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ISBN : 2253258296
Éditeur : Le Livre de Poche (02/01/2019)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 120 notes)
Résumé :
En rentrant chez lui un vendredi après-midi de tempête de neige, après une journée à l'université privée de Chosen où il enseigne l'histoire de l'art, George Clare trouve sa femme assassinée, et leur fille de trois ans seule dans sa chambre. Depuis combien de temps ? Huit mois plus tôt, il avait fait emménager sa famille dans cette petite ville étriquée et appauvrie (mais récemment repérée par de riches New-yorkais à la recherche d'un havre bucolique) où ils avaient... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  22 mai 2018
Située dans l'état de New York, la vieille ferme laitière des Hall, rachetée par un jeune couple de New-yorkais, restera un lieu irrémédiable de douleurs et de chagrins pour les deux familles.
Après la faillite des Hall et le drame qui s'en est suivi, les Cale qui ont toujours fait ce que l'on attendait d'eux, s'étant mariés ayant eu une fille et pris leur place dans la société, quittent New York pour s'installer à la campagne. C'est son idée à lui, elle a suivi. Ensuite, comme damnés par les mauvaises ondes de la maison, leur histoire va se confondre pour le pire à celle des anciens propriétaires.
Illusion du mariage et de l'amour, recherche d'une transcendance, place des femmes, maternité et paternité, poids du passé, foi, Dieu, mort, dans ce roman remarquable dans sa construction comme dans son expression, et en tout point envoûtant, l'auteure aborde des sujets essentiels. On en oublie presque que les personnages sont américains tant leur histoire, pourtant à classer dans les faits divers, pose des questions existentielles qui font sens pour tout un chacun.
« Une chose à savoir à propos des maisons : c'étaient elles qui choisissaient leurs propriétaires, et non l'inverse. Et cette maison les avait choisis, eux. »
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
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nameless
  29 septembre 2018
Depuis 1790, les Hale ont toujours exploité leur ferme, leur laiterie et cultivé leurs terres, celles de leurs pères, grands-pères et de tous les hommes qui les ont précédés, jusqu'à ce funeste jour de 1978, où ruinés par la crise, réduits à la misère, les parents de Cole, Wade et Eddie Hale, choisissent de mettre fin à leurs jours, laissant leurs 3 jeunes fils seuls au monde. Le malheur des uns fait le bonheur des autres, en l'occurrence d'un couple de jeunes New-Yorkais aisé et avide de retour à la campagne, qui achète pour un prix dérisoire cette ferme que plus personne n'a les moyens de faire prospérer. Catherine et George Clare, leur fillette de 3 ans, Franny, s'installent, mais le destin est cruel dans cette maison sinistre car en 1979, Catherine périt dans son lit, une hache plantée dans la tête.

Cette duplication dramatique pourrait être le point de départ d'un excellent thriller mais Elizabeth Brundage pulvérise cette étiquette littéraire réductrice pour offrir au lecteur un grand roman, une fresque qui sur une trentaine d'années et en alternant les points de vue, retrace l'histoire tragique de deux familles, dont les liens imbriqués émergent lentement, au sein d'une communauté étriquée.

Ce sont bien les angles morts, ces zones sans visibilité, inaccessibles au champ de vision, qu'explore l'auteure au cours de ces 512 pages denses, au style parfois lyrique, à la poésie rugueuse, pour en extorquer des éclats de vérité. Qui a tué Catherine ? Qui est George, son mari ? La première est l'archétype de ces jeunes filles élevées dans la perspective de faire d'elles de bonnes épouses, des mères dévouées capables de s'accommoder de tout. Le ménage, le jardinage et les enfants leur font oublier leurs petits coups de cafard. Le sexe leur permet d'amadouer leur mari. En tant que catholiques, elles ont leurs propres traditions volontaires et le déni en fait partie. Le second représente le mâle dominant sûr de lui, arrogant, égocentrique, séducteur, manipulateur, féru de peinture, en particulier de l'Ecole de l'Hudson River. Il a fait sienne cette maxime de George Inness « la beauté dépend de ce qu'on ne voit pas, le visible de l'invisible ». Mais au delà des apparences, il est surtout un imposteur déguisé en prof d'université. Le lecteur découvre petit à petit que sous le masque de la respectabilité, derrière la façade du couple uni, existe une réalité plus triviale et violente.

