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EAN : 9782258093270
264 pages
Éditeur : Les Presses De La Cite (21/08/2014)

Note moyenne : 2.93/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Lucile court. Sur les pavés de Nantes. Elle court pour oublier ce qu'elle vient de voir. L'innommable. Jamais elle ne parviendra à effacer le souvenir des siens jetés nus dans la Loire en cette année de Terreur 1793. Pas plus qu'elle n'oubliera l'homme qui a présidé au destin funeste de ses parents et de son frère Théo. Un seul but désormais pour la petite orpheline : assouvir sa vengeance. À quel prix... ?
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Zebra
  22 septembre 2014
Tout d'abord je remercie Pierre Krause de Babelio et Mathilde Boisserie des éditions Presses de la Cité de m'avoir fait gracieusement parvenir, dans le cadre de l'opération « Masse critique », le tout récent roman de Nathalie de Broc : « Et toujours ces ombres sur le fleuve ... ». Paru en septembre 2014, ce roman peut se résumer à une histoire de passion et de vengeance. Nous sommes à Nantes, sous la Terreur. Une gamine de douze ans, Lucile, voit ses parents exécutés. Elle décide de retrouver l'assassin et de le tuer.
Ce livre présente deux niveaux de lecture. le premier : c'est l'histoire d'une adolescente qui, de rebondissements en rebondissements, arrivera presque à ses fins ; alors, l'histoire se lit de l'extérieur, est assez banale, se distingue à peine du roman de gare, et vous en êtes le spectateur. le second : c'est une analyse faite au stéthoscope de l'antre psychologique dans laquelle s'est recroquevillée une adolescente, toute en proie à la folie qu'elle s'est peu à peu construite ; alors, l'histoire gagne en intérêt, et vous accompagnez l'auteur dans cette analyse, jusqu'à une fin que je ne saurais dévoiler.
Pendant les premiers chapitres, je me suis laissé gagner, comme au cinéma, par les images qui se bousculaient devant mes yeux : Lucile court sur les pavés de Nantes ; elle court pour oublier ce qu'elle vient de voir, l'innommable ; Clotilde et Théosime de Neyrac, ses parents, nobles, propriétaires du château de la Grande Gibraye, ont été dénudés, ligotés et jetés avec son petit frère Théo dans la Loire, dans la "baignoire de la République" (page 12) ; l'assassin n'est autre que Jean-Baptiste Carrier, commissaire de la Révolution. Elle s'en retourne au château que les gueux ont saccagé, pillé et brulé. Heureusement sa cachette est intacte (page 47) mais, pourquoi s'attarder dans des lieux qui n'offrent plus d'intérêt ? Quatre ans passent. Carrier a été décapité. Lucile a rejoint une bande (Louison, Awa et Lambert) avec laquelle elle vit en maraude. Un soir, elle est de faction dans un théâtre où la bande compte bien jouer les vide-goussets. le feu se déclare. Lucile se sauve, secourant au passage une certaine Flavie, mère maquerelle de son état. Blessée, Lucile est récupérée et soignée par cette femme qui espère bien la « mettre à l'horizontale », au service de ses clients. Lucile, encore vierge (une aubaine !) est mise aux enchères. L'acheteur n'est autre que le Chevalier de Préville, celui-là même qui orchestrait les exécutions nantaises sous la Terreur ! L'adolescente est emmenée à l'hôtel Villestreux, propriété du Chevalier. C'est là qu'elle murit sa vengeance et … : je n'en dirai pas plus.
