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EAN : 9782330005306
330 pages
Éditeur : Actes Sud (10/03/2012)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Avec virtuosité et panache, Rosalinda nous fait partager sa façon d'affronter la misère matérielle et spirituelle de son pays l'URSS des années 1980, marqué par les pénuries et la corruption. Lorsque sa fille Sulfia tombe enceinte mais ignore de qui, Rosalinda remue ciel et terre pour empêcher l'arrivée
d'une nouvelle bouche à nourrir. En vain. Une petite fille est née. Contre toute attente, Rosalinda se transforme en grand-mère fervente et donne aussitôt à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
litolff
  14 mai 2012
Rosalinda est tatare et orpheline et son éducation dans un orphelinat russe en a fait un pur produit soviétique peu enclin à la sentimentalité.
Rosalinda est belle, débrouillarde, travailleuse, rusée et très autoritaire : elle régente sans état d'âme la vie de son mari, de sa fille mal aimée et de sa petite fille adorée. La vie est rude en URSS, les privations y sont légions et la vie dans un appartement collectif n'est pas facile tous les jours, mais Rosalinda déploie une énergie formidable qui lui permet de résister plutôt bien à une existence terne et difficile, et même d'enjoliver sa vie quotidienne. Lorsque sa fille « tombe » enceinte des oeuvres d'un inconnu, Rosalinda ne perd pas le nord et prend les choses en main avec son pragmatisme coutumier, et de la même façon, lorsqu'elle considèrera que la vie en Russie n'offre aucun avenir à sa petite-fille, elle mettra tout en oeuvre pour réussir à émigrer en Allemagne. Car Rosalinda ne se laisse jamais abattre et croit de toutes ses forces en un avenir radieux qui justifie les moyens… Ce qu'elle ne comprend pas, en revanche, c'est qu'on puisse avoir des aspirations différentes des siennes !
Dans ce savoureux portrait de femme russe, Alina Bronsky esquisse avec humour et beaucoup de dérision la réalité de la vie en Russie soviétique dans les années 80. Mais aussi, avec pudeur , la difficulté de vivre dans un système peu propice à l'épanouissement et à l'expression des sentiments, un système où le matérialisme prime par nécessité sur tout le reste… Drôle et triste à la fois, mordant et douloureux, c'est aussi l'histoire d'un peuple un peu déboussolé par des années de privations et d'oppression. Touchant et réjouissant à la fois !
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TCHITAT92
  08 septembre 2014
Livre trouvé au hasard de ma déambulation dans la médiathèque de mon quartier...
Couverture attrayante, nom de l'auteur à consonance slave, le terme "cuisine" (je suis gourmande) et "descendance" (je suis une adepte des livres traitant des relations familiales)... Il n'en fallait pas plus pour que je tente la lecture!
Bien m'en a pris, ce fut un régal littéraire !
Une écriture absolument délicieuse, à déguster au second degré, à savourer entre les lignes ! Une narratrice piquante, acide, succulente de mauvaise foi, pimentée d'un égoïsme hors-pair, assaisonnée d'une inventivité sans limites, le tout nappé d'une pincée d'informations aussi intéressantes que colorées sur la vie sous le joug soviétique.
Bref, le genre de lecture dont je reprendrais une bouchée avec un plaisir de gourmet !
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Melancoly
  28 février 2020
Portrait d'une grand-mère tatare pour le moins atypique, genre "pète-sec" ; caractère très affirmé, franc-parler, idées bien arrêtées , maniant davantage la baguette que les pincettes, voulant régenter tout son petit monde, en particulier sa fille, indolente, incompétente, une parfaite incapable à ses yeux, et sa petite-fille sur laquelle elle fonde tous ses espoirs.
Roman à l'humour piquant, voire irritant, agaçant !
Cuisine exotique piquante, à goûter et à apprécier….ou pas, selon la sensibilité de ses "papilles linguistiques" !
Je n'ai point craint, mais ne m'en suis pas pour autant léchée les babines !
Toutefois, la fin de l'histoire, où un malheureux événement vient ébranler et humaniser cette grand-mère et mère "paille de fer", avec quelques petites pointes de tendresse, vient contrebalancer un jugement peut-être un peu sévère.
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Ziliz
  09 avril 2012
Cette femme est dingue ! Et dangereuse ! Une mère/belle-mère de cauchemar ! Je veux parler de la narratrice, Rosalinda, odieuse avec ses proches, impitoyable, de mauvaise foi, persuadée d'avoir toujours raison, égocentrée, se mêlant de tout ce qui ne la concerne pas, calculatrice, etc.
Elle est prête à tout :
1/ pour garder sa petite-fille
2/ pour une vie meilleure, en l'occurrence échapper à la dégradation des conditions de vie dans l'URSS des années 1980.
Une lecture extrêmement agréable, on prend vite les divagations de Rosalinda avec humour. C'est méchant, grinçant, outré, mais drôle... J'ai commencé cependant à sourire jaune sur le dernier tiers, où l'inconscience, l'aveuglement de la garce vont vraiment trop loin... Puis une douceur s'installe, on s'attache enfin à la - désormais vieille - femme lorsqu'elle devient humaine, vulnérable.
Un joli récit qui aura en plus eu le mérite de m'apprendre qui sont les Tatars (ancien peuple turc qui, au XIe siècle, nomadisait entre la partie orientale de la Mongolie et l'actuel Kazakhstan - source : Wikipedia).
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christinebeausson
  20 avril 2020
Quand on s'appelle Rosalinda dans l'URSS des années 1980, on doit apprendre à sa fille unique "dès son plus jeune âge à pleurer sans devenir laide et à sourire sans trop promettre", et à maîtriser ses émotions : "si tu as peur, personne ne doit s'en apercevoir. Si tu doutes, personne ne doit s'en apercevoir. Si tu es amoureuse, surtout ne le montre pas ! Et si tu hais quelqu'un, alors souris lui le plus gentiment possible."
Tout un programme d'éducation !
Dans ce livre, on y parle de cuisine bien sûr, comme porte de sortie mais on découvre aussi le dernier restaurant à la mode de Moscou, celui où l'on fait des heures de queue pour y entrer.... et on y mange "des bâtonnets de pommes de terre légers et croustillants, de la viande glissée dans un petit pain incroyablement tendre et des chaussons chauds fourrés à la pomme et à la myrtille. Tout était soigneusement emballé dans du papier et placé dans de petites boîtes en carton." Vous devinez de quoi il s'agit ?
C'est une drôle d'histoire qui au travers de la vie de trois femmes nous montre le vécu d'une famille russe qui voit sa vie basculer quand un changement important des valeurs bouscule ce qu'on a connu toute sa vie.
La solution peut être l'expatriement pour s'en sortir et sortir ceux que l'on aime du marécage dans lequel sont plongées les familles soviétiques.
Un livre atypique dans lequel on ne s'ennuie jamais. Suivre Rosalinda et son inépuisable énergie dans sa vie tumultueuse avec toujours une éternelle confiance en elle, découvrir sa vision du monde d'hier et son évolution ... au travers des départs vers des pays miraculeux comme a pu l'être Israël, à un moment donné pour les soviétiques voulant se sortir de l'impasse dans laquelle ils se trouvaient ... au travers des départs vers un pays de l'autre côté du mur avant que l'URSS ne sombre entraînant avec elle les illusions d'égalite et de fraternité sans évoquer l'illusion de la liberté !
Si vous vous posez comme moi la question, Kombucha ?
Thé fermenté à l'aide d'une symbiose de bactérie et de levure.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
litolfflitolff   13 mai 2012
J'avais entendu dire qu'un nouveau restaurant avait ouvert à Moscou, dans la rue Gorki, et qu'on faisait des heures de queue pour y entrer. Nous avons pris le métro pour y aller et en effet : ceux qui se trouvaient au début de la file d'attente n'en voyaient pas le bout. Bien sûr, nous nous sommes empressées de prendre nous aussi notre tour, comme tout le monde. Je me relayais avec Sulfia : l'une de nous gardait la place dans la queue tandis que l'autre soignait ses courbatures sur un banc ensoleillé. Au bout de trois heures et demie, c'était enfin à nous. Après avoir examiné les plats représentés en grand sur des posters bariolés, nous avons répété sans les comprendre les mots que prononçaient les clients précédents. Nous avons ainsi commandé des bâtonnets de pommes de terre légers et croustillants, de la viande glissée dans un petit pain incroyablement tendre et des chaussons chauds fourrés à la pomme et à la myrtille. Tout était soigneusement emballé dans du papier et placé dans de petites boîtes en carton. "C'est un très bon restaurant," ai-je dit à Sulfia.
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litolfflitolff   11 mai 2012
Pendant les premières années de notre mariage, il en parlait beaucoup. Je l'écoutais -je savais comment il fallait se tenir, en tant qu'épouse. Le plus important était de ne pas faire remarquer à l'époux qu'il racontait n'importe quoi. L'indulgence de l'épouse était le ciment du mariage.
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litolfflitolff   12 mai 2012
La plupart du temps, toutefois, un écriteau "Pas de lait aujourd'hui" y était accroché. Je me demandais par quel mystère le lait était tout à coup devenu si rare. Où étaient passés nos troupeaux de vaches ? Avaient-ils donc tous déserté les pâturages de notre immense pays ?
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Alice_Alice_   03 avril 2013
Je suis allée voir Aminat qui, depuis trois jours, campait dans son lit et lisait des bandes dessinées. J’ai commencé : « Aminat, ma petite-fille, toi qui es la fille de ta mère Sulfia, si tu ne te lèves pas tout de suite et tente de combler quelques-unes de tes lacunes, tu ne deviendras jamais un médecin célèbre. Tu n’auras jamais de cabinet étincelant de propreté et fleurant bon le désinfectant, ni de carnets de rendez-vous surchargés.
- Je m’en fiche », a dit Aminat.
Du coude, j’ai écarté Sulfia : « Mais moi, je veux que tu sois médecin !
- Si c’est si important pour toi, tu n’as qu’à devenir médecin toi-même », a dit Aminat et elle s’est replongée dans son album.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   23 avril 2012
En Allemagne, beaucoup de femmes ne prenait pas soin de leur apparence et, pour moi, c'était un jeu d'enfant que de les éclipser. On aurait pu prendre n'importe quelle femme par hasard dans la rue - j'étais mieux habillée qu'elle, mieux maquillée et j'avais des formes plus alléchantes et mieux mises en valeur que la plupart des jeunes autochtones.
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Payot - Marque Page - Alina Bronsky - Cuisine tatare et descendance
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