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Bernard Turle (Traducteur)
ISBN : 2742788042
Éditeur : Actes Sud (06/01/2010)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 16 notes)
Résumé :

C'est en romancier qu'André Brink choisit de composer ce livre de Mémoires, en alternant narration et réflexions. Le lecteur découvre ainsi la trajectoire, les convictions et les doutes, les "bifurcations" d'un intellectuel issu d'une famille qui ne remet pas en question l'apartheid, le parcours d'un enfant qui va grandir entre ruptures et attachements, violence silencieuse des conflits familiaux, terreur de la rue et sérénité d'un milieu privilégié.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Titania
  08 février 2015
Certes dans une autobiographie, tout auteur cherche à réécrire son histoire en se donnant un meilleur rôle. pourtant dans celle-ci, même si André Brink est très présent, pour se raconter lui-même, il laisse une place très importante à ses contemporains. Il fait un peu oeuvre d'historien et nous fait partager son regard sur le monde et la lutte contre l'Apartheid . il fait en particulier revivre Ingrid Jonker, poète important et torturée de l'Afrique du Sud, dont Nelson Mandela a lu un passage de l'oeuvre, en trois langues, lors de son intronisation à la présidence.
Ingrid s'est suicidée dans des conditions mystérieuses, elle a été sa maîtresse et celle de bien d'autres, aucun d'entre eux n'a pu l'aider à surmonter ses démons. Ingrid, fille d'un notable du régime, illustre parfaitement aussi comment l'apartheid a pu se mettre à dos une bonne partie des enfants des Blancs pourtant privilégiés.
Il nous raconte Breyten Breytenbach qui en épousant une vietnamienne s'est condamné à l'exil car son épouse "colored" ne pouvait pas vivre avec lui dans son pays frappé de lois stupides et violentes sur le développement séparé des races. André raconte ses vies différentes avec ses épouses, la dernière aussi jeune que ses fils, comme un homme qui a su croquer la vie et voyager autant qu'il a pu. Coetzee est parti vivre en Australie, lui est toujours resté vivre en Afrique du sud.
L'Anglais n'est pas sa langue maternelle, contrairement à Nadine Gordimer, il a dû l'apprendre, ses romans témoignent de sa maladresse lorsqu'il commence à l'utiliser pour s'exprimer, mais pour s'adresser au plus grand nombre, dépasser ses frontières il s'est transcendé. Il parle aussi de son séjour en France.
"une saison blanche et sèche" reste incontestablement dans nos mémoires son roman le plus fort. Il nous raconte comment on devient un résistant alors qu'on n'est pas spécialement le plus fort ou le plus courageux, mais parce qu'on le doit tout simplement, parce que c'est une affaire de responsabilité et de dignité, un message moderne qui nous concerne encore. André Brink vient de mourir, il n'a jamais eu de prix littéraire, il nous laisse un message profondément humaniste et c'est le plus important.
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Lilou08
  26 avril 2016
André Brink… un de mes auteurs préférés. Moi qui ai toujours été intéressée, attachée à l'Afrique du Sud, je ne pouvais que rencontrer en lecture André Brink. Cette rencontre je la dois à un ami qui m'a prêté, il y a fort longtemps de cela maintenant « Une saison blanche et sèche », « Au plus noir de la nuit », « Un turbulent silence », « Un instant dans le vent » etc. J'ai été tétanisée, admirative… j'ai aimé ! admirative, oui, car lorsque j'ai lu ces livres contre l'apartheid, André Brink vivait en Afrique du Sud sous le régime de l'apartheid. Avec tout ce que j'imaginais que cela comportait de « difficultés ». En lisant « Mes bifurcations » j'en ai eu la confirmation. Cela m'a donné non seulement envie de le relire et renforcé si cela était possible mon admiration pour cet homme de grand courage. Il a su prendre du recul par rapport à son éducation, sa famille, ses amis, et ouvrir les yeux sur la réalité de son pays et en être le témoin, à ses risques et périls.
« Mes bifurcations ». Cette autobiographie porte vraiment très bien son titre car André Brink, avec son talent d'écrivain, nous prend par la main et nous promène au grès de ses souvenirs, de ses envies dans les méandres de sa vie personnelle, familiale, littéraire, amoureuse, amicale, politique, théâtrale, voyageuse … très riche.
J'ai aimé le suivre, même si je n'avais pas tous les codes, toutes les références nécessaires pour tout comprendre et peut-être apprécier car je connais peu l'Afrique du Sud, les écrivains et références de cette société. Mais ce n'est pas grave, le plaisir, l'intérêt étaient là et bien là.
C'est un homme attachant, sincère et très cultivé. J'ai eu la grande chance de m'en apercevoir « pour de vrai » car André Brink, cet immense écrivain, est venu dans ma petite ville de Charleville-Mézières dans les Ardennes, lors d'un festival littéraire et j'en suis encore toute chamboulée. Cultivé, passionnant, parlant un excellent français et très simple, accessible. Un bonheur de l'entendre.
Son amour pour la France que j'avais découvert lors de cette venue dans les Ardennes, est largement décrit tout au long des pages de « Mes bifurcations ».
Petite anecdote, mais qui me fait encore plus l'apprécier, il est, tout comme moi, fan de rugby ! oui je vous vois sourire, mais c'est important, en tout cas pour moi !!
J'ai découvert également qu'André Brink est un amoureux de la vie, et surtout des femmes… (je me rends compte que j'ai encore du mal à parler de lui à l'imparfait. L'annonce de son décès a été une triste nouvelle pour moi).
En conclusion, je ne peux que vous conseiller vivement de lire non seulement « Mes bifurcations » mais aussi l'oeuvre d'André Brink.
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luocine
  01 mai 2013
Je dois à cet auteur la révélation de ce qu'a été l'Afrique du Sud: un pays tragique et superbe.