En repensant à ce que je venais de lire, j'ai découvert que, sous le roman historique et régional, sommeillait en fait une réelle tragédie humaine. L'innommable fait basculer Lucile dans un monde parallèle, un monde où elle doit s'efforcer de jouer le rôle qu'elle s'est donné, celui du bras vengeur qui devra tuer Carrier ou son mandataire. Elle décide alors (mais est-ce volontaire ?) de prendre le deuil de ses parents et de son petit frère, et pour la vie entière, la tête pleine de démons qui ne produisent que de noirs forfaits, toute à la nécessité d'aller jusqu'au bout. Fantôme surfant sur la vague de la vie, Lucile compte bien tenir un jour l'assassin au bout de sa dague. Aveuglée par sa vengeance, obsédée par cette folie meurtrière, Lucile se donne un visage et se compose un destin. Elle sait qui elle est et ce qu'elle veut faire, mais elle ignore ce qu'elle peut être ! Car, à côté de la vengeance, il y a aussi la passion. Lucile va osciller entre les ténèbres et la lumière. Voyez dans quel état elle est quand elle retrouve Petit Jean, le fils des métayers de son père, son ex-camarade de jeu ; et quand elle retrouve Joséphine, la négresse (page 40) au répertoire inépuisable de chants ; et quand elle tombe nez à nez sur Louison, fragile mendigote (page 79) éveillant la pitié, et quand elle voit Albane, (page 94) éclat de pain de sucre qui fond doucement sous la langue. Voilà bien deux soeurs, petite et grande, que Lucile désespère de n'avoir jamais eues. Lucile s'accroche à sa ligne de conduite, mais elle hésite : que faire si elle devait (page 221), pur hasard, trouver aimable le bourreau de ses parents ? Ni fuyarde, ni prisonnière, Lucile prend sa décision : elle s'en ira rejoindre les ombres du fleuve. le suicide : sinistre conclusion ! Dans sa confusion mentale, en proie à la tempête qui se déroule sous son crane, Lucile n'exclue rien, mais elle pourrait être abusée par sa vengeance …: je n'en dirai pas plus.
Bien documenté, précis, parsemé d'expressions et de mots peu usités, mettant en oeuvre un suspense de qualité, très addictif, forçant l'émotion et construit sur des personnages bien typés, cette fiction historique, attachante, convaincante et menée au pas de charge, est à sa façon une fresque psychologique. Fortement descriptif et témoignant de cette époque de purification révolutionnaire, période peu abordée en littérature, « Et toujours ces ombres sur le fleuve ... » pourra susciter des réactions mitigées. A cause d'une naïveté dérangeante et d'un côté fleur bleue ? Oui, mais n'est-ce pas le propre de l'enfant que de déchiffrer le monde au premier degré comme s'il n'était qu'un grand livre d'images, de rêver le monde tout en le vivant ? A cause d'un texte fluide mais très simple ? Oui, mais n'avons-nous pas à faire à des enfants, à commencer par Lucile ? A cause d'une fin pour le moins inattendue ? Oui, mais ne trouve-t-on pas dans l'histoire récente d'exemples de gens qui aient, par repentance, commis des actes héroïques ? Agréable à lire, cet ouvrage sensible -écrit par une femme- dont chaque chapitre commence par une citation, force le respect : je mets quatre étoiles.
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isajulia
  12 octobre 2014
Pour cette opération Masse Critique privilège j'ai merdé comme il faut, non seulement j'ai quasiment huit jours de retard pour poster ma chronique mais en plus je ne sais pas trop quoi dire sur ce roman historique. Je remercie quand même Babelio et les Presses de la Cité pour cet envoi qui aurait pu être une belle découverte si je n'avais pas eu la tête ailleurs.
Et toujours ces ombres sur le fleuve met en scène Lucile, une jeune aristocrate Nantaise, qui assiste à l'exécution des ses parents et son frère pendant la Terreur. Orpheline, sans toit et fermement décidée à se venger du meurtrier de sa famille, Lucile va grandir et errer jusqu'à ce que sa route la mène sur le chemin de sa destinée...
Je vais être vraiment mal placée pour donner un avis car je n'ai ni aimé, ni détesté ce livre, il a suscité chez moi la pire des réactions : l'indifférence! L'histoire est pas mal mais (il y a toujours un mais) ça traîne en longueur, ça tourne en rond, moi de l'autre côté des pages j'attend patiemment que ça se passe et quand ça commence à devenir intéressant... paf! plus rien! c'était déjà fini sans que j'ai eu le temps de dire ouf. En fait, je crois que ce qui m'a blasée dans cette lecture, c'est le fait qu'on rencontre souvent des héroïnes comme Lucile dans la littérature. Que ce soit la trame, le vécu ou le dénouement, cette pauvre Lucile s'est avérée être transparente à mes yeux, j'ai presque plus aimé les personnages secondaires, qui eux au moins ont un peu de saveur. Malgré tout, j'ai envie de découvrir d'autres titres de l'auteure car j'aime les romans historiques et je ne veux pas rester sur l'échec de Et toujours ces ombres sur le fleuve. C'est bien la première fois que je suis aussi peu inspirée pour vous donner un avis donc je vais me mettre un coup de pied aux fesses pour essayer de rentrer dans l'univers de Nathalie de Broc , je suis convaincue que tout n'est pas à jeter et l'auteur a un style qui pourrait me plaire alors même si j'ai été indifférente à ce livre là, il est fort possible que j'ai un coup de coeur pour un autre.
Et toujours ces ombres sur le fleuve, et pour moi c'est le trou noir!
A découvrir pour vous faire un avis!
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Annette55
  10 septembre 2014
Ce livre est une petite merveille délicatement ciselée, une agréable fiction historique,alerte et convaincante, faite de passion et de vengeance que l'on ne lâche pas....
Où on danse la "gigue" sur les quais de Nantes la belle, à l'ombre de la Clarisse, un brick amarré au port, qui a vraiment fière allure..voiles ferlées, bas sur l'eau tant il est chargé, gueules de canon qu'on devine dans l'ombre des sabords peints de noir rehaussé de rouge....figure de proue drapée de sa pudeur...
Mais venons en à l'essentiel, nous sommes à Nantes, le 3 nivôse de l'an II: 23 décembre1793 sur la grève de Chantenay
.
"Pour achever tout ce qui reste en Vendée",le commissaire de la révolution: Jean- Baptiste Carrier doit " démiphitiser" la ville: la désinfecter sans état d'âme aucun.
Cela s'appelait " le fleuve révolutionnaire" ou " la baignoire de la république".
On liait les mains aux gens et on s'employait à les jeter nus dans la Loire, un spectacle devenu routinier...indifféremment.....les nobles aux perruques poudrées,les prêtres réfractaires, les nonnes, les faux brigands,les réfugiés vendéens.
Parmi ces malheureux condamnés à mort se trouvent le comte et la comtesse de Neyrac, propriétaires du domaines de Gibraye, parents de Lucile , petite fille de12 ans et de son petit frère Théo.
Lucile, miraculeusement épargnée décide de ne jamais oublier " le bourreau" qui n'a pas détaché la corde des poignets de sa mère: le bien nommé Chevalier de Préville et de venger ses parents.
Elle coupe ses cheveux, se déguise en garçon,culotte de drap sombre, rêche et simple chemise, retrouve dans les décombres du domaine de Gibraye,saccagé,
la chaîne précieuse de sa mère aux maillons simples et la chevalière de son père.
Nantes :août 1796 : Carrier a été guillotiné, on danse place du Bouffray, là où on guillotinait.
On a aboli l'esclavage "en principe" s'entend.
Les vêtements caressent les toilettes s'ils ne les habillent pas vraiment, les corsets ont été abandonnés au nom de la liberté, après les contraintes de la peur constante, on se laisse aller au grand débridement. L'auteur décrit avec grand talent les nouvelles moeurs, les vêtements, la nourriture, où l'on croise des gens des deux sexes outrageusement fardés.
L'argent circule,on retrouve Lucile, elle a passé quatre années à survivre dans la rue en chapardant et en s'adaptant...aux côtés d'Awa, ancienne esclave noire inhumaine et dure, ayant tellement souffert, de Lambert au visage d'ange, taiseux ,voleur et resquilleur, de Louison,l'appât , jouant le rôle de mendigote, pauvresse incitant à la pitié.
