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Pierre Leyris (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070409376
Éditeur : Gallimard (04/06/1999)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 51 notes)
Résumé :
De nombreux poèmes apparaissent comme les membres épars d'une geste romanesque inachevée. Ce sont royaumes combattants, conspirations et luttes, vengeances sanglantes, rivalités et trahisons amoureuses, abandons meurtriers - qui, dirait-on, pourraient se répéter toujours, se poursuivre sans fin parmi les landes et les collines de Haworth. Si les personnages sont souvent mal saisissables (ils semblent même parfois se fondre l'un dans l'autre, ou se dédoubler, ou chan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
sabine59
  10 novembre 2017
Son roman "Les hauts de Hurlevent" a un peu occulté le reste de l' oeuvre d'Emily Brontë, notamment ses poèmes, antérieurs , écrits entre 18 et 28 ans, et qui pourtant en préfigurent l'atmosphère de romantisme exalté et sombre.
Le recueil comporte deux parties, assez différentes: le cahier EJB , au lyrisme mélodique, et les poèmes de Gondal, s'inspirant du passé celtique.
J'ai préféré la première , même si je n'ai pas été sensible à tous les textes, notamment ceux, plus mystiques, évoquant Dieu.
J'ai erré dans les landes, portée par les élans d'Emily envers la nature sauvage, je l'ai sentie pleinement en osmose avec les bruyères, le vent, " le ciel pâli de l'automne", j'ai senti son souffle ardent , son extase, à travers des vers lancinants:
" Eveillez sur toutes mes chères landes
Le vent dans sa gloire et son orgueil!
Ô appelez-moi des vallées et des montagnes,
Que je marche au bord du torrent!"
On la sent attachée aux lieux de l'enfance, pourtant désolés, on la sent désespérément passionnée, elle qui se laissera mourir après la mort de son frère...
C'est un coeur timide et fier qui s'exprime, un coeur tourné vers l'idéal, la pureté, là où " les vents se font pensifs, les étoiles brûlent d'un feu tendre"...
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Tipee
  25 septembre 2016
Très beau recueil de poèmes d'une des soeurs Brontë, poèmes réunis par sa soeur d'ailleurs et dont nous ne sommes pas sur intégralement qu'ils soient tous d'elle.
A travers ce recueil on sent un coeur ouvert aux beautés simple de la vie, de la campagne, de la nature, des enfants et des personnes aimées. Mais ce qui me frappe le plus c'est que tout est beau, mais que la tristesse et le malheur sont omniprésent. On sent un grand nombre de morts qui l'entoure. Cela rejoint un peu Lord Byron sur certains thèmes et sur l'approche dans ces cas là.
Mais tout reste beau, sobre, et les problèmes de l'âme nous touchent.
C'est un recueil qui reste agréable même s'il est sombre...
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Derwijes
  30 novembre 2014
On connaît Emily Brontë pour les Hauts de Hurlevent, grand classique de la littérature anglaise romantique (et gothique, aussi), juste à côté de Jane Austen.
Mais Emily, la plus fragile des trois soeurs, était aussi poétesse, mais de son vivant elle n'osera jamais les faire publier, malgré l'insistance de ses soeurs.
C'est pourquoi il faudra attendre quelque temps après son décès prématuré pour pouvoir lire ses poèmes, publiés par les quelques rares proches qu'elle avait.
Tout de suite, le ton est tonné: triste, mélancolique, solitaire, dépressive, presque suicidaire, Emily ne connaît le bonheur que dans la nature, que dans ses longues ballades dans les moors qu'elle dépeint si bien dans Wuthering Heights. Les poèmes traitent de ce rapport à la nature, du sentiment d'abandon social ressenti par l'auteure, de ses difficultés à aborder les autres...
Ce n'est pas une lecture joyeuse, mais la beauté des vers vaut bien ce voyage triste et mélancolique dans la psyché d'une jeune femme isolée et incapable de quitter sa maison...(elle mourra de maladie peu de temps après avoir été envoyée de force en Belgique pour y étudier.)
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womens_books
  25 janvier 2019
"Un jour, à l'automne de 1845, je tombai par hasard sur un manuscrit de poèmes, de la main de ma soeur Emily. Bien entendu, je ne fus pas étonnée, sachant qu'elle était capable d'écrire des poèmes et qu'elle en écrivait. Je parcourus le manuscrit et c'est bien plus qu'un sentiment de surprise qui s'empara de moi : j'eus la conviction profonde que ces poèmes n'étaient pas de banales effusions, qu'ils n'avaient rien de commun avec la poésie qu'écrivent en général les femmes. Je les trouvai denses et concis, vigoureux et authentiques. A mon oreille, ils possédaient en outre une musique toute particulière - sauvage, mélancolique et qui élevait l'âme." Voici ce que nous dit Charlotte, la soeur aînée d'Emily Brontë à propos de ses poèmes.
Emily avait rassemblé ces meilleurs poèmes en deux cahiers :
- le cahier "E. J. B.", plus personnel, qui nous transmet son évolution, que ce soit sur le plan littéraire ou personnel,
- et le cahier "Emily Jane Brontë, poèmes de Gondal", qui regroupent des poèmes plus longs, en lien avec l'univers imaginaire de Gondal, royaume créé par les enfants Brontë, où l'on trouvent parfois une sorte de préfiguration de Wuthering Heights.
Dans ce livre, on retrouve une belle sélection extraite de ces deux cahiers. J'y ai découvert la poésie d'Emily Brontë pour la première fois. Ce ne fut pas toujours simple, et certains poèmes m'ont laissés sur le carreau... Mais d'autres m'ont touché, surtout dans le premier cahier !
Cette édition bilingue a participé à la véritable découverte de cette oeuvre poétique, car ce n'est que dans la langue originale que l'on retrouve la musicalité et la force de la composition d'Emily. J'ai parfois trouvé certaines traductions un peu fades, face à la beauté sonore de la langue anglaise, même si je n'ai pas le niveau pour tout comprendre sans l'aide de la traduction... Ah paradoxe !
J'ai aussi aimé retrouver certains thèmes qui font le charme de son roman Les Hauts de Hurlevent : la lande et sa végétation (bruyères, campanules...), le souffle du vent, l'errance fantomatique des morts, l'amour tragique, les nuits lunaires, les âmes tourmentées, les sentiments exacerbés...
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Wictoriane
  17 avril 2010
Cadeau de ma chère Holly, un livre sur ma table de nuit, un livre en cours, toujours, jamais achevé, toujours recommencé...
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
patrick75patrick75   17 novembre 2014
JE SUIS LE SEUL ETRE ICI-BAS
DONT NE S'ENQUIERT

