AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Dan Simmons (Préfacier, etc.)Jean-Daniel Brèque (Traducteur)
ISBN : 2070436918
Éditeur : Gallimard (13/01/2011)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 116 notes)
Résumé :
Les bayous recèlent de bien terribles secrets. En douze nouvelles, poétiques et vénéneuses, gothiques et romantiques, Poppy Z. Brite nous convie à participer à un voyage sans retour où un fantôme se lie avec une strip-teaseuse, où deux siamois refusent d'être séparés, où deux amants explorent les limites de leur passion... Même les deux crochets par New York et Calcutta (où "cinq mi... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
greg320i
11 janvier 2016
Voyons, voyons, par où commencer ?
Si vous connaissez déjà l'auteur ma foi, mon prologue ne vous servira pas.
du moins je l'espère si nous en sommes au même point, au même constat de fracas que cette Poppy Z. Brite là en a sous la ,,hum, plume .

Donc voilà pour les autres: En quelques bribes de qualificatifs , ce qu'il faut savoir pour rester objectif .
Quel amertume , quel acidité;que Satan l'habite, elle ne le rechignerai même pas, HA!
Une diablesse en profondeur, à l'âme putréfiée et liquéfiée à je-ne-sais quel poison, mais au fond distillé et encore entrecoupé par un savant mélange dont elle doit avoir le secret .
Que Poppy soit, et Poppy sera : voilà sans doute une formule fortuite qui a dû être prononcé devant un pentacle pour recevoir ce réceptacle imaginatif de violence, de perversité et d' agressivité dans ses nouvelles.
Toujours plus enivrantes ,renversantes, inquiétantes, tentantes, entrainant son pauvre lecteur par le bout du nez pour le mener au broyage mental . Voilà qui pourrait bien résumer l'impact de ses méfaits sur d'innocentes victimes non-averties .
Concassage de personnages et vertus peu chrétienne à les soumettre au pires sévices sont l'adage quotidien de notre horrible narratrice .
Nul doute qu'elle y prend plaisir la mesquine ! Tant les descriptions peuvent être à la fois langoureuses, douloureuses ou vilipendeuses.
Rappelez-moi un truc,, c'est bien elle qui écrivit Âmes Damnées ?
Où l'ajustement du 'vit' se fait aussi souvent par la gorge 'que' par ailleurs ?
Choquant , bouleversant, ne reculant devant aucune censure pour les bavures ou l'homosexualité, il faut traiter avec Poppy comme on traite avec le Diable en personne : avec prudence et intelligence.
Non, son indulgence à nous épargner le sirupeux ou le contexte hasardeux n'est pas le fruit pourri d'une pomme aussi juteuse que vénéneuse que l'on tend à croire parfaite .
C'est le fait et le résultat d'un trop plein de sulfureux débordant sur ce qui pourrait rester de trop ou de pas assez justement .
J'avoue, j'avoue , l'horreur n'en est que plus réelle , tangible et incroyable, toutes ces nouvelles étant exactement situé dans le bien nommé Horror Show paru en 1986.
Cette réédition portant l'innocent nom " Contes de la fée verte " n'en est que plus trompeur . Voulu ou non en Français -comme d'habitude à milles lieux du titre en V.O - ce " Swanp Foetus " remettra à sa place la brebis égarée trouvant sur son passage la trace de ce loup dévorant .
Sur ce dernier point , si vous voulez rigoler un instant, mon anecdote croustillante pourra vous faire sourire ( juste avant de souffrir de lire autant de cruauté)
Car mon ouvrage 'présence du futur' célèbre édition Denoël ( N°609 si ça intéresse quelqu'un) s'est déniché -attention les oreilles- dans un rayonnage jeunesse . .
Quand bien même on pourrait excuser le maladroit à l'avoir placer là d'avoir le droit de ne pas connaitre (heureusement pour lui) Miss Poppy ( sans doute avez-t-il confondu avec Mary Poppins ,,) autant il faut vraiment ne pas avoir les yeux en face des trous pour ne pas apercevoir flanqué dénudée une Shiva aux seins ballotant sur le devant de couverture ;tout comme le crane fumant et le verre d'absinthe promettant de bien sombres délires en chaine.
