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EAN : 9782130810285
276 pages
Presses Universitaires de France (05/09/2018)
3.4/5   20 notes
Résumé :
Contrairement aux cabinets de curiosités si prisés à la Renaissance, il ne sera pas question ici d'observer les mécanismes extraordinaires et complexes d'un automate ou le plumage d'un oiseau empaillé. Les objets exhibés dans cette vitrine relèvent de notre vie quotidienne et souvent, nous ne remarquons pas leur étrangeté : pourquoi les ballons sont-ils presque tous ronds ? Pourquoi les chantiers sont-ils toujours en retard ? L'apparition des téléphones portables ch... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Gérald Bronner ouvre notre regard sur des questions pas forcément existentielles, mais qui expliquent bien des choses sur notre société, nos relations, nos valeurs, nos pensées, nos visions des choses…
On découvrira, en vrac : pourquoi les parents prennent le risque de le non vaccination de leur enfant par rapport au risque d'attraper une maladie ? Pourquoi il y a de plus en plus d'observations de soucoupes volantes ? Pourquoi les journaux télévisés qui annoncent que des bonnes nouvelles ne marchent pas ? Pourquoi les chantiers sont toujours en retard ? Pourquoi il y a autant de « miracles » à l'hôpital qu'à Lourdes ?…
Gérald Bronner propose une analyse très intelligente et passionnante de ce que j'appellerais des biais cognitifs (même s'il n'est pas question de tout à fait cela) comme par exemple les politiques qui parlent beaucoup pour tenir la place médiatique mais qui ne disent pas grands choses de concrets pour ne pas commettre d'impairs préjudiciables aux élections prochaines.
L'auteur s'intéresse autant à la politique, qu'à la religion, aux sciences, aux informations… pour nous faire réfléchir et faire comprendre que la société se fourvoie de plus en plus en plus dans la complaisance, la facilité, le paraître et que les défauts de notre humanité ne sont qu'exacerbé par les technologies de l'information, de la communication et des réseaux sociaux.
Bref, je ne suis pas là pour faire une analyse de ce livre car 1/ je ne suis pas très doué pour ça. 2/ je fais une critique d'un livre et la conclusion de mon avis c'est que ce livre est passionnant et nous ouvre les yeux sur la société qui nous entoure.
C'est d'ailleurs dans l'ensemble très accessible à lire et bourré de réflexions très pertinentes.
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Les écrits de Gérald Bronner sont toujours instructifs. Ils mettent la lumière sur diverses tournures malencontreuses de l'esprit, sur des opérations mentales fautives qui dirigent vers des conclusions erronées ou de mauvaises évaluations. Ils révèlent l'intérêt, pour contrer ces revers, de l'analyse rationnelle et de l'esprit critique. Cette fois-ci, le cabinet de curiosités sociales, comme il a bien voulu le dénommer, regroupe une série d'articles publiés ces dernières années, de courtes chroniques toujours pertinentes, mais que, parfois, on aurait voulu plus approfondies. Gérald Bronner s'est interrogé sur le quotidien de différentes façons pour y dénicher, dans la marge de la réalité, certaines étrangetés ou singularités. Les analyses de ces bizarreries illustrent le désir de l'auteur d'édifier l'esprit comme se promettaient de faire les cabinets de curiosités de la Renaissance. On fait ici appel aux mathématiques ou aux probabilités, là on repose notre analyse sur les résultats d'expériences citées. Toujours, ce qui prime, c'est la raison, même lorsque celle-ci ne vient pas confirmer ce qu'on pourrait, dans un premier temps, être porté à conclure. Voilà un ouvrage qui incite à dépasser le cadre strict de ce que la réalité semble nous suggérer et à fonder, à cet effet, notre esprit sur la rationalité.
Lien : https://rivesderives.blogspo..
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Une volée de billets, écrits dans des revues ou des magazines, sont réunis dans ce "cabinet de curiosités", bien présenté en introduction. La méthode sociologique permet en effet une lecture éclairée des évènements et dissipe les brumes des croyances, des idéologies, des scoops, des fake news. C'est donc une entreprise de salubrité intellectuelle, dans l'ombre portée des "mythologies" de Barthes, qui reste la référence.
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critiques presse (1)
NonFiction
24 septembre 2018
La réunion après coup de chroniques écrites séparément et sur une période de quatre ans donne fatalement lieu à des redites. Pour autant, rédigées d’une plume alerte, souvent amusantes, elles forment un ensemble agréable à lire. Elles remplissent plutôt efficacement l’objectif de nous sensibiliser à des erreurs de jugement que nous pourrions commettre.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Curiosités de la vie quotidienne
Quatre chercheurs en sciences de l’information des universités allemandes de Humboldt et de Darmstadt ont mené une étude dont les résultats ont suscité de nombreux commentaires. Elle montre notamment que l’utilisation de Facebook, le réseau social en ligne qui compte plus d’un milliard d’utilisateurs, crée beaucoup de frustration et de jalousie. Pourquoi ? Parce que sur ce réseau social, comme sur d’autres, chacun a tendance à se mettre en scène et donner de sa vie un aperçu souvent flatteur. Cette exhibition peut créer chez celui ou celle qui en est le témoin un sentiment d’insatisfaction. Cette personne peut facilement avoir l’impression, par comparaison, que sa vie est moins intéressante en moyenne que celle de ses amis.Parmi les 600 personnes sur lesquels portait cette expérience, près de 40 % d’entre elles avaient le sentiment d’être plus malheureuses après s’être connectées au célèbre réseau, et ce sentiment était encore plus fort parmi les personnes qui ne publiaient rien sur leur mur. Elles ressentaient, plus que les autres, solitude, colère, ressentiment. Parmi toutes les informations qui les blessaient, les premières causes de cette frustration étaient les photos de vacances de leurs amis ! Ce type de sentiment n’a certes pas attendu l’apparition d’Internet pour exister, mais il est vrai que le web peut l’amplifier lorsqu’il donne une plus grande visibilité à la mise en scène de la « réussite » des autres.
