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Critique de Crossroads


Crossroads
  28 janvier 2018
Sous le pavé, le panard !

Tu aimes les ambiances polar, version années 40, et tu prises la mussecu au plus haut point, alors ce volume avoisinant le demi-quintal devrait trouver grâce à tes yeux élitistes et tes biceps atrophiés.

Fondu au noir, scénarisé par Ed Brubaker, crayonné par Sean Phillips et colorisé par Elizabeth Breitweiser (ce qui nous change un peu de Donald Cardwell et de Roger Harth, soi dit en passant, sans animosité aucune) possède véritablement toutes les caractéristiques du must-have.

Un contexte politique délicat, le maccartysme.
Une industrie intrigante, Hollywood.
Des personnages torturés, qui par sa quête de vérité, qui par la réussite à tout crin, qui par sa soif de vengeance, qui saura qui saura qui...

Un coup de crayon old-school, des planches aussi cafardeuses que l'intrigue qui paradoxalement nous électrise, le tout au service d'un scénario hyper visuel qui se prêterait parfaitement sur grand écran format Imax, son Dolby Atmos, Fondu au Noir, le bien nommé, n'est que manipulation et désillusion saupoudré d'un brin de violence, parfois alcoolisée, souvent punitive. Bigre, l'enthousiasmant programme que voilà.

Deux scénaristes à la ramasse.
La disparition douteuse d'une starlette en devenir.
Le train de la bonne humeur et de la gaudriole est lancé, puissant, dévastateur, aussi addictif et étourdissant que l'alcool millésimé qui coule ici à flot histoire d'oublier la vacuité d'existences en perdition.

Le parfait rendu de la tension régnant au sein d'un studio aux abois associé aux vélléités souvent pathétiques de jeunes actrices avides de reconnaissance participe à ce climat anxiogène et dramatique qui nimbe cette oeuvre magistrale de son préambule à son épilogue.
Niveau personnages, il y en aura pour tout le monde et toutes les bourses. du naïf au rebelle en passant par l'homme de main détestable et le big boss manipulateur, des personnalités aussi diverses que variées illuminent ce récit en lui conférant une dramaturgie qui ne se dément jamais.

Excepté un tarif quelque peu consistant, 40 euros, nan j'déconne, 39,95 euros seulement, aucune raison pour que ce pavé de noirceur désabusée ne trouve un large écho.
Ajouter à cela moult illustrations de couverture histoire de faire durer le plaisir et c'est le coeur gros mais cependant empli d'une joie ineffable que l'on referme ce petit bijou, véritable hommage de genre, heureux d'avoir tutoyé le bonheur pendant quelques heures...

Merci à Babelio et aux éditions Delcourt pour l'acquisition de ce pur joyau !
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