Ils délestent le monde et se partagent les bénéfices.
Revêtue de son uniforme de voleuse, culotte masculine, chemise stricte,cheveux retenus,Lucile pratique la maraude. Elle même ne vole pas elle laisse la besogne à Lambert et à Awa.
La haine et la vengeance l'animent toujours, réfugiée dans un théâtre,où elle assiste à un ballet,spectacle qui l'enchante, sauve Madame Flavie, sous maitresse d'une "maison close"...de l'incendie qui s'est déclaré.
Elle est recueillie et traitée comme une princesse, on fait connaissance des prostituées qui obéissent, qui racontent leurs prouesses, Isis l'égyptienne,Alméria, l'espagnole,Cléophée la blonde,protégées dans cette maison car l'insécurité règne partout....
Lucile s'échappe et rejoint l'hôtel de Villestreux, prés de lîle Feydeau,où elle est traitée en reine par le chevalier de Préville, il devance ses désirs,elle finit par trouver aimable le bourreau de ses parents ce qui est un comble...je n' en dirai pas plus...mais les aventures continuent....
Le temps est venu où Joséphine de Beauharnais épouse civilement Bonaparte...
Où l'on côtoie dans cet ouvrage Surcouf dont on dit:"que cet hommes a de l'eau de mer dans les veines".
Où l'on côtoie madame de Louét , autrefois emprisonnée aux Carmes,se rappelant avec angoisse avoir entendu son nom épelé dans la liste" des raccourcis du jour".
Où l'on parle des bateaux qui sommeillent dans le grand port de Nantes, avec leurs bois qui craquent et les aussières qui soupirent, où l'on parle des manufactures de cordage,des chantiers navals,des magasins pour les pompes et goudrons,des fabriques de toiles indiennes, de navires négriers, de la massive Thémis, un trois - mâts de trente métres alourdi de café et de sucre, cacao, indigo, coton, roucou, rossolis, eau de vie de sucre et de grains....
C'est un ouvrage captivant, alerte, au souffle haletant,où l'auteure, bretonne comme il se doit se révèle une historienne, grande connaisseuse des mets de l'époque, du climat social, des quartiers mal famés aux hôtels bourgeois, des horreurs de la terreur aux futilités des riches, des misères du petit peuple de l' après révolution, des turpitudes liées aux activités d'un grand port...
Je remercie chaleureusement l'opération masse critique, les Presses de la Cité et la Collection Terres de France pour l'envoi de ce livre vif, prenant et bien documenté...







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Eve-Yeshe
  27 septembre 2014
Aujourd'hui, je vais parler d'un roman historique qui m'a été offert par Masse critique Babelio et les éditions Terres de France que je remercie chaleureusement, car ils m'ont permis de découvrir une auteure que je ne connaissais pas.
Nous sommes le 23 décembre 1793, à Nantes, et la jeune Lucile suit ses parents Clotilde et Théosime de Neyrac entravés et son petit-frère Théo en direction du fleuve dans lequel ils seront précipités après avoir été assassinés, sous les cris, les huées, les insultes de la foule. La Terreur bat son plein. on fait des mariages en liant entre eux les corps dénudés deux représentants du clergé ou deux nobles comme les parents de Lucile (les mariages de ci-devants) sous la houlette du commissaire de la révolution Jean-Baptiste Carrier
La foule est tellement dense et pousse tellement fort que Lucile se trouve séparée des ses parents et arrive à s'enfuir.Elle retourne en direction de la maison familiale, le château de la Grande Gibraye, mais instinctivement, elle va chez son compagnon de jeu Petit-Jean, fils du métayer du domaine.
A son grand étonnement, le père veut bien qu'elle passela nuit chez eux mais il tient à sauver sa peau, tout le monde est suspect, par les temps qui courent. Elle finit pas retourner à la maison, explore les pièces où tout a été saccagé, mais deux personnes entrent probablement à sa recherche alors elle se réfugie dans sa petite cachette, un endroit secret où personne ne peut le voir. Elle y trouve des objets laissés là par ses parents probablement ; une bague, une chaîne et de l'argent.
