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ISBN : 2351785770
Éditeur : Gallmeister (01/02/2018)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Braiden Chaney n’a plus ni jambes ni bras. Walter James, lui, n’a plus de visage. Ils les ont tous deux perdus au Vietnam. L’un est noir, l’autre est blanc. Vingt-deux ans plus tard, ils se retrouvent dans la même chambre d’un hôpital pour vétérans du Mississippi. Au fil d’une très longue nuit, ils se racontent ce qu'ils étaient, ce qu'ils sont devenus, ce qu'ils pourraient devenir et, surtout, ce qu'ils attendent l’un de l’autre. En une nuit, tout est dit sur la gu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  26 avril 2018
J'aime les romans qui ne vont pas là où on les attend.
Lorsqu'on découvre le point de départ, deux vétérans de la guerre du Vietnam dans une chambre d'hôpital, on se dit qu'on va entendre les Walkiries chevaucher dans le fracas des pales d'hélicos, que ça va napalmer à tout va avec des Yes Sir dans les casernes. Sauf que là, nous sommes 22 ans après, 22 ans que Braiden a perdu ses quatre membres et vit dans ce lit sans autre espoir d'en sortir, 22 ans que Walter est une gueule cassée au visage entièrement lacéré. La glacière à Budweiser libère la parole entre eux, mais pas sûr qu'ils s'écoutent vraiment, chacun part dans une vague de paroles logorrhéique pour se raconter, son enfance, son passé, sa famille, son présent, chacun à sa façon. le récit de Braiden est porté par un souffle quasi lyrique lorsqu'il rêve d'Afrique ou dialogue avec Jésus ; celui de Walter est plus ancré dans la société, ultra réaliste dans ses descriptions du quotidien des Rednecks.
Lorsqu'on lit la 4ème de couv', un noir, un blanc, on se dit que le roman va traiter des inégalités raciales aux Etats-Unis. Mais non, la couleur de peau, on s'en fout un peu là, car ces deux-là se réunissent dans la douleur du traumatisme de la guerre et du présent qu'elle leur a imposé, du futur qu'elle leur a enlevé. A peine apprend-on comment ils ont été blessés. de plus, ces deux-là sont nés pauvres et c'est leur vie difficile d'avant la guerre qui est mise en avant, qu'ils soient noirs ou blancs, ils ont déjà tant partagé avant de se rencontrer. Ce n'est pas une amitié qui se forge, mais plutôt une compréhension intime de l'autre.
C'est un roman puissant porté par ces deux voix, ces deux âmes qui s'entrelacent, un récit d'une profonde humanité qui dit tout de la guerre sans jamais la raconter directement, tous de ses ravages même des décennies après. C'est d'autant plus fort que l'auteur y a insufflé un réel suspense qui se lit en filigrane : pourquoi le blanc a-t-il atterri dans cette chambre , cette question revient de façon lancinante jusqu'à le savoir. le final en est d'autant plus bouleversant.
Un grand livre, sombre, très sombre. 
Bravo aux éditions Gallmeister pour leur immense travail de dénicheur de talents américains hors des sentiers battus.
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Crossroads
  01 juillet 2018
Si l'on m'avait dit, pour me vendre l'affaire, que c'était l'histoire de deux types alités qui papotaient jusqu'au bout de la nuit, je crois que je me serais barré en hurlant.
Et puis, chemin faisant, échouant devant le stand Gallmeister des Etonnants Voyageurs, le temps de se connecter à Babelio et de jeter un oeil sur le potentiel plaisir provoqué par Larry, l'affaire était conclue mais attention, la négo fut âpre. Achat, oui, mais avec deux marquetapage offerts, sinon, non. Bon, j'appris ultérieurement que, de toute façon, ils arrosaient le chaland de signets du plus bel effet mais peu importe, c'était un Sale Boulot mais quelqu'un se devait de le lire.
Il me revient cette phrase, ouïe dans Starship Troopers, lancée par un vétéran à une jeune recrue indécise "l'infanterie a fait de moi ce que je suis !". Et de découvrir le bonhomme sans jambes, vissé sur un tabouret, réduit à l'accueil de la nouvelle bleusaille appelée à devenir chair à canon.
