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EAN : 9782924491119
220 pages
Éditeur : Le cheval d'août (01/10/2015)
3.52/5   114 notes
Résumé :
Tessa, chanteuse classique convertie en courtière immobilière, vend des maisons et ne va pas bien. Elle élève trois fils qu’elle adore avec un homme qui la chérit. Dans trois jours, elle a rendez-vous avec Francis, un ancien amour qui n’a jamais guéri. Entre-temps, il y aura des visites de propriétés, des cabines d’essayage, des cours de natation, des ponts en bâtons de popsicle à livrer à l’expo-sciences de l’école, des étreintes dans la nuit, des deuils, des rappe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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bilodoh
  13 octobre 2020
Une femme rencontre au hasard un amour de jeunesse, mais pas n'importe lequel, un amour dont elle ne s'est jamais consolée et qu'elle a continué à porter dans son coeur et dans sa tête. Malgré une vie bien remplie, avec un mari aimant et trois enfants, elle est prête à tout envoyer promener pour retrouver son amour… ou sa jeunesse…

On est témoin de la vie intérieure de Tessa, une personne qui a toujours eu du mal à croire en elle-même. Son enfance avec sa mère divorcée, toujours fatiguée, son adolescence et ses premières amours, sa vie de femme et de mère, des joies et des drames. Des anecdotes du quotidien ancrent ses réflexions, comme le regard sur le corps qui vieillit, lorsqu'elle doit choisir un maillot de bain et qu'elle n'a plus le ventre plat de ses vingt ans.

Un court roman, une belle plume et une émotion juste, un agréable moment de lecture.
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Madame_lit
  15 avril 2016
Chère lectrice, Cher lecteur,
Entrer dans Les maisons de Fanny Britt, c'est pénétrer dans l'univers intime de Tessa, une mère de 3 jeunes garçons et conjointe adorée d'un musicien. Tessa est âgée de 37 ans et elle exerce le métier d'agente immobilière. Par le plus grand des hasards, elle revoit son premier amour, celui qu'elle n'a jamais pu oublier, celui qu'elle a toujours gardé enfoui dans les tréfonds de son âme. Cet homme, après l'avoir revue, l'appelle et les deux anciens amants se fixent un rendez-vous quelques jours plus tard. Pendant ces trois journées d'attente, Tessa est alors confrontée à ses souvenirs et elle entre en conflit avec ses émotions.
Ce livre offre une belle métaphore textuelle, celle de l'intériorité versus l'extériorité par le biais de la maison. Tessa projette l'image d'une mère aimante, d'une conjointe attentionnée et d'une agente immobilière à l'écoute de ses clients. Sa façade est bien belle, donc le portrait qu'elle offre apparaît quasiment parfait. Pourtant, qu'est-ce qui se cache derrière la porte de cette femme? Dans ce récit, le lecteur est amené à l'intérieur de Tessa et il comprend qu'elle ne va pas bien. Est-ce la peur de vieillir ou encore est-ce la faute aux démons de son passé? Est-ce associé à la société qui impose un certain mode de vie? le lecteur accompagne Tessa en fouillant avec elle les méandres de sa pensée, en revisitant les lieux qui l'ont marquée, en rencontrant les gens qu'elle a côtoyés et en étant témoin des drames qu'elle a vécus. Tessa renoue avec la petite fille en elle et l'amoureuse passionnée qu'elle a été.
“Attendre. Pressentir avec effroi et exaltation qu'on en espère autant qu'au premier jour, que la fièvre ne se guérit pas, qu'on est une chandelle fondue, que le pouvoir a toujours été et sera toujours du côté des autres, que rien, ni le temps, ni les enfants, ni les briques qu'on a farouchement empilées n'ont d'effet sur le sombre désir de dire oui à cet homme absent depuis si longtemps. (p. 37)”
En ce sens, Francis apparaît comme le fil reliant Tessa à son passé, à ce qu'elle a perdu : sa jeunesse et sa fougue. Cet homme est omniprésent dans sa vie depuis des années ; c'est à lui qu'elle s'adresse. Il est devenu son compagnon intérieur. Comme elle le mentionne :
“Ce qui est étrange, c'est que j'ai beaucoup parlé à Francis, dans ma tête, depuis quinze ans. Il a assisté à la résolution de plus d'un conflit intérieur. (p. 205)”
À cet égard, Tessa a perdu ses repères et elle essaie de retrouver sa place à la suite de ses retrouvailles avec Francis. Ses murs intérieurs sont ébranlés. Lors de leur première rencontre, elle s'était dit qu'elle n'aimerait plus jamais personne comme elle l'a aimé. Pourtant, à la fin, elle prend conscience qu'elle a vieilli, tout comme lui, que cet amour n'est qu'un fantasme et qu'il est tributaire d'une période révolue.