Ces résultats sont amusants, mais ils n’ont rien d’étonnants pour qui a lu Alexis de Tocqueville…
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Avant-propos
Les cabinets de curiosités furent l’une des passions de la Renaissance. Seuls les Européens les plus fortunés pouvaient s’adonner à cet engouement pour l’accumulation des choses étranges et rares qui étaient de nature à susciter l’étonnement. Ces collections trouvaient refuge dans une armoire vitrée ou une salle toute entière pour les plus ambitieux. Les cabinets de curiosités avaient pour but d’exposer certaines des marges du monde tel qu’il était connu à cette époque : les étrangetés de la nature relevant aussi bien de la vie animale par des œuvres de taxidermie, des squelettes ou des insectes séchés, que du monde minéral par des fossiles dont la découverte allait bientôt bouleverser la science, ou encore des morceaux de ce que l’on ne nommait pas encore des météorites. Mais le monde humain n’était pas en reste car ces cabinets proposaient aussi la découverte d’antiquités ou encore d’objets ethnographiques.
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Curiosités de notre crédulité
Produire un miracle n’est pas chose facile. On peut même dire que ça devient de plus en plus dur. Si l’on prend l’exemple de Lourdes, on constate qu’il y a près de quatre fois moins de guérisons miraculeuses reconnues par an à partir des années 1960. La raison en revient à une rigueur accrue de la commission scientifique de Lourdes. Tout individu postulant au statut de miraculé doit désormais en passer par une série de contrôles exigeants. Il faut d’abord s’entretenir avec le docteur Theillier, président de l’Association médicale internationale de Lourdes. C’est lui qui opère un premier tri parmi les quelque 50 personnes qui postulent en moyenne chaque année au titre de miraculé : pas même 1 % de ces dossiers aboutiront à une reconnaissance officielle de l’Église. Ensuite, le dossier est examiné par une commission de médecins qui, si elle le juge suffisamment intéressant, avertit l’évêque de son diocèse. Dès lors, le dossier est entre les mains du Comité médical international de Lourdes. Un spécialiste de la pathologie considérée se penche sur le dossier en profondeur avant de soumettre à la commission la poursuite de son étude. Il s’agit prioritairement de voir si cette guérison, supposée miraculeuse, ne peut pas s’expliquer par les voies normales de la science, ce qui nécessite de se familiariser avec les recherches les plus pointues dans le domaine.
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Curiosités de notre cerveau
L’un des faits majeurs des sociétés industrielles est le formidable accroissement du temps libre. Qu’on y songe, dans notre pays, il a été multiplié par 5 depuis 1900 ! Et que fait-on de cette disponibilité ? Nous pourrions profiter de ce temps arraché au labeur pour prendre soin de nous, nous reposer un peu plus par exemple. Or, toutes les enquêtes le montrent, c’est l’inverse qui se produit : nous dormons de moins en moins. Ainsi, le temps de sommeil des Français est aujourd’hui de 7 h 30 alors qu’il était de 9 heures au début du xxe siècle ; les Étatsuniens, en avance sur ce point comme sur d’autres, ne dormiraient, eux, que 6 h 30 en moyenne par nuit. Les explications de ce fait tiennent tout aussi bien à la moindre pénibilité physique du travail, qui nécessiterait donc moins de repos, qu’à l’éclairage continu qui caractérise la vie en ville et nous maintient en éveil, ou encore – et surtout – à l’omniprésence des équipements de loisirs : télévision, tablette, smartphone, ordinateur, qui solliciteraient de façon de plus en plus envahissante notre « temps de cerveau disponible ».
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Curiosités de la vie politique
Parmi tous les reproches que l’on adresse à la classe politique, l’un d’entre eux au moins ne paraît pas dénué de tout fondement : celui qui consiste à trouver ses discours rébarbatifs et creux. Ceux qui font profession de la politique nous donnent souvent l’impression de vouloir nous parler sans nous dire vraiment quelque chose. Il se trouve que, souvent aussi, ils prennent beaucoup de temps, utilisent de très longues phrases, paraissent infiniment prudents pour nous asséner la langue du vide ou du presque rien. Cette langue, que l’on doit savoir parler couramment si l’on veut s’élever dans la hiérarchie politique, est plus connue sous le nom de « langue de bois ».
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Vidéo de Gérald Bronner
Conférence de Gérald Bronner
Nos décisions quotidiennes, nos jugements moraux et nos actions sont largement influencés par nos croyances religieuses, politiques ou éthiques. Avec une saisonconsacrée à la croyance, ce cycle de conférences interroge cette notion complexe et en examine les enjeux.
Lors de cette séance, le sociologue Gérald Bronner propose d'analyser l'émergence de nouvelles formes de crédulité dans le monde contemporain. Celles-ci seront présentées comme la conséquence du fonctionnement ancestral de notre cerveau rencontrant la modernité informationnelle.
Conférence enregistrée le 3 avril 2024 à la BnF I François-Mitterrand.
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