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ISBN : 1401290620
Éditeur : Jinxworld (30/04/2019)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Power. Corruption. Lies. In a country much like our own, these forces were wielded against innocent people everywhere, and the spark that finally lit the fires of rebellion could have come from anyone.

But the new American Revolution began in the streets of Portland, Oregon--and it was Scarlet Rue who struck the match.

Striking back against the corrupt police who tore her life apart, Scarlet has become a counterculture sensation and the... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  23 juin 2019
Ce tome fait suite à Scarlet Book Two (épisodes 6 à 10) qu'il faut avoir lu avant. Il comprend les épisodes 1 à 5 de la deuxième saison, initialement parus en 2018/2019, écrits par Brian Michael Bendis, dessinés, encrés et mis en couleurs par Alex Maleev. Les couvertures ont été réalisées par Maleev. le tome comprend également une couverture alternative réalisée par Michael Gaydos, une interview de 4 pages de Bendis réalisée par Newsarama, 6 pages d'études graphiques en dessin pleine page, 6 pages de script.
À Portland, dans l'Oregon, 2 personnes se déplacent discrètement et prudemment dans des décombres. Ils atteignent la caisse qu'ils cherchaient et commence à l'ouvrir. L'un d'eux est tué net d'une balle en plein front. Les assaillants ouvrent un tir de barrage nourri qui s'arrête aussi soudainement qu'il a commencé. Ice (une femme avec un bandeau sur l'oeil gauche) prend une arme de gros calibre et tire sur le pont d'où provenaient les tirs. Juste après l'explosion, elle en profite pour partir avec l'autre homme encore vivant. Des hélicoptères militaires survolent la ville, observant les ponts coupés au-dessus du fleuve Willamette. Scarlet Rue se souvient qu'en sortant du coma, elle voulait regarder un film de préférence Charlie's Angels, mais qu'elle n'a trouvé que Lincoln de 2012, réalisé par Steven Spielberg. Ça lui a sauté aux yeux : le pays des États-Unis a été construit sur le dos des esclaves, sur la base d'une économie d'individus exploitant d'autres individus, et que le Congrès est composé d'hommes vieux et riches ne servant que leurs propres intérêts, pendant que le peuple meurt dans les rues. Scarlet Rue s'adresse au lecteur, indiquant que s'il est de ce côté-ci du pont, c'est qu'il est avec elle. Elle prend sur elle pour se montrer en se promenant dans la rue, au bénéfice des citoyens qui la soutiennent, qui ont pris son parti. Elle se dit que tout se résume à une simple question : si elle se regardait comme les autres la regarde, qu'attendrait-elle d'elle-même ? Elle songe à quel point le monde serait différent si tout le monde faisait de même.
Scarlet Rue se doute bien que chacun de ses gestes est épié par satellite. À ce moment, les gens ne la considèrent que de 3 manières : ceux qui la vénère comme une véritable héroïne, comme représentante des opprimés et du peuple, ceux qui lui en veulent de les avoir obligés à choisir un camp, à quitter leur confort, et enfin ceux qui veulent se battre maintenant, immédiatement. À ces derniers, Scarlet enjoint de continuer à s'entraîner et qu'elle leur indiquera quand le temps sera venu de passer à l'action. Avant qu'elle ne se soit éloignée, Kit (une jeune femme aux cheveux bleus) évoque le souvenir de Gabriel, le jeune abattu d'une balle par un policier, action qui a fait basculer Scarlet dans la révolte active. Elle s'éloigne et reprend son monologue intérieur au profit du lecteur : pour elle la seule différence entre l'époque d'Abraham Lincoln et maintenant réside dans la technologie. À ce moment-là, une explosion se produit à plusieurs centaines de mètres, une attaque sur le sol américain. Elle repère un drone d'observation dans le ciel au-dessus d'elle. Elle y voit des tactiques contre-révolution, inadaptées parce que tout le monde autour d'elle fait corps, se serre les coudes.
Ce tome-ci est paru rapidement après la reprise des séries indépendantes de Bendis par DC Comics, dans le sous-label jinxworld. le lecteur est encore sous le charme de la personnalité entière et absolue de Scarlet Rue, et se demande bien jusqu'où elle va pouvoir aller dans sa rébellion, et combien de personnes vont suivre son sillage et participer activement à cette sédition de grande ampleur à Portland. Afin de réacclimater le lecteur, les auteurs commencent par une scène d'action introductive de 7 pages qui permet de comprendre l'état de la ville, et d'assister à un acte de résistance contre l'autorité établie. Dans l'interview, le scénariste estime que cela permet à un lecteur n'ayant pas lu la première saison d'accéder à la deuxième et de comprendre la situation, sans avoir la sensation d'être perdu. Avec une petite déception, le lecteur retrouve également le papier mat utilisé par l'éditeur pour ce recueil qui boit un peu les couleurs et rend les pages un peu ternes. Alex Maleev détoure les formes avec des traits un peu secs, ou un peu droits, donnant une impression de reportage en direct qui ne se soucie pas de polir les formes, préférant l'immédiateté de l'instant. Dans un premier temps, le lecteur est déstabilisé par l'arrière-plan entre marron et rose pelure d'oignon, uni, sans rien de représenter. Cela donne une sensation de scène bouchée faute d'horizon, confinant le lecteur aux côtés des 3 rebelles. Cette sensation disparaît avec le dessin en double page pour une vue du ciel de Portland au-dessus de la rivière Willamette, l'artiste amalgamant une photographie de référence avec des éléments dessinés (les hélicoptères) ou retouchés (les ponts détruits), sans solution de continuité grâce à la mise en couleurs. Par la suite, le lecteur ne retrouve plus cette impression d'acteurs sur une scène de théâtre, déconnectés du reste de l'environnement, les dessins comprenant une forte densité descriptive, tout en restant lisibles.
Après cette scène d'introduction, Alex Maleev n'a pas la tâche facile car Brian Michael Bendis a opté pour un mode narratif particulier. Plus encore que dans les tomes précédents, Scarlet Rue brise le quatrième mur, et s'adresse directement au lecteur, comme à un spectateur privilégié. Scarlet Rue commente donc ses actes, ses choix, sa façon d'interpréter une situation, ses convictions qui motivent ses choix. Ce mode narratif met en perspective ses positions, ses actions et en fait une personne très étoffée, générant une forte empathie chez le lecteur, à la fois pour les valeurs qu'elle défend, à la fois parce qu'il comprend ce qui la pousse à agir ainsi. En outre, Bendis a retrouvé (ou a décidé de se remettre à utiliser) sa sensibilité pour écrire des dialogues qui expliquent, qui exposent, qui traduisent la réaction des interlocuteurs, en sachant également faire passer la personnalité de celui qui parle, son état d'esprit dans les mots qu'il choisit, dans ses tournures de phrase. du coup, les phylactères se dévorent à la fois parce qu'ils enrichissent l'intrigue, à la fois parce qu'ils participent à l'incarnation des personnages. Par contre, l'artiste doit trouver des idées de mise en scène pour éviter les enfilades de cases avec uniquement une alternance de têtes en train de parler.
À la lecture, il apparaît que Michael Gaydos met en oeuvre un nombre impressionnant de constructions de page, évitant tout effet de répétition ou d'impression de trucs et astuces systématiques. S'il a suivi la carrière du duo, il repère bien quelques-unes des dispositions de pages qu'ils avaient développées par le passé, mais réadaptées pour cette histoire en particulier. Il y a ainsi quelques mouvements de caméras autour de la tête d'un personnage répartis sur 4 cases, ou des cases de têtes en train de parler collées sur un décor de fond en double page, pour un effet d'incrustation. Mais il y a également tout un éventail d'autres séquences de prise de vu différentes. La narration visuelle ne donne pas la sensation de pages vite assemblées, sur la base de 3 ou 4 dispositions différentes prêtes à l'emploi, de manière industrielle. le lecteur est très impressionné par l'interaction entre dialogues et dessins, qui se produit de manière totalement naturelle. Lorsque Troy (un soldat des forces spéciales) arrive en parachute, il se rend à Scarlet Rue indiquant qu'il a pour mission de lui remettre un téléphone portable, une ligne directe avec le président des États-Unis. Ice commente qu'il a été choisi pour provoquer une réaction émotionnelle chez Scarlet, et les dessins montrent admirablement l'ingénuité de Scarlet et la réserve de Troy, l'ambiguïté qui s'installe entre eux. Ces 5 épisodes sont loin de se limiter à des pages de parlotes, et les dessins de Maleev capturent aussi bien la rugosité d'une ville en pleine guérilla, que la fraternité des rebelles entre eux, des moments d'une surprenante intimité lors d'étreintes réconfortantes (hug), ou encore la violence des scènes d'action.
Le lecteur peut se projeter sans difficulté dans cette ville aux mains de rebelles, avec l'armée à ses portes. Il suit avec facilité la stratégie de Scarlet Rue puisqu'elle lui explique. Il se rend compte que l'intrigue évolue rapidement, en même temps que le flux d'informations apportées par les dialogues. Bien sûr, Scarlet Rue poursuit son activisme politique. Suite à un traumatisme (la mort de Gabriel), elle en a eu assez, et a refusé de continuer à subir. Elle dit les choses comme elles sont en termes de corruption et d'abus de pouvoir. Elle choisit une position d'absolu refusant de fermer les yeux sur toute exaction, quand ceux sensés servir le peuple, se servent d'abord et trahissent leur mission et le pouvoir qui leur est délégué. C'est ce qui fait la beauté du personnage, cet absolu sans compromission possible. C'est aussi ce qui fait sa limite car cette lutte anti-corruption ne constitue pas un programme politique ou même social. Il s'agit de détruire un système vicié, ou au moins imparfait, mais sans proposer d'alternative.
Michael Gaydos & Brian Michael Bendis poursuivent la révolte de Scarlet Rue contre toute forme d'abus de pouvoir. Ils ont choisi un mode narratif risqué, qui fonctionne bien à la fois grâce au savoir-faire de conteur de l'artiste, à la fois grâce à l'investissement réel de Bendis dans ses dialogues. le lecteur adhère à la soif d'absolu de l'héroïne qui est aussi l'égérie d'un peuple, tout en sachant que son apolitisme constitue la limite de son action.
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