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EAN : 9782251390017
157 pages
Les Belles Lettres (30/11/-1)
3/5   3 notes
Résumé :
L'interdiction de fumer dans certains avions, et pourquoi pas, bientôt, dans les trains, ou dans la rue, est plus qu'une plaisanterie de mauvais goût: une atteinte caractérisée à notre liberté. Et le symptôme d'un phénomène plus grave encore: la condamnation, sous prétexte de santé, ou d'économie, de tous les plaisirs de la vie. Allons-nous, après des libérations difficilement conquises, retomber dans le carcan d'un moralisme écœurant? La défense du principe de plai... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
thomas141
  22 mars 2012
Il s'agit d'un ouvrage original, ce qui n'est guère étonnant pour une publication dans la bien nommée collection "Iconoclastes" des Belles Lettres dirigée à l'époque par Alain Laurent et Pierre Lemieux.
Dans ce pamphlet, Jean-Jacques Brochier défend son droit de fumer contre les donneurs de leçon, les médecins moralisateurs, les non-fumeurs peine-à-jouir (comme il le dit lui-même) et toute la ribambelle de ceux qui affirment que leur mode de vie doit être obligatoire pour tous. Avant la publication de ce livre, l'auteur, ancien rédacteur en chef du Magazine Littéraire, avait publié un article dans le Monde où il fustigeait la compagnie Air-Inter pour interdire de fumer à bord. Il reçut alors des courriers orduriers, des menaces physiques, des leçons de morale le comparant à un violeur, à un assassin ou encore à un nazi. Ainsi donc écrivit-il cet essai pour s'exprimer plus longuement en nous faisant profiter de quelques extraits de ces lettres.
Mr Brochier nous fait l'éloge du tabac. du moins pour ceux qui fument. Il nous explique, avec une grande érudition tout au long de l'ouvrage, l'histoire du tabac, son rôle dans les cultures, son usage comme médicament, comme rite d'initiation mais il va plus loin en philosophant avec Sartre et autres sur le plaisir du tabac qu'il soit cigare, cigarette ou pipe, l'évasion ressenti à l'allumage. Mais il se défend de prosélytisme dans le sens où il ne souhaite pas convaincre les non-fumeurs de s'y mettre mais les donneurs de leçons d'arrêter de harceler ceux qui veulent juste fumer en paix.
Il s'en prend avec virulence aux médecins qui se croient autoriser à dire ce que les gens doivent faire. Tous ces scientifiques, objecteurs de conscience, prônant une vie ascétique, fustigeant telle ou telle chose. Comme cet interne, membre du courrier du coeur adressé à l'auteur, qui proposait qu'on punît chaque fumeur car ils serait tous délinquant.
On sait, plus de vingt ans après la publication que Monsieur Brochier a perdu cette bataille; qu'aujourd'hui, les gouvernements successifs s'amusent à écrire de nouvelles lois sur un coin de table au PMU interdisant toujours plus pour satisfaire aux exigences des membres d'associations anti-tabacs, parasites sociétaux.
Cependant, je ne mets que deux étoiles à ce pamphlet. Bien que je l'appréciasse, j'en trouvais la lecture peu aisée. le style, avec beaucoup de virgules et de parenthèses, nous perdait un peu. Cela lui donne certes le charme de la réflexion par association d'idées, mais on s'y perd un peu. L'auteur est aussi beaucoup trop virulent et certaines de ses remarques envers ses contradicteurs sont injustifiées: comparaison à des régimes totalitaires comme les nazis, les soviétiques, ou la Chine de Mao, insultes en tout genre. Bref, Monsieur Brochier a laissé ses émotions et sa haine prendre le pas. Ce qui n'enlève rien au fond de sa réflexion: défendre la liberté individuelle contre l'État et surtout contre les moralisateurs vicieux.
Enfin, dernier point sombre: l'édition. Ce n'est pas le premier ouvrage de cette collection que j'ai eu l'occasion de lire, et ce n'est absolument pas pratique. Les pages ne sont pas assez larges.
Au final, "Je fume, et alors?" se lit agréablement et peut intéresser les fumeurs voire les non-fumeurs curieux. Mais attention, le livre est daté ce qui rend par exemple la quatrième de couverture tristement prophétique.
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vanrillaer
  19 janvier 2017
J'ai beaucoup aimé cette réflexion de René Pommier dans “Piques et polémiques” (Paris : Kimé, 2016) :
« Il est des livres dont il suffit de lire le titre pour savoir qu'il est inutile de l'ouvrir : l'auteur a déjà dit tout ce qu'il avait à nous dire et ce qu'il avait à nous dire n'en valait pas la peine. C'est le cas du petit livre de Jean-Jacques Brochier intitulé “Je fume et alors ?” Pour lui répondre, point n'est besoin de lire son livre et encore moins d'en écrire un autre. Il suffit de lui dire : “Vous fumez ? On s'en fout, mais ce n'est pas une raison pour enfumer les autres” »
A toutes fins utiles, je signale que cela vaut la peine de lire le livre de Pommier.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
thomas141thomas141   22 mars 2012
Augmenter considérablement le prix du tabac va, encore une fois, frapper les plus démunis. Qu'on ne vienne pas nous parler de justice sociale. D'autre part, on nous répète que la Sécurité Sociale, submergée par les vieillards, ne pourra plus, bientôt, payer les retraites. Ceux qui, ayant cotisé toute leur vie active, risquent, par leur mode de vie, de mourir prématurément, et de léguer ainsi aux autres le fruit de ce qu'ils ont versé, devraient donc, en toute logique, être décorés d'une médaille de bon citoyen.
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thomas141thomas141   22 mars 2012
Sacha Guitry qui, à une enquête de Comoedia sur le tabac, et ses conséquences sur la création artistique, répondit: "Je fume sans cesse des cigarettes. Et, pour constater l'influence du tabac, il faudrait que j'en fusse privé - ce que je ne souhait pas", fut le héros de cette histoire exemplaire. Le soir de la générale d'une de ses pièces, où par extraordinaire il ne jouait pas dès la première scène, il arpentait, assez nerveusement, les coulisses du théâtre. Il sortit une cigarette. Le pompier de service, montrant la pancarte comminatoire, protesta: - On ne peut pas fumer ici, Monsieur Guitry. - Croyez vous! rétorqua Guitry. Il prit son briquet, alluma la cigarette, exhala voluptueusement la première bouffée - Vous voyez, mon bon ami, qu'on peut fumer, ici.
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thomas141thomas141   22 mars 2012
Une autre lectrice qui assimile le droit de fumer et le "droit de violer", achève sa lettre par un définitif: je ne pense pas avec mon utérus. Moi non plus, ai-je failli lui écrire.
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thomas141thomas141   22 mars 2012
La paix, le plaisir et la liberté, ce n'est pas si mal. Ça vaut même la peine qu'on se batte.
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thomas141thomas141   22 mars 2012
A chaque loi, la liberté perd des plumes, et ces plumes ne repoussent presque jamais.
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Video de Jean-Jacques Brochier (13) Voir plusAjouter une vidéo

Lyon et ses écrivains
Dans un café de Lyon, rencontre entre Jean Jacques BROCHIER, rédacteur en chef du Magazine littéraire, et deux écrivains lyonnais Patrick DREVET et Charles JULIET. Insert : Brève interview de René BELLETO. Archives : Brève interview de Louis CALAFERTE ( "Objectif" du 17/04/1980) à propos de Lyon.
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