Braiden aurait pu postuler pour Freaks.
"Miraculé" du Vietnam il y a plus de vingt piges, il n'est plus qu'une tête posée sur un corps totalement démembré.
Walter aurait pu postuler pour Au Revoir Là-Haut.
"Miraculé" du Vietnam il y a plus de vingt piges, sa gueule cassée lui a clairement fermé les portes des plus belles pub pour Oil of Olaz Men Expert.
Tous deux, confinés dans une même pièce, vont se renifler, se livrer, grisés par de multiples et généreuses rasades de binouses facilitatrices en rapprochements virils mais corrects.
Une nuit, pas plus.
Une nuit pour dire sa jeunesse passée, ses rêves brisés, évoquer sa guerre et un présent à l'aune de l'image qu'ils renvoient, deux laissés pour compte, deux naufragés de la vie.
Puissance évocatrice des mots, émotion à fleur de peau, Sale Boulot se veut brutal, réaliste, dénué de tout pathos misérabiliste.
Le final est attendu, certes, il n'en demeure pas moins mémorable. de ceux qui vous laissent le souffle court, une méchante boule dans la gorge, le regard aux abonnés absents.
Larry Brown vient de torcher l'un des plus grands romans antimilitariste, ni plus, ni moins.
https://www.youtube.com/watch?v=h2mabTnMHe8
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JIEMDE
  30 avril 2018
Une nuit et deux vies ; une nuit et deux souffrances ; une nuit et deux cris ; une nuit et... une rédemption. Sale Boulot de Larry Brown, vous fait passer une nuit pas comme les autres.
War is a dirty job but somebody has to do it ! Et en l'occurrence, Braiden et Walter l'ont fait ce sale boulot, il y a un peu plus de vingt ans, au Vietnam. Et ont eu la chance d'en revenir. La chance ? Pas si sûr.
Car Braiden n'a plus ni bras, ni jambes, cloué 24h/24 sur un lit d'hôpital militaire au sein duquel Diva, infirmière black au grand coeur, tente d'apaiser son quotidien. Comme ses membres ne fonctionnent plus, la tête de Braiden devient son outil de mobilité, lui permettant de s'évader vers son Afrique ancestrale où il déroule sa vie non vécue, ou de dialoguer en direct avec Jésus sur le sens de la vie et l'abrogation de ses souffrances.
Walter a tous ses membres, mais le visage quasi-défiguré et sa tête lui joue des tours à travers des fulgurances amnésiques et traumatiques que son alcoolisme chronique n'arrange pas. Sa vie a t-elle plus de sens que celle de Braiden ? Pas sûr. Sauf que depuis peu, il a rencontré Beth...
C'est une énième crise qui va amener le temps d'une nuit Walter sur le lit voisin de Braiden. Ils vont s'observer, se jauger, puis converser et s'apprivoiser. La bière et le shit aidant, le passé va se verbaliser sans pour autant jamais s'expier.
Larry Brown nous parle de la guerre, un peu ; mais aussi des souffrances qu'elle inflige à des hommes dont la génération ascendante avait déjà été marquée par les mêmes séquelles ; mais aussi de ces américains délaissés du grand sud, si loin de Washington, végétant dans leur misère jusqu'à ce que l'oncle Sam ait besoin d'eux. Ailleurs. Un coin des États-Unis où noirs et blancs commencent tout juste à essayer de bien vivre ensemble, où la récolte du coton est encore une forme d'esclavage des temps modernes, où les différends se règlent entre hommes, et rarement par le compromis.
Et en toile de fond de Sale boulot, il y a l'après, le repos de l'âme, la rédemption. Braiden l'implore de Jésus et de ses anges. Walter a mis 22 ans à trouver sa lueur d'espoir avec Beth, deux souffrances appelées à se rejoindre. Si la vie le permet...
Sale boulot est un grand livre de guerre, atypique et attachant par ses deux personnages, où Brown écrit comme ils parlent : direct, haché, sans mot de trop. Mention particulière donc à Francis Kerline pour sa traduction qui donne un atout supplémentaire à cette belle histoire noire.
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belette2911
  09 avril 2018
Que peuvent bien se raconter deux vétérans du Vietnam qui sont revenus, plus que cassés, de cette guerre ?
