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EAN : 9782246818717
224 pages
Éditeur : Grasset (03/10/2018)

Note moyenne : 2.8/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Jézabel Thevanaz, jeune professeure de mathématiques, doit quitter les cimes paisibles de la Haute-Savoie pour se rendre au Canada. Son père, ancien pasteur et horloger amateur, lui a fait jurer, sur son lit de mort, d’aller porter à un ami au Québec la montre qu’il a conçue. Une pièce unique dont la caractéristique n’est pas de donner l’heure mais de détruire le temps.
Alors que Jézabel survole le Groenland, l’avion est pris dans une effroyable tempête. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  04 octobre 2019
Quel roman bien étrange...
Loin des idées que j'ai pu formatées suite au résumé de la quatrième de couverture. Cette chronique s'essaie à remettre les pendules à l'heure.
Jézabelle est une jeune femme de vingt-six ans. Elle doit se rendre à Montréal remettre la montre de son père décédé à l'un de ses amis. L'avion traverse une zone de fortes turbulences et est contraint d'atterrir aux Etats-Unis. Jézabelle fera escale une nuit au Piazza, hôtel aussi miteux qu'excessivement onéreux. À son réveil, ce n'est pas une nuit qu'elle a passée à l'hôtel mais un an et un jour. Étant dans l'incapacité d'honorer le montant exorbitant d'une année dans ledit hôtel, la voilà emmenée contre sa volonté dans un cagibi de l'hôtel, traitée comme un animal, une esclave, contrainte de travailler pour épurer sa dette.
Ce roman est vraiment étrange. Il y règne une atmosphère proche d'un manoir hanté, offrant une galerie de personnages sortis d'un chapeau de Merlin. Tout le roman se concentre sur l'autarcie de Jézabelle, rebaptisée Jazz dans cet hôtel plus que bizarroïde. Les chapitres donnent le ton aux personnages secondaires, s'attarde peu sur la condition de détention de Jézabelle. La jeune fille n'aura comme but de trouver l'argent demandé pour sa dette à travers des boulots pour le moins mystérieux et irréalistes pour certains (lectrice pour un américain de grands classiques, suceuse de lait pour une femme galactophorique,...).
On fait l'impasse sur cette montre dont la quatrième de couverture semble nous promettre un dérèglement du temps. On oublie vite que l'héroïne a perdu une année de sa vie à dormir.
C'est mon premier roman de Pascal Bruckner et j'ignore si cet écrivain s'adonne à ce genre sibyllin littéraire. L'atmosphère est tellement particulière. Néanmoins, je me suis sentie bien dans ce roman, déconnectée des histoires réalistes, dépaysée, déphasée dans un autre monde où le temps semble s'être arrêté. La plume de l'auteur est interpellante, avec de très beaux passages sur des thèmes diversifiés.
C'est ce que je qualifie, un roman étrange flottant entre science-fiction, fantaisie, philosophie et poudre de perlimpinpin. Agréable, intéressant et interpelant.
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Commenter  J’apprécie          874
si-bemol
  08 janvier 2019
Jézabel, le personnage principal de ce roman, a du temps une perception traumatique, elle qui longtemps fut incapable de lire l'heure, car “pour elle toutes les heures étaient inégales, s'étiraient ou se contractaient à volonté et certaines excédaient l'espace d'une semaine ou d'un mois”. Elle est la fille unique d'un ancien pasteur que ses prêches apocalyptiques ont conduit à une retraite anticipée et qui voue aux mécanismes horlogers une passion violente, voisine de la démence : Dieu, dit-il, “ a inventé la montre pour capter le temps et Il a inventé le temps pour punir les hommes”, et il se croit investi de la mission d' “inventer la montre qui effacera le temps et réparera la faute originelle”.

Jézabel se retrouve à son tour investie de la mission de confier à un orfèvre québécois cette montre à visée théologique que son père lui a confiée sur son lit de mort. Mais rien ne se passe comme prévu : échouée pour la nuit dans un gigantesque palace au milieu de nulle part, elle se réveille au matin en constatant qu'elle est victime d'une étrange distorsion du temps, une sorte de faille temporelle qui fait d'elle, désormais, l'esclave d'un univers carcéral impitoyable et inquiétant...

