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ISBN : 2234062519
Éditeur : Stock (02/02/2011)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 15 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Stock, Les documents - 02/2011)


« L'histoire de Marie-Anne mérite un livre ; ceux qui l'ont enlevée en 1976 doivent savoir qui elle était, et mesurer ainsi — en sont-ils capables ? – l'horreur de leur crime. S'ils comparaissent un jour devant un tribunal, ils brosseront d'elle un portrait mensonger peut-être même l'accuseront-ils d'avoir été une "terroriste", une tueuse, une poseuse de bombes. Tout c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
ppette007
  11 décembre 2011
Il y a plus de trente cinq ans, la dictature militaire en Argentine (1976-1983) faisait plus de 30.000 « disparus » (los desaparecidos). Les personnes considérées comme des opposants au régime furent assassinées par celui-ci de manière systématique hors de tout cadre légal. Philippe Broussard, journaliste à l'Express, choisit de nous raconter le destin de l'une d'elles, Marie-Anne Erize, une jeune franco-argentine enlevée à l'âge de 24 ans dans le nord-ouest de l'Argentine. L'auteur a consacré trois ans de sa vie à reconstituer l'itinéraire de Marie-Anne dans les années précédant sa disparition en s'appuyant sur de nombreux témoignages de proches, d'avocats, de témoins, récoltés à travers le monde entier (Argentine, France, Italie, Espagne, Pérou). Il s'est également attaché à mieux comprendre la personnalité aux multiples facettes de Marie-Anne en se replongeant dans son enfance passée dans une zone reculée de l'Argentine.
C'est donc une enquête très fouillée que nous offre le journaliste. Il nous fait découvrir le personnage hors du commun de Marie-Anne qui a tout d'une héroïne de roman: tous disent d'elle qu'elle est rayonnante de beauté, solaire et d'une générosité sans faille. Sa vie apparaît très romanesque également. Elle sera ainsi tour à tour enfant scout, enseignante, mannequin, hôtesse d'accueil dans une compagnie aérienne. Elle fréquentera simultanément la jet set et les quartiers pauvres des bidonvilles de Buenos Aires où elle sera une bénévole dévouée. Puis elle s'engagera comme beaucoup de jeunes de son âge, dans le mouvement des montoneros, un mouvement péroniste de gauche. Et plus l'on avance dans cette enquête, plus le personnage de Marie-Anne se densifie, s'entoure de mystères. La jeune femme refusera de prendre la fuite en s'exilant en France et finira par mener une vie clandestine avant d'être enlevée par des militaires en civil. Son corps n'a toujours pas été retrouvé.
A travers l'histoire de la disparue de San Juan, Philippe Broussard rend hommage au combat de tous les proches des victimes pour connaître la vérité, à commencer par la mère de la disparue, Françoise. Il entremêle à son récit des lettres adressées à Françoise dans lesquelles il écrit ses doutes, les avancées de son enquête et s'interroge sur la personnalité de Marie-Anne. Et c'est ce qui peut parfois déranger dans ce livre qui s'éloigne trop de l'enquête journalistique par moments. On peut se demander dans quelle mesure Marie-Anne était telle que l'auteur la décrit ou encore si celui-ci ne comble pas les zones d'ombre par ce qu'il croit être la vérité. le journaliste ne s'en tient-il qu'aux faits ou est-il devenu trop obsédé par sa quête au point de ne plus être objectif ? En dehors de ces réserves, cet ouvrage a en tous cas le mérite de nous faire revivre les années sombres vécues par l'Argentine et d'autres pays d'Amérique Latine où des régimes totalitaires firent régner la terreur.
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Commenter  J’apprécie          100
chocobogirl
  09 janvier 2012
Marie-Anne Erize a disparue en octobre 1976 à San Juan, Argentine. Enlevée sur la place publique, la jeune femme n'est jamais réapparue et son corps n'a jamais été retrouvé. Elle avait 24 ans.
Philippe Broussard, journaliste au Monde, a rencontré la mère de Marie-Anne, il y a 10 ans à l'occasion d'un reportage. 3 ans plus tard, cette histoire continue à le hanter. Il décide alors d'enquêter sur la disparition de la jeune femme, tentant de trouver la vérité à son sujet.
