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Nicole Tisserand (Traducteur)
EAN : 9782714430465
200 pages
Belfond (30/09/1993)
2.71/5   7 notes
Résumé :

Abandonnée par son mari au profit d'une jeune secrétaire après vingt ans de mariage, Blanche Vernon cherche dans une vie trop bien réglée un remède à son désarroi.

La rencontre d'une jeune femme immorale et égocentrique, Sally, et de la fillette de trois ans dont elle a la charge, va compromettre ce fragile équilibre. Au contact de Sally, Blanche découvre qu'il existe deux catégories de femmes : les épouses sérieuses et responsables, irréproc... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Apache
  02 février 2013
J'ai eu quelques difficultés à me glisser dans l'univers immobile d'Anita Brookner ... mais une fois bien installée, je n'avais plus envie d'en sortir.
Blanche porte un prénom prédestiné ... pure et authentique dans ses sentiments, vouée à construire et entretenir le bonheur un mari qu'elle aime sincèrement, elle se transforme en "geisha moderne", à l'anglaise. La chute est d'autant plus rude le jour où il s'éclipse dans le sillage d'une secrétaire pétillante de vingt ans sa cadette. Son divorce sera silencieux et résigné et son existence réduite au vide intersidéral. Pour lutter contre les affres de la solitude (elle qui n'a ni parents, ni amis, ni boulot), elle organise une petite mécanique bien huilée pour jalonner raisonnablement les heures, les jours, les semaines. La raison, la retenue, l'élégance et la dignité ... Les maîtres mots qui règnent sur sa vie depuis toujours, ce qui l'amène à s'interroger sur ses valeurs. Si tout est lenteur, vacuité et prudence dans son quotidien, son cheminement intérieur est foisonnant. Y aurait-il deux catégories de femmes ? Les respectueuses, fidèles et convenables épouses (catégorie dans laquelle elle se range), et les sirènes mi-femmes, mi-enfants, capricieuses, vénales et égoïstes qui n'en vampirisent pas moins tout ce que le monde compte d'hommes ? Elle mène un incroyable combat solitaire contre ce qu'elle est et pour ce qu'elle n'est pas afin de trouver une place parmi ses semblables, elle qui a toujours évolué en marge d'une communauté que décidemment, elle ne comprend pas. On a le sentiment que Blanche s'est tout simplement trompée d'époque. Un livre singulier qui conduit habilement le lecteur le long des méandres de la pensée humaine pour un voyage intérieur extrèmement dense.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
HelenkerrHelenkerr   20 novembre 2018
C'est ce qu'on appelle la liberté, de nos jours, songea Blanche en faisant frire sa sole. Liberté d'agir à mon gré, d'aller n'importe où, de faire n'importe quoi. Liberté face aux exigences de la famille, du mari, de l'employeur ; liberté de ne pas voir de monde ; liberté de ne jouer aucun rôle. Et j'imagine que certaines personnes en rêvent, puisque cela passe pour être le bien suprême. Je suppose qu'elles le souhaitent, mais uniquement sur un plan théorique, parce qu'à mon avis le libre arbitre est un fardeau immense. Si l'on n'y prend garde, le libre arbitre peut finir par signifier qu'il n'existe aucune raison valable de se lever le matin : on devient ridiculement dépendant du temps qu'il fait, on cultive d'étranges petites manies, on parle seul et on n'a de conversation intéressante avec personne d'autre. La pensée ne fait plus référence qu'à elle-même, devient intraduisible. Le monde n'attend pas qu'on le découvre, surtout quand on a mon âge : le monde, cette entité dont on parle si souvent, est en fait une multiplicité infinie d'intérêts étanches.
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HelenkerrHelenkerr   20 novembre 2018
Je suis devenue une personne censée se satisfaire des bonnes œuvres. Je n'ai rien contre, mais je me dis parfois que si je ne m'en chargeais pas, de toute façon quelqu'un d'autre s'en occuperait. Et c'es tellement atroce de rentrer dans une maison vide. Je ne peux pas te dire à quel point. Bien sûr, il reste toutes ces merveilleuses solutions dont tout le monde me parle. Il y a toujours la National Gallery, se dit-elle en se mouchant. Et d'une certaine façon, on s'attend à ce que je me débrouille seule. J'ignore pourquoi. On s'attend à ce que je puisse me passer de vacances, d'anniversaires, de Noëls, toutes ces choses dont disposent les gens réels en trois dimensions. Moi, on s'attend à ce que je ne m'y intéresse pas.
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HelenkerrHelenkerr   20 novembre 2018
Pour miss Elphinston, les obligations immédiates étaient plus importantes que les lointaines possibilités ; on aurait pu croire qu'elle avait peu d'imagination, mais c'était son sens des priorités qui la protégeaient de l'excentricité. La santé mentale de Miss Elphinston était manifeste, dépourvue de fantasmes ; grand était l'intérêt qu'elle portait à la vie des autres, Miss Elphinston menait une vie véritablement éclairée, toujours modérément intéressée mais jamais desservie par la curiosité, et virtuellement inaccessible aux conjectures. Miss Elphinston accordait à Blanche une marge de dérive, mais remarquait promptement la moindre anomalie.
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bookworm23bookworm23   26 janvier 2022
Blanche, elle, mangeait sans plaisir ni intérêt ces temps derniers, et le souvenir des somptueux repas qu'elle avait confectionnés naguère lui semblait maintenant manquer de substance, comme si le divorce était venu les annuler en dépréciant leur signification et en ternissant leur réputation.
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bookworm23bookworm23   23 janvier 2022
Voir une telle femme s'occuper d'une enfant si disgracieuse, si grave, avait un caractère incongru qui inquiéta Blanche, comme si cette femme, du seul fait de sa contemporanéité, de son engagement dans son propre présent aussi passionnant que désirable, ne pouvait pas être en mesure de prodiguer à l'enfant l'attention dont elle avait besoin ; comme si à l'ombre d'une telle mère, l'enfant avait appris trop jeune, trop brutalement, que certains naissent pour bénéficier de toutes les prévenances, tandis que d'autres sont condamnés à une position de retrait dans une demi- pénombre.
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