Bref une belle illustration impeccablement signé Guillaume Sorel qui prouve magistralement que son BEP-CAP en génie civil n'avait de civil que l'homophonie . Et j'en dirai donc tant pour son génie .
Sur ces derniers ajustements , justement, je vous souhaite aussi un jour de vous échoir un soir, une nuit, le temps d'un instant, pour vous perdre et vous prendre (attention au 'r' quand même.. ) la durée de ces contes à votre compte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          213
Altervorace
29 mai 2012
Je vais d'abord me permettre de parler un peu théorie et classement des oeuvres littéraires. Ce recueil de 12 nouvelles est, comme vous avez pu le noter, publié dans le collection FolioSF et je trouve cet état de fait ennuyeux voir absurde : cet ouvrage n'a rien de commun avec un livre de Science Fiction. Tu me diras, ami lecteur, je n'ai rien contre ce genre, aucunement, mais je n'aime cette manie de vouloir caser dans la SF tout ce qu'on ne parvient pas à classer ailleurs. Certains spécialistes pensent que Contes de la fée verte fait parti intégrante du Splatterpunk, ce mouvement littéraire du milieu des années 80 qui mêle horreur et fantastique avec une coloration punk. Je ne connais pas assez les auteurs emblématiques de ce mouvement pour me rendre compte de la justesse de cette affiliation. Si je prends la peine de préciser cela, c'est surtout pour ceux qui voudrait lire des ouvrages de la même veine.
Les contes de la fée verte réunit donc douze nouvelle publiée sur plusieurs années (1986 à 1992) et cette disparité s'en ressent. C'est donc un vrai recueil sans autre lien entre les texte que le style particulier de Poppy Brite. Comment souvent dans ce type d'ouvrage, j'ai plus ou moins apprécié les titres. Je voudrais souligner plus particulièrement pour les amateurs de nouvelles que nous ne sommes pas ici en présence de textes dans la plus pure tradition de ce genre -avec par exemple une chute toujours surprenante et marquante.
Les thèmes chers à l'auteur au début de sa carrière sont tous présents et reviennent au fil des pages : la Nouvelle-Orléans, la mort, le mouvement gothique, la musique, le sang, les zombie, la gémellité, le Vaudou, l'alcool... L'homosexualité est encore une fois très présente mais c'est visiblement le cas dans toutes les oeuvres de Brite. Sur l'ensemble des nouvelles, quelques unes m'ont un peu lassée mais certaines sont vraiment superbes et méritent à elles seules que l'on plonge dans le livre en question. Musique en option pour voix et piano m'a beaucoup plu, de par sa construction qui change un peu des autres textes et par sa force poétique indéniable. Paternité reste je crois, le texte qui m'a le plus touchée parce que l'horreur est dénué de fantastique. le style est le même que pour le roman que j'ai déjà lu de l'auteur : flamboyant, cru, mystique et gore.
Ce bouquin m'a beaucoup plu mais je pense que le roman Âmes perdues est à lire en priorité sur celui-ci. D'ailleurs, on retrouve les personnes de Ghost et de Steve dans deux nouvelles : Anges -qui ne m'a pas énormément intéressée- et Prise de tête à New-York -un peu plus prenante à mes yeux-.
Enfin, outre le style de Brite que j'apprécie, ce qui ressort de cet ouvrage est la capacité de l'écrivain à nous plonger dans une atmosphère grâce à une myriade d'odeurs et d'images. Dans l'excellent Calcutta, seigneur des nerfs le lecteur se trouve presque submergé de sensations.
Pour conclure cette petite chronique, je tiens -une fois n'est pas coutume- à vous conseiller ardemment de lire la géniale préface de Dan Simmons. Non seulement on retrouve avec plaisir la plume d'un excellent auteur mais j'ai trouvé que c'est vraiment une magnifique entrée en matière dans l'oeuvre de Poppy Z. Brite.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Melisende
12 mars 2011
Poppy Z. Brite est une auteure dont j'entends parler depuis un moment grâce à une amie qui aime beaucoup ce qu'elle fait. Jusque là, je n'avais jamais eu l'occasion de découvrir l'univers de cette référence dans le domaine de « la littérature underground et gothique » ; j'ai donc profité d'un partenariat avec Folio, proposé par Livraddict, pour combler ce manque.
