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Critique de camati


camati
  09 février 2016
Je ne suis ni un homme, ni italienne, ceci explique peut-être pourquoi ma critique des "Beignets d'Oscar" va être mitigée. Commençons donc par le titre, tiens.
Le titre italien, c'est simplement " Cent jours de bonheur". Alors pourquoi avoir rajouté "Les beignets d'Oscar" dans la version française? J'ai vérifié pour les versions anglaise, espagnole, etc.... ils se sont contentés du titre d'origine.
Est-ce pour renforcer l'idée déjà donnée par la couverture d'une douceur, d'une sucrerie? donc d'une accroche commerciale? Alors que le sujet n'est pas rose du tout, voire même tragique, mais certes abordé avec humour et légèreté.
La majeure partie de ce roman est une succession de rigolades entre copains, de plaisanteries, pas toujours bien finaudes, qui m'ont laissée un peu perplexe quant à la personnalité de Lucio. Est-ce par bravade? par déni? par dérision? Il annonce d'entrée de jeu qu'il est condamné et pourtant,, il continue, malgré le compte à rebours commencé, à gaspiller ses dernières cartouches.
La qualité du livre de Fausto Brizzi ,à mon sens, est l'originalité du sujet, ainsi que quelques trouvailles comme la création par Massimilio du magasin de bavardages. La fraîcheur des enfants aussi , qui sont presque plus matures que leur père.
Le compte à rebours rajoute une tension à cette atmosphère plutôt légère. Lorsque les choses commencent à vraiment se gâter (douleurs plus aigues, etc...). Lucio se rend compte qu'il n'a plus de temps à perdre.
Pour moi, c'est là que commence la plus belle partie du livre: le voyage qu'il entreprend avec femme et enfants est émouvant. Beau aussi au sens où Lucio fait ce dernier voyage entouré des êtres auxquels il tient le plus, dans la joie et la bonne humeur car les enfants n'ont pas été informés de l'état de santé de leur père. Il "rattrape le temps perdu" en leur faisant découvrir des choses, des lieux, éprouver des sentiments, bref en partageant la vie avec eux.
Mais ce voyage est triste en même temps puisqu'il se rend compte qu'il a perdu beaucoup de temps, donc finalement empreint de regrets.
Quant à Paola, sa femme,qu'il a trompée, et qui ne se remet pas de cette trahison, elle est particulièrement dure avec lui, bien que le sachant en phase terminale. Cela paraît peu crédible.
C'est donc lors de ce voyage final que j'ai découvert un Lucio humain, sincère, qui ne fait plus le fanfaron, enfin crédible.
Pour terminer, je dirais que ce n'est pas de la grande littérature, mais que ce livre amène à se poser des questions essentielles: Que ferais-je si je me savais condamnée? Qu'ai-je fait de ma vie? Ai-je réalisé mes rêves, assouvi mes désirs? Ai-je des regrets?
Le sujet semble devenir à la mode car Raphaëlle Giordano a elle aussi écrit un livre qui soulève le même genre de question : " Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une...." Et c'est effectivement ce qu'il se passe dans les "Beignets d'Oscar".
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