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EAN : 9782953608359
Éditeur : Les Doigts dans la Prose (01/02/2014)

Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Le choix que nous faisons de proposer aux lecteurs français une édition quadrilingue d'une aussi courte séquence poétique relève d'une évidence, tautologique comme elles le sont toutes : la traduction n'est pas seulement une restitution plus ou moins heureuse d'un texte inaccessible, elle est surtout le moment où le traducteur invente une langue dans laquelle l'œuvre originelle vient se glisser pour exister tout entière là, nulle part ailleurs, loin du triste dépit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
seblac
  04 mai 2016
Initiative originale des éditions les doigts dans la prose que de proposer ce volume consacré aux vingts sonnets à Marie Stuart de Jospeh Brodsky.
Original car c'est un des rares texte où Brodsky évoque la France par le biais d'une promenade dans l'allée des reines de France aux jardins du Luxembourg.
Original surtout par le choix de proposer quatre versions de ces sonnets. La version originale en russe, bien sur, que mon niveau indigent n'a pas permis d'apprécier à sa juste valeur. Une traduction en anglais, magnifique, assurée par Peter France. Deux versions françaises, l'une du regretté Claude Ernoult, la seconde d'André Marcowicz bien connu pour ses traductions de Dostoïevski chez Acte Sud ou son bel ouvrage sur Pouchkine.
Bien au-delà de la simple originalité, cette démarche permet de se rendre compte de ce magnifique travail qu'accomplissent les traducteurs, véritables passeurs de textes et d'émotions. Pour le cas particulier de Joseph Brodsky, cette approche est d'autant plus pertinente que le poète était lui même un grand traducteur (il a notamment traduit lui même une grande partie de son oeuvre en anglais). Un poète qui aimait à se décrire comme à la fois russe, anglais et américain, un citoyen du monde en somme. Il est certain que cette initiative n'aurait pas été pour lui déplaire.
Pour ce qui est du fond, on retrouve un Brodsky au fait de son art. Ces poèmes ont été écrits en 1974 soit deux ans à peine après son expulsion d'URSS. Dans ce jardin du Luxembourg, l'exilé Brodsky, rejoint l'exil éternel de Marie Stuart, reine d'Écosse et reine consort du royaume de France en tant qu'épouse de François II. Marie Stuart, reine dont le destin tragique a inspiré plus d'un écrivain, elle à qui on doit également un certain nombre de poèmes. Une reine vouée à l'exil éternel, elle qui voulait reposer à Reims et dont la dépouille repose à Westminster à quelques mètres de celle qui a commanditée sa mort. A cette figure tragique de l'histoire, Brodsky lie celle d'une femme aimée par lui. Les figures se fondent, se confondent, les temps se mêlent en un canevas fin et délicat. Pour tisser ces entrelacs, Brodsky a choisi la forme du sonnet. Forme chère à bien des poètes du XVIème siècle. Forme idéale pour chanter l'amour.
En refermant ce livre, on est traversé par cette douce sensation d'avoir fait et refait la même promenade, mais à des heures différentes, avec des lumières et des sons différents. Magie de la traduction. Magie des mots. Fascinant.
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Charybde2
  08 octobre 2014
Translator in fabula, dans vingt sonnets d'amour et de malice lumineuse.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/10/08/note-de-lecture-vingt-sonnets-a-marie-stuart-joseph-brodsky/
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   08 octobre 2014
L’éditeur a eu l’idée de publier un livre quadrilingue : le texte russe, le texte anglais que Brodsky a établi avec l’aide de ce slaviste et traducteur éminent qu’est Peter France, le texte français de ma traduction, et le texte français de Claude Ernoult (écrit, de fait, dans une autre langue que la mienne, à partir de présupposés différents – et ce texte était déjà atypique en ce qu’il proposait une version en sonnets français au lieu des vers libres habituels pour une traduction de poésie en France). Ma traduction (je ne connaissais pas la version anglaise en 1987) est construite sur les mêmes jeux, sur la fidélité à la forme ; ce n’est pas par hasard. Brodsky est l’auteur, en russe, de traductions sublimes de John Donne ou de Constantin Cavafis. Mais il a vécu vingt-cinq ans dans un monde anglophone, et a traduit lui-même ses poèmes en anglais. Ce faisant, il a gardé la même méthode qui consiste à respecter strictement la forme et se servir de cette transposition non pour s’écarter du sens mais, au contraire, pour le servir, parce que le texte est un tout organique, et qu’il n’y a aucun moyen de séparer la forme et le fond. Et lui et moi, chacun à notre échelle, chacun à notre façon, nous sommes des traducteurs russes qui s’expriment dans une autre langue que la leur, mais qui ne peuvent que poursuivre, à leur corps défendant, une tradition aujourd’hui vieille de deux siècles et fondamentale dans l’histoire de la littérature russe, celle de la traduction de poésie.
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Videos de Joseph Brodsky (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joseph Brodsky
Joseph BRODSKY – Poète russe, Citoyen américain (DOCUMENTAIRE, 1989) Un documentaire de Christophe de Ponfilly et Victor Loupan diffusé le 6 mars 1989 sur France 3. Participants : Mikhail Barychnikov, Susan Sontag, Derek Walcott, Alexandre Guinzbourg et le poète en personne.
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