Des histoires de guerre ? Oui, un peu, sans que cela ne soit majoritaire dans l'histoire.
L'histoire de leur vie merdique ? Sans aucun doute !
On pourrait taxer l'auteur d'avoir voulu faire pleurer dans les chaumières avec deux personnages aussi cabossé : une gueule cassée et un amputé des bras et des jambes.
Si vous voulez une histoire avec des Bisounours qui mangent des arc-en-ciel pour faire des cacas papillons, passez votre chemin car ceci est un récit noir, dur, sans concession, violent aussi, dans les propos racontés.
Les tranches de vie ne sont pas drôles, ce sont celles de l'Amérique d'en bas, d'un Blanc et d'un Noir qui n'ont pas eu un parcours de vie des plus tendres, mais qui s'en sont sortis, avant d'aller s'engager dans l'armée.
Engagez-vous, qu'ils disaient ! Tu parles !
Si le récit est sombre de par ce qui est raconté par nos deux hommes, il est aussi de par sa construction qui pourrait en dérouter plus d'un, car moi aussi je le fus par cette propension de passer du récit de Braiden à celui de Walter, tout en conservant l'utilisation de la première personne du singulier, ce qui embrouille les cartes.
J'ai parfois dû revenir un peu en arrière ou attendre un détail du récit pour savoir si c'était l'amputé Braiden ou la gueule-cassée de Walter qui s'exprimait.
Il est à noter aussi que l'auteur a utilisé une forme de parler que ces deux hommes auraient pu utiliser et vu leur niveau de scolarité, on a des fautes de langage grosse comme des maisons, mais cela donne de la réalité et de l'épaisseur au récit.
Un roman noir qui parle, aux travers de ces deux hommes, de la stupidité d'une guerre, des inégalités en Amérique, du problème racial, des gens d'en bas, le tout avec une glacière remplie de bières, quelques joints et un mystère : que s'est-il passé pendant sa perte de conscience pour que Walter la gueule cassée arrive dans cet hôpital ?
Il nous suffira de nous asseoir, de plonger notre main pour saisir une mousse fraiche et de suivre, tel un fil rouge, les récits de ces deux hommes.
PS : pas besoin de me le signaler, je sais que c'était les Petits Poneys qui mangeaient des arc-en-ciel pour chier des papillons et non les Bisounours. de toute façon, on ne connait pas assez le système intestinal de ses créatures.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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XS
  05 décembre 2018
Sale boulot ou l'histoire d'un malentendu. Une superbe couverture qui évoque la jungle, avec un lit d'hôpital incongru incrusté en son sein. Une quatrième de couverture succincte, qui ne laisse pas vraiment deviner le coup de poing qui se cache à l'intérieur…
Rien n'est vraiment explicite dans ce roman, l'on apprend à découvrir par saccades les deux personnages principaux, le récit basculant de l'un à l'autre. le passé familial des deux personnages se dessine peu à peu, entrecoupé de quelques éclats tranchants de scènes de guerre. Mais la guerre du Vietnam n'apparaît qu'en filigrane, ellipse dont les apparitions ponctuelles font figure d'uppercuts tandis que la musique composée par l'histoire mêlée de nos protagonistes révèle une mélodie amère, mais combien efficace !
Contrairement à ce que j'ai pensé dans un premier temps, imaginant les personnages « confits » dans leur situation, l'intrigue n'est pas linéaire. En l'espace d'une nuit, entrecoupée des apparitions d'une infirmière aux allures de magicienne, ils vont se comprendre .
