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EAN : SIE97653_8074
Le Livre de Poche (30/11/-1)
3.57/5   27 notes
Résumé :
Le hasard veut que le directeur de la succursale de l'Amalgamated Oil soit parti chasser le tigre quand le fils du président de la société, Bill Wainwright, vient en tournée d'inspection à Bombay. Obligé de l'attendre, Bill s'installe à l'hôtel Tadj Mahal, rendez-vous des riches oisifs étrangers. Il y retrouve son ex-épouse, Carol Halma, de retour d'un séjour assez mouvementé à Jellapore. Il se reprend à l'aimer dans le même temps que Carol est attirée par un ami de... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Colchik
  05 août 2017
Avec Louis Bromfield, les couleurs chatoient, les odeurs se distillent dans l'air, les sons parviennent à nos oreilles : sur la passerelle du navire, nous humons « le fumet de Bombay », nous voici un peu plus tard embarqués dans un train qui traverse le plateau du Deccan, notre taxi se fraye un passage dans les ruelles d'un faubourg pouilleux et nous croisons une étrange procession, nous pénétrons dans le bar du Tadj Mahal, rempli du bruit des conversations des clients et de la fumée de leurs cigarettes, nous descendons les marches de marbre d'une terrasse pour nous enfoncer dans un jardin odorant et silencieux. L'écriture de cet auteur nous restitue immédiatement un décor, une ambiance, une situation.
Mais le talent de Bromfield est aussi de se glisser dans la psychologie de ses personnages. le séduisant Bill Wainwright revient à Bombay au cours d'une tournée d'inspection des bureaux de la firme paternelle. Derrière la façade avenante de l'Américain riche et insouciant, se cache les doutes d'un homme qui se sait faible, facilement emporté par son goût de la fête, incapable de donner une direction à sa vie et de prêter une attention sincère et profonde aux autres. Il retrouve à Bombay son ex-femme, Carol Halma, qui dilapide ses derniers fonds sur les tables de jeu de la ville tout se prêtant à la mascarade de fiançailles avec un riche Parsi, Botlivala. Carol boit trop, dort peu et oublie la vacuité de son existence présente en fréquentant les fêtards et les parasites qui recherchent quelques sensations fortes dans le petit monde des personnalités en vue de la colonie.
Mais, étrangement, plus elle se sent mal auprès d'eux, plus elle retrouve de sa personnalité d'autrefois auprès de Homer Merrill. Ce dernier est venu à Bombay pour accompagner son jeune fils qui doit partir pour les États-Unis et pour faire opérer son protégé, Ali, par un confrère du colonel Moti, le directeur de l'institut des maladies tropicales. Merrill est un homme épuisé physiquement et nerveusement par son travail auprès des paysans du Deccan et par la solitude profonde qui l'entoure. le départ de son fils fait encore plus vaciller l'esprit de ce veuf plein de compassion pour ses compagnons de misère, mais incapable de se reconstruire après un mariage castrateur.
Bill Wainwright a partagé ses années d'université avec Homer Merrill. Il décide de le prendre provisoirement sous son aile, il décide aussi de renouer avec Carol, toujours attiré par sa beauté, mais de plus en plus par la vitalité qu'il découvre en elle sous ses dehors provocateurs. En fait, il tombe amoureux de la femme solide et courageuse qu'elle révèle en soignant Buck Merrill.
Louis Bromfield nous fait découvrir la complexité de ses personnages en les dépouillant peu à peu de leur image première et en les confrontant à des situations qui les amènent à découvrir leur personnalité profonde. Bill Wainwright va petit à petit abandonner le « patachon » qu'il était, sa superficialité pour une vraie générosité. Carol se dépouille de ses bijoux et des artifices du charme pour devenir une femme forte, volontaire, maîtresse de sa destinée et non plus portée par les désirs des autres. Quant à Buck, il apprend tout simplement la sensualité, le goût du bonheur partagé.
Tous ces protagonistes sont entourés d'une foule de personnages secondaires pittoresques. Fausse baronne, joueurs invétérés, ancienne courtisane, maharadjah viveur... pour la plupart, ils servent de toile de fond sur lequel le trio central se détache. Plus ils s'enfoncent dans leur monde interlope, plus nos héros se détachent d'eux jusqu'à ce que la rupture soit consommée : Bill quitte Bombay et Carol et Buck partent pour Jellapore afin d'aider à l'émancipation des paysans.
