AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

Alain Brossat (Traducteur)
EAN : 9782020330350
277 pages
Seuil (21/11/1997)
4.24/5   78 notes
Résumé :
En 1937, fuyant le nazisme, Margarete Buber-Neumann se réfugie en compagnie de son mari à Moscou. Accusée de "déviationnisme," elle est déportée en Sibérie, puis livrée à la Gestapo, et déportée à Ravensbrück. c'est dans ce camp qu'elle rencontre Milena Jesenska, journaliste inspirée, communiste, amie et lectrice de Kafka, avec laquelle elle noue bientôt une amitié qui passe outre à la terreur du camp. Milena mourra à l'infirmerie du camp, le 17 mai 1944. pour dire ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique

C'est un livre bouleversant, poignant.Celui de l'amitié guidant notre découverte d'une femme au caractère fort et particulier, une femme fascinante, qui fut l'égérie de Kafka: Milena, racontée par l'auteure.

Découverte aussi de l'univers tchèque, au moment de la montée du nazisme.De la volonté de destruction des auteurs engagés et de ceux qui militent contre le danger du totalitarisme.

Milena et Margarete trouveront dans leur amitié une force les aidant à survivre aux camps de concentration, elles puiseront en elles des capacités de résistance et d'entraide qui forcent l'admiration.

Ce livre est un beau témoignage d'une amitié sans failles.

Commenter  J’apprécie          213

Margarete Buber-Neumann, communiste et épouse d'un dirigeant communiste allemand, a été emportée par les courants monstrueux de l'histoire du XXème siècle. Réfugiée à Moscou après le triomphe de Hitler dans son pays, elle fut condamnée et envoyée dans un camp de travail soviétique, avant d'être livrée aux Nazis par Staline, en 1940. Incroyable ! Elle se retrouva internée au camp de Ravensbrück, où elle réussit à survivre. Plus tard, lors de la défaite allemande, elle réussit à échapper à l'Armée Rouge.

Mais c'est à Ravensbrück qu'elle rencontra une autre déportée, Milena Jesenská, de nationalité tchécoslovaque. Cette femme en tout point remarquable, qui exerça le métier de journaliste et fut l'amie de Franz Kafka, eut une relation intense avec Margarete Buber-Neumann, dans les conditions terribles du camp de concentration; Milena y est morte d'épuisement en 1944. L'auteur consacre à cette femme ce long livre, particulièrement riche et émouvant. Comme l'indique le titre, il s'agit de la biographie de Milena; son enfermement à Ravensbrück occupe une place importante. Tout lecteur est plongé dans l'univers concentrationnaire qui, même après diverses lectures sur le sujet, reste sidérant. C'est un livre très instructif et sans complaisance sur un monde cruel.

Commenter  J’apprécie          100

Le 21/10/1940, Margarete Buber-Neumann et Milena Jesenska font connaissance à Ravensbrück. Margarete arrive du goulag sibérien où elle a passé près de 2 années. Arrêtée à Moscou en 1938, une année après son mari, Heinz, fusillé sans procès, elle sera livrée aux sbires de Hitler en 1940 par le NKVD de Staline, après le pacte odieux des deux personnages. Son parcours est connu des prisonnières communistes du camp, et c'est à ce titre que Milena souhaite la rencontrer. Malgré les conditions de vie pénibles et la surveillance quasi permanente autour d'elles, elles deviennent confidentes et amies. Ce livre est donc le gage d'un serment fait à Milena lors de leurs conversations-promesses : un livre écrit à deux, après l'horreur, pour témoigner. La mauvaise santé de Milena ne lui permettra pas de sortir du camp en vie. Son amie, Margarete, tiendra parole. Elle remontera à la source pour nous décrire les jeunes années de Milena dans sa Bohême natale, l'éducation reçue par un père autoritaire, peu aimant, orpheline de mère à 13 ans ; sa jeunesse libre, ses relations amicales et amoureuses, sans tabou de religion, de nationalité, de langue. Elle épousera un juif allemand et devront fuir à Vienne car son père est antisémite. Là bas, elle s'ouvrira à la vie littéraire. Elle rencontrera Kafka pour traduire une de ses nouvelles. Leur liaison sera brève, mais féconde en échanges épistolaires. Après son divorce elle reviendra à Prague, sera journaliste, épousera un architecte et aura une fille. En 1931 elle adhère au PC et s'en fera exclure en 1936 pour incompatibilité d'opinion. Quand l'Allemagne nazie occupe la Tchécoslovaquie, elle entre en résistance et aide les juifs à quitter le pays. Arrêtée par la Gestapo en 1939, elle est envoyée à Ravensbrück en 1940 où elle travaille à l'infirmerie. de santé fragile, elle y meurt de néphrite en 1944.

Margarete a quitté le camp en avril 1945, fuyant le pays à pied avant l'arrivée de l'armée rouge pour rejoindre sa famille en Bavière. Elle a aussi écrit « Déportée en Sibérie » en 1949 et « Déportée à Ravensbrück ». Une femme forte et intègre.