Une lecture qui ne sera pas sitôt oubliée.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
MarymaryMarymary   25 septembre 2018
D'abord, faut comprendre un truc, y a des gens à qui il arrive des choses dont ils sont pas responsables. Ils sont pas responsables et ils doivent payer quand même. T'as un mec, il s'achète une bouteille de whiskey, il prend la route, il picole et il se met une murgée. Bon, pendant qu'il fait ça, t'as une bonne dame avec ses gosses qui rentre du zoo ou n'importe, en voiture. Elle a pas bu une goutte. Elle boit jamais. Ils ont rien fait de mal. Ils vont à l'église tous les dimanches. Et l'autre gars qui se bourre la gueule tant qu'il peut pendant qu'ils regardent les lions. Peut-être qu'il a un problème, sa femme l'a quitté ou ce que je sais, n'importe. Peut-être qu'il a pas de problème du tout. Peut-être qu'il se biture parce qu'il aime ça. Bon. Il leur rentre dedans plein pot à cent trente. Il se casse le cou. Il tue tous les gosses et il arrache les jambes de la dame. Il est paralysé pour la vie. Elle, elle est dans un fauteuil roulant pour jusqu'à la fin de ses jours et tous ses petits sont morts. Qui c'est qui est le plus à plaindre ? Si elle avait su que ce connard venait, elle serait restée chez elle. Ou elle aurait pris une autre route. Et lui il regrettera toute sa vie d'avoir acheté ce whiskey ou de l'avoir pas bu à la maison plutôt ou, quitte à tuer quelqu'un, de pas s'être payé un arbre et de se tuer lui-même sans emplâtrer les autres. Mais c'est trop tard. Il est obligé de vivre avec ça. La femme est obligée de vivre avec ça. Une seule petite faute. Être au mauvais endroit au mauvais moment.
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JIEMDEJIEMDE   29 avril 2018
Les gens pensent que l'homme est cruel. Mais qu'est-ce qu'il faut dire de l'enfant de l'homme ? Y a rien de plus méchant qu'un petit enculé sadique de six ans en liberté dans une cour d'école. Vous croyez qu'il faut attendre d'être adulte pour devenir fou dangereux ? Mon cul !
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missmolko1missmolko1   09 août 2018
Il parlait et je le regardais. je pouvais pas détacher mes yeux de ces raclures qu'il avait sur la gueule. Je me demandais qui lui avait fait ça. Et s'il savait seulement qu'il les avait.
Il arrêtait pas de parler de cette fille, toujours cette fills, et je me disais Mec, comment tu veux trouver une fille qui se mélangerait avec toi ? Je veux dire avec la gueule arrangée comme il avait. Rien que de la peau de cicatrice. Il avait des cheveux par endroits, à d'autres non. Des rognures de peau. D'accord il avait un visage mais c'était pas un vrai visage. Je suppose que les mecs avaient fait le mieux qu'ils pouvaient avec ce qu'ils avaient sous la main. Et il avait dit qu'ils en auraient fait plus s'il les avait laissés. Je suppose qu'on l'avait tellement trimballé d'un hôpital militaire à l'autre qu'il voulait plus en voir.
C'est sûrement pour ça qu'il a jamais demandé où il était. Faut croire que pour lui ça faisait pas de différence.
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missmolko1missmolko1   15 juillet 2018
[...]Les gens se battent depuis que Dieu les a faits et ils continueront toujours. Y a que les raisons qui changent, mec. Tout ce que tu peux faire, c'est aimer tes proches et essayer de faire le bien.
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MarymaryMarymary   25 septembre 2018
J'avais pas de bol, j'étais noir, jeune et pauvre et ils m'ont mobilisé. Mais je croyais au rêve américain. Sers ton pays, fais ton devoir, rentre à la maison et prends une part active dans la société. Tu sais ce que je voulais être ? Instituteur. Ouais. Je devais faire des études, mec, boursier du gouvernement, à l'université. Ma mère aurait été si contente. Je devais lui construire une petite maison parce qu'elle en a jamais eu. Rien que des cabanes de merde. Où elle devait boucher les vitres avec du plastique. Je me serais occupé de tous ces petits gosses noirs, je leur aurais appris à lire, à trouver du boulot et à s'en sortir.
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Videos de Larry Brown (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Larry Brown
Michael Farris Smith réussit un polar âpre et brûlant sur les terres du sud des Etats-Unis, à la manière d'un Larry Brown ou d'un William Gay. Mario Condé, le héros désormais fameux de Leonardo Padura, traîne sa nonchalance sous le soleil noir de la mélancolie cubaine. Et Julien Capron nous embarque dans un futur d'autant plus glaçant qu'il est proche de nous. Belle manière, à travers ces trois romans noirs, de prendre la température du monde.
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