Depuis Une saison Blanche et Sèche , j' ai lu avec passion ses romans: Un turbulent silence, Au plus noir de la nuit...
Il a su avec un talent incomparable entraîner ses lecteurs dans les méandres des passions humaines.


ET ... Il vient à Saint-Malo , aux «étonnants voyageurs» , avec son autobiographie Mes bifurcations .

C'est un des meilleurs conteurs que je connaisse, et c'est, encore une fois, ce talent là qui m'a le plus intéressée dans ce très long récit.

Il y fait le point sur tous ses parcours.
Il a pris tous les chemins des révoltes et là où l'injustice essaie d'étouffer l'esprit de liberté ,André Brink met son talent et sa notoriété au service de ceux qui luttent.


Bien avant d'être un écrivain célèbre dans le monde entier, il a été un petit Afrikaner élevé par des parents aimants mais tout naturellement racistes et cherchant à éviter tout contact avec la population noire qui les entourait.


Jeune étudiant, c'est en France, en côtoyant des étudiants noirs, qu'il prendra conscience de l'horreur de la situation dans son pays .
De retour chez lui il ne cessera , alors, de participer très activement à la lutte contre l'Apartheid, prenant souvent de très grands risques.
Il retourne en 1968 en France et cela m'a amusé de lire ce qu'il a pensé des événements de mai 68 en France.

Le livre mêle ses expériences et évolutions personnelles et les conflits du monde que ses positions courageuses l'ont conduit à connaître. Il le dit lui-même il est plus écrivain que politique. Il a été amené à s'appuyer sur des idées révolutionnaires qui ont provoqué bien des tragédies elles-aussi,la partie critique de ces idéologies me manque un peu.

Il fait , également,la part belle aux femmes rencontrées et aimées pour certaines d'entre elles, à la passion.


Son livre se termine très tristement car l'Afrique du Sud est gouvernée par des incompétents et des corrompus .
La violence y fait, encore, beaucoup de victimes , la seule différence , c'est qu'aujourd'hui elle est exercée par des noirs contre les blancs ou des noirs riches.
Entre le chef d'une police dépassée ou totalement corrompue, une ministre de la santé qui veut lutter contre le Sida avec de l'ail et des décoctions de plantes, on se dit, hélas! que ce pays est bien mal parti.
Dans ce chapitre on peut lire ce qu'il avait déjà écrit dans un article du Monde paru en 2006.