Lien : https://www.babelio.com/conf..
Commenter  J’apprécie          84

Un livre de femmes exceptionnelles. L'auteure, l'épouse du dirigeant du parti communiste allemand. Ils ont fui à Moscou mais Staline les a rendu à Hitler au moment du pacte. Son mari sera promptement assassiné, elle ira dans les camps. Miléna, ce fut la muse de Kafka. Une femme cultivée qui lui fit écrire les sublimes lettres à Miléna. On a beaucoup parler de la sexualité de Kafka. Max Brod a supprimé dans ses écrits tout ce qui pouvait paraitre érotique. Quant à sa relation avec Milena, tout porte à croire que ce ne fut pas que des mots. Résistante, arrêtée, elle fut internée dans le même camp que Margaret. Elle y mourut du typhus. La rencontre de ces deux femmes fut à l'origine d'une amitié profonde. Dans ces temps formaté, ou l'indignation tient lieu de tribunal, je trouve rafraîchissant qu'à une époque ou une opinion pouvait vous mettre en danger, des femmes fortes ont eu la liberté de vivre ce qu'elles souhaitaient.

Commenter  J’apprécie          51

Milena fut bien plus que la destinataire des célèbres lettres de Kafka. Leur histoire n'occupe d'ailleurs qu'un chapitre de ce livre très dense où l'on découvre, alternativement la difficile vie des camps de concentration et la vie de cette célèbre journaliste. Il nous permet aussi de s'immerger dans la vie artistique et culturelle de Vienne et de Prague au début du XXe siècle.

Commenter  J’apprécie          31

Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation

C'était souvent la conduite d'un détenu qui faisait qu'il était frappé ou non. On peut dire sans exagération que de nombreux visages, avec leur expression craintive et servile, appelaient les coups des SS. "C'est l'essence même de l'angoisse, disait Milena, on ne peut pas rester en place... Simplement, en restant debout, je fais face calmement à ce que je ne connais pas, je me prépare à affronter cet inconnu... Mais, pour pouvoir le faire, il faut de la force ; et cette force, l'individu ne l'a qu'aussi longtemps qu'il ne sépare pas son destin de celui des autres, qu'il ne perd pas de vue l'essentiel, qu'il a la conscience profonde d'appartenir à une communauté. Dès qu'il n'est plus qu'une conscience isolée, il cherche dans son âme un prétexte pour s'évader. La solitude est, peut-être, la plus grande malédiction qui existe sur terre...

Commenter  J’apprécie          130

En avril, l'autre rein fut atteint. Il n'y avait dès lors plus de salut. J'implorais, dans mon désespoir, l'aide du ciel, je priais le soleil et les étoiles, mais en vain. Plus son état était désespéré, et plus Milena croyait à la guérison. Ce n'est que dans les derniers jours qu'elle sut ce qu'il en était : "Regarde la couleur de mes pieds. Ce sont les pieds d'une mourante. Et ces mains ? " Elle me tendit la paume de ses mains : "Tu vois ? Les lignes disparaissent déjà, comme cela se passe juste avant la mort..."

Commenter  J’apprécie          40

Je retrouvai la liberté et exécutai le testament de Milena, J'écrivis notre livre sur le camp de concentration. Peu avant sa mort, elle m'avait dit un jour : "je sais que toi, au moins, tu ne m'oublieras pas. Grâce à toi, je peux continuer à vivre. Tu diras aux hommes qui j'étais, et auras pour moi la clémence du juge..." Seules ces paroles m'ont donné le courage d'écrire cette vie de Milena.

Commenter  J’apprécie          50

Franz Kafka, avant hier est mort au sanatorium de kierling à Klosterneuburg près de Vienne. le docteur Kafka, écrivain allemand vivant à Prague. Très peu de gens le connaissaient ici, car c'est un ermite, un homme qui connaissait la vie et qu'effrayait la vie. C’était un homme qui faisait peser sur sa maladie tout le poids de la peur de la vie qui habitait son âme. Il était craintif, angoissé, doux et bon, mais les livres qu'il écrivait étaient cruels et douloureux. Il voyait le monde rempli de démons invisibles qui combattent et anéantissent un homme sans défense. Il était clairvoyant, il était trop sage pour pouvoir vivre et trop faible pour combattre.

Commenter  J’apprécie          21

[Milena] défend l'idée que les êtres "corrects", sans défauts, ne sont souvent, en rien, les plus sympathiques, mais au contraires fréquemment dangereux et mauvais; tandis que ceux qui ont ce qu'il est convenu d'appeler des défauts leur sont souvent bien supérieurs en tolérance et en bonté. (p.84)

Commenter  J’apprécie          20

Dans la catégorie : Littérature tchèqueVoir plus
>Littératures indo-européennes>Balto-slaves : Bulgare, macédonienne, serbo-croate>Littérature tchèque (42)
autres livres classés : shoahVoir plus
Notre sélection Non-fiction Voir plus




Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
1442 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre