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ISBN : 2750905095
Éditeur : Presses de la Renaissance (17/02/2011)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :

C'est une histoire étonnante, une aventure unique au monde et pourtant largement méconnue que celle de ces religieuses françaises qui, au nom de leur foi et aussi par goût des défis, se répandirent par milliers à travers le monde au XIXe siècle. Avec leurs cornettes et leurs chapelets, elles ont traversé les océans, affronté les jungles et les déserts, partagé la vie des « indigène... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
kielosa
  27 février 2018
Après mon "Hommage aux héroïnes de guerre" (si vous me permettez un peu de pub pour ma 1re liste), place maintenant aux "Héroïnes de Dieu" d'Agnès Brot et de Guillemette de la Borie. Sous-titre : "L'épopée des religieuses missionnaires au XIXe siècle". Lien entre ces 2 catégories ? le courage évidemment ! Et subsidiairement l'abnégation et les sacrifices pour autrui.
Soyez sans crainte, comme non-croyant je n'ai nullement l'intention de vous ennuyer avec la vie de saintes. Comme beaucoup d'entre vous, ayant fréquenté pensionnats et collèges catholiques et été obligés de lire, lors des retraites annuelles, la vie édifiante de saintes et saints, je vais vous épargner de telles lectures, le plus souvent fort barbantes.
Les 2 auteures se sont solidairement partagé la tâche en décrivant la biographie de 8 religieuses dont la vie a été particulièrement représentative, après une introduction et un premier chapitre intitulé "Qui étaient-elles ?". À la fin de l'ouvrage figure un intéressant tableau chronologique faisant le lien entre les 8 héroïnes et les réalités politiques et religieuses de leur époque et une bibliographie détaillée sur l'ensemble du phénomène ainsi que sur chacune des 8 retenues. L'opus contient également une carte géographique du monde avec le parcours précis de chacune d'elles. Dommage que le livre ne soit pas illustré de photos, hormis la superbe photo de couverture.
Le lien historique est, bien entendu, très important, puisqu'il a conditionné dans une large mesure leur existence. Cela s'applique aussi bien au régime au pouvoir en France que les orientations papales. La première religieuse, Lucile Mathevon de Lyon (1792-1876), a été expédiée à la Nouvelle-Orléans en 1821 sous le règne de Louis XVIII, et la dernière, Aline Brel d'Alvignac près de Rocamadour dans le Lot (1862-1947), partie en 1906 pour le Brésil, au moment de la présidence d'Émile Loubet. du point de vue religieux, il y a eu l'avènement du pape Grégoire XVI en 1831, qui a relancé le travail missionnaire et le rôle du cardinal Charles Lavigerie (1825-1892), archevêque d'Alger et l'évangélisateur de l'Afrique du Nord.
Ce qui m'a étonné le plus en lisant cet ouvrage c'est qu'en dépit de la Révolution Française, et certaines mesures plutôt draconiennes des pouvoirs publics en France contre les congrégations religieuses, "plus de la moitié des femmes missionnaires dans le monde étaient originaires de France" au cours de ce siècle.
À cause de son nom, Brel, et un certain Jacques, j'ai commencé ma lecture par la dernière héroïne de Dieu présentée dans l'ouvrage.
Aline Brel d'une famille d'agriculteurs, a joint l'ordre des soeurs de Notre-Dame du Calvaire, dites "soeurs de Gramat", où elle a pris le nom de soeur Pierre du Sauveur, et sans ambition d'évangélisation lointaine et sans connaissance des us et coutumes, ni de la langue du pays, où elle a travaillé très dure pendant 27 ans. D'abord à Pouso Alegre (= halte joyeuse) dans le Minas Gerais et ensuite à Campinas dans l'État de Sao Paulo.
