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EAN : 9782253005506
381 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/08/1974)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 230 notes)
Résumé :
Quelle aide serait pour un paysan pauvre une jolie femme tout occupée de sa beauté et de ses toilettes au lieu de travailler avec lui dans les rizières ? dit sagement le père de Wang Lung quand celui-ci atteint l'âge de se marier. Il lui choisit donc comme épouse une esclave "ni jeune ni belle"appartenant à la noble Maison de Hwang.
O-len est laide, taciturne, mais robuste et courageuse. Une fois finis les travaux du ménage, elle seconde son mari aux champs,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Biblioroz
  26 février 2021
Pour Wang Lung, jeune paysan de la province chinoise d'An-Hoeï, la bonne sueur versée sur son lopin de terre est l'unique moyen de subsistance qu'il trouve honorable. Seule la terre est à même de porter son fruit, de lui fournir nourriture puis argent lorsqu'il peut vendre sa récolte et assurer ainsi sa vie, celle de son vieux père puis celles de ses enfants à venir.
N'ayant aucune fortune pour s'attacher une femme qui demanderait de belles choses afin de consentir à un mariage, Wang Lung se rabat sur une esclave choisie « surtout pas jolie » par le père. Il leur faut une femme travailleuse et capable d'engendrer des fils. Et puis une femme laide n'a pas pu éveiller non plus le désir chez les fils et petits-fils de la grande maison où elle était esclave, ce qui garantit donc sa virginité.
C'est toujours avec horreur que je lis l'absence totale de considération pour la femme dans cette Chine décrite par Pearl Buck et le portrait d'O-len, cette esclave prise pour femme faute de mieux, est déchirant.
O-len nous est décrite laide et hommasse, taciturne, arborant un visage totalement inexpressif et pourtant, dans le devenir de la famille de Wang Lung elle jouera parfaitement le rôle qu'on lui a assigné. Infatigable, elle remplira les multiples tâches de la maison mais aussi le travail aux champs, accouchera seule de fils et de filles et assurera la survie de sa famille lors des terribles moments de misère.
Parfaitement conscient de son absence totale d'amour, Wang Lung sera tout de même souvent pris de honte et de remords vis-à-vis d'O-len, peut-être trop tardivement cependant. Tout au long de la lecture, des traits exaspérants puis des traits plus attendrissants se succèdent chez ce personnage de paysan chinois. le plus marquant pour moi fut sa compassion envers une de ses filles, sa pauvre innocente comme il la nomme. Son souci de ne pas l'abandonner rachète presque tous ses autres penchants horripilants dus essentiellement aux moeurs en cours dans ce milieu rural chinois.
L'amour qui perdurera dans le coeur de Wang Lung, tout au long de sa vie que l'on suit avec passion, sera celui de la terre. Et pourtant, après les premières années favorables, des vents desséchants et n'apportant aucun nuage viendront priver sa famille de toute nourriture. Après avoir mangé jusqu'au buffle qui labourait les champs, jusqu'aux dernières touffes d'herbe, jusqu'aux écorces des arbres, ils n'ont plus qu'à s'exiler vers une ville du midi pour ne pas mourir de faim. Mais le paysan désire coûte que coûte garder les terres acquises dans la ferme intension d'y revenir.
De retour dans sa campagne, Wang Lung continuera à mettre tous ses espoirs dans cette terre. L'imbécilité des riches propriétaires qui se ruinent en opium et en achats de concubines facilitera son ascension comme riche propriétaire terrien. Mais la satisfaction de la richesse sera assombrie par quelques profiteurs et la paix à laquelle Wang Lung aspire reste bien dure à obtenir.
Des expressions vieillottes, un style de narration irréprochable mais légèrement désuet accentuent agréablement le dépaysement total que l'on éprouve en lisant La Terre chinoise.
Bâtonnets d'encens pour honorer les dieux des champs, respect dû aux aînés, préparatifs tout de rouge du Nouvel An pour attirer bonheur et richesse, insignifiance des naissances lorsqu'elles offrent des filles qui n'ont pas d'appartenance à la famille et tant d'autres aspects de cette Chine d'un autre siècle se bousculent tout en rendant grâce à la terre nourricière.
Au-delà des coutumes incompréhensibles qui m'ont heurtée, j'ai beaucoup apprécié de partager ce quotidien rural. Pearl Buck nous offre ici un roman riche d'enseignements.
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mimifasola
  10 juillet 2013
« La Terre chinoise » de Pearl Buck. Un roman magnifique qui retrace la vie et les moeurs de la chine rurale du XIX siècle, et ce à travers la vie de Wang Lung agriculteur très attaché à sa terre et très respectueux des liens de famille, sa femme 0-Len jadis esclave dans une grande maison (maison de riche propriétaire de la ville), une femme courageuse travailleuse et surtout entièrement dévouée à sa famille te à ses devoirs. le couple connait la pauvreté, la faim, la misère mais parviens comme même à les surmonter et connaitre ainsi la vie aisée avec tout ce qu'elle rapporte de bien et de mauvais. S'ajoute à cela d'autres personnages tout aussi intrigants tels que l'oncle et sa famille, les enfants avec leurs caractères différents, les belles filles, et les servantes.