Je ne sais pas si le format « nouvelle » est la meilleure façon de commencer avec Poppy Z. Brite et si c'est vraiment représentatif de son style, mais je pense tout de même avoir eu un bon aperçu de l'univers que peut nous proposer l'auteure. Sur les douze « contes » que contient ce recueil, quatre m'ont beaucoup plu mais je pense être complètement passée à côté de deux autres, même si je leur reconnais quelques éléments positifs. Les six autres nouvelles m'ont semblé « moyennes » même si ce terme ne colle définitivement pas à une auteure hors du commun comme Poppy Z. Brite
Avant d'entrer dans les détails, je remercie Livraddict et Folio pour la découverte, et je vous propose quelques phrases pour « résumer » chaque nouvelle, pour que vous ayez une idée un peu plus concrète des sujets abordés…
La première nouvelle baptisée « Anges » met en scène Steve et Ghost qui rencontrent, lors d'un de leur périple, deux frères siamois séparés prêts à tout pour être à nouveau réunis.
Dans « Conte géorgien », l'auteure nous présente quatre amis qui vivent dans une église, chacun ayant ses particularités…
Deux jeunes hommes trouvent le temps longs et inventent des jeux pour le moins « particuliers » pour vaincre leur ennui dans « Sa bouche aura le goût de la fée verte ».
Alors qu'il quitte la bibliothèque tard le soir, un petit garçon se fait agresser ; des années plus tard, sa voix d'or semble être maudite et… la suite dans « Musique en option pour voix et piano ».
Alors que Robert et le narrateur se promènent dans le quartier chinois, le croque-mort du coin les embauche pour veiller sur le cadavre d'une femme dans « Xénophobie ».
La sixième nouvelle, justement appelée « La Sixième sentinelle », change un peu des précédentes puisqu'elle met en scène Rosalie, une jeune femme au passé trouble, cohabitant avec un fantôme.
Deux nouveaux personnages masculins sont à l'honneur dans « Disparu » ; l'un d'eux vit au dessus de la boutique d'une sorcière qui conserve un cadavre dans un cercueil en verre.
« Traces de pas dans l'eau » présente la rencontre de Dru, adolescent aux dons mystérieux, et Ninive qui cherche à retrouver son jumeau.
Avec le neuvième conte, « Prise de tête à New York », on retrouve les deux héros du premier, Ghost et Steve, qui ont bien du mal à trouver leur chemin dans la grande ville qu'est New York.
Le narrateur de « Calcutta, seigneur des nerfs », nous présente sa ville natale et son adoration pour la déesse Kali.
Avec « Paternité », Poppy Z. Brite s'attarde sur un thème inédit jusque là : être père.
Et enfin, « Cendres du souvenir, poussière du désir » met en scène un couple en déroute ; la jeune femme couchant avec le meilleur ami de son fiancé, celui-ci étant de plus en plus consumé par la jalousie…
Pas étonnant que Poppy Z. Brite soit reconnue comme étant l'une des « chefs de file de la littérature underground et gothique » quand on s'attarde deux minutes sur ses thèmes de prédilection : la mort, les couples homosexuels, le vaudou, la Nouvelle-Orléans, la musique… Vu comme ça, ça ne fait pas franchement envie, n'est-ce pas ?
Je vous l'accorde, j'étais assez sceptique avant d'ouvrir le recueil. Ayant pourtant évolué dans le milieu gothique et underground (milieu que je côtoie encore de temps à autre), je n'ai jamais été particulièrement attirée par tous ces « clichés ». A petite dose pourquoi pas, mais là, douze nouvelles, j'avais peu de faire une overdose, aussi courtes soient-elles.
J'appréhendais également le côté « yaoi » (terme utilisé pour les mangas, mais autrement dit : les histoires de couples homosexuels), pas que je sois homophobe, loin de là (surtout quand on connait un minimum mon entourage), mais disons que ce n'est habituellement pas ce que je recherche dans mes lectures.
