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Critiques sur Une année avec mon père (19)
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marina53
  04 mars 2013
Un coup de téléphone, comme chacun d'entre nous peut le redouter: vos parents ont eu un accident de voiture, votre mère est morte et votre père semble grièvement blessé. C'est ce qui est arrivé à Geneviève, un cauchemar en pleine nuit. Et puis, il faut se réveiller. S'occuper de l'enterrement, aller au chevet de son papa qui ne pourra pas assister aux obsèques de sa femme, l'assister pour qu'il se remette de ce drame. Une fois sorti, c'est sa fille qui décide de s'occuper de lui, et ce pendant une année. Un peu maternelle, attentionnée, parfois maladroite, soucieuse d'en faire trop, elle essaie de le protéger, lui, cet homme, un peu bourru et opiniâtre, qui tient à garder son indépendance et ne veut pas qu'on s'occupe ni qu'on s'inquiète pour lui, parce que, évidemment, il a passé l'âge. Et, pourtant, c'est tout au long de cette année que sa fille va se rendre compte de ses faiblesses et de ses moments d'égarement. C'est cette merveilleuse année qu'elle aura passée à ses côtés qu'elle nous raconte, évoquant les liens formidables et indissociables qui lient un père et sa fille...

Geneviève nous livre, dans ce roman, une partie de sa vie qu'elle semble avoir appréciée au plus haut point, tant la présence de son père est grande dans son coeur et dans sa vie. le ton est donné dès les premières pages puisqu'il n'est jamais question de la maman qui est morte. Ici, on se concentre sur la relation père-fille, une relation intime et ô combien importante.
Le récit joue sur les non-dits, les secrets, les peurs cachées et les sentiments parfois inavouables. Extrêmement sensible et pudique, Geneviève Brisac nous fait partager cette merveilleuse année, d'une écriture simple, subtile, émouvante et attachante.

Une année avec mon père... une autre, et une autre si cela m'était possible....
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fanfanouche24
  07 janvier 2014
Déjà de nombreuses critiques sur ce récit pudique, plein de tendresse qui parle de la relation forte entre une fille (l'auteur) et son papa brutalement veuf, seul et vieillissant.
L'accompagner en respectant son indépendance, sa personnalité, adapter cette nouvelle relation, avec sa propre vie, ses activités... tout l'éventail des sentiments complexes, et remises en questions lorsque nos plus proches deviennent vulnérables...Un texte d'autant plus attachant et percutant qu'il ne tombe jamais dans le larmoyant...Une complicité père-fille qui doit se construire, se vivre autrement....

.... Ce qui ressort parmi tant d'autres choses dans ce récit, ce sont les exigences de respect et de dignité quoi qu'il advienne:

- Je le regarde rassembler ses affaires, je me souviens de cette inquiétude, de ce doute qui parasitent chaque mouvement quand on est (soudain) vieux et malade, je me surviens de les avoir si souvent observés le coeur serré, observés en faisant toujours semblant de ne rien voir, de ne pas sembler attendre. Nous dissimulons nos trébuchements, nos faiblesses, et n'avons pas d'indulgence pour qui nous les fait remarquer. (p.118)

- Mon père a toujours été hostile à la retraite des objets aussi bien que des êtres humains. Comme je le comprends. (p.125)

Un récit très sensible et vivant... qui parle d'un des sujets les plus délicats de notre société... l'existence et le quotidien de nos grands seniors...où nous n'avons pas à être très fiers du présent, à leur égard...
- Il ne veut pas me faire attendre. Il veut me montrer combien il est autonome, comme disent les journaux et les prospectus. Un homme libre, qui a envie qu'on le laisse vivre en paix. Un homme. Pas un animal domestique. Ou un vieillard infantilisé.- (p.62)

