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ISBN : 1632151960
Éditeur : Image Comics (17/02/2015)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
God Hates Astronauts is back with a new story perfect for new readers. NASA has sponsored a group of small-minded, self-centered, and incompetent "super heroes" to help them regulate illegal space travel by wayward farmers. Unfortunately, these "heroes" are very bad at their jobs and their negligence leaves the planet Earth on the brink of intergalactic invasion! Now it's up to a guy with a ghost cow head, a Chicago cop with robot arms, and an ex-bartender with a ma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  08 octobre 2016
Ce tome fait suite à The head that wouldn't die (recueils d'histoires parues sous forme de webcomics). Il comprend les épisodes 1 à 5 de la série publiée par Image Comics, initialement parus en 2014, écrits, dessinés et encrés par Ryan Browne, avec une mise en couleurs de Jordan Boyd. Il vaut mieux avoir lu le premier tome pour comprendre qui est qui dans celui-ci, même si un personnage effectue un résumé de 2 pages au début du premier épisode.
L'équipe des Power Persons Five se compose de Star Grass (Bill, ex Star Fighter amalgamé avec Blue Grass une vache), Starrior la femme de Star Grass (et leur fille Starlina, encore bébé), The Impossible (Janet), The Anti-Mugger (Dave), et Craymok, sous la tutelle du Docteur Professor. Au début de ce deuxième tome, l'équipe n'existe plus en tant que telle. Shelley (Starrior) s'occupe de sa fille, et gère sa baby-sitter (à l'espérance de vie très réduite du fait des superpouvoirs du bébé). Docteur Professor a été exclu de la NASA. Dave & Craymok glandent devant la télévision.
Star Grass continue de travailler pour la NASA et de mener des opérations coups de poing contre les astro-fermiers qui transforment leurs silos en fusées spatiales. Sur une autre planète, King Tiger eating a Cheeseburger a appris la mort de son fils dans un accident de navettes spatiales causé par Docteur Professor. Il décide d'envahir la Terre pour venger son fils Prince Tiger eating a Cheeseburger.
Le premier tome de la série avait donné le ton : un humour de tous les moments puisant sa source dans l'absurde et le loufoque, avec un peu de parodie, et un peu de comique en dessous de la ceinture. L'auteur n'a pas mis d'eau dans son vin (ou dans ce à quoi il carbure) et les zygomatiques du lecteur sont fortement sollicités. Il est pratiquement impossible de rendre compte des différents comiques présents. Cela commence par l'apparence des personnages. Star Grass dispose d'un corps de superhéros bodybuildé, avec une tête spectrale de vache, sur laquelle est greffé un dispositif technologique ayant pour fonction de contenir ses instincts de ruminant. Browne le présente de manière concrète induisant un humour visuel quant à ce superhéros improbable aux caractéristiques enfantines. Cela induit une forte dérision quant aux superhéros, mais aussi au personnages lui-même.
Ryan Browne développe les différents axes comiques de Star Grass, avec une séquence dans laquelle son modérateur bovin dysfonctionne, ce qui provoque en lui un changement comportemental amusant. L'auteur pousse la logique jusqu'à la zoophilie (suggérée), autre forme de comique également utilisée pour les relations irrésistibles entre un fermier et une poule qu'il a appelée Hennifer. Browne ne se contente pas d'aligner les blagues de nature (ou plutôt de contre nature) sexuelle, puisque ces comportements ont une incidence sur l'intrigue. Ce n'est donc pas juste un humour de surface, mais bien une composante légitime de la narration
Ryan Browne joue donc sur l'apparence des personnages de manière primaire. Ainsi Anti-Mugger (une sorte de Batman au rabais) dispose d'un troisième bras qui sort au niveau de la poitrine. Il n'y a aucune logique morphologique (articulation, troisième épaule, musculature, ou respect du centre de gravité de l'individu pour son équilibre). Il le représente de manière infantile, comme un troisième bras collé sur la poitrine d'un individu normal. Il utilise cette approche comique également pour The Impossible dont le visage est à l'envers (le menton en haut de la tête et le front en bas, sans aucune préoccupation de plausibilité ou de logique physiologique), ou encore pour une étrange caissière avec 12 seins. En fonction de la sensibilité du lecteur, il pourra trouver ces aspects visuels trop délire, ou trop premier degré.
Par contre l'inventivité de l'auteur est indéniable et épatante. Pour les besoins de la narration, il introduit un nouveau personnage appelé 3-D Cowboy dont la fonction est de briser le quatrième mur en s'adressant au lecteur, sans participer à l'intrigue. Il a choisi un mode de représentation des plus agaçants, en délimitant son contour de petit fantôme avec un stetson, par le biais d'une ligne rouge et d'une ligne bleue côte à côte. L'oeil du lecteur est immédiatement attiré par cette présence irritante, fausse 3D, très pénible à regarder de près car brouillant la vision avec son double contour. D'un autre côté, c'est une idée où le fond se marie avec la forme, puisque ce personnage supposément en 3D (un faux relief) dispose d'une existence au-dessus des personnages 2D, dans une relation plus directe avec le lecteur.
