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EAN : 9782070728244
214 pages
Éditeur : Gallimard (31/01/1993)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Dans ce nouveau recueil du grand poète russe devenu américain, Baltique et Adriatique, East River et Tibre entremêlent leurs eaux fuyantes.
Le temps délave les reflets.
Parents, amis, amours s'y engloutissent et le froid envahit tout, communiquant au regard l'acuité souveraine du givre.
Mais sous cette voix blanche, appliquée à garder la distance de la réflexion, affleure une sensibilité à vif.
Marmoréenne et chaleureuse, lucide et pa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
polarjazz
  16 juillet 2017
La poésie, c'est difficile mais pas insurmontable avec à côté de soi un dictionnaire d'étymologie, un dictionnaire de mythologie, un gradus des procédés littéraires...
Même avec tout ça on peut passer un bon moment.
Dans un premier temps, on prend le temps de connaître l'auteur. Internet est bien commode.
Joseph Brodsky est né à Leningrad en 1940. Sa famille d'origine juive est très pauvre. Mais Joseph est intelligent. D'ailleurs, il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1987. Il a obtenu la nationalité américaine en 1977 après avoir été expulsé d'URSS.
Sa versification est savante. Effectivement, Vertumne en est un bon exemple. Ses compositions deviennent au fil du temps de plus en plus libre même s'il abuse de la métaphore.
Il meurt en janvier 1996 à New-York.
Voici quelques exemples d'association de mots que j'ai beaucoup aimé : "neige barbelée", "les bornes du sens", "l'espace est une entrave", "la vue est homicide", "un grumeau du vide", "la scoliose du chêne", "la conque de l'oreille".
De l'humour métaphysique.
Pour finir, sur internet j'ai recherché "Vertumne". J'y ai découvert un tableau de Guiseppe Arcimboldo.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   18 juillet 2014
LE PAPILLON

I
Te dire : « Tu es mort » ? –
Ta vie fut vingt-quatre heures…
Dieu rit et l'homme pleure
en toi. J'ai tort
de dire « vie » si ta
date de mise au monde
est celle où – deux secondes –
tu t'effritas
dans cette paume. Pour
rester sincère,
j'ai scrupule à soustraire
du jour au jour.

II
Puisque les jours ne nous
sont rien. C'est simple –
rien. Dénués d'épingles,
les jours ne nour-
riront jamais le vue :
blancs contre blanc, ils passent,
sans corporelle masse,
et fondent. Tu
es de leur genre : dans
quelle fourchette
de poids inclure cette
folie, l'instant ?

III
Te dire : « Tu n'es rien
du tout » ? Mais qu'est-ce
qui dans ma paume laisse
ces miettes bien
distinctes du néant ?
Quel dieu, quel peintre
put dérouler ces teintes
en te niant ?
Murmure échenilleur
de phrases non peignables,
moi, je suis incapable
de tes couleurs.

IV
Tes ailes ont des cils
et des prunelles. –
Oiseaux ou demoiselles,
de qui sont-ils,
dis-moi, les doux fragments,
natures mortes ?
dis-moi, ton corps transporte
quels éléments,
granules étoffées,
portraits rustiques,
où même l'halieutique
trouve un trophée ?
...
p.20-21
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coco4649coco4649   06 janvier 2015
La neige tombe, laissant le monde diminué.
Ce temps est le festin du détective.
En toute chose, donc, en toutes nuée,
on se retrouve comme une épreuve hâtive.
Ce genre de découverte n'appelle aucun prix —
un silence concernant quiconque…
Tant de lumière, au soir, s'accumule dans un débris
d'étoile ! — autant que de réfugiés dans une jonque.
Regarde, et gare à tes yeux : tu es toi-même orphelin,
apatride, hors la loi, parasite.
Derrière toi, personne. Tu ouvres la bouche et un
profil de dragon s'échappe de sa marmite.
Prie plutôt à voix haute, deuxième petit Jésus,
pour ces porteurs d'offrandes, ces, disons, rois mages
des quatre coins du monde, ces jamais déçus,
et pour les enfants bien sages.
(Traduit par André Markowicz)

p.147
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coco4649coco4649   06 janvier 2015
J'étais cela seulement
que tu effleurais de la paume,
sur quoi dans la dense nuit
d'encre, tu inclinais ton front.

