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Citations sur La pensée extrême (17)

Pchabannes
Pchabannes   16 janvier 2010
“les croyances extrêmes ne disparaîtront pas de l’horizon de notre contemporanéité. Les individus qui la composent, loin d’être des monstres d’irrationalité sont extrêmement logiques”
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bb25
bb25   30 janvier 2016
Sans nous en apercevoir toujours bien, nous sommes enserrés de liens sociaux qui limitent et orientent notre accès à l'information en ce qu'ils nous exposent préférentiellement à tel type d'argumentations, d'idées, de croyances plutôt qu'à d'autres. p 207
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gazellll
gazellll   05 février 2019
(...) l'histoire des hommes a été entachée par un grand nombre de massacres d'origine religieuse, et ce n'est pas un hasard. En effet, la croyance en un dieu, en particulier s'il est conçu comme unique, est une candidate idéale pour imposer l'extrémisme : elle est infalsifiable et elle justifie absolument tout, dans la mesure où, si dieu existe, c'est lui qui fonde les règles du réel, la notion de morale etc.
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Latias
Latias   02 novembre 2016
(...) la massification de l'enseignement supérieur et l'augmentation du taux de diplôme dans les sociétés démocratiques n'accroissent pas mécaniquement la proportion de professions ou de positions sociales prestigieuses. On augmente donc le taux d'aspiration sans faire varier beaucoup celui des satisfactions.
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gazellll
gazellll   06 février 2019
C'est parce que l'extrémisme est souvent la conséquence d'un processus incrémental qu'il est si difficile de faire revenir en arrière un esprit qui s?est converti. C'est qu'il ne suffit pas de défaire le terme de sa croyance par une contre-argumentation qui pourrait faire la démonstration de sa fausseté, il faut tenir compte du fait que celle-ci s?enracine dans une histoire longue dont l'extrémiste peut même avoir oublié les étapes et qui inscrit dans son esprit un sentiment de certitude. Si l'on ajoute à cela que son adhésion progressive suscite une désapprobation qui peut le faire reculer dans certains cas ou, au contraire, le faire se draper dans un orgueil jusqu'au-boutiste et le conduire à chercher la fréquentation d'individus qui partagent les mêmes idées extrêmes que lui, on comprend qu'il puisse en venir à faire des déclarations, produire des actions, que lui-même aurait désapprouvées quelque temps auparavant. Ce n?est pas autrement, selon moi, qu'il faut comprendre l?histoire de Dieudonné M'Bala M'Bala, humoriste bien connu sur la scène française sous le nom de Dieudonné pour les duos qu?il forma avec Élie Semoun, un autre humoriste, qui eurent un certain succès dans les années 90. La dérive radicale dans laquelle Dieudonné s?est enfermé ces dernières années a fait titrer au quotidien L'Humanité dans son édition du 19 février 2002 : « Dieudonné pète les plombs ». Une interprétation irrationaliste, une fois de plus, qui ne tient pas compte de la progressivité de la drôle d'aventure intellectuelle dans laquelle s?est engagé l'humoriste. Qui aurait pu croire, par exemple, que cet humoriste trouverait des accointances avec le Front national, au point de se déclarer capable de voter Jean-Marie Le Pen plutôt que Nicolas Sarkozy en cas d'affrontement au deuxième tour de la présidentielle française en 2007, de faire baptiser sa troisième fille par l'abbé traditionaliste Philippe Laguérie et de la faire parrainer par le leader du Front national ? Certainement pas Dieudonné lui-même qui, dans les années 90, s'engagea résolument contre le Front national, qu'il considérait selon plusieurs de ses déclarations comme un « cancer ». C'est d'ailleurs pour lutter contre l'influence de ce parti dans la ville de Dreux et s'opposer à la candidate frontiste Marie-France Stirbois qu'il s'engage activement dans la campagne législative de 1997. Dieudonné est-il devenu fou depuis ? Je ne le crois pas, mais son cas est tout à fait saisissant car il manifeste la possibilité d'un véritable retournement politique qui, s'il n'était éclairé par le paradoxe d'Eubulide de Milet, serait proprement incompréhensible. C'est que, de déclaration en déclaration, le