Intriguée par les paramètres de départ de cette histoire, je me suis lancée avec entrain dans la lecture de ce roman. Mais je me suis vite lassée car l'idée, que je trouvais excellente et prometteuse, d'une réflexion et d'un jeu autour de la notion du temps, n'est en réalité que le prétexte à la création d'un monde carcéral avec ses règles, sa hiérarchie, ses sanctions et sa cruauté. Mais beaucoup d'autres auteurs, avant Pascal Bruckner, ont déjà inventé des univers carcéraux autrement plus riches et plus puissants que celui-ci, qui ne m'a pas captivée, et la réflexion sur le temps qui avait attiré mon attention tourne court au bout de quelques pages...

Une construction que j'ai trouvée malhabile, avec des scènes qui se répètent à l'identique (par exemple la vendetta du père dans les boutiques de montres de luxe) au fil du récit, un personnage principal assez peu sympathique et auquel je n'ai pas su m'attacher, un style sans charme particulier, beaucoup de longueurs (en dépit de la brièveté du roman) et, au final, un roman qui n'avait pas grand-chose à (me) dire... Une lecture, au moins pour moi, tout à fait dispensable.

[Challenge MULTI-DÉFIS 2019]
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talou61
  19 novembre 2018
Un roman décevant malgré une excellente idée de départ….
Une montre qui arrête le temps ; la fille de l'inventeur promet à son père de l'apporter à son confrère au Canada ; après un incident, Jézabel doit s'abriter dans un hôtel où elle dort un an et un jour…. Elle doit travailler pour cet établissement afin de rembourser cette dette et y rencontre des personnages atypiques.
Trop de descriptions de certains personnages (comme cette jeune femme nourrice….) alors que l'intrigue est dévoilée en deux paragraphes.
Dommage….
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Exuline
  22 mars 2019
Qui n'a jamais pensé lorsque l'on pose un pied dans un avion, qu'on risque de ne pas s'en sortir. Pourquoi ce sentiment communément partagé de peur de cette pièce métallique sujette au grès du vent, parfois portée, parfois soulevée nous déposant d'un point A à un point B. le non contrôle, la sensation d'abandonner son sort à un inconnu, ce sentiment d'impuissance devant la puissance de la machine qui nous transporte. Pascal Bruckner, tout au long de ce livre, nous propose un lâcher prise, un abandon de tout, même de notre libre arbitre. Oui j'ai vécu la scène depuis les yeux de Jézabel, étant parfaitement dans ses chaussures foulant de ses pas, la moquette usée de cet avion et puis de cet hôtel.
L'auteur nous propose une aventure où l'on ne contrôle plus rien, le bas et le haut n'ont plus de sens, me donnant la sensation d'être dans le corps de Danny (Shining - Stephen King) dans le décors improbable de Big Fish (film de Tim Burton). Oui, c'est totalement étrange, mais si vous n'avez pas lu ce livre, vous ne pouvez pas ressentir l'univers qui transpire de ces pages et qui parfois nous donnent à nous aussi des coups de chaud.
J'avoue avoir eu du mal à rentrer dans le roman, trouvant tout exagéré, prenant Jazabel pour une détraquée tout autant que la montre qu'elle transporte avec elle, mais dès son réveil dans cet hôtel extraordinaire, épouvantable, je ne sais même plus comment le qualifier aussi surprenant qu'il est, je n'ai pas pu m'empêcher de tourner les pages pour découvrir ces personnages dignes d'un cabinet de curiosité des temps modernes.
Pascal Bruckner, nous emmène loin, et il faut accepter ce qui ne peut être accepté. Loin de se lire au premier degré, il vous demandera l'effort de vous laisser glisser dans un univers presque parallèle. Des jours qui se ressemblent, des couloirs aussi longs et complexes que les couloirs des métros parisien, un nombre de chambres dépassant le César Palace de Las Vegas, des numéros qui ne correspondent à rien (un étage où les numéros sont des palindrome : 11, 22, 33, 44 et même 310013,...), des chats qui circulent dans des canalisations qui leur sont réservés, et puis le clou du spectacle, les résidents de ce que l'on pourrait qualifié de la basse fosse. J'ai tellement apprécié cet univers complètement décalé aux personnages à la démesure de ce lieu et en particulier La Malinche et La Nourrice.