Malgré son âge, parti à 44 ans, et des problèmes sérieux de santé ("fièvres palustres très prononcées"), jusqu'à 2 fois, elle a réussi à fonder une école sans grande aide financière en donnant des cours de Français en ville pour renflouer les finances de leur communauté vivant très pauvrement. Son collège est devenu florissant, mais en 1919 fut transformé en hôpital pour soigner les nombreux malades victimes d'une grave épidémie de grippe espagnole. En 1933, à 70 ans, elle est rentrée à Gramat totalement épuisée et fut nommé à Paris directrice de l'Hospitalite du Travail, une oeuvre sociale de la congrégation. Aujourd'hui la congrégation compte 207 soeurs, dont le plus grand nombre, 110 résident au Brésil, grâce à Aline Brel.
Je ne vais pas entrer dans le détail des 6 autres missionnaires, juste signaler quelques informations de base.
La lorraine Paule Lapique est partie en 1847 au Sénégal, a été médecin malgré elle à Dakar et est morte à 57 ans d'une fièvre bilieuse à Libreville au Gabon.
En Océanie, à Wallis, Futuna et Samoa, la toute première, Marie-Françoise Perroton de Lyon, y arrive en 1842, pendant les 27 ans de sa mission elle souffre d'isolement et d'éléphantiasis. En 1858, c'est Jeanne-Marie Autin de St.-Étienne qui s'y installe et y reste jusqu'à sa mort, 53 ans plus tard.
Ce que Suzanne Aubert de Lyon (1835-1926) a réalisé en Nouvelle-Zélande est proprement stupéfiant : hôpitaux, orphelinat, asile de vieillards, maison pour les incurables, crèche, 1ère soupe populaire du pays, et comme tout cela n'était pas suffisant, fabrication de médicaments et publication d'un lexique maori-francais-anglais.
L'enfant des Pyrénées, Jeanne-Marie Rumèbe, devenue religieuse est partie, à 18 ans à Jérusalem, en 1869. En 1873, elle se porta volontaire pour soigner les malades lors d'une épidémie de choléra à Chypre et a failli en mourir. de 1882 à 1914 elle sera l'infirmière des Français en pèlerinage et soignera la population locale. Forcée de rentrer en France pendant la Grande Guerre, elle retourne à Jérusalem en 1919 pour y mourir en 1927, à l'âge de 76 ans.
Sophie de Villèle est Réunionnaise, envoyée d'abord aux Indes, à Madurai en 1868 et ensuite en Chine, en 1890 à Tong-Yuen-Fang, à la frontière de la Mongolie. Dans un climat épouvantable, en proie à des épidémies (variole, typhus...) et l'hostilité ouverte allant au massacre de missionnaires, les religieuses, sous ses ordres s'occupent des orphelins et créent d'ateliers-écoles. Elle succombe au typhus à l'âge de 55 ans en 1899.
Indépendamment de ses convictions philosophiques et religieuses, on ne peut qu'admirer les efforts consacrés par ces femmes dans des conditions le plus souvent très difficiles : privations énormes allant parfois jusqu'à la famine, soumises, par leurs voeux d'obéissance, à des ordres venant de loin et des fois absurdes et souvent en proie à des maladies inquiétantes. Tout en étant continuellement au service de toux ceux qui avaient besoin de leur aide, avant tous orphelins, enfants et femmes.
En faisant un choix équilibré d'heroines de Dieu et en documentant solidement leurs exploits, Agnès Brot - de qui je n'avais encore rien lu - et Guillemette de la Borie - de qui j'ai aimé son "La vérité pour héritage", lu et chroniqué au début du mois - ont rendu justice à une catégorie de filles et femmes restées, hélas, trop longtemps loin de l'attention du grand public et de l'intérêt qu'elles méritent.
Merci donc pour ce bel hommage, mesdames !
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
kielosakielosa   12 janvier 2018
" Dans l'histoire missionnaire, comme dans le reste de l'histoire humaine, les agents les plus efficaces ne sont pas toujours les vedettes, sur lesquelles l'Histoire bavarde, mais souvent les infiniment petits, sur lesquels elle se tait."

Georges Goyau, "La Femme dans les missions".
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