“Mais ces versions de nous n'existent plus.
N'est-ce pas d'une éclatante évidence? Est-il encore possible que ce soit lui, mon amour torrentiel? Ses cheveux grisonnants mais surtout clairsemés- en fait, pas tant clairsemés que duveteux, une tragi-comédie qui arrive aux hommes vieillissants, les faisant ressembler pendant un temps à des canetons, inoffensifs comme de la barbe à papa- ses cheveux changés, en tout cas, et puis les vêtements, ceux-là mêmes qu'il aimait à l'époque, mais qui désormais lui donnent un air tristounet, ce Francis réel, en somme, que vient-il faire dans mes délires? N'est-il pas aussi ridicule que moi dans mon costume de matrone dépressive?
N'a-t-il pas, autant que moi, douloureusement honte?
Ne sommes-nous pas les tristes, tristes clowns d'un sketch éculé? (p. 205)”
J'ai beaucoup aimé cette histoire en raison du lien intime qui se noue entre l'instance lectrice et Tessa. Cette dernière apparaît en pleine crise identitaire et elle tente de se retrouver dans son rapport au désir. Donc, j'ai apprécié cette crise de la quarantaine que traverse Tessa en silence. L'écrivaine trace le portrait d'une femme qui s'est développée à travers ses peines et ses échecs. Chaque pierre de son être raconte une histoire… Tessa doit faire la paix entre ce qu'elle attendait de la vie au début de la vingtaine et ce qu'elle est 20 ans plus tard…Entre illusion et désillusion, il lui faut redéfinir les cloisons de sa maison afin d'accepter la réalité.
Aussi, le thème de l'adultère apparaît central mais d'autres viennent s'y greffer comme la maternité, l'amitié et le vieillissement.
Alors, je vous recommande certainement d'ouvrir les portes des Maisons de Fanny Britt. Je suis convaincue que vous ne serez pas déçu par cette écriture intelligente, sensible…

Lien : https://madamelit.wordpress...
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book-en-stock
  31 octobre 2017
J'ai découvert ce titre sur Babelio à la lecture de plusieurs avis et j'étais très tentée. La couverture est attrayante également, ce qui ne gâche rien. Pourtant j'ai eu du mal à « entrer » dans l'histoire, cela m'a coûté des efforts pour persévérer dans cette lecture et au final je suis plutôt déçue avec l'impression d'être peut-être « passée à côté ».
Rien ne me plaît vraiment dans cette histoire racontée de façon décousue, au cours de laquelle je perdais souvent le fil, et qui me semble bien fade. Ça manque de relief tout ça. A la fin j'ai pensé « tout ça pour ça ? »
Et le style est ma foi bien simple.
Bref un livre qui sera vite oublié, dommage.
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Ariane84
  20 juillet 2017
Un roman tendre et sensible mêlant passé et présent de Tessa, jeune maman et agente immobilière, que la rencontre avec un ancien amour va plonger dans de profonds questionnements.
C'est un texte doux et plein de réflexion intelligentes sur la vie telle qu'elle est et telle qu'elle aurait pu être.
La qualité d'ecriture est indéniable et j'ai parcouru ce petit livre avec grand plaisir.
Encore une jolie découverte venue du Québec...