Roman parfait qui hisse d'emblée, avec ce premier ouvrage traduit en français, Elizabeth Brundage au rang des grands auteurs, Dans les angles morts est le roman des choix et des erreurs, des destins brisés, des ambitions déçues, de la foi remise en cause, des fantômes qui hantent les vies et parfois les maisons, de la folie. Tous les personnages sont complexes, ambigus, ambivalents, les portraits de femmes, Catherine, Judith, Mary, Willis, sont criants de vérité dans leur crû réalisme. A découvrir, absolument.
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Ladybird123
  01 octobre 2018
Après un début de lecture assez laborieux le temps de placer le cadre, j'ai manqué d'abandonner, les critiques des uns et des autres m'ont bien encouragée à poursuivre. Et j'ai bien fait!
Dans les angles morts se terrent les fantômes des morts assassinés dans la même bâtisse. Dans les angles morts, il y a aussi les mystérieux recoins poussiéreux de l'âme humaine.
Un jeune couple new-yorkais emménage dans une vieille ferme qui peinait à se vendre tant son héritage est lourd: deux morts et trois garçons orphelins.
Dans les non-dit abrupts des murs, le couple Clare emménage pour le meilleur et pour le pire aussi.
On va suivre dans ce roman presqu'à la trace, Catherine, l'épouse qui voit les fantômes, l'épouse peu aimée et considérée. Georges son époux est un homme sans foi ni loi, qui fait strictement ce qu'il veut.
L'histoire débute sur un meutre.
Elle se poursuit sur un brassage de portraits fouillés des personnages qui tournent autour de ce meutre, dedans et dehors cette maison aux angles morts.
Sur fond de thriller, de drame psychologique, de saga familial, ce roman est subtilement et intelligemment agencé. Des phrases précises, du mystère, une tension à demi mot et un portrait de femme ricochant sur le miroir de notre société.
La fin est très subjective et laisse un petit goût d'inachevé, de précipité. Mais l'ensemble est une vraie réussite.
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horline
  25 février 2018
Un meurtre, deux histoires de familles frappées par le malheur qui se contaminent mutuellement, des révélations inquiétantes, une ferme froide et désolée...les germes d'un thriller ? Sans aucun doute. Mais Elizabeth Brundage a signé un roman autrement plus étrange dans sa construction qui se cabre face aux canons du genre.
Pas d'enquête policière ou bien anecdotique, l'auteure nous donne les clés pour mener nous-même l'enquête. le mari de l'épouse assassinée est le coupable idéal au fur et à mesure que l'auteure pointe du doigt les zones d'ombre laissées à plus tard et parfois jamais résolues dans ce qui apparaît comme un mariage dysfonctionnel.
Mais des personnages secondaires presque autonomes, les interminables défaites de l'épouse , la trouble densité ainsi que l'âpre lucidité de l'écriture font de ce récit moins un jeu de piste qu'un roman habité. L'auteure américaine nous laisse bien souvent en suspens dans l'épaisseur du silence au coeur d'une tragédie mutique.
Aucun élément n'est laissé au hasard. le lieu du meurtre est hanté par le drame vécu par la famille qui occupait précédemment la ferme : un mariage à la dérive laissant trois orphelins fait de l'endroit le lieu propice pour héberger des histoires sombres et terrifiantes.
Ainsi, ce n'est pas tant l'intrigue ou le dénouement qui ont retenu mon attention, mais les quelques éclaircissements lâchés par E. Brundage qui ne contribuent en fait qu'à l'épaisseur des mystères et des personnages. En particulier le personnage du mari, professeur d'université dont les secrets personnels et professionnels donnent à lire le portrait d'un homme que l'écriture échoue à expliquer. Et c'est peut-être là le plus remarquable dans ce roman. L'auteure a choisi habilement de nous placer au plus près de cet homme guindé et imperturbable, suffisamment proche pour réduire notre champ de vision, de certitudes et avoir un regard oblique sur les quelques ténébreux aperçus que dissimule l'histoire.
Pour orchestrer la somme imposante des zones d'ombre et des secrets, l'auteure ne pouvait pas faire l'impasse sur une construction lente pour reconstituer les faits et faire prendre conscience des quelques dissonances qui perturbent à peine la force tranquille de ce roman.