Et bien, finalement, tous ces thèmes sont assez bien menés pour être intéressants, voire passionnants dans un ou deux textes ! Je me suis habituée à suivre des narrateurs et des personnages essentiellement masculins (ça manque un peu de femmes quand même…) et je me suis surprise à apprécier les relations qui les unissent (fraternelles, amoureuses,…). Comme quoi, quand c'est bien écrit…
Il est vrai que Poppy Z. Brite écrit bien. Elle fait beaucoup appel aux sens du lecteur : la vue évidemment, mais également l'odorat avec la description de beaucoup d'odeurs nauséabondes et de parfums entêtants. J'ai également apprécié les nouvelles qui se déroulaient à la Nouvelle-Orléans. La moiteur de l'atmosphère, la magie vaudou, les boutiques atypiques… On ne s'étonne plus de croiser des corps morts dans les coins de rue ! C'est très « palpable ». Un peu « dégueulasse » parfois tant on a l'impression d'avoir un cadavre en décomposition devant nous… cela dit, cela prouve le talent de l'auteure pour les descriptions, quelles qu'elles soient.
Cependant, j'ai parfois eu un peu de mal avec les tournures de phrases alambiquées, un peu comme si Poppy Z. Brite ajoutait le maximum d'adjectifs pour qualifier quelque chose. J'ai tendance à préférer les phrases nettes (attention, pas forcément courtes ou simples, mais claires) aux surenchères qui en deviennent parfois ridicules. Je ne sais pas si je me suis habituée à ce genre de phrases à rallonge ou si elles se raréfient au fil des pages, mais dans l'ensemble, j'ai apprécié le style.
En ce qui concerne le côté « formel » de ce court recueil, les nouvelles n'excèdent jamais les 25 pages. Autant j'aurais aimé que certaines soient un peu plus longues (deux ou trois ne s'étendent que sur une dizaine de pages), autant certaines m'ont paru bien longues pour ce qu'elles avaient à dire… mais tout dépend évidemment du sujet proposé.
Je retiens et vous conseille en priorité « Musique en option pour voix et piano » et « Paternité » qui, toutes les deux sur des thèmes différents, ont su m'accrocher. La première grâce au héros lié à la musique, la seconde car Poppy Z. Brite a su parfaitement décrire le sentiment de paternité ; sans doute la nouvelle qui m'a le plus émue.
Dans une moindre mesure, j'ai apprécié « La Sixième sentinelle » qui tourne autour d'une jeune fille et « Sa bouche aura le gout de la fée verte » sans trop savoir pourquoi, sans doute pour la chute.
En revanche, j'ai vite oublié « Conte géorgien » et « Traces de pas dans l'eau », toutes deux très courtes, elles ne m'ont définitivement pas convaincue !
Sans avoir adoré ce recueil (de toute façon, je n'aime pas trop le format « nouvelle », au départ), je retiens en priorité les quelques textes qui ont su sortir du lot.
Je suis heureuse d'avoir enfin découvert Poppy Z. Brite, et même si je ne m'en fais pas une priorité, je serais curieuse de la retrouver, mais dans un format plus long cette fois-ci…
Merci donc à Folio et à Livraddict pour leur confiance !
Lien : http://bazar-de-la-litteratu..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Tesrathilde
14 février 2015
WAOUH. C'est mon impression en refermant cet ouvrage, impression convoyée par le style et les idées de l'auteur tout au long de ces douze nouvelles, quasiment dès la première page, sans compter l'introduction par Dan Simmons qui m'a aussi comblée (« Prolégomènes à toute métaphysique future de Poppy« ).
Avant d'aller plus loin je préviendrai quand même que ce livre est je pense à réserver à un public averti : les idées et thèmes développés ne sont pas des plus légers ou rieurs et jouent très largement avec le dérangeant, et les descriptions de relations sexuelles (ou de comparaisons, atmosphères, etc. sulfureuses) ou de cadavres pourrissants ne sont pas rares. Quand il ne s'agit pas de scènes sensuelles impliquant un cadavre.
ça va, vous êtes toujours là ? :p
Je n'aurais jamais pensé aimé ce bouquin, surtout si on me l'avait présenté comme ci-dessus, alors je vous invite à non pas tout oublier, car ces éléments sont effectivement tous présents dans le texte, mais à passer outre, car lire ces nouvelles c'est s'abandonner à quelque chose qui va bien au-delà de la morbidité ou de l'obscénité.
Je pense à Baudelaire. J'ai lu extrêmement peu de Baudelaire, seulement en cours, et j'en ai retenu très peu, mais je pense très fort à lui depuis que j'ai entamé ce recueil. Comme quoi.
J'ai vaguement évoqué Poe et Lovecraft pour quelques idées, mais franchement, ayant lu les deux, je ne peux pas vraiment les comparer à Brite excepté pour les thématiques dans le sens large, et sans compter le côté très sensuel et sexuel de Brite que je n'ai jamais vraiment trouvé dans les deux autres.
En effet hormis ces corps ou anthropomorphismes divers l'auteur s'inspire énormément du thème de la mort et invite le lecteur dans une atmosphère gothique à souhait (dans le sens plus moderne du terme) : fard et dentelle, sang et ossements, substrats de magie noire ou vi(ll)e nocturne s'incrustent à toutes les pages, suivis aussi parfois par du véritable surnaturel annoncé dès le début du texte (Calcutta envahi par des zombis). de manière générale j'aurais envie de qualifier tous ces récits de « fantastiques » car d'une manière ou d'une autre le réel est à la fois imité et transgressé, que le surnaturel chasse le naturel au galop dès les premières pages ou qu'il se fasse beaucoup plus subtil ou apporté par la note finale.
L'auteur est extrêmement fort* pour nous entourer d'odeurs, de sons, de perceptions formant des atmosphères très particulières et très prégnantes. Son vocabulaire riche et sa syntaxe recherchée y sont certainement pour quelque chose, mais je pense qu'il a aussi un véritable talent, ou qu'il bosse beaucoup ses textes (ou les deux), j'ai rarement « ressenti » des descriptions ou situations à ce point dans mes lectures. C'est assez particulier, d'ailleurs, ses nouvelles sont moins « actives » que celles d'autres auteurs, le rythme est souvent plus lent, mais en même temps je ne m'y suis pas du tout ennuyée tellement je me suis prise au jeu, souriant parfois de scènes rationnellement horribles qu'il arrive très bien à enrober de douceur, sensualité ou même d'une certaine beauté en jouant sur les codes du sublime. En cela je l'ai trouvé exceptionnel ! A côté son style sait aussi se faire très moderne, humoristique parfois, très vivant.
Des atmosphères et thèmes qui ne plairont sans doute pas à tous, mais une indéniable qualité d'écriture doublé d'un talent pour faire ressentir perceptions et émotions au lecteur. A essayer de toute urgence si ça vous tente ne serait-ce qu'un peu !
Lien : https://croiseedeschemins.wo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          61
Lynnae
09 novembre 2012
Poppy Z.Brite est une auteure dont j'avais beaucoup entendu parler, quand je faisais des recherches sur les vampires en littérature, avec ses anthologies Eros Vampires tome 1 et 2. Mais je lisais très peu de recueils de nouvelles, à l'époque, et je ne les avais pas trouvées directement, donc je n'avais pas tenté. Vraiment, je n'ai pas été déçue. Un peu d'étonnement, beaucoup d'éléments auxquels j'ai pu me « raccrocher » parce qu'ils me rappelaient un auteur, un titre, et jamais, jamais d'ennui. Des éclats de rire, aussi, parfois.
Quelle écriture j'ai découverte, aussi … riche, descriptive, ciselée, dont chaque mot semble choisi, dans le registre de l'étrange en plus. Tout ce que j'aime, avec un supplément passionnant : l'auteure parfois compile des mots, des expressions, qui vont sonner bizarrement. Pour moi, ç'a été la mise en place de toute une magie, de tout un univers, rien qu'en partant de cette écriture que j'ai vraiment adorée.
