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ISBN : 2954516313
Éditeur : Signes et balises (01/09/2013)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
"De son visage, de son corps, après tant d'années, j'ai presque tout oublié. J'avais une seule photo de lui, il y a longtemps que je l'ai perdue. C'était une photo de groupe, prise au cours d'une des rares patrouilles que nous ayons menées ensemble pendant mon bref séjour à Rio Salado. Son visage s'y fondait en profil perdu sur l'horizon flou des collines; seule sa main droite, posée bien à plat sur le chargeur du pistolet-mitrailleur, parvenait, quand je regardais ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Jerry_Can
  11 février 2018
De son service national effectué en Algérie entre 1961 et 1962, Pierre Brunet aurait pu conserver en mémoire le bruit des pistolets mitrailleurs, la chaleur écrasante des nuits d'été dérangées par les cris des chacals, le chaos ambiant aux portes de l'indépendance. Bien sûr, les attentats menés par l'OAS, les clameurs du FLN, les assassinats, les incendies, les affrontements entre colons et musulmans et les morts ne quitteraient jamais son esprit. Pourtant, le souvenir qui le hantera durant des années, au point de devoir le coucher sur le papier, de le ceindre de ses mots, sera celui d'un homme, Daniel V. qu'il n'aura côtoyé pas plus de trois semaines. Un temps bien court pour raconter cet engagé affecté au commandement d'une petite unité de Rio Salado, au sud d'Oran. Pour dissiper les zones d'ombres de ce peu de jours partagés avec Daniel V., Pierre Brunet enjolive, réinvente et comble avec pudeur et respect sa méconnaissance de celui qu'il ne parviendra jamais à oublier. La fin du conflit algérien interdira à Daniel V. de se distinguer par des faits d'armes. Si l'on torture encore, si l'on succombe aux balles, l'avenir de l'Algérie se profile déjà. Daniel V obsèdera donc l'esprit de l'auteur pour d'autres raisons. Cet être taiseux, d'une sensibilité telle que ses silences ne peuvent la dissimuler, saura le toucher pour l'humanité transparaissant au-delà de son apparente froideur et pour des actes qui, s'ils ne s'inscrivent pas dans les pages de l'Histoire, auront marqué suffisamment un homme pour des années. Daniel V. sera aussi le dernier mort de cette guerre et son décès ne sera pas moins bestial et absurde que la guerre qui l'aura provoqué.
A sa façon, Pierre Brunet lui rend un bel hommage, en l'évoquant dans ce court et émouvant ouvrage. Il invente certains passages clefs de sa vie à partir des bribes de rares conversations partagées avec lui. le temps de quelques pages, Pierre Brunet troque l'exotisme de l'Afrique pour une maison d'enfance, dans la campagne de Chablais, entourée de rosiers, pour une adolescence nourrie d'escapades nocturnes, pour les yeux d'une jeune femme regardant celui qu'elle aime partir à la guerre.
Une oeuvre puissante. Un portrait sensible et maîtrisé. Une rencontre sincère entre deux êtres expatriés sur une terre à bout de souffle.
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OlivierBass
  07 juillet 2014
C'est un grand court roman. Un portrait en touches de peinture. L'histoire d'une certaine amitié, aussi.
C'est un roman d'une grande musicalité, à lire à voix haute, ou à écouter, d'une délicatesse extrême.
C'est un roman qui, comme un ami perdu, nous hante longtemps après que la dernière page a été refermée.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Jerry_CanJerry_Can   10 février 2018
Sa voix blanche ne trahit aucune émotion, mais sa main éclairée sous la lampe, par de petites contractions, conserve et transmet la mémoire de ces moments que la parole de Daniel V. semble avoir du mal à distinguer, celui où la main de Sanchez se détend dans la sienne qui la retient, celui où le vieil arabe le regarde et où il tire. Ces deux moments se superposent et se fondent dans sa parole, c’est seulement en restant attentif aux contractions de sa main que je parviens à voir distinctement ces deux scènes, qu’elles se fixent pour moi, pendant qu’il parle cette nuit-là, et depuis, toujours.
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