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SagnesSy
  11 novembre 2020
4° lecture pour #QuebecEnNovembre et nouveau coup de coeur, encore pour un roman de Fanny Britt, son tout premier (elle est par ailleurs essayiste, autrice de pièces de théâtre et en littérature Jeunesse). « Les maisons » (2015) est un roman au charme foudroyant, qui nous emmène dans les pas de Tessa alors qu'elle retrouve « par hasard » son premier et très malheureux grand amour. Mariée, « agente d'immeubles », mère de trois fils, Tessa n'a pas les idées claires sur elle-même et sur la (très) belle vie qu'elle s'est construite. Que se passe-t-il quand le passé se (re)présente devant soi ?… On plonge tout debout dans cette délicate et profonde introspection en se régalant des expressions québécoises du quotidien, partir une brassée, jeter les écales d'arachide, se moquer des nanas attriquées comme une piñata ou s'étonner des fournaises centrales au gaz, tout est plus exotique dit comme ça ! Ça rentre dans la catégorie 5. Tu m'aimes-tu – Richard Desjardins : Un roman où il y a de l'amour.
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critiques presse (2)
LaPresse   27 juin 2016
L'écriture est sans contredit de grande qualité. On a l'impression de sentir, de goûter ou de toucher tout ce dont l'auteure nous parle.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse   30 octobre 2015
Fanny Britt, qui adore les ruptures de ton et entretient une affection évidente pour les dialogues vraiment ciselés, nous parle aussi de la beauté du quotidien.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
LittleMary226LittleMary226   24 septembre 2016
Elle avait commencé à peindre ce vieux banc d'église récupéré dans la grande d'un ami, voilà ce qu'elle avait fait aujourd'hui. J'ai pensé la réveiller, lui parler de la mère de Hannah, lui dire qu'il fallait qu'elle vive toujours. Il n'y aurait jamais de moment où je serais prête à la laisser partir. Je lui promettrais de l'aider à peindre le banc dimanche. Nous pourrions aller manger une crème glacée après et, surtout, je lui dirais que personne n'était aussi fort qu'elle.
Je ne l'ai pas fait. C'était le milieu de la nuit et, de toute façon, cette famille n'en était pas une de sentimentaux.
+ Lire la suite
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Ariane84Ariane84   19 juillet 2017
Les mots sont superflus. Francis m'appelle. Il est là, l'événement. Les mots ne comptent pour rien, ils ne remplissent pas le vide, il n'y a pas de vide de toute manière, pas d'air, rien. Pure apesanteur. Je m'adosse à la voiture. Philémon me balaie du regard, mais reste indifférent. Dieu merci, il ne sera pas témoin de ma mine à la fois confite et déconfite.
Commenter  J’apprécie          70
bilodohbilodoh   13 octobre 2020
… les gens n’aiment pas croire que leur vie ne remplira pas les promesses faites au berceau ou autour du feu, quand ils brillaient comme seuls les adolescents peuvent le faire, quand ils avaient la certitude inébranlable que « tout irait bien ». J’ai été comme eux.

(Cheval d’août, p.112)
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Madame_litMadame_lit   15 avril 2016
Mais ces versions de nous n’existent plus.
N’est-ce pas d’une éclatante évidence? Est-il encore possible que ce soit lui, mon amour torrentiel? Ses cheveux grisonnants mais surtout clairsemés- en fait, pas tant clairsemés que duveteux, une tragi-comédie qui arrive aux hommes vieillissants, les faisant ressembler pendant un temps à des canetons, inoffensifs comme de la barbe à papa- ses cheveux changés, en tout cas, et puis les vêtements, ceux-là mêmes qu’il aimait à l’époque, mais qui désormais lui donnent un air tristounet, ce Francis réel, en somme, que vient-il faire dans mes délires? N’est-il pas aussi ridicule que moi dans mon costume de matrone dépressive?
N’a-t-il pas, autant que moi, douloureusement honte?
Ne sommes-nous pas les tristes, tristes clowns d’un sketch éculé? (p. 205)
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Madame_litMadame_lit   15 avril 2016
Attendre. Pressentir avec effroi et exaltation qu’on en espère autant qu’au premier jour, que la fièvre ne se guérit pas, qu’on est une chandelle fondue, que le pouvoir a toujours été et sera toujours du côté des autres, que rien, ni le temps, ni les enfants, ni les briques qu’on a farouchement empilées n’ont d’effet sur le sombre désir de dire oui à cet homme absent depuis si longtemps. (p. 37)
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