AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782246641612
258 pages
Éditeur : Grasset (04/10/2006)
3.56/5   31 notes
Résumé :
Le monde entier nous hait et nous le méritons bien, telle est la conviction d'une majorité d'Européens et a fortiori de Français. Depuis 1945, notre continent est habité par les tourments de la repentance. Ressassant ses abominations passées, les guerres incessantes, les persécutions religieuses, l'esclavage, le fascisme, le communisme, il ne voit dans sa longue histoire qu'une continuité de tueries. A ce sentiment de culpabilité, une élite intellectuelle et politiq... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
JeanLouisBOIS
  23 mai 2012
La Tyrannie de la pénitence est sans doute un essai écrit à la suite de la longue litanies de repentances et de demandes d'excuses publiques à propos de sujets divers et variés traduisant l'état moral des démocraties occidentales et de leurs relations au monde, principalement à différents pays du sud dits "en développement" . En digne successeur des philosophes des Lumières, Pascal Bruckner cherche à réveiller nos consciences en nous rappelant que si l'Occident a réellement créé des monstres, il a aussi su créé les "théories qui permettent de penser et de détruire les monstres" .La complaisance qui consiste à se répandre en excuses a quelque chose de malsain et de contre-productif. En remettant les pendules démocratiques à l'heure, Pascal Bruckner insiste sur le fait que toute nation doit susciter de la part de ses citoyens un jugement équilibré et éclairé qui ne néglige pas les erreurs et les fourvoiements mais qui ne leur donne pas toute la place. En effet, en rejetant les valeurs de l'Europe au nom de leurs échecs, on risque de rejeter leur valeurs intemporelles et universelles; En un mot, n'ayons pas peur de nos valeurs en restant conscients de leurs limites.
Il faut avouer que les positions de Pascal Bruckner semblent très solides et qu'elles sont affirmées dans une langue concrète, riche, subtile et éloignée de tout jargon philosophique . Il exprime de façon convaincante une vision de l'abdication intellectuelle et du déclin de l'Europe occidentale qui, contrairement aux États-Unis, se complaît et se repait d'une bonne conscience faite d'affliction du moins dans sa représentation théâtrale. le principal reproche à cet excellent livre concerne un point accessoire: l'auteur considère comme une évidence que la philosophie doit être une école d'athéisme; en dehors de l'athéisme, pas de philosophie possible! Ce genre d'à-priori vient inutilement affaiblir un essai qui cherche à montrer que la vitalité et la force d'une nation repose sur l'assentiment actif de l'ensemble de ses citoyens (croyants ou non).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
orell1
  24 août 2021
Dans cet essai de 2007, Pascal Bruckner continue de sonder l'âme européenne et nos grands travers, pour nous livrer avec honnêteté l'état actuel de notre monde moderne occidental en véritable psychologue dans le sens nietzschéen du terme.
Après avoir approché notre "Tentation de l'innocence ", notre tropisme vers "L'euphorie perpétuelle", il dénonce maintenant notre propension au masochisme qu'il considère être une "Tyrannie de la pénitence".
Constat très juste me semble-t-il, car s'il ne faut évidemment pas laissés nos crimes anciens (colonialisme, fascisme, nazisme, communisme etc.) sans en avoir fait une certaine expiation et présenter des excuses aux individus, ethnies et peuples victimes, la repentance perpétuelle ne peut que nous laisser dans une certaine torpeur peu propice à l'action tout en pouvant aussi la trouver très confortable. En effet, en laissant le soin aux autres nations (Etats-Unis, Israël) de mener les combats pour la paix et la démocratie, ce sont elles qui reçoivent ainsi toutes les critiques à notre place. Sans compter que cette repentance perpétuelle contribue à une concurrence victimaire qui affaiblit la volonté des individus et des Etats pour s'en sortir.
Cependant, si l'Europe a bel et bien commis de nombreux crimes dans sa longue histoire, elle est en tout cas la seule à les reconnaître, s'en excuser et à mettre en place une législation empêchant leur retour. A t-on jamais vu par exemple une nation musulmane présenter des excuses pour ses crimes esclavagistes?
On peut trouver la parole de Bruckner juste quand il dénonce la faiblesse de la politique européenne et encourage la vitalité américaine mais la réalité le détromper. Il a été l'un des intellectuels français ayant soutenu l'invasion de l'Irak en 2003 avec les résultats que l'on connaît. Il dénonce d'ailleurs au final, et cela tout à son honneur, la politique de Bush à la fin de cet essai, ce qui peut nous faire nous demander cependant pourquoi il n'a pas pu prévoir que la démocratie ne pouvait pas s'imposer par les armes, en tout cas pas dans les pays où les Lumières ne se seraient pas épanouies naturellement...
La question du droit d'ingérence se pose encore toujours aujourd'hui avec la question afghane et le départ des troupes américaines après 20 ans de présence qui en toute vraisemblance n'a servie à rien.
Pour Bruckner, les européens doivent s'unir encore davantage face aux multiples défis actuels et se rapprocher toujours plus de son cousin américain afin de se nourrir mutuellement de la sagesse de l'un et de la vaillance de l'autre.
A mon avis, si une Europe de la défense peut sembler pertinente, c'est une certaine dose de souveraineté recouvrée qui pourrait permettre aux nations et ainsi au continent de retrouver un certain panache plutôt qu'une dilution encore accentuée dans des institutions supranationales.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
JeanLouisBOIS
  23 avril 2012
La réflexion de Pascal Bruckner porte souvent sur des questions de culture et de mentalité, dans une sorte d'auscultation de la réalité contemporaine. Dans le présent essai, son point de départ est le constat suivant, largement partagé : les Européens en général, et les Français en particulier, vivent mal leur passé avec lequel ils entretiennent des relations ambiguës. Comme si pour eux, exister consistait d'abord à s'excuser de tout ce que leur histoire a produit en termes de méfaits de toutes sortes. Cette « vision ténébreuse » de l'histoire, qui oublie ses pages glorieuses, brouille le regard critique et engendre, nous explique l'auteur, les clichés du « penser correct », comme l'antiaméricanisme, le refus de la mondialisation et du libéralisme, l'Europe bouc émissaire de tous nos maux, etc.
L'analyse rigoureuse, argumentée de P. Bruckner débusque tous les lieux communs, les fausses évidences comme les vertueuses indignations d'une société qui doute d'elle-même et se réfugie, à bon compte, dans une attitude victimaire qui n'est rien d'autre qu'une nouvelle servitude. En rappelant la distinction philosophique classique entre le repentir qui reconnaît la faute pour mieux la dépasser et le remords qui enferme dans le piège pénitentiel, véritable matrice de ce qu'il appelle « le masochisme occidental », Bruckner nous donne les clefs d'une interprétation équilibrée de notre passé comme de notre présent.
Au fil de sa réflexion, Bruckner met le doigt sur ce qu'on pourrait appeler le malaise français, qui conjugue arrogance, au nom de son passé, et doute de soi, face à un présent qui lui échappe en grande partie. La France se prend trop souvent pour une patrie messianique dont la laïcité serait le nouvel universalisme d'un monde sécularisé. Or, ce surmoi religieux qui pèse sur la notion de République au point d'en faire le principe de toutes les valeurs donne peut-être aux politiques les illusions des grandes utopies sans pour autant garantir une réelle efficacité de gouvernance.
De mon point de vue, cette analyse qui montre le fondamental religieux d'une laïcité trop souvent invoquée comme panacée d'une nouvelle société a quelque chose de fascinant et mériterait de plus amples développements. L'ouvrage de Pascal Bruckner arrive à son heure. Sa lecture se recommande au moment où l'Europe comme la France sont face à des choix importants. L'auteur les résume ainsi : « réconcilier l'Europe avec l'histoire et les États-Unis avec le monde » (p. 247).
P. Yves Ledure
Paru dans Esprit & Vie n°188 - Février 2008 - 2e quinzaine, p. 28.
