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EAN : 9782824604497
304 pages
City Editions (07/05/2014)
3.89/5   23 notes
Résumé :

Quant il a commencé son périple en 1955, André Brugiroux avait un rêve : voir tous les pays du monde. Presque soixante ans plus tard, le petit banlieusard sans moyens a accompli l'impossible.

Sur la route, il vit toutes les aventures. Il est emprisonné au Costa Rica, le mur de Berlin se construit sous ses yeux, il rencontre le docteur Schweitzer au Gabon, se rend à Angkor en pleine guerre, prend le Transsibérien au milieu de la guerre froide, ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique

« L'homme qui voulait voir tous les pays du monde » a son titre tout trouvé : c'est l'histoire vraie d'un homme banal qui avait un rêve. Visiter tous les pays du monde ! Un souhait, un besoin plus qu'un pari.

André Brugiroux, l'auteur nomade, nous racontera sa vie, au détour de ses rencontres et ses voyages, au travers des pages de ce modeste livre. D'ailleurs, difficile de déterminer ce que c'est, un guide, une encyclopédie ?

Son périple débutera à l'aube des années 1955 et durera près de 60 ans… Il part à 17 ans avec 10 francs en poche. Il a commencé à une époque où les moyens n'étaient pas les mêmes, où tout n'était pas aussi cher, les gens peut être moins suspicieux, certains tous aussi généreux. Mais nous pourrons aussi constater le progrès ou les régressions de l'être humain. Peut être le moment – accompagné de cette pause actuelle – pour faire le point sur notre vie, nos rêves, nos réels besoins.

Dans ces années là – et même encore aujourd'hui pour certains pays, tout est question d'organisation, et d'autorisations administratives. Vous vous doutez bien qu'il y a 50 ans, toutes les frontières n'étaient pas ouvertes et les conditions d'accès étaient parfois très compliquées. Il faut pouvoir entrer dans tel ou tel pays par connaissance, par invitation ou hasard. Il lui faudra parfois plusieurs aller/retour ou attendre quelques années pour parvenir à rentrer dans certains pays, de l'Europe, à l'Asie, l'Amérique en repassant par l'Europe car un ami lui ouvre les portes, pour ensuite revenir vers l'Afrique. Et comme ça toute sa vie.

En 70 le stop, l'auto stop, le nomadisme, c'était très peu pratiqué, peu envisageable, incroyable, fou ! Qui ose partir à l'aventure ? Et bizarrement aujourd'hui, on trouve hallucinant de voyager ainsi alors que bien des moyens de locomotion sont à disposition et parfois peu chers.

On compare un voyageur-nomade à une personne sans attaches, sans avenir, comme un raté de la société qui ne possède rien qu'un sac à dos et des souvenirs. A l‘heure où aujourd'hui il faut acquérir maison, compte en banque et grosse voiture pour « réussir », il est peut être temps de se poser les bonnes questions.

Le nomadisme est un état d'esprit. On ne le fait pas pour la gloire ou parce qu'on n'a pas de sous pour voyager. On devient nomade par ce qu'on en a besoin. On veut rester libre. On veut réussir notre vie. C'est un énorme voyage intérieur, une ouverture d'esprit qu'on n'apprend pas avec le métro/boulot/dodo. Partie seulement 1 an et demi en mer, j'ai appris sur moi et le monde, bien plus que dans mes 40 ans de « vie d'avant ».

Pour revenir au livre, André Brugiroux nous contera évidement comment il a réussi à entrer dans les pays, mais bien sûr, nous donnera beaucoup d'anecdotes internationales mêlées à l'histoire de notre monde, des frontières. Vous vous en doutez, en 40 ans, il s'en est passé des choses !

• Fin 71, il est un des premiers voyageurs à pouvoir découvrir le Yemen, qui n'accueillait alors aucun touriste. C'est grâce à l'entraide et à des rencontres fortuites durant son périple, qu'il a pu entrer dans ce pays comme un membre d'une famille. Pourtant, pays protégé et non touché par les Trentes Glorieuses, il découvre encore des coutumes moyenâgeuses, où notamment, les femmes ne doivent pas croiser les hommes de la maison. C'est par un malheureux hasard que l'auteur y croise la femme de son hôte : la pauvre n'a d'autre moyen que de relever sa jupe pour se ouvrir le visage.. Charmant dit-il !

• Opposition dans les cultures : au Japon, fragment de la planète Mars échoué sur cette terre, c'est un déshonneur inenvisageable de faire du stop. Par contre, prendre un auto stoppeur est un grand honneur et certains Japonais feront même 700 km pour emmener en voiture André Brugiroux à l'étape suivante de son tour du monde !

• Les excisions des fillettes à Djibouti au moment de son voyage mais encore en pratique de nos jours chez certaines ethnies du Mali, du Sénégal et en Mauritanie..

Bien évidement, parti jeune de chez lui sur les routes de sa vie, son manque de connaissance de certaines coutumes lui valent quelques déconvenues administratives et judiciaires parfois, des passages en garde à vue, des nuitées au niouf. Son pire souvenir, en Afghanistan, où les soldats incultes ont l'arme particulièrement facile, les habitants peu enclins à l'hospitalité.. Assurément un pays superbe mais habité par le peuple le plus rustre qu'il lui ait été donné de rencontrer.

A l'opposé avec les Philippins, le peuple le plus gentil du monde..

Vous l'aurez compris, mon retour de lecture n'est une infime partie de ce livre-témoignage : « L'homme qui voulait voir tous les pays du monde » est un recueil d'anecdotes, d'histoires vécues au plus proche de l'humain et l'évolution de notre monde. le tout dans une plume qui se veut très facile, imaginez vous un soir autour d'un bon feu et quelques amis qui vous racontent leur voyage..

Bizarrement, moi qui ai le sang de baroudeuse, je n'ai pas été envieuse. Certainement « le trop » de pays. Bien que ce soit sur plusieurs années, le livre lui ne défile que sur 200 pages rendant la lecture assez dense. Les informations fusent au rythme des pays visités. Les anecdotes médicales, les bons moments chez les locaux, les galères rencontrées aux douanes, tantôt comique comme en Ethiopie, tantôt tragique comme en Afghanistan.

Et je crois que c'est ce trop plein qui m'a étouffé. Malgré tout, je sais que lorsqu'on voyage, on aimerait raconter aux autres, tout ce que l'on a vécu. Trop ou trop peu, difficile de faire le choix et de résumer toute une vie dans seulement 200/300 pages.

Alors je parlerais tout de même de ce lire témoignage en positif : il est bon de le lire, de s'imprégner de toutes ces richesses que nous offre le monde, le partage et les rencontres avec l'humain. Surtout en ce moment..

Je vous spoile carrément mais oui, André Brugiroux a bien visiter Tous les pays du monde et son périple s'est achevé en 2016. Certes, il n'y était pas en club 5 étoiles à chaque fois, mais il a tout de même traversé les états administratifs de tous les pays de notre globe.. quoique.. Lorsque j'ai lu le livre, il y a quelques mois, l'auteur approchait des 83 ans et il ne lui restait que l‘Archipel des Chagos dans l'Océan Indien. Absolument impossible d'y aborder car les Américains y ont établis la plus grosse base militaire au monde, elle reste néanmoins accessible par la mer par des navigateurs qui arrivent à y faire escale. Si par hasard des voileux passent sur ce blog… !


Lien : https://felicielitaussi.word..
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Il y est parvenu, il est allé dans tous les pays du monde ! à 76 ans, sa "soif du monde demeure intacte"... Son "plaisir du voyage est toujours aussi intense. Pas blasé, le mec."

C'est une amie lectrice qui m'a conseillé cet ouvrage, et je ne le regrette pas. André Brugiroux, qui a déjà publié "La terre n'est qu'un seul pays" semble le premier, et le seul a voir réalisé cet exploit, sans dépenser plus d'un dollar par jour en règle générale. Il nous parle de ses aventures, bonnes ou mauvaises, pas forcément de façon chronologique, mais avec un certain recul. En le lisant, je viens de faire une sorte de tour du monde, et de notre époque. Tout n'a pas été facile, mais il a toujours cru en sa bonne étoile et fait confiance à ceux qu'il a croisés sur son chemin. Il est devenu un adepte de Baha'u'llàh (1817-1892, ignorante que j'étais, je viens de le découvrir)

J'oubliais, "il me reste un blanc sur ma carte, dans l'océan indien, et ça me chiffonne" dit-il en terminant son livre : l'Archipel des Chagos. Il lance un dernier cri : "ö lecteur. Y aurait-il un skipper ou un skippeuse dans le port pour m'y conduire ?"

Avis aux amateurs, de récits, et de voyages !

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S'il est un homme qui peut se targuer d'avoir réalisé, adulte, tous ses rêves d'enfant, c'est bien André Brugiroux. Surnommé « le pape des routards », il a d'abord bouclé en dix-huit ans d'auto-stop, bateau-stop et autres subterfuges peu onéreux, un incroyable tour du monde. Puis au fil des ans, des occasions et des conférences, il a réussi à poser son sac dans presque tous les pays du monde. Seule, l'Arabie Saoudite s'est longtemps refusée à lui, mais, il a réussi récemment, grâce à un concours de circonstances quasi miraculeux, à accrocher ce dernier trophée à son tableau de chasse de globe-trotteur ! Et tout ça, à raison d'un seul dollar par jour, sans jamais devoir payer pour coucher à l'hôtel (sauf quand c'était absolument obligatoire comme en URSS ou en Corée du Nord), sans se munir du moindre canif (en signe de non-violence assumée), ni d'une simple gourde même en plein désert (pour toujours devoir s'en remettre au bon vouloir de l'Autre).