Le journaliste débute son ouvrage en retraçant les premières années de Marie-Anne. Il raconte sa famille installée dans une pampa désertique. Il la suit adolescente dans les années 70 où la jeune fille vit quelque temps à Paris, jouant les mannequins tout en gardant un engagement important envers son pays. Bientôt, elle devient une militante active des Montoneros, péronistes de gauche et s'affirme contre la dictature. La pression du gouvernement argentin se fait de plus en plus marquée mais Marie-Anne refuse de quitter son pays. Elle paiera le prix de son engagement : elle sera enlevée et tuée, comme des milliers d'autres argentins qui dérangeaient la dictature.
L'auteur semble véritablement fasciné par son sujet.
Broussard a fait d'ailleurs le choix de présenter la vie de cette dernière de manière romancée. Un choix qui ne me convainc pas du tout.
Le portrait qu'il dresse de la jeune fille est très (trop) flatteur. Marie-Anne est belle, intelligente. Elle a du coeur et paraît être la jeune femme parfaite. Trop parfaite. La volonté de l'auteur de nous la montrer sous son meilleur jour devient rapidement agaçante et la figure de sainte qu'elle revêt, trop accentuée.
Broussard n'a pas connu cette fille. Il reconstruit son image à partir de témoignages variés et semblent embellir continuellement son "personnage".
A un peu plus de la moitié de l'ouvrage, le lecteur ne plongera toujours pas dans l'enquête sur sa disparition proprement dite et restera empêtrée dans la vie de cette jeune fille qui finit par lasser.
Autant vous dire que pour ma part, j'ai fini par jeter l'éponge... j'espérais plonger dans les coulisses de la dictature argentine, découvrir l'atmosphère de l'époque. Je pensais que l'ouvrage aurait une portée plus universelle envers tous les disparus de la dictature. Que nenni.
L'auteur reste fixé sur cette jeune femme et peine à s'en délier. Peut-être que mes attentes étaient décalées quant au contenu de l'ouvrage...
Toujours est-il que la construction de l'essai ne m'a pas beaucoup plus convaincue.
Broussard intercale entre chaque chapitre les longues lettres qu'il envoie à la mère de Marie-Anne. Des lettres à sens unique dont on ne connaît pas les réponses (mais y'en-a-t-il eu ?), ce qui réduit d'autant plus l'intérêt de cette correspondance. Il détaille avec un luxe de précisions ses démarches, ses recherches et donne l'impression de se lamenter sur la disparition de cette jeune femme si bien. On ne saura rien de la réaction maternelle face à ses missives : agacement, ignorance, reconnaissance ? Pour ma part, j'ai eu le sentiment que l'auteur réveillait régulièrement la douleur de la famille, obligeait la mère à suivre son enquête. Cette femme n'avait rien demandé, tentant certainement de faire le deuil d'une fille au corps perdu. La démarche de l'auteur part certainement d'une bonne intention mais peut-être que la mère souhaiterait aussi que le passé ne soit pas déterré ? Nous n'aurons pas la réponse.
Des lettres donc à l'intérêt limité mais qui coupe en plus la lecture de manière régulière et intempestive.
Vous l'aurez compris, je n'ai pas aimé cette enquête qui ressemble plus à une tentative de reconstruction idéale d'une jeune femme disparue. Si la démarche de recherche de la vérité que Broussard entreprend est salutaire, ce dernier semble bien trop impliqué et fasciné par son sujet pour donner un ouvrage véritablement intéressant sur la dictature argentine. On pourra me rétorquer que son enquête prend un tour nouveau dans la dernière partie de son livre qui aborde un peu plus, je le suppose, le sort de Marie-Anne après son enlèvement. Néanmoins, les 300 pages précédentes sur la vie romancée de la disparue n'auront eu pour effet que de me faire fuir.
Lien : http://legrenierdechoco.over..
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meelly
  21 novembre 2012
Marie-Anne Erize est née de parents Français à Espartillar, province de Buenos Aires le 28 mars 1952. le 15 octobre 1976, elle est enlevée devant une boutique de cycles à San Juan, elle est traînée de force malgré ses cris, et jetée dans une Ford Falcon par plusieurs hommes en civil. Il ne restera d'elle sur le trottoir qu'une chaussure et une paire de lunettes... Pour la (pseudo) justice de l'époque Marie-Anne Erize est désormais un numéro de dossier le 6 204. Philippe Broussard, journaliste à L'express, reconstitue dans ce livre l'enquête qu'il a décidé de mener afin de comprendre ce qui s'est réellement passé ce 15 octobre. Pourquoi cette jeune franco-argentine au sourire radieux a-t-elle été enlevée pour ne plus jamais donner signe de vie ? Qui était-elle vraiment cette jeune femme fille issue d'une famille catholique connue pour son grand coeur et pour avoir fréquentée des univers nombreux et tellement différents : le monde de la mode, les quartiers pauvres de Buenos Aires ?