Si bien que le récit peut apparaître un peu froid et long à s'installer. Je n'ai pas éprouvé de lassitude mais je dois avouer qu'au début je me suis demandée où est-ce que l'auteure voulait m'emmener.
J'ai été impressionnée par la puissance narrative de ce roman malgré la fin décevante. Autant le récit obéit à une construction lente et minutieuse autant le dénouement m'est apparu précipité, trop évident et démonstratif. La qualité de prof de cinéma n'est peut-être pas étrangère à cette fin.
Roman austère et captivant sur l'ambiguïté des êtres.
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tynn
  16 février 2018
Un coup de coeur ! Un roman complexe et addictif.
Je me dis cela souvent, en refermant des romans d'auteurs américains : il n'y a qu'eux pour raconter ce genre d'histoire, avec cette puissance romanesque assumée.
Après 4 générations, la ferme Hale est vendue pour dettes, laissant orpheline une fratrie de jeunes hommes, suite au double suicide parental. Et le malheur colle à la peau des murs quand le meurtre s'invite au sein du nouveau couple de propriétaires. De là à imaginer un esprit malin de tragédie occulte.
L'accroche « thriller » est faite mais, en dépit d'une quête de vérité qui tient le lecteur en attente, le coupable est évident dès le départ. L'essentiel est ailleurs, dans la fine analyse psychologique de tous les intervenants d'une petite ville où chacun se connaît ou se situe, où les convenances structurent les relations de voisins, bien que personne ne soit dupe et que les ragots aillent bon train.
En marge de la tragédie de deux familles, les histoires s'entrelacent de chapitre en chapitre, instillant peu à peu une ambiance triste, éreintée, violente, de mensonges et duplicité, où les personnages se dévoilent dans leur complexité, où l'intimité des couples mal assortis se lézarde. Une atmosphère provinciale de middle class ou de pauvreté rurale.
Il y a peu de douceur et de bonheur dans cette chronique villageoise à la Hitchcock, où chacun doit vivre avec ses choix et ses erreurs, et voir ses enfants porter le poids des aînés, en fuyant dans la drogue, la guerre ou la haine de soi.
Un livre approfondi, puissant, aux personnages travaillés, repoussant ou attachants, à la construction ciselée qui tient en haleine jusqu'aux dernières pages.
Pas léger du tout, mais j'ai vraiment beaucoup aimé.
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critiques presse (1)
LaCroix   19 janvier 2018
L’Américaine Elizabeth Brundage tresse un roman noir et psychologique avec l’histoire de deux familles aux destins tragiques, dans une ferme isolée de l’État de New York.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
mumubocmumuboc   05 janvier 2019
La ferme n'a jamais cessé de chanter pour nous, ses familles perdues, ses soldats, ses épouses. Pendant la guerre, quand ils vinrent avec leurs baïonnettes, forçant la porte, montant l'escalier dans leurs bottes sales. (...) Puis il en vint d'autres - ils furent nombreux - qui prirent, arrachèrent et pillèrent (...) Ne laissant que les murs, les sols nus. Le cœur battant dans la cave. (p12)
Commenter  J’apprécie          40
namelessnameless   29 septembre 2018
Ça devait être chouette, pensa-t-il, de sortir du lit un matin d'été et de piquer une tête dans cette piscine. Il se demanda ce que ça faisait d'être riche. Il lui semblait injuste que certains puissent vivre comme des rois alors que d'autres habitaient dans des baraques pourries comme la vieille ferme.
p. 71
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JIEMDEJIEMDE   25 octobre 2018
Le Caravage ? Un peu.
L'un des plus incroyables peintres de l'Histoire. Il engageait des prostituées pour lui servir de modèles et transformait ces putes vulgaires en vierges à joues roses. Il y a une certaine justice émouvante là-dedans, tu ne trouves pas ? Même la Madone avait un décolleté.
Commenter  J’apprécie          190
palamedepalamede   23 mai 2018
... les maisons sont pareilles à des enfants, elles n'oublient pas les mauvais traitements qu'on leur inflige.
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scarlett12scarlett12   25 août 2018
Mary dit toujours que les maisons sont pareilles à des enfants, elles n'oublient pas les mauvais traitements qu'on leur inflige.
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Videos de Elizabeth Brundage (6) Voir plusAjouter une vidéo
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