Je suis le seul être ici-bas dont ne s'enquiert
Nulle langue, pour qui nul œil n'aurait de pleurs ;
Jamais je n'ai fait naître une triste pensée,
Un sourire de joie depuis que je suis née.

En de secrets plaisirs, en de secrètes larmes,
Cette changeante vie s'est écoulée furtive,
Autant privée d'amis après dix-huit années,
Oui, solitaire autant qu'au jour de ma naissance.

Il fut jadis un temps que je ne puis cacher,
Il fut jadis un temps où c'était chose amère,
Où mon âme en détresse oubliait sa fierté
Dans son ardent désir d'être aimée en ce monde.

Cela, c'était encore aux premières lueurs
De sentiments depuis par le souci domptés ;
Comme il y a longtemps qu'ils sont morts ! A cette heure,
A peine puis-je croire qu'ils ont existé.

D'abord fondit l'espoir de la jeunesse, puis
De l'imagination s'évanouit l'arc-en-ciel,
Enfin m'apprit l'expérience que jamais
La vérité n'a crû dans le cœur d'un mortel.

Ce fut cruel, déjà, de penser que les hommes
Etaient tous creux et serviles et insincères,
Mais pire, ayant confiance dans mon propre cœur,
D'y déceler la même corruption à l’œuvre.

17 mai 1837.
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patrick75patrick75   16 novembre 2014
JE NE PLEURERAI PAS
DE TE VOIR ME QUITTER

Je ne pleurerai pas de te voir me quitter
Il n'est rien d'aimable ici-bas,
Et doublement m'affligera ce sombre monde
Tant que ton cœur y pâtira.

Je ne pleurerai pas : la splendeur de l'été
Nécessairement s'enténèbre :
L'histoire la plus heureuse, quand on la suit,
Se termine avec le tombeau !

Et je suis excédée de l'angoisse qu'apporte
Le long cortège des hivers,
Outrée de voir l'esprit languir au long des ans
Dans le plus morne désespoir.

Si donc un pleur m'échappe à l'heure de ta mort,
Sache-le, il ne marquera
Qu'un soupir de mon âme impatiente de fuir
Et d'être en repos avec toi.

4 mai 1840
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TipeeTipee   19 septembre 2016
[...]
Les longues boucles de ses cheveux noirs tombaient
Sur une joue d'une beauté cadavérique.
Il semblait jeune - usé toutefois comme ceux
Qui dépensent leur temps de jeunesse avant l'heure.
Quand il abaissait son regard, on avait peine
A réprimer le flot d'une émotion soudaine,
Et la pitié cachait malaisément ses larmes,
Si tendre était ce front avec tout son orgueil;
Mais, levait-il les yeux, aussitôt sa prunelle
Vous transperçait le cœur d'un frisson glacial.
Alors la compassion se changeait en horreur,
En effroi de croiser encore ce regard.
Ce n'était point la férocité de la haine,
Ni l'angoisse frénétique du désespoir,
Ni la détresse en pure perte qui dédaigne
La sympathie que lui montrerait l'amitié,
Non - dans les profondeurs de cette orbite sombre
Flamboyait un éclair rien moins que de ce monde,
Un éclair si dévastateur qu'on aurait cru
Que nul ne le pouvait lancer qu'un œil de spectre.
Aussi fut-ce d'un cœur soulagé qu'ils le virent
Se détourner, s'enrouler dans sa mante grise
Et, appuyant sa tête sur son bras, cacher
A leur vue son sortilège de basilic.

(Alors le chien de la maison réétendit)
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patrick75patrick75   13 novembre 2014
DIS-MOI, DIS, SOURIANTE ENFANT

Dis-moi, dis, souriante enfant,
Qu'est-ce, pour toi, que le passé ?
« Un soir d'automne, doux et clément,
Où le vent soupire, endeuillé. »

Qu'est-ce, pour toi, que le présent ?
« Un rameau vert chargé de fleurs
Où l'oiselet bande ses forces
Pour s'envoler dans les hauteurs. »

Et l'avenir, enfant bénie ?
« La mer sous un soleil sans voiles,
La mer puissante, éblouissante
Qui, là-bas, rejoint l'infini. »

juillet 1836
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patrick75patrick75   14 novembre 2014
CHANSON

Entre joie et poignant ennui
Oh ! Ne se peut nulle tendresse :
C'est en vain qu'un cœur en détresse
Retient l'amitié qui s'enfuit.

Jamais tes yeux ne souriraient
A voir les miens mouillés de larmes,
Mais je sais bien qu'ils ne sauraient
Toujours partager mes alarmes.

Adieu . C'en est fini du temps
Que nous pensions, sentions de même.
Je veux rôder par l'océan,
Je veux courir les mers désertes.

Aux îles, aux lointains rivages
Le malheur est libre d'errer ;
Ton oreiller sera suave,
Mon très cher, sans moi pour veiller,

Tu n'auras plus, chaque matin,
Quand ton cœur bondit d'allégresse,
A simuler un air chagrin
Pour t'accorder à ma tristesse.

Jour par jour, quelque triste gage
Désertera ton souvenir,
Et, tous liens brisés, pour finir,
Que serai-je à tes yeux qu'un songe ?

15 octobre 1839
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Videos de Emily Brontë (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emily Brontë
Autre lauréate du Goncourt, Lydie Salvayre, qui, à l'occasion du bicentenaire de la naissance d'Emily Brontë, signe la préface des « Hauts de Hurle-Vent » aux éditions Pavillons poche - Robert Laffont. Un ouvrage publié pour la première fois en 1847.
Dans la catégorie : Poésie anglaiseVoir plus
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