« L'homme qui voulait voir tous les pays du monde » est un témoignage passionnant et époustouflant de toute une vie passée sur les chemins dans une quête assez unique de cette totalité de voyages qui vise le Livre des Records et frise un tantinet la monomanie. En effet, il reste à Brugiroux un lieu non visité, les îles Chagos, base militaire US vidée de ses habitants. Lire ces aventures permet d'apprendre pas mal de choses sur la réalité de pays dont le lecteur n'a souvent qu'une idée faussée par la présentation tendancieuse qu'en font nos médias. Que de péripéties, que de dangers, que de rebondissements, que de souffrances pour arriver à pareil résultat. L'auteur en tire la leçon suivante : « La terre n'est qu'un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens », précepte proclamé par Bahà'u'llàh, fondateur d'une religion universelle dérivée de l'Islam et prônant un idéal de paix par la gouvernance mondiale. Ouvrage que l'on conseillera aux amateurs d'aventures loin des sentiers battus touristiques, aux rêveurs de grands espaces, tout en se permettant deux petits reproches. Bien des lieux mériteraient de plus amples développements. L'auteur aurait pu en profiter pour réduire la durée de ses prêchi-prêcha baha'istes un brin lassants. L'enfer « mondialiste » est pavé de si bonnes intentions…


Lien : http://www.bernardviallet.fr
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Sa vie pourrait-être un roman d'aventure, il a visité plus de 200 pays..

Et quels périples !

Il apprend plusieurs langues, rencontre de nouvelles connaissance qui pour certains deviendrons des amis.

Il sera tenté, par la richesse, l'amour, etc. Mais il réussira à continuer malgré tout son rêve d'enfant, visiter tous les pays du monde, et sa question : "Les hommes, seront-ils un jour capables d'établir la paix sur terre ?". Savoir si la paix est possible..

Un grand témoignage sur des voyages ceux d'un homme qui n'a pas abandonné son rêve d'enfant..

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Une formidable aventure humaine sur plusieurs dizaines d' années. Un formidable périple autour du monde que tout voyageur rêverait de faire. J'ai parcouru avec vous Mr BRUGIROUX, à travers votre récit un tour du Monde inestimable, avec une formidable philosophie. Merci et j'espere que vous pourrez encore compléter longtemps les petits morceaux manquants.

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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation

La minute qui compte dans le désert pour votre bourlingueur, c'est celle de la première gorgée de thé après une journée éprouvante de piste. De ce thé brûlant avalé assis sur le sable chaud en écoutant crépiter un feu d'épineux. Minute rédemptrice. (p.240). extrait du carnet de route du 5 mars 1979.

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L’Inde démunie est une cour des Miracles portée à la puissance 10, et Calcutta est la capitale de cette diaspora des oubliés de la création. Comme il est difficile de demander à un pays, où un dixième de la population vit, couche et meurt dans la rue, d’ouvrir ses portes à l’étranger de passage, je me retrouve à plusieurs reprises dans l’obligation de dormir moi-même sur le trottoir, au milieu de familles entières dont certaines, complètement nues, n’ont même pas un reste de haillon pour protéger leur intimité, rien que la crasse.

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... je m'installe quelque temps à San Francisco, où je vis parmi les hippies pour découvrir qui ils sont vraiment.

Non sans une certaine appréhension d'ailleurs, car ils sont alors présentés par la presse américaine unanime comme de dangereux trouble-fêtes. Allons donc ! Ce sont juste des boulons à tête ronde dans un monde exclusivement formaté pour des boulons à tête carrée, à qui toute réflexion sur le fonctionnement de la machine infernale chère à Charlie Chaplin semble interdite.

- Moi, je ne peux pas me perdre, me lance un jour l'un de ces chevelus du Haight-Ashbury, parce que je ne sais pas où je vais ! (p.106-107)

(propos recueillis en 1969)

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Djibouti (…) : Après qu’on a excisé les fillettes d’un coup d'ongle, on leur suture les lèvres portées à vif avec des aiguilles d’acacia afin qu’en cicatrisant elles se soudent (ne laissant qu’une petite ouverture pour que l’urine et les menstruations puissent s’écouler). Tout ceci sans la moindre anesthésie, bien sûr. Au mariage, un coup de silex ou de couteau pour rouvrir, et la mariée est prête ! Bonjour l’amour. À chaque accouchement, il faut rouvrir également. Une femme peut ainsi subir plusieurs ré-infibulations et dés-infibulations au cours de sa vie.

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Alors, je me jette dans la gueule du loup et passe au Cambodge.

Là, tout n'est que chaos et larmes.

Tous ceux qui ont 16 ans révolus circulent avec une arme. Et s'en servent !

Persécutions, vengeances personnelles, massacres, les horreurs de la guerre se repaissent ici comme ailleurs de la bêtise humaine, et les corps gonflés glissent à n'en plus finir sur le Mékong.

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Video de André Brugiroux (1) Voir plusAjouter une vidéo

André Brugiroux
Jacques CHANCEL s'entretient avec André BRUGIROUX, écrivain, voyageur pourquoi il a fait le tour du monde, sa quête spirituelle, a visité 135 pays, les langues qu'il a apprises, explique les deux périodes de son voyage, son livre La Terre n'est qu'un seul pays, raconte ses aventures de voyage en stop, a abandonné l'idée de créer une famille. A fait de la prison, ce que lui a appris le...
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