Lien : http://www.esprit-et-vie.com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Birhacheim
  03 novembre 2009
L'Occident… Étrangement, ce mot porte trop souvent en lui une image négative. Être occidental aujourd'hui, c'est porter bien des responsabilités au regard du passé de l'Europe et du monde: guerres, colonisations, totalitarismes… C'est faire peu de cas du rôle déterminant de l'Occident dans le développement de la planète et de l'humanité: sciences et techniques, systèmes économiques, valeurs morales, droits de l'homme… et j'en passe.
L'essai de Pascal Bruckner vise à tordre le coup de nombre de poncifs qui visent à créer culpabilité et repentance chez les occidentaux. Pour moi, il y réussit de belle manière avec la volonté de ne rien effacer de notre passé mais en mettant les choses en perspective et en se tournant résolument vers l'avenir. J'ai également bien apprécié ses angles de vue différenciés: Etats-Unis, Europe mais aussi France.
En fait, la question levée sans réponse formelle est de savoir quelles sont les motivations – les objectifs – des « Cassandre » du masochisme occidental que dénonce Bruckner ? Une analyse de la typologie de ces « diseuses de mauvaise aventure » aurait permis sans doute d'aller plus loin dans la description du phénomène car ce masochisme est bien né en Occident…
Pour ma part, occidental passionné d'histoire, je regarde résolument vers l'avenir et je continue à penser que l'Occident, par sa puissance, ses valeurs mais aussi par les blessures de son passé, doit continuer sa route positive dans un monde bien troublé dont il n'a pas à porter tous les malheurs.
Lire en complément: Pour en finir avec la repentance coloniale de Daniel Lefeure (2006).
Lien : http://www.bir-hacheim.com/y..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
philippe24789
  05 octobre 2020
Un livre d'une médiocrité intellectuelle rare. Un ancêtre des fake news d'une mauvaise foi inégalable.
Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   14 mai 2012
L'invention de l'islamophobie remplie plusieurs fonctions: nier pour mieux la légitimer la réalité d'une offensive islamiste en Europe mais surtout faire taire ceux des musulmans qui osent critiquer leur confession, dénoncent l'intégrisme, en appellent à la réforme du code de la famille, à l'égalité entre les sexes, au droit à l'apostasie. (p.67-68).
Commenter  J’apprécie          60
JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   14 mai 2012
"Repentez-vous!" Voilà le message,que, derrière l’hédonisme proclamé, nous martèle la philosophie occidentale depuis un demi-siècle, elle qui veut être à la fois une parole émancipatrice et la mauvaise conscience de son temps. Ce qu'elle nos inocule, en fait d'athéisme, c'est bien la vieille notion de péché originel, l'ancien poison de la damnation. (p.14)
Commenter  J’apprécie          40
JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   14 mai 2012
Le devoir de mémoire n'est brandi par les uns que pour susciter le devoir de pénitence chez les;autres. On exalte moins les vertus pédagogiques de la connaissance que les vertus punitives de l'inculpation. Le contraire de la mémoire, ce n'est pas l'oubli, c'est l'histoire. (p.183)
Commenter  J’apprécie          40
JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   30 avril 2012
Sa motivation ultime [au terrorisme], toutefois, c'est l'hostilité que les fanatiques vouent au principe d'une société ouverte où l'égalité formelle est reconnue à tous. C'est notre existence en tant que telle qui leur est intolérable. (p.33).
Commenter  J’apprécie          30
JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   14 mai 2012
A refuser aux peuples des tropiques ou d'outre-mer toute responsabilité dans leur situation, on les prive par là même de toute liberté, on les replonge dans la situation d'infantilisme qui a présidé à la colonisation. (p.59).
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Pascal Bruckner (84) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pascal Bruckner
1982 : Dans le métro à Paris. Voir à 29.33.
>Histoire générale du monde>Histoire générale depuis 1800>Histoire générale du 20e siècle (131)
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
604 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre