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ISBN : 2070147274
Éditeur : Gallimard (08/01/2015)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Elle s'appelle Estelle, Marie-Laure, Florence ou Solenne. Un jour, elle quitte Paris pour une maison avec jardin. Pour une banlieue près des flux d'argent, loin du bruit des pompes : l'endroit idéal pour élever des enfants. Il s'appelle Aymeric, Benoît, Flavien ou Pierre. Son quotidien : branlettes, brimades, quatre cents coups, amitiés éternelles. Au pensionnat, qu'a-t-il à faire des rêves de sa mère ? Il est financier, avocat, agent immobilier ou chercheur. Tard l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
cathcor
  23 février 2015
Ce premier roman d'Alexis Brocas, 42 ans déchire un certain nombre de belles images : les banlieues chics, leurs habitants, leurs idéaux matérialistes et factices, qui sont en fait des prisons dont il faut à tout prix s'évader pour survivre, par les jeux de rôle ou la SF pour les plus jeunes, par la drogue pour les ados, par les jeux de l'amour ou du pouvoir pour leurs parents.
Au commencement était le rêve: Saint-Clone (!!!), ville de banlieue ouest de bon ton ("Pas m'as-tu-vu comme Neuilly."), avec ses espaces verts, ses maisons d'un goût sûr, ses mères rêvant d'une vie légère et linéaire pour elles et leur famille, et ses pères avocats, promoteurs immobiliers ou analystes financiers.
Le roman débute en 1981 et se termine en 2015. Entre- temps, que sont les rêves devenus?
Au fil des pages, derrière les visages lisses des sages enfants du pensionnat religieux, se cachent le sadisme des jeux de rôle, l'antisémitisme, les brimades envers les plus faibles, les fantasmes sexuels, le racket.
A l'adolescence les rallyes et les soirées raffinées dissimulent le trafic de joints, l'alcool, les films gores ou pornos.
Les mères ne voient pas, ou ne veulent pas voir. Pour ne pas rester oisives devant "la même journée de néant répétée à l'infini", elles se retrouvent autour d'une tasse de thé, à moins qu'elles ne trouvent, grâce aux relations de leur mari, un emploi bidon de formatrice, payé " une fois et demi le salaire d'un professeur agrégé", ou qu'elles n'organisent des pétitions contre des Gitans squatteurs.
Les bonnes portugaises écoutent les confidences de leurs patronnes et ne contestent pas, puisqu'elles récupèrent pour leurs enfants - inscrits dans les meilleurs lycées du coin - les Adidas et les Lacoste devenus trop petits.
Quant aux pères, ils sont leaders d'extrême-droite, débordés par leurs responsabilités professionnelles, et songent qu'il serait temps " d'habiter leur vie avant qu'elle ne tombe en poussière".
Il y a des pages savoureuses (repas de famille, échanges téléphoniques entre bonnes amies ), d'autre écrites au vitriol, et d'autres terribles ( le supplice infligé au jeune "Tergal" par ses condisciples). La construction, à partir de points de vue multiples, est ambitieuse, un peu lassante parfois.
'Alexis Brocas connaît bien - et pour cause - son sujet. Il n'avait jusqu'ici écrit que pour les jeunes. On attend avec curiosité qu'il produise d'autres oeuvres pour adultes.
Merci à Babelio et aux éditions Gallimard de m'avoir permis de le découvrir.
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absolu
  09 mars 2015
- Opération Masse Critique -
C'est une comédie suburbaine des années 80, au creux d'une banlieue chic (mais pas m'as-tu-vu) peuplée d'hommes haut-placés et de femmes qui attendent chaque jour leur retour en remuant l'ennui collé au fond de leur tasse de thé.
C'est une réalité qu'on croit avoir rêvée, ne devoir qu'à soi-même sans jamais avoir été influencé ;
un rêve qu'on pense avoir réalisé, unique en son genre, le fruit d'un esprit élevé. Un idéal après lequel on court, auquel on obéit, transmis de père en fils.
Ce sont des parents qui pensent bien faire, qui élèvent leur descendance « à l'écart, mais pas trop, des trépidations du coeur appelé Paris, près des flux d'argent, loin du bruit des pompes, dans une banlieue avec de grands parcs et du vert partout », et plantent leurs drapeaux dans le cerveau encore mou de leur progéniture si précieuse, forcément prometteuse.