Les Contes de la Fée Verte est un recueil de nouvelles, genre auquel je commence doucement à m'habituer, recueil qui d'ailleurs contribue de beaucoup à m'habituer au genre. J'ai pu lire une nouvelle à la fois, pour bien m'imprégner du style et des thèmes, qui ne sont pas trop ce à quoi je suis habituée, et qui ont constitué une nouvelle découverte, avec celle de l'auteure.
L'une en particulier m'a beaucoup rappelé une ambiance à la Anne Rice et Entretien avec un vampire. Mais le recueil m'a fortement renvoyée à une mangaka que j'adore, à l'univers gothique, parfois teinté de relations homosexuelles, avec beaucoup de tolérance et de poésie : Kaori Yuki. de ma part, c'est un grand compliment ^^ j'imaginais facilement une mise en image avec le style de la dessinatrice …
Ces nouvelle ont cette pointe de gothique, d'étrange, à laquelle on ajoute l'atmosphère étouffante de Louisiane ou de Calcutta, de l'horreur ou du désespoir qui ne dit pas clairement son nom mais le laisse deviner dans le choix des termes, dans les mots qu'elle met dans la bouche de ses personnages.
Un faible pour Anges, Musique en option pour voix et piano et La sixième sentinelle : Anges, des jumeaux séparés à la naissance haïssent tout et tous pour avoir fait d'eux deux être distincts ; Musique en option pour voix et piano, quand une voix d'ange déchaîne une malédiction sur ceux qui l'écoute ; et La sixième sentinelle, un « conte » du Sud, où un fantôme s'intéresse à une jeune fille, Rosalie, et découvre sa vie en Louisiane, où la chaleur et la religion oppressent les habitants.
Ses personnages bien souvent sont paumés, attachants, comme les protagonistes d'Anges qu'on retrouve un peu plus tard à New York, ou ce fantôme qu'on suit avec tendresse, avec surprise, avec une certaine répulsion parfois, peut-être, mais toujours beaucoup d'intérêt, grâce au talent de l'auteure pour créer des intrigues qui tiennent le lecteur en haleine, illustrée par des personnages frappants, jamais ennuyeux, comme les thèmes abordés, qui peuvent laisser perplexes, voire choquer, car il y a beaucoup de liberté dans ces choix de sujets et l'extrémité où elle les pousse. Cette écriture puissante et réfléchie vous raconte une histoire ou un personnage avec la même intensité qu'elle vous effleure une activité quotidienne.
Toutefois, oui, cette lecture peut choquer. Je parlais de relations homosexuelles en évoquant Kaori Yuki, l'auteur évoque le sexe en général de manière crue, la drogue, la mort, la décomposition … il peut y avoir des scènes assez crues. J'avais ce détail à l'esprit en lisant, et j'ai trouvé ces thèmes intéressants, associés à cette écriture ensorcelante.
Il faut enfin préciser que la lecture m'a pris peu de temps, moins d'une semaine, même en savourant nouvelle par nouvelle. Mais ce billet a été plus difficile, tant j'avais peur de ne pas faire justice à cette magicienne qu'est Poppy Z.Brite.
Lien : http://falaiselynnaenne.word..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
meygisanmeygisan25 septembre 2012
Dans une cité de plusieurs millions d'habitants, une ancienne cité assez surpeuplée et assez cruelle, il peut se développer une sorte de magie.
Le mot "ancien" ne signifie pas grand chose en Amérique.Deux ou trois cents ans au maximum....et les usines et les filatures désaffectées n'en ont guère plus de soixante. Mais je pense à La Nouvelle Orléans, cette ville embourbée dans le temps, où une nouvelle religion a évolué en moins de deux siècles- un mélange hétéroclite composé d'une dose de poussière de cimetière haïtien, d'une dose de juju de la brousse africaine, d'une gorgée de vin de messe et d'une pincée de miasmes des marais. La magie apparaît quand elle veut, où elle veut.
