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Critique de Osmanthe


Osmanthe
  26 octobre 2015
Nouvelle incursion pour moi, après des textes de Spinrad, Aldiss et Blish, dans la sympathique collection de science-fiction dyschroniques éditée par le Passager clandestin.

Cette longue nouvelle de John Brunner, grand auteur de science-fiction britannique des années 1960 à 80, met en scène le Dr Max Harrow, qui a perdu très tôt son fils Jimmy, mort d’une maladie très rare, l’hétérochylie (semble-t-il inventée par l’auteur) : un composé présent dans les graisses alimentaires facilement digéré habituellement se retourne contre l’organisme pour le détruire et provoquer rapidement la mort des malades.
Une nuit, Max fait un cauchemar où il voit une phalange humaine coupée. Au réveil brutal, un clochard vient échouer devant chez lui. Il est malade…il souffre lui-même d’hétérochylie et porte une phalange coupée sur lui.
Ce clochard, qui se nomme Smiffershon, parle une langue inconnue, qu’une linguiste dépêchée pour étude identifiera comme dérivée de l’anglais…Mais comment se fait-il que cet homme résiste depuis si longtemps à la mort en souffrant d’hétérochylie ? Pourquoi est-il fortement radioactif, alors que Max sait que la maladie est développée dès la naissance par une radioactivité présente dans le fœtus…et que dans les années 1920, période de naissance de Smiffershon, avant l’ère du nucléaire civil et militaire, il ne pouvait y avoir une telle concentration de radioactivité dans un organisme vivant ?
Max, obsédé par son enquête et s’absentant trop souvent à cette fin, provoque la colère et les soupçons de sa femme, qui dans une dispute lui coupe accidentellement une phalange...la même que dans le rêve...
A la suite, Max est saisi d’effroi lorsque, refaisant à nouveau le même cauchemar, il y revoit la phalange initiale…tenue par le clochard !
Dès lors, Max va échafauder une hypothèse glaçante sur l’origine de ce clochard, sur son passé…qui pourrait bien être notre avenir…Sera-t-il compris de sa hiérarchie ? Est-il fou, paranoïaque ? Le sort de l’humanité est-il vraiment en jeu, et si oui, jusqu’où ira Max pour empêcher le pire ?

Cette nouvelle de 1963 préfigure déjà les thèmes chers à l’auteur, préoccupations écologiques, messagers venant du futur, explorations des méandres de la psychologie humaine…elle m’a fait penser à son roman « A l’ouest du temps » que j’avais beaucoup aimé.
Un bon texte, alliant bonne qualité de style, suspense, rebondissement surprenant et brutal, final semi-ouvert qui laisse volontairement le lecteur sceptique, libre de ne pas se laisser convaincre par la dernière hypothèse avancée…
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