-Lu en 2010-
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colka
  01 janvier 2018
Dans ce roman autobiographique, Geneviève Brisac aborde avec courage, émotion et intensité l'une des épreuves les plus douloureuses auxquelles nous sommes tous un jour confrontés : celle de la disparition de nos parents.
Ce sera d'abord la mort de sa mère dans un accident de voiture. Puis celle de son père, un an après, toute aussi douloureuse pour elle mais moins brutale dans les faits.
Ce qui m'a frappé dans ce roman c'est combien l'écriture cerne au plus près les différents états émotionnels que la narratrice va traverser durant ces moments si difficiles à vivre.Et il existe un contraste assez marqué entre le début où la narratrice raconte le bouleversement causé par l'accident de ses parents, dans un récit aux nombreuses ruptures narratives, à l'écriture très émotionnelle, où passe tour à tour son esprit rebelle et sa colère, et la suite du roman où la phrase va s'assagir lorsqu'elle évoque l'année qu'elle va vivre aux côtés de ce père très fragilisé par ce qu'il vient de vivre.
Elle rend compte, avec justesse et doigté, de l'ambivalence des sentiments qui vont accompagner ces derniers moments de vie commune. Retour sur les lieux aimés et porteurs de souvenirs en Bretagne ; moments bénis où tout paraît "comme avant". Mais aussi difficile dialogue avec un environnement amical mais souvent maladroit, pieux mensonges que l'on fait pour épargner l'autre. Toute l'extrême complexité de ces relations qui unissent un enfant avec un parent en fin de vie sont analysés avec lucidité et justesse.
Mais l'évocation de la mort est inévitable et Geneviève Brisac le dit sans fard . Elle le fera très rapidement, dans un phrasé qui redevient nerveux, allusif, pour s'épargner sans nul doute la souffrance de revivre de trop près ces douloureux instants.
J'ai été frappée par le côté très abrupt et pourtant incontournable de la dernière phrase : "... Mourir fait mal autant que naître. Et c'est aussi long."
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mariech
  19 avril 2012
Geneviève Brissac nous livre ici un roman intimiste sur le vieillessement des parents .
Un coup de fil et toute la vie bascule , les rôles sont inversés , c'est la fille qui doit s'occuper de son père et cela n'est pas une situation facile pour l'un comme pour l'autre .
Pour le père qui doit faire face à la mort brutale de sa femme mais aussi à la perte d'autonomie et à pour la fille qui n'a pas le temps de faire le deuil de sa mère car elle doit pour la première fois de sa vie prendre en charge son père .
Le sujet est traité avec délicatesse , sans pathos , un thème bien d'actualité dans notre société confrontée pour la première fois au défi du ' grand ' vieillissement .
Un beau témoignage .
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bdelhausse
  21 février 2018
L'auteure nous raconte les 14 mois passés à épauler son père de 80 ans, qui remonte peu à peu la pente après avoir perdu sa femme dans un accident de voiture, alors qu'il conduisait.

Pas de pathos, pas de longues scènes sentimentalo-gerbeuses, alors que la nature autobiographique du livre ne fait pas vraiment de mystère. L'auteur s'ancre plutôt dans le fil de la vie. du concret. du réel. Des détails du quotidien. La vie qui reprend lentement possession de nous. L'attitude d'une fille qui se rend soudainement compte à quel point son père est vieux. Elle est alors partagée entre le couver ou le pousser en avant... Elle va s'interroger sur une quantité énorme d'infimes détails, découvrant et redécouvrant son père dans des activités quotidiennes.

L'écriture en "je" fonctionne plutôt bien, même si parfois j'aurais aimé que le récit soit tonifié par de vrais dialogues, par un climax, un événement spécifique sortant de la routine... Mais vu que l'auteure a choisi de se laisser porter au gré des micro-événements (on pourrait même dire des non-événements, comme prendre un train...) de la vie, cela donne un récit décousu, comme peut l'être la pensée d'un vieil homme.

Il se fait que je suis dans le même cas de figure, ou à peu près et que j'ai retrouvé des scènes assez proches de celles du livre. Beau talent d'observation, donc. Mais cela ne m'a pas suffit pour accrocher pleinement.
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Penylane
  29 juillet 2018
C'est le deuxième roman que je lis de cette auteure et je sais qu'il y en aura d'autres.
J'ai eu plaisir à retrouver son écriture, cette façon de poser son décor et ses antogonistes avec une sorte de discrétion tout en affirmant les caractères.
Ici, il est questions du départ des parents qui est dans l'ordre des choses mais toujours intolérable à ceux qui le vivent. Dans le renversements des rôles Geneviève Brisac nous amène au coeur d'un conflit qui se joue sans cesse, être trop prévenant, présent et par là tendre le miroir de sa déconfiture à l'être qui nous a élevé ou laisser du leste dans la crainte de se le reprocher pour toujours.
Dans notre époque, cette question de la fin de vie est un enfer. Il n'y a plus de place, plus de temps, nous sommes misérables. Mais ce n'est pas véritablement le sujet du livre que cette dernière réflexion, celui-ci se tourne vers la figure du père et la relation avec sa fille (l'auteure) qui le long de cette dernière année va se transformer , où ils vont apprivoiser leur nouvelle relation. L'amour qui les lie se fait jour à travers les petites attentions , la délicatesse dans sa présence à l'autre.
C'est un belle déclaration d'amour que Geneviève Brisac fait à son père.
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mariecesttout
  04 février 2014
Il s'agit d'un récit , ou plutôt des impressions qui demeurent d'une année de vie, d'un automne à un autre , après la mort de sa mère dans un accident, laissant leur père , quelqu'un de très indépendant ,seul .