J'étais tout juste ce que toi
Là, au-dessous, tu discernais :
vague contour d'abord,
beaucoup plus tard des traits.

C'est toi, ardente, qui
de dextre, de senestre,
m'as créé de murmures
la conque de l'oreille.

C'est toi qui déchirant
un voile dans le creux humide
de la bouche m'as donné
cette voix qui t'appelle. …

1981
(Traduit par Véronique Schiltz)

p.108

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coco4649coco4649   18 juillet 2014
LE PAPILLON

V
Un paysage, toi ?
Prenant la loupe,
verrai-je quelque troppe
légère dans les bois ?
Le jour y brillerait ?
La nuit y règne ?
Quel astre baigne
de clairs ou sombres rais
et terre et ciel ?
Dis, quels visages
reflètent ces images
en lieu mortel ?

VI
Ma joie est de penser
que te composent
visage, étoile, chose,
mais par pincées.
Quel joaillier sérieux
mit en pâture
ces pauvres miniatures
en ces bas lieux
de fureur et d'éclat
où, sous le maître,
tu es l'idée de l'être,
nous, l'être las ?

VII
Dis-moi, tes entrelacs,
ton frêle faste,
pourquoi en cette vaste
contrée de lacs
dont l'amalgame plaît
aux dieux, s'épuisent-
ils aussi vite ? Puisse
ton bref délai
te frelocher sans deuil :
palpiter dans la paume,
et, tendre aumône,
taper dans l'œil !

VIII
Tu ne répondras pas
non par excès de
timidité, accès de
de colère ou par
suite de ton décès.
Défunte ou vive,
toute âme, productive
ou non, possè-
de voix empruntée
pour chanter ou dire,
pour que la voix étire
l'instant, le jour.

p.22-23
1972
(Traduit par André Markowicz.)
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coco4649coco4649   07 juillet 2014
Je suis entré à la place du fauve dans la cage,
ai gravé mon terme et mon surnom au clou sur le bat-flanc,
vécu au bord de l'eau, joué à la roulette,
dîné avec le diable seul sait qui, en habit.
Du sommet d'un glacier j'ai contemplé le monde,
par trois fois j'ai coulé, deux fois on m'a ouvert.
Le pays qui m'avait nourri, je l'ai lâché.
Ceux qui m'ont oublié formeraient une ville.
J'ai parcouru la steppe pleine encore de la clameur du Hun,
porté ce qui est de nouveau à la mode,
semé le seigle, couvert de tôle noire l'aire à battre,
ne me suis abstenu que d'eau sèche.
Mes rêves font sa place à l'œil noir d'acier des gardiens,
j'ai dévoré le pain d'exil avec la croûte,
permis tous les sons à ma gorge, sauf le hurlement,
en suis venu au murmure. Maintenant j'ai quarante ans.
Qu'ai je à dire de la vie? Qu'elle fut longue.
Du malheur seul je me sens solidaire.
Mais tant qu'on ne m'a pas de terre comblé la bouche,
il n'en sortira que de la gratitude.

Traduit par Véronique Schiltz
p.107

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Videos de Joseph Brodsky (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joseph Brodsky
Joseph BRODSKY – Poète russe, Citoyen américain (DOCUMENTAIRE, 1989) Un documentaire de Christophe de Ponfilly et Victor Loupan diffusé le 6 mars 1989 sur France 3. Participants : Mikhail Barychnikov, Susan Sontag, Derek Walcott, Alexandre Guinzbourg et le poète en personne.
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