Ce roman a sans doute quelques côtés désuets en nous replongeant dans l'Inde coloniale, mais je suis à peu près certaine que la faune qui fréquentait le Tadj Mahal à l'époque le hante encore aujourd'hui, sous des apparences plus actuelles.
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twinckel
  02 août 2021
Après son roman La Mousson, Bromfield retrouve les Indes pour ce roman. Moins épique et plus intimiste, il est centré sur un trio de personnages autour de qui vont graviter les autres figurants.
Bill Wainwright , riche américain, revient aux Indes pour son travail. Menant une vie dissolue, qui pourrait le conduire dans le ruisseau selon son ex-femme, il se fait promesse de se surveiller, de devenir sérieux et de ne plus retomber dans ses travers. Fini la vie de patachon.
Plus facile à dire qu'à faire, car la société où il gravite pousse à avoir des moeurs dissolues, à se livrer aux jeux, à la paresse et aux intrigues.
Sur place, Bill renoue avec un vieil ami d'université, Homer Buck Merrill, dont la vie est entièrement consacrée à améliorer le sort des pauvres. Ce dernier, devenu veuf, a souffert dans un mariage qui a détruit sa force vitale, il s'éteint telle une bougie. Son ami le Colonel Moti, qui observe les humains comme il observerait des insectes, imagine alors un stratagème avec Bill pour lui redonner le goût de vivre.
Carol Halma, ex-femme de Bill, se trouve aussi aux Indes. Jeune femme d'une vitalité et d'une beauté renversante, elle est l'objet de toutes les attentions et intentions d'un cercle de parasites ; Mrs Trollope qui s'attache à chacun de ses pas et qui devient une insupportable sangsue, la Baronne dont on devine très vite le rôle et le but envers Carol et M. Botlivala vulgaire et riche qui couvre Carol de bijoux et proclame leurs fiançailles.
En toile de fond, Bromfield nous tisse le portrait des Indes, les odeurs, les couleurs, la chaleur, la langueur qui gagnent les esprits, les Indes fascinantes et écrasantes.
Nos protagonistes ne s'attendent pas aux coups du sort qu'ils vont vivre, des chemins qu'ils vont emprunter et du destin bien farceur qui va les conduire à une issue inattendue.

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SuzyBess
  03 janvier 2018
Embarquons pour l'Inde avec ce roman dépaysant.
Sur ordre de son père, Bill se rend à Bombay où il doit vérifier le bon maintien de l'annexe indienne de l'entreprise familiale. Logeant au Tadj Mahal, il va y retrouver par hasard Carol, son ex-femme avec qui il est resté ami; mais peu à peu, il se rend compte qu'il éprouve de plus en plus de tendresse pour elle, et même un amour qu'il n'avait jamais eu à son encontre auparavant. Seulement, Carol est, elle, tombée sous le charme de Homer Merrill - dit Buck -, une sorte de missionnaire sans religion apprenant aux paysans indiens à mieux tenir leurs récoltes et vivre plus sainement, et qui s'avère être un ami d'enfance de Bill. Au cours de la période qui va les réunir, chacun va devoir chasser ses vieux démons pour atteindre plus de sérénité dans leur vie: quête morale, besoin de guérison, recherche sentimentale...
Ce roman m'a paru sympathique et intéressant; je ne me suis pas trouvée très impliquée, et étais même plutôt indifférente au début, mais j'ai bien aimé ce récit. Il nous raconte la quête de soi de nombreux personnages et leur cheminement sur la voie de la rédemption. Certains sont des êtres exemplaires - comme Buck qui, à trop donner de sa personne, s'en est rendu malade et doit s'obliger à freiner un peu -, d'autres non - la plupart des personnages gaspillent leur argent, leur intelligence, leur vie... -, et j'ai trouvé assez captivant d'observer l'évolution de leurs pensées et de leur comportement. Les protagonistes sont nombreux, plusieurs êtres secondaires gravitent autour du trio principal, nous découvrons donc des personnalités diverses et variées qui sont habilement mises en scènes.
Quant à l'atmosphère, pas de doute: nous sommes plongés dans une Inde - et plus particulièrement Bombay - étouffante de chaleur et d'odeurs; la vie pauvre de ses habitants est bien décrite et confrontée au luxe d'une partie riche de la population anglaise, le contraste est saisissant et le message passé par l'auteur, pertinent.