Elle a reconnu parmi les deux visiteurs celui qui a condamné ses parents: et elle n'aura désormais qu'un but dans la vie se venger en tuant cet homme: le chevalier de Préville.


Ce que j'en pense

La foule semble grossie de dizaine de nouvelles têtes, toutes grimaçantes, gargouilles éructantes, riant gras. Les tricoteuses sont aux premier rang, se frottent le chignon de leurs aiguilles de bois pour que les mailles glissent plus aisément. les abords de la Loire, en lieu et place de la grève de Chantenay, se noircissent, malgré le froid inhabituel, d'un monde dépenaillé qui scande à tue-tête: "A mort" et chante "la Montagne". Ainsi commence le prologue.
Nous sommes donc dans l'histoire d'un petite fille que l'on va voir grandir en traversant des étapes difficiles car elle doit toujours se cacher. Elle vit dans la peur, doit apprendre à s'échapper rapidement pour éviter de mourir comme ses parents, mais aussi il faut survivre, manger. La Terreur est finie, Carrier a été exécuté, la vie reprend son cours, mais seule, elle ne peut rien donc il faut trouver des alliés transitoires, d'abord un groupe de voleurs avec lesquels elle va "battre le pavé" dormant le jour, volant les passants à la tombée de la nuit. Elle apprend la loi de la rue., avec ses trois compagnons le beau Lambert, la dure Awa qui terrorise la bande et la petite Louison, fragile dont Lucile deviendra proche.
L'auteure, nous raconte une jolie histoire, nous parle joliment de Nantes et sa région, des moeurs de l'époque. Elle nous raconte aussi la vengeance et tout ce que celle-ci peut entraîner dans la construction de cette jeune personne.
Cependant, j'ai été déçue par le côté conte de fée de ce livre, le sujet aurait pu être creusé bien davantage, je trouve que Lucile est restée une petite fille qui attend le prince charmant. on passe un bon moment, avec cette histoire mais je m'attendais à autre chose.
Par contre, Nathalie de Broc a un très joli style d'écriture, les phrase sont courtes elle emploie des mots issus du vocabulaire de l'époque, ou des mots dont le sens a changé depuis la Terreur: "pièces d'Inde" pour parler d'esclaves, "pointe de Franklin " pour paratonnerre, et on apprend au passage que les "restaurants" à l'époque, désignaient des bouillons reconstituants que l'on donnait aux malades...
Chaque chapitre est précédé d'une citation, correspondant au thème qui y est évoqué : Sophocle, Shakespeare, Musset, essentiellement mais on voit passer aussi Dickens, Hugo, Anatole France, Racine et Marivaux.
Donc, l'ouvrage a été travaillé avec soin d'où la note.
Note : 7/10
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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palamede
  25 septembre 2014
En 1793, sous la Terreur, Lucile, une jeune aristocrate nantaise, voit ses parents et son jeune frère périr noyés dans la Loire. Ils sont victimes des noyades organisées par Jean-Baptiste Carrier, député de la Convention et commissaire envoyé à Nantes pour mettre un terme à la révolte vendéenne par tous les moyens.
Livrée à elle-même et animée par un puissant désir de vengeance, l'orpheline réussit à survivre malgré son très jeune âge et son inexpérience dans une ville devenue hostile. Dans la rue, elle s'associe à une bande qui vit de rapine puis se retrouve aux mains d'une rabatteuse pour une maison de plaisirs. Alors qu'elle est vendue au plus offrant, elle croit tenir en son acheteur le sujet de sa vengeance, peut-être à tort.
Journaliste bretonne, déjà auteure d'une dizaine de romans, Nathalie de Broc réussit la mise en scène documentée d'un épisode historique, appelé selon les mots mêmes de Carrier « la déportation verticale », procédé qui consistait à lier les condamnés pour les jeter à l'eau. La description du port de Nantes est très vivante, presque cinématographique, et les personnages plutôt sympathiques.
