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EAN : 9782912601391
275 pages
Editions Sciences Humaines (11/05/2006)
3.42/5   12 notes
Résumé :
Le tourisme transforme une partie de la planète en un immense parc d'attractions. Un Disneyland grandeur nature, où les geysers jaillissent à heures fixes, les centres-villes deviennent des décors de cinéma, les îles "désertes" et les forêts "sauvages" des lieux parfaitement aménagés pour jouer les Robinson ou les Tarzan. Faut-il s'en affliger ? Pas forcément : nous sommes tous des touristes, un jour ou l'autre, même si nous nous en défendons. Et parce que nous somm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
YvesParis
  22 septembre 2012
Sylvie Brunel est une figure connue du monde du développement. Elle doit sa notoriété aux nombreux ouvrages que cette géographe de profession a consacrées depuis une vingtaine d'années au Tiers-monde en général et à l'Afrique en particulier. Elle la doit aussi autant à sa retentissante démission de la présidence d'Action contre la faim (ACF) qui lui avait inspiré en 2005 un roman à clés "Frontières" où elle dénonçait avec humour les dérives de l'action humanitaire. Elle la doit enfin et peut-être surtout à son ex-mari, Eric Besson, dont elle a récemment divorcé avec fracas.
On retrouve la même alacrité dans son dernier ouvrage dont le titre pouvait laisser augurer un essai sur la mondialisation du tourisme. En fait, l'auteur relate surtout un tour du monde en famille réalisé avec l'époux dont elle n'était pas encore séparé et leurs trois enfants en quarante jours de l'Australie au Brésil, en passant par la Polynésie française et la Colombie britannique. Cette odyssée est racontée avec beaucoup d'humour et de simplicité. Les situations que décrit Sylvie Brunel nous ont à tous été familières un jour ou l'autre : les difficultés à trouver le site trois étoiles recommandé par le guide, les fouilles inutiles dans les aéroports, les enfants dont la mauvaise humeur trouve son seul antidote dans la consommation effrénée de jeux électroniques.
La narration de ce voyage laisse trop peu de place à une analyse pourtant stimulante car hétérodoxe du phénomène touristique. A contre-courant d'une critique politiquement correcte du tourisme, destructeur des espaces naturels et des cultures indigènes, Sylvie Brunel réhabilite cette activité humaine dont l'impact économique est plus important que les flux d'aides au développement de nombreux pays du Tiers monde. Certes tout n'est pas rose : « le tourisme est une machine à niveler, qui façonne la planète » et qui « sanctuarise la machine et disneylandise la culture » (p.10). Les touristes sont brinquebalés d'un parc d'attractions à un autre où on leur vend, souvent fort cher, l'illusion d'un contact authentique avec des « forêts vierges mais aménagés », avec des « peuples primitifs mais accueillants » (p.255).
Mais – c'est le point central de l'argumentation de l'auteur – la conscience de cette disneylandisation du monde est son plus efficace remède. S'accepter comme touriste, cet « être forcément moutonnier, imbécile et dont il est convenu, entre gens biens de moquer le ridicule » (p. 259), plutôt que chercher coûte que coûte à voyager autrement, est peut être la façon la moins prétentieuse de découvrir le monde
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vdujardin
  26 avril 2012
Un récit enlevé, qui décrit avec humour certaines situations : les douaniers de Nouvelle-Zélande et d'Australie qui traquent toute entrée de plantes et d'animaux pour protéger les leurs, ceux des Etats-Unis complètement paranoïaque, les hôtels réservés à l'avance, parfois douteux comme à Los Angelès. La nature manipulée, comme ces geysers que l'on fait jaillir en Nouvelle-Zélande avec une poignée de lessive, la nature pour laquelle il faut payer, y compris le parking, la nature mise en scène, disneylandisée, vendue bien propre au touriste. le passage sur la barrière de corail est savoureux... le choix des Australiens est d'en sacrifier quelques points, usines à touristes (encadrés) et de protéger le reste. Et les populations locales? Ne seraient-elles parfois pas moins considérées que la faune et la flore à protéger absolument? Certains profitent de la manne des touristes (qui injectent plus d'argent que les ONG), beaucoup ne sont pas dupes du spectacle mis en scène, certains sont chassés de chez eux pour laisser la place aux touristes...
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Conte_magique
  29 décembre 2020
Cet essai de Sylvie Brunel se lit très bien. Elle nous ouvre les yeux sur les paradoxes et les injustices de l'industrie du tourisme. le titre est tout trouvé! Sa plume est savoureuse et pleine d'humour, un vrai plus à la lecture de ce sujet néanmoins très sérieux.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   08 janvier 2019
Bora Bora est un mythe. Le symbole du paradis sur terre. Son nom seul, une invitation au voyage, sauf peut-être lorsqu'on le prononce à la tahitienne (Bourrrâa). Gauguin, Brel, ma grand-mère, ils sont nombreux, ceux qui nous ont bercés de l'éden polynésien. Et nous voici dans l'avion d'Air Tahiti qui nous emporte vers l'île la plus célèbre du monde. La vue depuis le hublot conforte la carte postale : Moorea, Huahine, Raïetea, Tahaa, une succession d'atolls dans une mer turquoise, comme si on feuilletait un opus imaginaire de Yann Arthus-Bertrand, intitulé 'Le Rêve vu du ciel'. évidemment, comme Bora Bora incarne l'apothéose, l'acmé, l'archétype des îles à cocotiers sublimes, nous en avons fait notre unique escale polynésienne.
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DanieljeanDanieljean   08 janvier 2019
Le tourisme crée ainsi des lieux ou les sauve de l'oubli alors qu'ils étaient condamnés au déclin : Salvador de Bahia, comme Bruges ou Venise, bien qu'elles aient perdu leur fonction marchande, son devenues des attractions mondiales ; les marécages de Floride servent désormais de cadre aux plus grands parcs d'attractions du monde avec Disneyworld et Universal ; la Camargue et le littoral languedocien, zones répulsives et infestées de moustiques, ont été aménagés en hauts lieux touristiques. Mais c'est au prix, à chaque fois, de leur transformation en décors. La touristification modifie non seulement les paysages mais l'âme des lieux.
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DanieljeanDanieljean   08 janvier 2019
Il n’est pas certain que la disneylandisation offre une solution durable au problème de la pauvreté.
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DanieljeanDanieljean   08 janvier 2019
Etre qualifié de touriste est une injure.
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DanieljeanDanieljean   08 janvier 2019
Le touriste, c’est toujours l’Autre
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Videos de Sylvie Brunel (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvie Brunel
Avec Sylvie BRUNEL, professeure à Sorbonne Université, ancienne présidente d'Action contre la Faim
Les confinements ont donné des envies de nature aux citadins du Nord, faisant naître un nouvel engouement pour la ruralité. Pourtant, le travail paysan a toujours été vécu comme pénible, précaire. Au nouvel exode urbain des pays riches s'oppose la poursuite de l'exode rural au Sud. L'agriculture mondiale se trouve ainsi à un tournant : qui cultivera demain la terre et comment ?
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