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Alain de La Falaise (Traducteur)
EAN : 9782859406035
384 pages
Phébus (07/01/2000)
3.77/5   13 notes
Résumé :
On est en train de redécouvrir - avec un étonnement émerveillé dont la critique a bien voulu faire l'aveu - l'œuvre de Louis Bromfield (1896-1956), écrivain fêté en son temps puis un peu vite oublié, qui ne cessa de débusquer dans ses romans les divers mensonges derrière quoi s'est toujours rencognée la bonne conscience américaine.
Mississippi (Wild is the River, 1941) est un peu son Autant en emporte le vent - on laissera au lecteur le soin de comparer. Le r... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
carnet-de-voyage
  21 juillet 2015
Si vous êtes comme moi, amateur de litterature amércaine, vous devez au moins lire un livre de Bromfield. Je ne sais pas si ce livre est toujours édité mais en tout cas je ne l'ai jamais vu en Poche.
Bref, pour résumer, l'histoire se passe pendant la Guerre de Sécession. Le Sud craque de tous les côtés, et la Nouvelle Orléans voit déferler ces "propres à rien de Yankees'. L'auteur se range du côté confédérés...et nous depeint une armée du Nord assez éloignée des Tuniques Bleues de John Wayne.
La différence de culture, entre les "coincés" de Boston et les "dépravés" de la Nouvelle Orléans est superbement décrite. La différence du climat joue un rôle important.. la moiteur est obsédente, entêtante, odorante, captivante, enivrante, et toutes ses femmes sont de même....
Les hommes ne sortent pas grandis de cette histoire, entre un nordiste brutal, dont la fiancée fera tout son possible pour retrouver son "homme idéal" perdu au mileu de ce marécage de débauche qu'est la Nouvelle Orléans, alors que lui s'éclate comme un jeune communiant au bordel du coin ; entre un jeune gradé, futur beau frère du butor en question, éphèbe ambigu, n'ayant pas visiblement "trouvé sa voie" abasourdi par les horreurs de la guerre et par le pillage des trésors sudistes et entre un général abruti (dans tous les sens du terme) qui n'a pas l'ombre de la moindre compassion mais qui ne pense qu'à s'en mettre plein les poches et la panse...
Seuls les Noirs et les Femmes surnagent dans ce marais....Ils sont victimes l'un comme l'autre de la brutalité et de la vulgarité. Victimes de la bêtise et de l'ignorance...
La-dessus, Bromfield nous un cousu un caneva amoureux...mais qui ne peux être heureux... Des histoires d'amours impossibles, des amours perdues, des amours mortes... Des amours semblables au Mississippi....qui se dispersent, se divisent et qui finissent lamentablement en bayous marécageux....
Quand vous refermez le livre à la fin, l'odeur féfide du Mississippi vous imprègne.
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Libellule41
  30 janvier 2023
Louis Bromfield plonge le lecteur dans l'atmosphère de la Nouvelle Orléans au lendemain de la reddition de la ville aux mains des troupes yankees. la guerre de Sécession n'est pas entièrement terminée, mais déjà de nombreuses villes du Sud sont tombées.
L'auteur excelle dans la narration des lieux, des environnements et des êtres, et au cas précis dans la description de l'atmosphère pesante d'une cité occupée, de l'atmosphère nonchalante et sensuelle de la Louisiane alanguie dans la moiteur du climat tropical, de l'atmosphère déliquescente d'une société qui se meurt, apeurée à la fois par l a botte yankee et par la libération des esclaves qui fut soudaine et non canalisée.
Les héros de ce roman sont confrontés à cette réalité violente; certains s'en tirent bien, d'autres n'y parviennent pas. Mais l'auteur met habilement en scène dans ce décor un personnage haut en couleur, quasi lumineux. Il s'agit de tante Tam, une vieille dame célibataire pleine de charme, à la fois entreprenante et naïve, "rangée" et non-conformiste, qui se promène dans la vie avec son "carnet de bord" dans lequel elle exprime son étonnement de tout et son émerveillement . Un véritable bain de fraîcheur au milieu de la fièvre ambiante
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rotsenamrub
  16 avril 2021

En publiant "Mississipi en 1941, Louis Bromfield sacrifie à une vision schématique du monde, récurrente outre-Atlantique à l'époque et, à ce jour, perdurant majoritairement sous le couvert de quelques aménagements purement cosmétiques.
Le tableau qu'il nous dresse de la Nouvelle Orleans pendant la guerre de sécession se révèle très immersif, pour reprendre un terme en vogue, et semble bien documenté.
Il sert malheureusement de décor à une mise en scène manichéenne et caricaturale opposant les anglo-saxons courageux, rustres, puritains, froids mais efficaces de la Nouvelle Angleterre aux latins lâches, crâneurs, raffinés, jouisseurs mais paresseux de la Louisiane.
Coté Confédérés, le seul partisan épargné par ces tares est évidemment d'ascendance écossaise quand les personnages féminins, fatalement d'origines françaises, se partagent les rôles de maquerelle et de riche héritière perverse et manipulatrice.
Quant aux esclaves ou ex-esclaves, ils apparaissent soit anonymement en hordes déchainées et vengeresses massacrant au son du tam-tam, soit individuellement en incarnant, là encore, les stéréotypes consacrés que sont le bon nègre fidèle et soumis, la sorcière guérisseuse, la métisse sensuelle aux moeurs légères ou la vieille nourrice rondouillarde dévouée à son jeune maître.
J'appuis peut-être exagérément sur cet aspect car le roman dégage un souffle romanesque incontestable et l'introduction de deux personnages féminins, échappant à ce carcan après une sorte de périple initiatique, laisse entrevoir une interprétation moins manichéenne de la pensée de l'auteur.
Porté par la vague d'épuration lexicale actuelle qui prône une réécriture politiquement correcte de nos bibliothèques, on pourrait lui reprocher un vocabulaire inapproprié. Je ne lui ferai pas ce procès, le vocabulaire et ses connotations ont changé, changent et changeront encore et de plus il s'agit d'une traduction.
Si l'oeuvre est porteuse de concepts religieux, politiques ou raciaux aujourd'hui intolérables, plutôt que de l'aseptiser, il me semble préférable de la conserver intactes, témoin contre l'oubli.
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