corps féminin. Une approche cruciale et urgente puisque les personnages féminins dont on ressentira l'existence et qui sortiront du statut d'objet ont été jusqu'ici absents, effacés, minimisés et avant tout discriminés de nos écrans et de notre culture. Le female gaze peut nous aider à voir et à regarder en dehors du modèle dominant.
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OrangetreeOrangetree   23 avril 2020
S’il fallait proposer une grille de lecture pour caractériser le female gaze, voici les six points qui me semblent cruciaux :

Il faut narrativement que :
1/ le personnage principal s’identifie en tant que femme ;
2/ l’histoire soit racontée de son point de vue ;
3/ son histoire remette en question l’ordre patriarcal.

Il faut d’un point de vue formel que :
1/ grâce à la mise en scène le spectateur ou la spectatrice ressente l’expérience féminine ;
2/ si les corps sont érotisés, le geste doit être conscientisé (Laura Mulvey rappelle que le male gaze découle de l’inconscient patriarcal) ;
3/ le plaisir des spectateurs ou spectatrices ne découle pas d’une pulsion scopique (prendre du plaisir en regardant une personne en l’objectifiant, comme un voyeur).
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Ellana1978Ellana1978   10 mars 2020
Trop souvent les images nous ont appris à avoir honte, à avoir peur, à dévaluer les expériences féminines. On détournait le regard. Dans ce détournement s'inscrivait une morbidité. Le male gaze est mortifère. Le regard féminin, lui, est un regard vivant qui produit des images inédites. Nos images manquantes.
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Vidéo de Iris Brey
LE FESTIVAL AUQUEL VOUS AVEZ [HÉLAS] ÉCHAPPÉ !
Iris Brey était l'invitée du festival pour parler de son livre le Regard féminin (Éditions de l'Olivier), paru en février 2020. Elle y théorise le regard féminin ou female gaze en questionnant la façon dont les femmes sont filmées au cinéma ou dans les séries.
À lire : Iris Brey, le Regard féminin. Une révolution à l'écran, Éditions de l'Olivier, 2020.
http://www.ohlesbeauxjours.fr
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