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EAN : 9782020551175
300 pages
Seuil (03/04/2002)
3.71/5   24 notes
Résumé :
Nous autres, Européens, avons été élevés dans la haine de nous-mêmes, dans la certitude qu'au sein de notre culture un mal essentiel exigeait pénitence. Ce mal tient en deux mots : colonialisme et impérialisme.
La mauvaise conscience oriente le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le Tiers-Monde, surtout depuis la fin de la guerre d'Algérie. Elle a créé le « tiers-mondisme », idéologie désignant l'Europe et l'Amérique comme la cause unique de tout ce... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Un livre que j'ai lu juste après sa sortie alors qu'il était au centre de violentes polémiques dans mon entourage. A priori je ne partageais pas les idées développées par l'auteur mais c'était justement l'intérêt de cette lecture. Bilan : beaucoup de constats de Bruckner sont exacts et il apporte des éléments qui les fondent . Il y a effectivement un certain masochisme chez une partie de l'intelligentsia , un autodénigrement . Certes il réagit à une excessive auto satisfaction du rôle de l'Occident dans le tiers monde mais il prend des proportions excessives (comme le démontrent les délires "woke" actuels ). Ce n'est pas pour autant que j'adhère à la totalité de conclusions de l'auteur .Lecture intéressante cependant.
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Un bon livre qui démarque l'imposture idéologique de l'accusation systématique de l'homme blanc et de la naïveté vis-à-vis du Tiers-Monde, une bonne bouffée d'air frais et de vérités dans un monde de postures et de mensonges victimisantes.
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A l'école nous apprenions que le commerce triangulaire consistait à arriver sur les côtes d'Afrique avec de la verroterie et d'en repartir avec des esclaves. Que se passait-il entre les deux ? Allait-on capturer des gens au hasard ? mais dans ce cas, à quoi servait la verroterie ? Non, on allait acheter à des Africains des esclaves africains.
Les Gaulois, les Romains, tout le monde avait des esclaves (pour travailler les champs pendant que les citoyens composaient l'armée ; sinon, qui aurait défendu le territoire contre les voisins qui eux avaient des esclaves pour faire tourner l'économie ?).
Dans ce livre, Bruckner prend le contrepied du mythe tiers-mondiste angéliste et de l'auto-flagellation. c'est bref, c'est clair.

Quand j'ai acheté ce livre, la libraire avait mal compris la thèse de l'auteur et cru que c'était un pamphlet contre les colonisateurs. Elle me dit « …. Parce que les Africains, avant, étaient plutôt pacifiques ». J'avais passé plus d'une année en Afrique peu de temps avant, et constaté qu'il n'en était rien, que les hommes sont à peu près partout pareils…
Lien : https://www.edilivre.com/app..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
La promotion exorbitante de l’autre ne saurait dissimuler que la conscience tiers-mondiste était, avant tout, amoureuse de sa propre image ; elle détournait les traits les plus singuliers des cultures indigènes pour les ramasser, les comprimer dans le schéma qui lui convenait. On croyait se dépayser. On se projetait.

Bien entendu, il fallait abhorrer l’exotisme, habit somptueux dont l’Europe enrobait la misère abjecte de ses protégés, renvoyer les Loti, Malraux, Pearl Buck, Broomfield, Cendrars et autres Morand dans la cohorte stipendiée des agents du colonialisme. Ce que ne voit pas le militant, c’est que lui-même, sous couvert de rigueur et de scientificité, ne donne, avec ses ouvriers au travail, ses usines modèles, ses meetings de masse, ses tribunaux populaires, que dans le pittoresque d’opérette. Autrui devient pittoresque quand il n’est que l’illustration d’une doctrine, le moment d’un théorème, quand son altérité n’a plus le visage de la transcendance. C’est pourquoi il y eut, dès le début, dans l’idéologie tiers-mondiste, des pauvres rentables, c’est-à-dire appropriés à la théorie, et des pauvres improductifs dont le malheur ne rentrait pas dans notre cadre et ne méritait donc aucune considération.

Les cultures et les traditions spécifiques de chaque pays étaient donc négligées au profit de leur ligne politique, c’est-à-dire de ce qui les rapprochait de nous. De l’hindouisme, du confucianisme, de l’hispanité, de la négritude, on ne gardait que l’image terriblement appauvrie de quelques grèves, communiqués d’états-majors, comptes rendus de manifestations, performances économiques, comme si toute l’essence de ces nations se réduisait à des slogans et à des chiffres. Heureuse époque où le transfert d’espérances n’hésitait pas à descendre jusqu’aux détails les plus triviaux, où la moindre statistique sur l’élevage des porcs dans le Hounan, les rendements de riz à l’hectare dans le delta du Mekong, la récolte de canne à sucre à Cuba, procuraient aux Français de gauche des frissons proches du spasme. Et la dépréciation future de ces États transparaissait dès ce moment dans notre manque de curiosité réelle à leur égard. Hostile aux cultures traitées comme des survivances, retards de la conscience que la Révolution triomphante corrigerait, le militant tiers-mondiste donnait le pas aux structures socio-économiques. Il fallait faire fonctionner les vastes machines de l’analyse marxiste et traiter en quantité négligeable religions et folklore laissés en pâture aux ethnologues toujours soupçonnés de collusion avec les forces du passé.
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Avec le petit écran, l'horreur elle-même devient digestible et n'est plus mandatée à nous surprendre [...]. La télévision est le meilleur antidote au pouvoir de mobilisation de ses propres images. Quand la catastrophe devient quotidienne, elle se transforme en fait divers"
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À l’automne 1492, lorsque au terme d’un voyage épuisant Christophe Colomb touche San Salvador des Bahamas, Cuba, puis Haïti, il est certain d’avoir retrouvé le paradis terrestre. Ayant lu dans l’Imago Mundi de Pierre d’Ailly que l’Éden devait se trouver dans une région tempérée au-delà de l’équateur, il s’extasie, dès son arrivée, sur tout ce qu’il voit. Les paysages qui s’offrent à lui, les richesses naturelles et, surtout, les premiers hommes qu’il rencontre suscitent son admiration éperdue : « Ils étaient tous très bien faits, très beaux de corps et très avenants de visage » (t. I, p. 61). « Ils vont nus, tels que leur mère les enfanta, les femmes comme les hommes » (t. I, p. 158). « Quant à la beauté, les Chrétiens disaient qu’il n’y avait pas de comparaison possible, aussi bien pour les hommes que pour les femmes » (t. I, p. 143), et cette splendeur physique s’étend par osmose au moral : « Ce sont les meilleurs gens du monde et les plus paisibles » (t. I, p. 146). « Je ne crois pas qu’il y ait au monde meilleurs hommes pas plus qu’il n’y a meilleures terres. »
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La vérité insupportable que nous souffle tout déplacement à l'étranger est celle-ci: à chaque être échoit de vivre et de mourir dans l'impasse que représente sa culture.
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La rencontre avec l'autre se fait toujours dans un contexte de réticence et d'émerveillement. Le pire, c'est de rater la merveille par peur ou paresse...
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