Benoît, Luc, Flavien, Volovski et les autres tentent doucement d'échapper à l'idéal , aux sermons et autres lois divines du pensionnat (scandaleuses à l'occasion) en se vautrant dans l'imaginaire fertile d'Aymeric, fils spirituel temporaire (ou intemporel) d'H.P. Lovecraft et Marc Dorcel ; en simulant des noyades dans une poubelle, mimant une circoncision avec un taille-crayon, et pire encore.
Un beau matin ces jardins luxuriants, fleuris d'illusions fanent et laissent place à une jungle hostile qui griffe la peau hâlée d'une jeunesse qu'on voulait dorée, découvrent une adolescence passée à vouloir arracher ces drapeaux à coups de bangs, d'ecsta, de poudre (aux yeux) blanche - autant de doigts d'honneur manucurés d'une jeunesse gâtée par les carrières paternelles et l'ennui maternel, dansant sur des charniers d'ancêtres cannibales d'une commune grignotée par l'extrême-droite.
Pendant ce temps, tout au fond du jardin, à l'abri des regards, des hommes enterrent leur âme d'enfant définitivement perdue et célèbrent l'avènement d'une vie plus simple, libre de tout scrupule.
Ce n'est « ni un roman ni un dossier mais un brouillon à équidistance des deux comme il l'avait envisagé. Un ensemble inachevé, chaotique, indéchiffrable »
Ce sont des enfants qui reviennent vivre les rêves de leurs parents.
Merci à Babelio et aux Editions Gallimard !
Lien : http://www.listesratures.fr/
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coincescheznous
  28 septembre 2015
(En préambule, je dois indiquer que je connais très bien l'auteur de cet ouvrage, l'un de mes meilleurs amis depuis plus de vingt ans, témoin à mon mariage etc…Cette critique essaye pourtant d'être honnête, sans faire entrer en jeu mes relations avec mon ami, si cela est possible !)
Alexis a du talent, il le démontre dans cet ouvrage, où l'on suit des dizaines de personnages sur plus de trente ans de vie. Sous la forme d'un grand puzzle, il narre le destin de familles bourgeoises quittant Paris pour le confort d'une vie de jardin dans les années 80.
Ces familles jettent leur dévolu sur Saint-Clone, ancienne petite ville ouvrière de la banlieue ouest de Paris. Là, elles espèrent y bâtir un petit idéal de vie où s'épanouir, faire grandir leurs enfants autour de valeurs bourgeoises et catholiques qui leurs sont chères.
Mais tout ne se passe pas exactement comme prévu. Alexis dresse un tableau sombre des rêves bourgeois. Les non-dits, l'autorité sans discernement, le manque d'empathie, le confinement social et scolaire sont autant de maux qui détruisent parents et enfants. Cette vie en espace clos pavillonnaire surprotégée, qui devait être un idéal, s'avère creuse, anachronique et nocive. le vernis s'effrite de partout et les belles promesses d'une existence de carte-postale – où l'on enfouit tout ce que l'on ne veut pas voir, tout ce qui ne correspond pas à la norme socialement acceptée – ne produisent au final que des fruits amers.
J'ai aimé le fourmillement de ce récit : la multitude d'histoires, de personnages, de styles. C'est tout un monde qu'Alexis reconstitue à travers une succession de scénettes parfois drôles, parfois touchantes, parfois tragiques ou fantastiques, faites le plus souvent des petits rien de la vie, qui créent une existence. L'écriture accompagne parfaitement l'ensemble vaste qu'elle cherche à décrire. Certaines histoires constituent de véritables petites nouvelles vraiment belles. Mention spéciale à celle de l'ouvrier saint-clonien partant joué à la pétanque, qui est pour moi le sommet du livre.
Un beau livre donc, complexe, foisonnant, ambitieux et amer.
Lien : http://coincescheznous.unblo..
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marinepx
  05 mars 2015
Je n'ai pas réussi à être emportée par ce roman. le style de l'auteur est intéressant mais je n'ai vraiment pas adhéré à cette histoire.
La structure aurait pu apporter une touche de légèreté du fait du changement de point de vue à chaque chapitre, mais ce n'est pas le cas. Ces changements perpétuels manquent de lien et de cohésion. le lecteur a du mal à s'y retrouver....
Certes la critique sociale est bien présente, cela reste intéressant d'un point de vue sociologique mais la vision est tout de même bien pessimiste. Cet ouvrage ne se veut pas être une étude sociologique mais un roman. Bref, j'ai été assez déçue par cette lecture et peu emballée.
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Franceszelda
  19 mars 2015
Intéressant parfois désordonné. Incisif avec un côté sordide. du Zola à l'envers
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