Par soucis d'honnêteté , André Brink cite tous les noms des personnes qu'il apprécie où qu'il critique , on est parfois un peu submergé par tant de noms inconnus et de précisons sur les circonstances de ces rencontres . Cela alourdit son récit et je dois avouer que j'ai parfois sauter des pages.

Ses mémoires fourmillent de moments très différents. Comme le dit le titre, André Brink a bifurqué souvent.. mais sa ligne de conduite a toujours été : un fil rouge tendu entre la liberté et le respect de l'être humain.

Lien : http://luocine.over-blog.com..
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ay_guadalquivir
  03 mai 2016
Voix d'André Brink sur France Culture, pour une rediffusion de l'émission A voix nue au moment de sa mort. Voilà ce qui m'a poussé vers ce recueil de mémoires, tant les extraits lus à la radio étaient saisissants. Son parcours vers la littérature dans l'Afrique du Sud de l'apartheid, sa relation à la France, ses doutes sur les choix importants. Je ne connaissais pas bien André Brink, alors que j'avais lu, il y a longtemps déjà, ses grands livres (au plus noir de la nuit, une saison blanche et sèche) avec sans doute une vision réductrice. J'ai aimé dans ce livre l'impression d'un parcours, et le titre illustre parfaitement son cheminement, fait d'hésitations, d'avancées, de voyages, mais aussi de directions nouvelles parfois.
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Nikoz
  08 avril 2015
Un bouleversement sans doute plus radical que la chute du mur de Berlin pour les consciences, les dits et les non dits, les compromissions... C'est ce cadre qui est celui d'André Brink, c'est notre cadre à tous, au quotidien.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Lilou08Lilou08   26 avril 2016
La réaction au livre fut immédiate et stupéfiante. Quelques romans en langue anglaise nous avaient déjà présenté des histoires d’amour franchissant la barrière des couleurs, dont la plus touchante était Occasion for Loving (Une occasion d’aimer) de Nadine Gordimer. Mais, en afrikaans, ce genre d’expérience avait toujours été décrite comme un scandale. Dans mon roman, elle faisait partie, simplement, de l’expérience humaine. En fait, la principale critique négative, qui émana d’un ami, un critique littéraire respecté, me reprochait que l’homme de couleur, Joseph Malan, “se comportât comme un Blanc”. C’était plus ou moins ce que j’avais voulu. Sous-jacente à toutes les critiques, bonnes ou mauvaises, rôdait l’interrogation : Que vont dire les censeurs ? C’est triste à dire mais, à partir de cette époque, quand de jeunes apprentis écrivains m’envoyèrent leur manuscrit pour que je leur donne mon avis, ils changèrent leur approche. Jusque-là, la question-clé dans leur lettre d’accompagnement avait été : Pensez-vous que c’est assez bon pour être publié ? Désormais, la question était : Pensez-vous qu’il passera la censure ? Commentaire dévastateur s’il en fut sur l’état des lettres sud-africaines dans les années 1970.
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Lilou08Lilou08   26 avril 2016
Au bout du compte, rien n’est “inventé” dans Une saison blanche et sèche. Le roman devint le reposoir de ma vie, des vies de nombre de mes amis des années 1970, et des informations glanées au cours des principaux procès et enquêtes de la période.
Ce ne fut pas une partie de plaisir : à cause notamment du caractère atroce du matériau brut à partir duquel je travaillais. Seule la rédaction d’un autre de mes livres, Au-delà du silence, se révéla plus ardue. Mais c’était dû aussi à un événement qui eut lieu le 18 août 1977, très peu de temps après que j’eus commencé la rédaction du roman, et qui bouleversa tant le processus de création que je faillis abandonner. L’événement qui mena, quelques semaines plus tard, à la mort de Stephen Bantu Biko.
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Lilou08Lilou08   26 avril 2016