MON AVIS : Je n'avais jamais entendu parler de Marie-Anne Erize, à dire vrai, lorsque j'ai lu le quatrième de couverture de ce livre, j'ai cru qu'il s'agissait d'un roman ayant pour toile de fond la dictature qui a sévi en Agentine de 1976 à 1983. Pourtant, il ne s'agit pas d'une fiction, mais d'une histoire bien réelle -celle si tragique de Marie-Anne Erize qui a été enlevée puis vraisemblablement torturée et tuée pour ses idéaux- dont fait état Philippe Broussard. Pendant plus de deux ans, ce journaliste-enquêteur est parti sur les traces de Marie-Anne pour découvrir qui elle était réellement, qui se cachait derrière cette jeune femme à la beauté éclatante. Alternent dans ce livre, des pans de la vie de Marie-Anne livrès à Philippe Broussard par des témoins de l'époque, ses amis, les personnes qui ont compté dans sa vie amoureuse ; et les lettres envoyées par le journaliste à la mère de Marie-Anne qu'il a rencontrée en 2000. Dans ses lettres, il confie à cette mère qui veut savoir ce qui est arrivé à sa fille, ses doutes, ses interrogations et ses angoisses quant à sa quête de la vérité sur Marie-Anne. Je l'avoue bien volontiers, ce sont ces lettres qui m'ont quelque peu gênée. En effet, il m'a semblé à quelques reprises que le journaliste perdait un peu de sa neutralité, et voyait presque en Anne-Marie une icône qu'il s'est mis peu à peu à idolâtrer. En outre, sa façon de s'adresser à cette mère courage m'a mise mal à l'aise, j'ai eu parfois l'impression qu'il tentait de lui faire comprendre qu'il était détenteur d'un certain savoir sur la vie de Marie-Anne, et je n'ai pas aimé ces quelques passages. Mais que ce petit aspect négatif ne vous détourne pas de ce livre passionnant à tout point de vue. D'abord parce qu'il revient sur ... la suite sur www.meellylit.com
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la_fleur_des_mots
  07 janvier 2013
La disparue de San Juan est un document romancé aussi passionnant que maladroit. Passionnant parce que Philippe Broussard, fils du célèbre commissaire du même nom et rédacteur en chef à L Express, retrace le parcours de Marie-Anne Erize, une Française de 24 ans enlevée en Argentine en 1976. Fille d'une famille bourgeoise expatriée en Argentine, Marie-Anne Erize affiche un caractère indépendant et rebelle. D'une beauté exceptionnelle, elle est aussi à l'aise lorsqu'elle défile sur les podiums que lorsqu'elle vient en aide aux démunis dans les quartiers mal famés de Buenos Aires. Elle finit par délaisser l'univers de la mode pour s'engager auprès des Montoneros, militants péronistes de gauche opposés à la dictature. le travail d'enquête mené par Philippe Broussard est époustouflant et aboutit à un document extrêmement riche et intéressant. Il parvient raconter l'histoire d'un pays à travers le destin d'une seule personne.
En revanche, la structure et le style du livre ne m'ont pas convaincue. le choix de romancer la vie de cette jeune femme était, à mon sens, maladroit parce que le récit perd de sa force. de plus, Philippe Broussard fait part de ses doutes et de ses inquiétudes tout au long du livre à travers des lettres qu'il envoie à la mère de Marie-Anne. Je n'y ai vu qu'un prétexte pour raconter par le menu les avancées de son enquête qui; en elles-mêmes, ne sont pas toujours palpitantes. Toutes ces lettres, qui semblent être restées sans réponses, m'ont mise très mal à l'aise tant elles remuaient le couteau dans la plaie de cette mère qui ne lui avait, semble-t-il, rien demandé. Enfin, le portrait idéalisé qu'il dresse de Marie-Anne Erize finit par être agaçant tant la fascination qu'il a pour cette jeune femme guide son récit.
Quoi qu'il en soit, ce livre mérite tout de même d'être lu pour son aspect documentaire vraiment très réussi.
Lien : http://bloglavieestbelle.ove..
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Davastruc2
  07 avril 2015
C'est impressionnant, ce titre
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   08 novembre 2015
La mobilisation de ces personnalités [Sagan, Signoret] a d'autant plus d'impact dans les médias que l'Argentine est au cœur de l'actualité internationale. En juin 1978, elle accueillera en effet le Mundial de football, une occasion idéale pour dénoncer les atteintes aux droits de l'homme. Dès octobre 1977, alors que l'équipe de France de Michel Platini s'apprête à obtenir sa qualification, l'écrivain Marek Halter publie dans Le Monde une tribune accusatrice où il interpelle joueurs et supporters : « Refusez de cautionner par votre présence le régime aussi longtemps qu'il n'aura pas libéré les prisonniers politiques et arrêté les massacres. » Dans la foulée, des intellectuels de renommée planétaire (Sartre, Aragon … ) signent un appel au boycott, Simone Signoret tente de sensibiliser les épouses des Bleus, l'ONG Amnesty International diffuse une affiche où l'on peut lire : « Lorsque vous applaudirez le onze de France, les acclamations couvriront le bruit des personnes que l'on torture. Derrière l'écran, la réalité. »
Le seul joueur à prendre position sera l'attaquant Dominique Rocheteau, connu pour ses engagements à gauche. Pour les autres, et une immense majorité de l'opinion, le même argument reviendra sans cesse : « On ne mélange pas sport et politique. » Au risque de cautionner des horreurs ?
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la_fleur_des_motsla_fleur_des_mots   07 janvier 2013
C'est un jour que l'Histoire a oublié. Un banal vendredi de 1976. Le 15 octobre. À Paris, c'était l'automne, une tempête arrivait de Bretagne. Dans l'ouest de l'Argentine, on célébrait au contraire la fête du soleil, le début du printemps, les journées commençaient à rallonger, les torrents à dévaler la pré-Cordillère.
Ce matin-là, la ville de San Juan s'était éveillée au rythme lent des habitudes provinciales. Dès les premières lueurs de l'aube, les ouvriers agricoles avaient rejoint les vignobles et les oliveraies. À l'angle des rues Abraham Tapia et Général Mariano Acha, la vendeuse du kiosque à boissons et friandises, Elsa Emperatriz Astensio, guettait ses clients, les élèves du collège voisin. Sur le trottoir opposé, Domingo Palacio s'activait déjà dans son magasin de cycles, une boutique à l'ancienne qui sentait la colle à rustine et le caoutchouc de chambre à air.
En milieu de matinée, une jeune femme poussa la porte, un vélo à la main. Elle était jolie, mince, souriante ; elle avait les cheveux châtains, les yeux verts, un soupçon de tristesse et de fatigue dans le regard. À ses gestes, à son accent, l'épouse de Domingo Palacio, Magdalena, devina un passé de relative aisance et bien d'autres horizons que ceux de San Juan. Buenos Aires, probablement. Ou alors l'étranger. Oui, c'est cela, l'étranger.
Son vélo avait un problème de freins, ou peut-être de dérailleur, rien de grave en tout cas. Le temps d'aller faire une balade en ville, et elle pourrait le récupérer.
A son retour, vers midi, il était prêt, la facture aussi. La belle inconnue paya, quitta le magasin. De l'intérieur, Domingo Palacio vit alors un homme en civil l'aborder sur le trottoir. Il semblait agressif, menaçant, comme s'il voulait l'entraîner quelque part. Elle résistait, se débattait. Le commerçant tenta de s'interposer mais trois autres hommes le plaquèrent contre la devanture. L'un d'eux le menaça d'une arme, et l'obligea à rentrer dans la boutique. «Garde le vélo, quelqu'un viendra sans doute le chercher», lui lança-t-il en partant.
Debout devant son kiosque, Elsa Emperatriz Astensio ne put rien faire non plus. C'est à peine si elle eut le temps de voir deux des agresseurs pousser la fille à l'arrière d'une Ford Falcon de couleur claire. Elle hurlait, et tentait de leur échapper.
Les portières claquèrent, le chauffeur démarra en trombe. Deux autres véhicules suivirent la Ford vers une destination inconnue.
Ainsi commença l'affaire Marie-Anne Erize.
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