mur qui le séparait de l'extrémisme est devenu de plus en plus poreux et a fini par s'effondrer. Un florilège non exhaustif de ses prises de position permet d'entrevoir l'esquisse générale de sa dérive. Favorable à la régulation des sans-papiers, il défend l'idée d'un droit de vote pour les immigrés durant ses premières années de militantisme où il se déclare, en 1997, contre « les frontières géographiques, religieuses, ethniques, sociales... ». Très attentif au devoir de mémoire concernant l'esclavage, il considère qu'il s'agit de la « tragédie la plus terrible de l'histoire de l'humanité » et se met dès le début des années 2000 à regretter ce qu'il appelle le « deux poids deux mesures », puis il le dénonce franchement concernant le problème de l'indemnisation des descendants de victimes de crimes historiques. Il vise alors clairement la différence faite un peu partout, selon lui, entre le sort réservé aux victimes juives et aux autres. C'est probablement là le pivot fondamental de son basculement idéologique. Il est possible, à ce titre, que le refus du CNC de financer son projet de film en 2000 sur le Code noir ait été un élément déclencheur dans son parcours. Il reviendra plusieurs fois sur cette déception en fustigeant les choix des « sionistes du CNC ». Il se considère bientôt comme la voix de tout un continent en train de mourir (il pense à l'Afrique) et se présente à Sarcelles contre Dominique Strauss-Kahn, qui l'accusera de communautarisme, ce que ne manquera pas de faire aussi Dieudonné, en stigmatisant ses origines juives. C'est en décembre 2003, lorsqu'il présente un sketch très controversé mettant en scène un colon juif, qu'il officialise sa « rupture » avec le sens commun. Il dénonce alors un axe « américano-sioniste » embrassant l'un des thèmes de la pensée d'extrême droite. Cela s'enchaîne avec des déclarations toujours plus provocatrices qui sont quelque-fois sanctionnées par des condamnations des tribunaux, comme celle de diffamation raciale prononcée en 2006 à son encontre pour une affaire qui l'avait opposé à l?animateur Arthur. Peu à peu, ses amis d'hier prennent leurs distances avec lui, et il s'en trouve de nouveaux qui ne le ramènent pas, loin s'en faut, vers une expression plus mesurée. Considérant que les Juifs se sont, plus que tout autre, enrichis dans la traite des Noirs, ses déclarations ressemblent de plus en plus à celles de l'extrémisme islamiste. Il soutiendra d'ailleurs ouvertement le Hamas et se rendra en Iran, en 2006 et 2007, à l'invitation du régime. Si Dieudonné n'est pas devenu fou, on ne peut pas non plus l?accuser, comme on le fait si souvent pour les artistes contemporains, d'une forme de cynisme, car il ne faut pas beaucoup d'imagination pour concevoir que ses déclarations successives et ses associations douteuses ont plutôt détruit sa carrière qu'elles ne l'ont favorisée. Dieudonné est donc sincère, mais d'une sincérité qui s'est métamorphosée d'étape en étape, si subtilement qu'elle l'a conduit à embrasser des thèses qui, je l'écris à titre de pure hypothèse, auraient été vomies par le Dieudonné du début des années 90. Qui peut imaginer que le Dieudonné « des origines » aurait applaudi à son propre spectacle de la fin 2008 où Robert Faurisson, l'ancien professeur de lettres de Lyon, qui nia à plusieurs reprises l'existence des chambres à gaz, fut invité sur la scène du Zénith à Paris pour dire qu'il était « un Palestinien dans mon propre pays » sous les acclamations de la foule ? Que l'on me pardonne, mais cette malheureuse histoire me rappelle une expérience qu'on dit pouvoir faire avec une grenouille, que nous pouvons tous réaliser si nous avons un peu de cruauté et qui me servira de parabole conclusive. On dit que si vous plongez une grenouille dans une casserole remplie d'eau froide, elle y restera paisiblement. Augmentez la température d'un degré, elle ne le percevra pas, puis de deux, puis de trois et ainsi de suite, très progressivement, jusqu'à atteindre l'ébullition. La grenouille ne se sera aperçue de rien, elle sera morte, ébouillantée. C'est ainsi que nous pouvons être, nous qui sommes tous croyants, happés par un processus d'adhésion incrémentiel qui nous fait entrer dans une vision extrémiste du monde, sans que nous nous rendions compte de rien. Et nous voilà grenouilles ébouillantées.