Le comique se niche également dans les noms des personnages, là aussi avec une approche très littérale comme Anti-Mugger (l'anti-voleur à la tire) ou les Power Persons Five (un intitulé descriptif, sans effort pour en mettre plein la vue). Ryan Browne pousse sa logique jusqu'au bout, en désignant les extraterrestres par leur fonction, à commencer par le roi mangeant un cheeseburger. À nouveau le lecteur peut trouver ça particulièrement idiot (presqu'une insulte à son intelligence), ou y voir une évocation de l'usage du langage qui désigne les choses, sans pour être les choses qu'il désigne (soit une réflexion philosophique sur le langage en tant qu'outil imparfait). Ces fluctuations entre humour primaire et ironie philosophique peut déstabiliser, par contre elles participent à la verve de l'auteur. de temps à autre, le lecteur prend conscience de l'énormité de ce qu'il est en train de lire, pourtant parfaitement intégré dans la logique de la narration. Ainsi il s'amuse à voir 2 animaux anthropomorphiques en tenue de cosmonaute sur la Lune en train de jouer au golf et envoyant valdinguer par inadvertance un crabe extraterrestre vers une armada de ses congénères se dirigeant vers la Lune (et tout ça ne seulement 2 pages).
Ce créateur utilise également les habituels bruitage des comics pour un effet à double niveau : premier degré, et dérision. le lecteur constate que Browne rajoute des bruits, non pas sous forme d'onomatopée, mais sous forme de mots qui expliquent ou qui décrivent l'onomatopée qui auraient dû s'y trouver. D'un côté, il semble prendre son public pour des idiots, en insistant par une expression superfétatoire ; de l'autre il tourne en dérision ces bruitages en s'en moquant. À nouveau ce dévoiement d'un artifice narratif traditionnel dans les comics peut agacer pour sa nature trop littérale, ou au contraire enchanter quand la dérision est atteinte (une petite case avec un rond sur lequel est marqué Terre, avec des proues de vaisseaux spatiaux tout autour).
Ryan Browne ne se gêne pas non plus pour inclure des parodies de stéréotypes de superhéros, très pertinentes sans pour autant en abuser. La tonalité reste globalement dans le récit d'anticipation avec attaque extraterrestre. Néanmoins, sa manière de montrer le danger représenté par un super bébé évoque la question cruciale du moment auquel Clark Kent a commencé à disposer de superpouvoirs. Si c'était pendant l'enfance, il y a fort à parier que ses colères non maîtrisées auraient été une source de destruction massive pour ses proches et son environnement immédiat.
Comme dans le premier tome, le lecteur découvre que Ryan Browne a conçu une véritable intrigue dans laquelle les éléments comiques s'intègrent pour la nourrir. Ainsi, Bill (Star Grass) continue d'avoir des difficultés relationnelles avec Shelley son épouse. Docteur Professor ne parvient pas à reconstituer sa crédibilité. Chaque personnage est confronté à un problème personnel. L'intrigue débuté dans le premier tome se poursuit, qu'il s'agisse de la dissolution du groupe des Power Persons Five, de la lutte contre les astro-fermiers illégaux, ou encore des conséquences de la mort présumée de Prince Tiger eating a cheeseburger. Les éléments comiques absurdes fonctionnent d'autant mieux qu'ils s'appuient sur une intrigue en bonne et due forme, avec des enjeux pour les personnages et pour la race humaine.
Le tome se termine avec 5 épisodes de 2 pages, consacrés à The Impossible, écrits par Ryan Browne, dessinés et encrés par Alejandro Bruzzese. Les dessins sont plus simplifiés et le format n'est pas suffisant pour que l'absurde des situations puisse s'épanouir. Il y a également 8 couvertures variantes, certaines réalisées en collaboration, par exemple avec Geoff Darrow, Paolo Rivera, Chris Burnham et Nick Pitarra. La première est une parodie sur la base de la couverture du premier numéro des Youngblood de Rob Liefeld. Alors que ce dessin était déjà parodique dans son exagération, Browne réussit l'exploit d'y ajouter une couche supplémentaire de dérision moqueuse.
À l'instar du premier tome, le lecteur ressort du deuxième lessivé, épuisé par un récit dense, pas toujours convaincu par l'humour omniprésent, mais emporté par un abattage incessant, une inventivité délirante, et une impossible cohérence narrative, malgré le délire omniprésent.
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