Je n'ai pas été passionnée par ce roman, ceci dit je l'ai lu avec curiosité et ai passé un agréable moment.
Lien : http://letoucherdespages.blo..
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Nicolosette
  02 octobre 2017
J'ai préféré nettement de cet auteur Emprise et la Mousson, mais c'est une belle description de l'Inde coloniale ,de ses couleurs ,de ses odeurs ,une époque certes révolue mais le passé aide à comprendre le présent .
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Nhd
  16 août 2020
Livre d'une grande finesse psychologique sur une période charnière de l'Inde : des caractères puissants non outranciers, des personnages aux vertus et aux défauts équilibrés sans jugements moraux assommants et une grande fraîcheur de sentiments et de communion avec la nature
Un très grand roman
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
twinckeltwinckel   02 août 2021
De toutes les personnes réunies autour de cette table, le Maharadjah était bien le seul à se rendre compte exactement de tout ce qui se tramait. Il avait vu s’éclairer le visage de Mrs Trollope lorsque Carol était apparue sur le seuil de la pièce.

Il suivait les regards chargés de haine que la Baronne lançait à la Marquise. Il observait le manège de celle-ci qui, tout en ayant l’air de se pâmer devant Botlivala, ne cessait de faire du genou à Bill Wainwright.

Il avait remarqué la façon dont Bill s’était penché vers Carol lorsque la jeune femme était venue s’asseoir à côté de lui. Rien ne lui échappait, ni la sottise de Botlivala qui se prenait déjà pour un don Juan irrésistible, ni l’expression de Buck chaque fois que ses yeux se posaient sur Carol.

Renversé sur le dossier de sa chaise, tapotant son verre glacé de ses doigts longs et cruels, Jelly ne s’ennuyait plus. Son esprit pervers et compliqué était enfin dans son élément. Il pouvait s’adonner sans frein à cette passion, qui chez lui, était encore plus forte que les femmes ou le jeu, la passion de l’intrigue. Il avait le génie du mal et ce fut avec une véritable délectation qu’il se mit à arranger à sa manière la vie des personnes qui l’entouraient.
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rkhettaouirkhettaoui   16 octobre 2013
Seul l’avenir existait. Elle était trop saine, trop débordante de vie pour s’appesantir sur des souvenirs, si pénibles fussent-ils. Le passé n’avait prise sur elle que lorsqu’elle se sentait malade ou déprimée. Par expérience et par instinct elle savait que l’espoir, l’optimisme, le désir sont l’apanage, la récompense de la bonne santé et de la vitalité.
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rkhettaouirkhettaoui   16 octobre 2013
Ce parfum recelait quelque chose de beaucoup plus subtil. On y retrouvait une odeur d’épices et de feu de bois, de jasmin et de souci, de poussière et de coprah et le goût de la fumée qui s’échappait des tas de bouse de vache que l’on faisait brûler après les avoir séchés. Et, pour Wainwright, son pouvoir ne s’arrêtait pas là. Il évoquait en lui une foule de souvenirs bouleversants, souvenirs de sorties, de beuveries, de conquêtes faciles, de nuits extraordinaires sous un ciel de velours bleu où les étoiles brillaient comme des diamants, de randonnées en gherries pour regagner l’hôtel Tadj Mahal après une soirée passée dans un des jardins suspendus de la colline de Malabar ; souvenirs d’une immense salle de marbre blanc et frais qui surplombait le golfe.
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rkhettaouirkhettaoui   16 octobre 2013
Elle était aussi la preuve éloquente que les êtres humains n’étaient pas encore si loin des bêtes pour être remués à ce point par un tel étalage de beauté, de santé et de vitalité. Cela ne ratait jamais… les hommes, surtout les hommes âgés semblaient ragaillardis rien qu’en la regardant. À sa vue, les plus jeunes bombaient le torse et faisaient les malins.
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twinckeltwinckel   02 août 2021
M. Snodgrass n’était pourtant pas méchant au sens où l’on entend généralement ce mot. Il était même assez aimable, malgré son air pincé et ses manières de clergyman un peu trop accentuées. Mais c’était justement de cet air pincé, de ses lèvres rentrées et de son manque d’expression que Moti lui en voulait le plus. Il appartenait à cette espèce d’hommes sans chaleur qui, ne sachant rien de l’amour ni même de la simple charité, se croient permis de juger leurs semblables et de les considérer du haut de leur grandeur.
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