En exergue::
"Dans toute parole donnée, dans toute parole reçue, dans chaque geste et la moindre pensée, dans tout fragment même bref et aléatoire, de notre vie et celle d'autrui, il y a quelque chose de précaire et quelque chose d'inéluctable, quelque chose de caduc et quelque chose d'indestructible."
Marisa Madieri

Malgré les deux morts qui marquent chaque automne- le père est mort en novembre, 14 mois après son épouse- ce n'est pas du tout un livre tragique. Mais tourmenté plutôt par le souci de , pour la narratrice, rester à sa place , veiller sans prendre en charge, il ne le permettrait pas de toutes façons, et c'est très difficile.
C'est une année pendant laquelle chacun recherche de nouvelles marques ,et leurs rapports deviennent de plus en plus complexes .
"un mélange de pudeur, d'admiration de frustration et de tendresse. Il y a tout ce qui ne se dit pas, les loupés ou les espoirs décus que l'on se camoufle parce qu'il est trop tard".
.
Une année traversée de beaucoup de chagrin, qui s'exprime très peu ,même entre soeurs:
"Je ne peux savoir ce que pensent mes soeurs. Un mur de chagrin nous sépare comme nous sépareraient des chutes d'eau. ( Je pense à une image d'Hitchcock, l'héroïne est cachée sous les chutes, un abri, une grotte impensée. La peine ressemble à cela.)"
Et de moments cocasses, dont du moins Geneviève Brisac, avec son humour, cherche à retranscrire la cocasserie.
Et aussi des moments joliment qualifiés d'apnées de l'optimisme..
Des règlements de compte , aussi. Finesse et humour.. toujours.
Beau livre d'hommage à un père.

Et un salut particulier à Geneviève Brisac que j'aime beaucoup comme écrivain. Et comme personnage. J'ai abreuvé mes enfants des livres de L'école des loisirs , ils ne les lisaient pas tous, loin de là, mais moi si! J'y ai d'ailleurs découvert d'excellents écrivains français.

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BMSierre
  28 septembre 2010
« de cette histoire, le téléphone est le héros ». Une fille apprend que ses parents âgés ont eu un accident de voiture. La mère est morte. le père grièvement blessé, doit tout réapprendre. le livre raconte l'accompagnement de ce parent âgé durant une année. Ce récit est très touchant. Il décrit sans sentimentalisme et même avec un certain humour cette période faite de culpabilité, de colère et de tentative de mener une vie normale malgré l'inquiétude et la course de vitesse contre la mort. Une complicité discrète entre un père et sa fille où chacun essaie de cacher sa peine. J'ai beaucoup apprécié. M.C.
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mediatheque-de-valence
  25 juin 2010
Très beau roman autobiographique qui débute par un coup de fil tragique reçu par la narratrice : l'accident de voiture des parents âgés ; la mère n'est plus, le père a survécu.
« Une année avec mon père » relate alors le bouleversant récit d'un tête à tête entre un vieil homme fragilisé après la mort de son épouse, et sa fille aînée qui doit trouver la bonne distance avec un père fier et secret.

Toute la délicatesse et la justesse d'expression de Geneviève Brisac (prix Femina 1996) se retrouvent dans la restitution d'un accompagnement où les rôles sont inversés.

Mélange de sensibilité et d'intimité, 179 pages de pudeur partagée !
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litolff
  05 octobre 2011
J'ai abandonné aux trois-quarts de l'année... c'est bien écrit, certes, mais finalement, je n'arrive pas à me passionner pour ce genre de récit extrêmement intimiste (ou intime ) : c'est une démarche qui me laisse perplexe...
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