Cependant, volontaire ou non, le contraste entre le style recherché, la simplicité, voire la naïveté du récit et l'époque décrite, celle de la Terreur et des années qui ont suivi, m'a un peu gênée. Peut-être parce que la narration de Et toujours ces ombres sur le fleuve… est plus proche de celle d'un conte que celle d'un roman historique.
Merci à Babelio et aux Presses de la Cité de m'avoir fait découvrir cette auteure et ce roman.
Note : 2,5
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra   21 septembre 2014
page 133 [...] Les idées se bousculent, rapides couperets. Parer à toutes les éventualités. Retrouver son couteau. Quelques jours après son arrivée, Madame Flavie le lui a subtilisé, avec un rire qui sonnait feint :
"S'il te venait l'idée de me trancher la gorge dans mon sommeil ... je le mets en lieu sûr."
Les deux se sont jaugées. Lucile a cru lire un soupçon de crainte alors qu'elle s'efforçait de cacher son exaspération devant cet ajout inutile à sa condition de prisonnière potentiellement dangereuse. A l'époque, elle n'avait pas osé rappeler à Madame Flavie que le risque de la trucider dans son lit n'était pas bien grand puisqu'elle s'enfermait dans sa chambre à double tour.
Lucile s'y précipite. Drôle comme elle a attendu avant de s'y rendre. Un reste d'éducation? Non. A demeurer prisonnière si longtemps, les craintes vous viennent. On croit entendre continuellement les pas de ses gardiens. Un courant d'air se fait votre ennemi. Des ombres malveillantes vous entourent. Des voix vous accompagnent. Celle de Madame Flavie, à la fois doucereuse et impérieuse, habite les lieux. Savant mélange qu'elle module à son gré. Il est difficile de ne pas s'incliner, les volontés plient malgré soi. Lucile l'a vérifié à maintes reprises, détestant sa propre faiblesse. [...]
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isajuliaisajulia   13 septembre 2014
Mais à quoi bon tourner le passé dans tous les sens?
Ca ne servait qu'à vous tournebouler l'estomac et vous empêcher de reprendre le travail. On oublierai. Tout s'oublie (...)
Un jour, le lierre s'emparerait du "château", en étoufferait les ruines. Ce n'était qu'une question de temps.
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Eve-YesheEve-Yeshe   30 septembre 2014
La belle esclave - depuis longtemps affranchie - avait débarqué à dix huit ans du ventre de la massive "Thémis", trois-mâts de trente mètre doublé de cuivre jaugeant trois cent vingt tonneaux, revenu à Nantes alourdi de sucre, café, cacao, indigo, coton et rocou, et une petites centaines de pièces d'Inde qui, comme elle, avaient tâté de la mer depuis Point-Noire au Congo... au fond d'une cale à peine ventilée par les manches à air et où l'on ne pouvait se tenir qu'accroupi, le cou enserré dans un carcan de bois. p 37
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Eve-YesheEve-Yeshe   27 septembre 2014
Derrière le cordon de baïonnettes qui s'effiloche sous la pression des curieux, on se bouscule; c'est à qui jouera le mieux des coudes. On veut tout voir. Même si le spectacle est devenu routinier: la "baignoire de la République" ne désemplit plus depuis un mois... La Convention lui ayant donné l'ordre de déméphitiser (désinfecter) la ville, il s'y emplois à tour de bras avec une scrupuleuse conscience dépourvue de tout état d'âme. pas le temps. p 12
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Eve-YesheEve-Yeshe   01 octobre 2014
Elle s'y est perdue volontairement (dans la ville). Avec cette vigilance que quatre années dans les rues ont aiguisée. Elle sait combien elle fait illusion. Non qu'elle se sache belle. Qui aurait pu le lui dire? Peut-être certains coups d'œil masculins, un peu trop appuyés. Mais elle y voit une surveillance à éviter à tout prix, plutôt que l'admiration qu'elle est à cent lieues d'envisager. p 72
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