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gazellll
gazellll   06 février 2019
À examiner l'histoire de l'art aux XIX e et XX e siècles, on s'aperçoit qu'elle décrit une suite de transgressions qui ont conduit les productions contemporaines à être totalement déconnectées de ce que le sens commun entend par « art ». On peut sans doute trouver toutes sortes de « pères fondateurs » à ces mouvements transgressifs. Le Caravage, par exemple, en proposant des représentations trop réalistes de figures sanctifiées, contribua à affaiblir les normes de la peinture de son temps et fit scandale. Mais c'est sans doute avec l'impressionnisme, puis le fauvisme, que le coup d'envoi du processus incrémental d'altération des normes de l'oeuvre d'art fut enclenché. Le premier, parce qu'il remettait en question les normes de la pure retranscription visuelle dans l'art pictural, le second, parce qu'il contestait l'utilisation réaliste de la couleur. L'expressionnisme se situait dans cette même logique transgressive, tandis que le cubisme, lui, mit en examen l'utilisation habituelle de la figuration spatiale et de la perspective. Le principe de la création comme expression de la volonté consciente de l?artiste fut remis en question, quant à lui, par le surréalisme, tandis que le sérieux même de l'art fut chahuté dans le dadaïsme. Une marche de plus dans cet escalier de la radicalité fut gravie par les peintres de l?abstraction (Kandinsky, Malevitch?) qui violèrent le principe de figuration.
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gazellll
gazellll   05 février 2019
Ainsi s'explique le fait que certaines croyances, comme celles que proposent les sectes, sont jugées irrationnelles par les observateurs, lorsque ceux-ci fondent leur jugement sur le contenu souvent absurde de ces croyances, en négligeant le caractère graduel du processus de leur formation dans l'esprit des croyants. Or, chaque moment de l'adhésion à une croyance fausse peut être considéré, dans son contexte, comme raisonnable, même si l'observateur, qui ne juge que la croyance toute faite, peut légitimement dire qu'elle est grotesque. Ce fait, pourtant banal, est souvent invisible pour le sens commun, car les croyances d'autrui ne se manifestent qu'une fois constituées, sans que le processus de leur constitution soit directement accessible à l'observation.
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Latias
Latias   02 novembre 2016
S'il existait une telle société où les valeurs des individus étaient strictement proportionnées à leurs intérêts, la possibilité de corruption y serait généralisée (...). On pourrait envisager une telle société, mais elle n'aurait guère de chances de se développer durablement. (...) La guerre, en effet, implique (...) qu'un certain nombre d'individus soient capables de faire le sacrifice d'eux-mêmes pour une cause qu'ils jugeront supérieure (la survie du clan, la vérité que défend le groupe d'appartenance...).
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Latias
Latias   02 novembre 2016
La plupart du temps, la fréquentation de nos semblables nécessite des arrangements permanents avec ce que nous appelons nos valeurs, ce qui est considéré par le sens commun comme une forme de sagesse.
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Latias
Latias   02 novembre 2016
(...) si l'on y met le prix (argent, prestige, gain de temps, gain d'énergie...), la majorité d'entre nous est prête à renoncer, au moins provisoirement, à l'expression de certaines valeurs. Le manque de fermeté morale ne peut pas être attendu systématiquement, mais sur le grand nombre, on rencontrera la corruption ordinaire sans faire beaucoup d'efforts.
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