Dans une métropole grouillante et cruelle, on peut créer sa propre magie...volontairement ou non. Une magie destinée à assouvir les désirs qui auraient dû rester enfouis au luls profond de votre âme, ou à vous permettre de survivre à l'interminable succession des jours de désespoir. Et ce désespoir, cette faim de pain ou d'amour, cette joie secrète devant la folie de l'existence....tout cela a pu donner naissance à autre chose. Un composé de mauvais rêves et d'amour perdu, quelque chose dont les suppôts sont les abandonnés, les oubliés, les inutiles.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
greg320igreg320i11 janvier 2016
C'est à peine si j'ai vu le premier crochet hisser Leah dans les airs , et j'ai cru tout d'abord qu'elle venait de lever les bras et de s'envoler. Je suis resté figé pendant plusieurs minutes, incapable de comprendre ce qui s'est passé, alors même que son sang inondait mon visage et mes mains tendues. Un soulier à talon haut tomba à mes pieds, passant à deux centimètres de ma tête. Je ne bougeai pas d'un pouce. Je levai les yeux vers les nuages de poussière tourbillonnante, vers la silhouette suspendue dans les airs tel un ange en dentelle noire . Lorsque la poussière se dissipa, le corps de Leah était flasque , sa tête renversée en arrière , sa chevelure pareille à une oriflamme éclatante dans la pénombre de la salle .
Le crochet l'avait pénétrée au creux des reins avant de ressortir par la tendre chair de son ventre mais son visage était parfaitement calme .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
TesrathildeTesrathilde14 février 2015
La nuit, les lumières de Chinatown font virer le ciel au pourpre étincelant, et le vent fait claquer contre les balcons en fer forgé des banderoles aux messages indéchiffrables (Bonne santé ? Longue vie ? Allez vous faire foutre ?). L’ai étouffant semble imprégné en permanence d’un parfum d’huile de sésame et de poudre à fusil. Les néons composent un kaléidoscope de couleurs, rouge, blanc, vert, or et azur, et si vous débarquez après avoir pris un peu d’acide, les idéogrammes semblent jaillir des enseignes pour danser la gigue dans les airs, se moquant de votre visage aux yeux ronds, bleus et mystifiés. ~ Xénophobie
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Erzuli_CapoteErzuli_Capote09 avril 2012
"Ils joignirent leurs mains, les lignes et les reliefs de leurs paumes s'imbriquant tel un puzzle de chair. Ils penchèrent la tête jusqu'à se toucher le front, puis ils s'écartèrent doucement l'un de l'autre et se mirent à danser, décrivant des cercles, se pressant l'un contre l'autre sur toute la longueur de leurs petits corps, comme sur le point de se fondre à nouveau l'un dans l'autre, s'agrippant avec un désespoir et un désir enfantin, ne s'éloignant que pour mieux se rapprocher, poésie de maigreur, mélodie de chair et d'os. La musique montait en spirale."

Angels
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Erzuli_CapoteErzuli_Capote09 avril 2012
"Louis adorait parler par calembours énigmatiques; il était friand d'anagrammes et de palindromes, ainsi que toutes sortes de jeux compliqués. Je me demande s'il ne faut pas y voir la cause de cette volonté de regarder la mort en face afin de mieux la maîtriser. Peut-être envisageait-il la mortalité de la chair comme un gigantesque puzzle dont il lui suffirait d'assembler toutes les pièces pour le résoudre et en triompher. Louis aurait adoré vivre éternellement, mais sans doute n'aurait-il jamais su comment tuer tout ce temps."

Sa bouche aura le goût de la fée verte
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Poppy Z. Brite (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Poppy Z. Brite

La chronique de Gérard Collard - Poppy Z Brite
autres livres classés : nouvellesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Ce film d'horreur et d'épouvante est (aussi) un roman

Jack Torrance, gardien d'un hôtel fermé l'hiver, sa femme et son fils Danny s'apprêtent à vivre de longs mois de solitude. Ce film réalisé en 1980 par Stanley Kubrick avec Jack NIcholson et Shelley Duvall est adapté d'un roman de Stephen King publié en 1977

Le silence des agneaux
Psychose
Shinning
La nuit du chasseur
Les diaboliques
Rosemary's Baby
Frankenstein
The thing
La mouche
Les Yeux sans visage

10 questions
399 lecteurs ont répondu
Thèmes : cinema , horreur , epouvanteCréer un quiz sur ce livre