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ISBN : 109754706X
Éditeur : les chemins du hasard (15/03/2018)

Note moyenne : 4/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Jacques Perrot est écrivain. De vieilles photos raniment sa première histoire d'amour brisée par le meurtre de son amante. Ce crime impuni l'obsède. Près de cinquante ans après, il décide de reprendre l'enquête. Aidé par d'improbables comparses, il plongera dans la ville de sa jeunesse et réveillera des fantômes redoutables au premier rang desquels figurera un personnage inattendu : lui-même.
Une cité industrielle dans les années 60. Un secret de famille soi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Giraud_mm
  14 mars 2018
Un peu angoissé, à quelques semaines de la sortie de son prochain livre, Alain m'a fait l'honneur de me demander de le lire et de lui donner mon avis.
A peine terminée la lecture de la dernière page, je lui ai fait le retour "à chaud" suivant (le hasard a voulu que ce soit je jour de son anniversaire) : "Pour ajouter une bougie sur ton gâteau d'anniversaire, une bonne nouvelle : je viens de terminer de lire "Toutes ces nuits d'absence". Une bonne nouvelle, parce que généralement, pour rester concentré sur la lecture, il me faut lire trois ou quatre livres en parallèle ; là, je me suis contenté du tien ! J'en conclus que l'histoire est bien ficelée, avec suffisamment de détails et de digressions pour retenir l'attention. En un mot, si j'ose : captivant ! J'ajouterai que, de tous tes bouquins que j'ai lus, c'est celui qui me semble le plus abouti."
Je l'ai lu en effet en trois soirées, sans être tenté d'ouvrir une autre de mes lectures en cours (La lucidité, de José Saramago), ou d'en commencer une troisième (De Quimper à Cayenne - le singulier destin d'une Bretonne, de Jean-François Tifiou), voire une quatrième (Brunetti entre les lignes, de Donna Leon). Alain avait donc à faire avec forte concurrence, et son ouvrage a brillamment relevé le défi !
L'intrigue est bien menée, avec ce qu'il faut de suspense et de rebondissements.
Les personnages sont bien campés, avec une bonne dose d'humour. Alain a probablement exploité une part de son expérience d'auteur pour composer son héros, Jacques, écrivain vieillissant, un peu aigri, en mal d'inspiration, et qu'un événement plutôt anodin va conduire à ré-ouvrir l'enquête sur l'assassinat de son amour de jeunesse. Enquête dont il sortira transformé. Les personnages secondaires trouvent leur juste place : la jeune Manon (avec qui Alain compte peut-être concourir pour un second Prix Handi-Livres ?), apprentie journaliste particulièrement débrouillarde, et sa tante Zoé, qui pourrait vous dégoûter à tout jamais des dernières tendances culinaires ; la famille de la victime, bourgeoisie troyenne, proche de la droite extrême ; le monde du journalisme ; ...
Le contexte et l'environnement (Troyes et sa région, les milieux d'extrême droite, le début des années 60, entre la fin de la guerre d'Algérie et mai 68, les temps actuels, ...) sont dépeints avec le bon niveau de détails et de digressions, parfois en mode caricature, pour retenir l'attention du lecteur.
Bref, un très bon moment de lecture !
Meilleurs voeux de succès pour ce douzième roman (si j'ai bien compté sur ton blog), Alain
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paulmaugendre
  14 avril 2018
Atrabilaire, un peu comme Paul Léautaud, Jacques Perrot est écrivain et n'a pour seul compagnon que Iago, un chat qui possède ses habitudes parfois dérangeantes pour la sérénité du romancier.
Ainsi il aime se blottir, à un certain moment de la journée, sur une planche disposée au dessus de la cheminée, derrière une boîte en fer. Au début, sa corpulence ne prêtait guère à conséquence, mais en vieillissant Iago a pris de la consistance, et ce qui devait arriver arriva. La boîte tombe et laisse échapper des photos anciennes, des années de jeunesse de Parrot. Une photo de classe, notamment, et il reconnait dessus certains de ses condisciples du Lycée d'Etat de Troyes. Année 1966/1967.