Au Cap, le châtiment des esclaves commençait avec ce qu’on appelait les “pratiques douces”. Il s’agissait de couper le nez, les oreilles ou les chevilles jusqu’à ce que l’esclave connaisse une longue agonie, prolongée quelquefois jusqu’à six, huit ou douze jours, l’esclave restant attaché à la roue après avoir eu tous les membres brisés, ou empalé sur un long bâton remonté dans l’anus et ressortant à la nuque, quand il n’était pas écartelé par quatre chevaux.
Tel fut le châtiment réservé en 1714 à la jeune Trijntje, originaire de Madagascar, lorsqu’on apprit qu’elle avait été contrainte d’avoir une relation avec le brasseur Willem Menssink, personnage violent qui, afin de la soumettre, donnait le fouet à sa propre épouse Elizabeth, en s’exclamant : “Ne sais-tu pas que la coutume au Cap est de vivre suivant les préceptes de l’Ancien Testament ?” Poussée au désespoir par les avances du brasseur et la cruauté de son épouse, Trijntje avait tenté d’empoisonner sa maîtresse et tué l’enfant qu’elle avait eu de Menssink. Elle fut emmenée sur le lieu d’exécution à l’angle sud-est du Château, où elle fut étranglée ; on attacha son cadavre à un poteau fourché ; il resta exposé là, “afin qu’il soit consommé par le temps et les volatiles des cieux”. Menssink, comme il était blanc et, en outre, indispensable à la Compagnie en sa qualité de brasseur, sortit du tribunal libre comme le vent.
L’infatigable Nigel Penn a retrouvé cette histoire et l’a publiée dans sa merveilleuse étude intitulée Rogues, Rebels and Runaways (Lascars, rebelles et fuyards) ; je me rappelle encore le vague sourire qu’il eut, lorsque, m’offrant son ouvrage, il déclara : “Tu trouveras bien quelque chose là-dedans.” En effet, j’y trouvai Les Droits du désir.
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Lilou08Lilou08   26 avril 2016
Pour moi, le langage commença le jour où nous avons commencé à apprendre l’anglais à l’école. Je devais avoir six ans. A Jagersfontein, le petit bourg où nous vivions à l’époque, l’anglais était une langue étrangère. Pour nous, pour moi, tout arrivait en afrikaans. Pour les Noirs de la location, à une distance respectable de notre enclave blanche dans le vaste espace désertique du Sud de l’Etat libre, où nous jouissions d’un horizon sans fin dans toutes les directions à la fois, il existait une autre langue, le sotho, mais elle ne fut jamais consciemment absorbée par nos esprits trop blancs. Sauf… non, je reviendrai là-dessus plus tard. Je savais que, de temps à autre, mes parents parlaient anglais à des visiteurs d’autres planètes ; ma mère, qui avait passé son enfance dans le Cap-Oriental au milieu des descendants des colons britanniques de 1820, s’était toujours bercée d’illusions de grandeur intimement liées à cette langue. Mais, pour moi, l’entendre tout à coup parlée au milieu d’un auditoire captif par notre maîtresse bien-aimée, la boulotte Miss Gouws, gardienne d’un savoir qui englobait trois fois le globe, fut une grande nouveauté.
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Lilou08Lilou08   26 avril 2016
Bien avant mon premier mariage, je savais déjà que je voulais des enfants des deux sexes. Mais le lien père-fille m’attirait particulièrement. Qui dresse un portrait plus dévastateur de cette relation que Halldór Laxness dans Sjálfstaett Fólk (Gens indépendants) ? Je savais aussi que je n’arrêterais pas de faire des enfants avant d’avoir une fille. Chacun de mes fils occupe une place spéciale dans ma vie et je ne peux imaginer le monde sans eux. Mais, à la naissance de Sonja en 1973, j’eus la sensation que mon existence prenait enfin tout son sens. Quoi de plus naturel, donc, que nous partagions une proximité qui demeurera à jamais inviolée et inviolable ? Avec sa volonté, sa belle obstination, son empathie naturelle, son ouverture au monde, son rayonnement intérieur, sa relation avec sa famille, ses innombrables animaux de compagnie, ses nombreux talents, y compris ses dons culinaires et son sens de l’humour, c’est l’un des individus les plus positifs que je connaisse et apprécie ici-bas. Pour elle, avec elle, je construirais un shadouf n’importe quand.
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Le dernier discours d'André Brink.
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