Cependant, j'ai eu un peu de mal avec le style de l'auteur, qui déjà dans un univers surchargé a choisi le parti-pris de surcharger également sa plume, rendant parfois certaines scènes lourdes, mais au bout de quelques chapitres, on s'habitue.
Quant à la fin du roman, j'ai pu lire certain chroniquer "tout ça pour ça". Et bien non. J'ai deviné la fin précisément à la page 175, pourquoi, je ne peux pas vous l'expliquer, et malgré cela ça n'a en rien gâché mon plaisir, car la fin de ce roman est autant engagé que l'histoire en elle-même. Vous vous attendiez à quoi en fait ?
Merci Patrice, pour ce livre qui t'a séduit et que tu m'as fait partager, tu as bien fait, j'ai pu pour quelques heures lâcher prise, m'évader et reprendre le cours de ma vie …
Lien : http://exulire.blogspot.com/..
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monocle
  05 décembre 2019
Lire Bruckner c'est comme un puzzle. C'est toujours avec une espèce de recul qu'on déballe les pièces en scrutant avec suspicion ce qui pourrait clocher !
Donc Jézabel, fille d'un pasteur protestant amoureux d'horlogerie, se rend à Montréal. Un Boeing rutilant l'attend sur le tarmac. Mais le voyage n'est pas vraiment tranquille, des turbulences créent une panique à bord. Jésabel avale par dépit quelques cachets de sédatifs avec une bière pour échapper un peu à ce cauchemar. Avant de s'endormir elle pense à son père qui disait "Dieu a inventé le temps pour capter le temps et il a inventé le temps pour punir les hommes".
Père est mort maintenant ce qui explique ce voyage mais les morts ne meurent pas tout de suite, ils mettent des années à partir et parfois même ils nous survivent.
Pendant ce temps l'avion commence à peiner dans la tempête, le commandant est contraint de chercher un aéroport de secours au nord des États-Unis et déroute l'appareil pour une atterrissage de fortune. Et voilà les voyageurs devant un guichet où on leur attribue une petite somme d'argent pour la nuit afin d'attendre la fin des intempéries. La jeune femme trouve refuge dans un vieil hôtel aux proportions démesurées, "le Plazza" (avec deux "Z").
C'est dans ce lieu défraîchi, un peu hors du temps qu'un aventure incroyable se déroulera.
Pour être hanté, nul besoin de chambre, nul besoin de maison, le cerveau regorge de corridors plus tortueux les uns que les autres. Si je puis empêcher un coeur de se briser, je n'aurai pas vécu en vain. (Emily Dickinson)
Voici le roman dernier né de l'auteur. J'aime Bruckner, j'aime sa faconde, ce style perfide sans limite ni tabou. Certains disent qu'il a fait commerce du "choquant". Il est vrai que LUNE DE FIEL a sans doute marqué au fer rouge sa réputation. Qu'importe, j'aime la puissance de ses mots et cette curieuse façon d'être grave et léger tout à la fois.
Ici, Grasset publie un roman truffé de passages succulents, une histoire surprenante et une fin habile.
Tout pour enchanter.
A lire gaiement.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   04 octobre 2019
Ce qui unit les humains et les chats, au-delà des caresses, c’est le sommeil. Où qu’ils soient, les petits félins vous invitent à l’assoupissement, dans la chaleur de leur fourrure soyeuse. Pouvoir dormir côte à côte, des heures durant, sans bouger est une forme d’intimité plus profonde que le langage ou les jeux.
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LadybirdyLadybirdy   03 octobre 2019
À partir d’un certain âge, nos parents sont des cadrants vivants qui nous indiquent l’heure de notre décrépitude. Les regarder c’est nous voir trente ans plus tard, anticiper des lendemains chagrins.
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LadybirdyLadybirdy   03 octobre 2019
Il n’est jamais bon de commencer son existence amoureuse par le paroxysme : toute autre joie vous est ensuite insipide.
Commenter  J’apprécie          253
talou61talou61   16 octobre 2018
Le temps n'est pas un jeu, c'est un verdict auquel nul ne peut se soustraire.
Commenter  J’apprécie          100
talou61talou61   19 novembre 2018
Il n'est jamais bon de commencer son existence amoureuse par le paroxysme : toute autre joie vous est ensuite insipide.
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