Les souvenirs remontent comme des bulles dans une vasière. le petit groupe de musique folk, les Hors-la-loi, dans lequel il jouait de la planche à laver. Mais c'est surtout le visage de Brigitte qui s'inscrit dans son esprit. Brigitte qui l'avait repéré lors d'un concert. Brigitte qui avait vingt ans. Lui dix-neuf. Elle l'avait déniaisé, mais ce n'était pas son premier coup d'essai. D'ailleurs elle l'avait avoué dans un sourire. Elle cumulait les amants. Elle poursuivait ses études à Paris, mais revenait en fin de semaine à Troyes, dans un petit studio et où elle était censée étudier, loin du vacarme de la capitale.
Leur liaison avait duré quelques semaines, et il la retrouvait chez elle, traversant la ville avec son vélo jaune. Or, un matin, il apprend par un de ses copains, que le corps de Brigitte vient d'être retrouvé noyé. Elle avait été violée avant d'être étranglée.
Cela le turlupine, car il ne se souvient qu'approximativement de cet épisode de son adolescence, et il demande à son éditeur de lui organiser une séance de dédicaces dans la capitale de l'andouillette. Puis il téléphone au rédacteur en chef d'une publication locale afin de pouvoir s'immerger dans les archives du journal.
Rendez-vous est pris et le revoici sur les terres de son enfance. Naturellement, le journal local a publié un entrefilet annonçant sa venue pour une séance de dédicaces, mais également qu'il enquêter sur la disparition près de cinquante ans auparavant de Brigitte Sobiel. Il va bénéficier de l'aide de Ninon, une jeune stagiaire, qui va non seulement va l'aider dans ses démarches et enquêtes mais y participer activement.
Ninon prépare un mémoire et tout en travaillant pour le journal, elle anime comme auteur, metteur en scène et actrice une troupe théâtrale. Pour cela elle conduit une vieille camionnette. A part ça, elle est gentille, un peu braque parfois, et mignonne. Ah oui, elle est aussi handicapée suite à une maladie rare et elle porte une prothèse à une jambe. Mais elle ne s'apitoie pas sur elle. Et elle est une adepte de l'informatique qu'elle maîtrise, s'introduisant, pour la bonne cause, dans des sites administratifs ou réussissant à berner ses interlocuteurs au téléphone.
L'annonce de la présence de Parrot, si elle est bénéfique pour les dédicaces, ne l'est guère pour sa santé. A plusieurs reprises il manque d'être agressé, voire assassiné. Mais il s'obstine, il se plonge dans les archives, notamment celles d'un journaliste qui avait couvert l'affaire et prêtée par sa veuve, retrouve quelques vieilles connaissances, ce qui l'oblige à regarder la réalité en face. Il était le jouet, le vilain petit canard, dans la communauté des soupirants, actifs, de Brigitte. Tous fils de notables de la cité troyenne, alors que sa mère tirait le diable par la queue, et encore quand elle le trouvait. Il se rend compte qu'il aimait Brigitte, alors qu'il n'était qu'un jouet. Sa consolation réside en ce qu'il n'était pas le seul.
Certains d'entre eux ont été soupçonnés, mis en garde à vue et l'un d'eux a été arrêté, condamné, et il s'est suicidé. Seulement, Parrot commence à se demander pourquoi il n'a pas été inquiété. Son vélo jaune avait été aperçu devant chez Brigitte et il avait oublié cet incident. Il a oublié beaucoup de choses d'ailleurs. Il se demande même si ce n'est pas lui l'assassin.
Alors il remonte la piste des intervenants lors de l'enquête, d'un inspecteur ayant été nommé commissaire à Lyon, de ceux qui avaient été inquiétés par la police, et il se rend compte qu'il met le pied dans un marigot puant. En 1966 et début 1967, le corps de Brigitte ayant été retrouvé le 8 janvier, puis après, il n'avait pas fait attention à des prises de position qui aujourd'hui ont pris de l'importance dans la vie politique française. C'est le nombre de notables et fils de notables qui frayaient à l'époque, et encore aujourd'hui avec l'Extrême-droite, épousant des idées qu'ils n'hésitent pas à afficher mais avec componction, avec démagogie.
La suite ci dessous :
Lien : http://leslecturesdelonclepa..
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tilly
  15 mars 2018
Déjà, avant les premières lignes, le grand plaisir d'ouvrir un nouveau roman noir d'Alain Bron, l'impatience de découvrir dans quelles aventures, dans quel milieu, il a plongé ses personnages (à chaque fois c'est très différent).
Et s'attendre avec délices à retrouver sa verve, son humour, à admirer son imagination au service d'une histoire passionnante.
Au final : une nouvelle fois, le contrat est rempli haut la plume !
Jacques Perrot (hommage subliminal à Jacques Perret ?) est un vieux parisien scrogneugneu pour ne pas dire atrabilaire. Bien parti pour finir sa vie tout seul avec son chat, à ressasser son amertume d'auteur de romans qui ne trouvent pas leur public. Une vieille photo de classe retrouvée inopinément fait ressurgir des souvenirs de jeunesse soigneusement occultés, le réveille de son ankylose affective, et le lance dans une enquête bien plus personnelle qu'il ne l'imagine au début. En 1967, Brigitte sa toute première petite amie, fille de notable, avait été retrouvée morte étranglée à Troyes où Perrot, petit-fils d'ouvrier-artisan, élevé par sa mère célibataire dans des conditions modestes, allait au lycée. Premier grand amour, rupture sans explication, mal digérée. A l'époque, se sentant inconfortablement en partie responsable, le jeune Perrot avait tout fait pour oublier le drame et ne s'était pas intéressé aux suites policières et judiciaires de l'affaire. le démon de la nostalgie aidant, il va peu à peu renouer les fils coupés de sa mémoire et découvrir pourquoi il n'a pas été le seul à vouloir enterrer le souvenir de la malheureuse Brigitte.
Comme dans ses précédents ouvrages, Alain Bron porte dans les à-côtés de son intrigue un regard lucide mais délicieusement ironique sur les petitesses contemporaines, surtout politiques et sociales !
Une nouvelle fois, il creuse à sa manière la veine du néo-polar français : du réalisme urbain (Troyes, Paris) ; une pincée de gauchisme littéraire : un regard critique sur la réalité sociale (années 70) et le pouvoir de l'argent, la dénonciation de dérives policières fascisantes, de la collusion de certains notables avec les mouvements d'extrême-droite de l'époque, etc.
Qu'il soit néo ou polar, il faut pour perpétuer le genre, qu'il y ait de l'action, des surprises, des morts violentes, des fausses pistes... eh bien, il y en a beaucoup, seulement je ne peux pas en dire plus !
Mais... et la tendresse, b... ?
Patience, elle est là aussi la tendresse, surtout dans la relation de Jacques avec Ninon, la jeune apprentie journaliste qui lui sert d'adjointe dans son enquête ; futée, rieuse, un peu foutraque, pas regardante sur les méthodes, indispensable. Ninon adoucit l'humeur souvent revêche et butée de son binôme. Sans compter qu'elle lui sauve la vie plusieurs fois (mais chut !). Son personnage attachant permet aussi à l'auteur de glisser quelques incidentes sur les nouvelles technologies, le handicap et le théâtre, thèmes qui lui sont chers.
Intrigue, politique, action et tendresse : un roman riche qui se lit d'une traite !
Lien : http://tillybayardrichard.ty..
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MichelBH
  02 mars 2018
Je m'appelle, Perrot, Jacques Perrot. J'ai 67 ans, je suis écrivain et je vis seul à Paris dans un petit appartement au dernier étage d'un immeuble sans ascenseur. Iago, le chat que j'ai recueilli à la SPA est mon seul compagnon.
Perché sur l'étagère où il passe une partie de la journée, il provoque, d'un malencontreux mouvement de queue, la chute d'une boite en fer blanc qui libère de vieilles photos. L'une attire mon attention. Celle de la classe de Mathélem à Troyes en 1967. le souvenir de Brigitte remonte à la surface. Brigitte qui fut mon premier amour, le seul véritable, a été retrouvée morte dans le canal, étranglée et violée. Un suspect a été rapidement arrêté, mais il s'est suicidé en prison.
Que s'est-il réellement passé? Je veux enfin savoir, retourner sur les lieux et mener ma propre enquête sur la disparition de Brigitte.
"Comme tous les créatifs, il ne rencontrait aucune difficulté pour changer de contexte, sortir de son corps et emprunter la vie d'un personnage l'espace d'un instant. Mais pour l'enquête qu'il voulait mener à Troyes, l'un des personnages n'était autre que lui-même et cette dualité lui posait problème. Il ressentait la désagréable impression de devoir marcher sur ses propres pas. La première partie de son cerveau appartenait au romancier, la seconde à l'adolescent des années 60 qu'il avait été."
Ne serait-ce pas Alain Bron qui se dévoile en partie dans ce passage ?
Dressant le portrait sans concession de la vie dans une ville de province dans les années 60, il en profite pour décrire ce qu'était la société française juste avant mai 68. Il jette à la fois un regard sévère, quelquefois attendri sur cette époque, avec une pointe de nostalgie toujours présente.
Une jolie écriture, des pointes d'humour, une énigme bien construite : Trois bonnes raisons de ne pas rater " Toutes ces nuits d'absence", éditions Les Chemins du Hasard

Lien : https://www.lescheminsduhasa..
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nathf
  13 mars 2018
Jacques Perrot, écrivain, la soixantaine, retrouve d'anciennes photos de jeunesse. Il se remémore sa première histoire d'amour abrégée par le meurtre de son amante. Obsédé par ce crime impuni, il décide de reprendre l'enquête affublé d'une stagiaire improbable.
Alain Bron nous plonge avec nostalgie dans le Troyes des années 60 et décrit sa société: l'émancipation sexuelle, les idées politiques, les esprits étriqués.....
Sous ses airs policés, l'auteur a beaucoup d'humour ainsi qu'une une écriture fluide et sans chichi.
J'ai beaucoup aimé le choc des générations et la complicité entre l'écrivain et sa jeune assistante au caractère bien trempé.
L'enquête est bien menée et la fin inattendue comme je les aime.
Vous passerez un très bon moment en compagnie de ce duo.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
tillytilly   16 mars 2018
En tant qu'écrivain, il prenait garde aux histoires des autres : elles pouvaient sans coup férir, devenir des romans. Il dirigea donc sa réflexion sur l'expérience de communication moderne qu'il venait de vivre et en tira une première conclusion. L'informatisation à outrance des services avait abouti à des conséquences inattendues : impostures, quiproquos, faux, manipulation... Une commedia dell'arte numérique qui commençait à peine.
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paulmaugendrepaulmaugendre   14 avril 2018
La pensée totalitaire, ajouta-t-il, fabrique des crétins capables de nier l’évidence, de mentir pour être dans la ligne, d’agresser les autres pour se prétendre supérieurs. Je crois que si on laisse faire les intolérants au nom de la tolérance, les tolérants seront balayés, et avec eux la société de tolérance.
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paulmaugendrepaulmaugendre   14 avril 2018
A l’époque, vous savez, on n’était pas embêtés par les avocats et tout le tremblement. On travaillait à la caresse. Les baffes, les coups de bottin dans la poitrine et les doigts tordus, ça y allait. Bon il a fini par cracher le morceau et le juge l’a inculpé. On a cru que l’affaire était pliée.
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paulmaugendrepaulmaugendre   14 avril 2018
Les romans suivent l’état d’esprit de leur créateur, et souvent avec zèle. Mais, attention, ils ont le chic pour se détourner, se cabrer, se faufiler à la moindre occasion. A l’auteur de les reprendre au lasso et de les guider vers leur fin. A moins du contraire.
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paulmaugendrepaulmaugendre   14 avril 2018
L’informatisation à outrance des services avait abouti à des conséquences inattendues : impostures, quiproquos, faux, manipulations… Une commedia dell’arte numérique qui commençait à peine.

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