Un roman avec des personnages très attachants, des histoires d'amour (amour de la terre, de la femme et de l'argent), et surtout une figure inoubliable.
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KATE92
  18 avril 2012
Un magnifique roman sur la destinée décousue d'un paysan chinois et de sa famille au 19ème siècle.Je me suis "transportée" avec délectation au sein de cette histoire tout en ne souhaitant pas la vivre personnellement .
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Woland
  31 mai 2008
The Good Earth
Traduction : Théo Varlet
A vingt ans, j'étais passée, je m'en rends compte aujourd'hui, complètement à côté de ce roman qui est un grand roman, un roman fort. Son auteur s'y est en outre essayée à un style à la fois simple et rythmé, un peu lancinant parfois, plus en rapport, selon elle, avec la culture chinoise qui constitue le thème central de l'ouvrage.
Ce livre est le premier tome d'une trilogie, communément appelée "Trilogie de la Terre chinoise" en français et destinée à retracer l'histoire d'une famille d'origine paysanne sous trois générations.
Aux racines, ainsi qu'on le constate dès la première page, Wang Lung, le héros, n'est qu'un pauvre paysan qui, orphelin de mère, s'occupe activement de son vieux père, désormais trop peu valide pour aller cultiver avec lui le maigre champ qu'il possède près de leur maison en terre.
Mais, pauvre ou pas, dans la Chine ancienne, un fils se doit de procréer à son tour au moins un fils, afin que le culte des ancêtres soit sauvegardé. Et Wang Sr s'est entremis auprès de la grande famille Hwang afin que son fils puisse obtenir comme épouse l'une des esclaves de cuisine de la vaste demeure. Il l'a exigée laide car, selon lui, un paysan n'a pas besoin d'une jolie femme qui ne se préoccuperait que de ses toilettes et de sa beauté là où il lui faudrait plutôt tenir la maison, faire la cuisine, etc ... enfanter, bien sûr, et même travailler la terre aux côtés de son mari. Après un court moment de révolte, Wang Lung s'est incliné et, le jour où débute le roman, il s'apprête pour aller chercher sa future femme.
Celle-ci, O-Len, hommasse, courageuse et taciturne, constitue l'autre pilier de ce livre. En elle, Pearl Buck a amassé tous les malheurs susceptibles de s'abattre en Chine sur les femmes, surtout si elles ne pouvaient compter sur leur beauté pour s'en sortir. Pourtant, dans la première moitié du roman, Wang Lung se montre bon pour sa femme qui, il faut bien le dire, le soutient dans les épreuves telles que la misère, la famine et l'exil avec un courage exemplaire. C'est même grâce à sa connaissance des us et coutumes des riches qu'il parviendra à acquérir suffisamment d'argent pour acheter sa première terre.
Mais avec l'opulence, vient l'oisiveté. Certes, Wang Lung, paysan avant tout, voue à la terre une passion telle qu'il ne peut s'en éloigner plus d'une demi-journée mais comme son ascension sociale le contraint à avoir désormais plus d'ouvriers agricoles qu'il n'en peut compter, il arrive qu'il soit abandonné à lui-même. Et c'est alors que, regardant pour la première fois son humble épouse comme un homme regarde une femme, il se prend de dégoût pour elle et se met en tête d'avoir une concubine.
Cette concubine, Lotus, il va la chercher là où, à l'époque, se recrutaient en général beaucoup de "secondes épouses" : la maison de thé la plus proche. Très vite, il l'installe chez lui mais - il en loue le ciel lui-même - elle n'a pas d'enfant susceptible de créer des bisbilles avec ses enfants du premier lit et s'enfouit douillettement dans le confort de sa vie de femme mariée et honorable.
Wang Lung ne saisira la profondeur des liens qui l'unissaient malgré tout à O-Len que lorsque celle-ci, rongée par une "maladie d'entrailles" qui fait penser au cancer, s'éteindra. Il la fera enterrer somptueusement, ainsi qu'il convient à la Première épouse d'un propriétaire foncier, en compagnie de son vieux père, décédé peu après sa belle-fille.
Et c'est alors que l'ancien paysan pauvre et timide, devenu, par la puissance de son travail et une bonne dose de chance, le nouveau propriétaire de l'ancienne maison des Hwang, prend conscience du temps qui s'écoule, lent, inexorable ...
Même si l'on connaît déjà l'histoire - notamment si l'on a vu le film "Visages d'Orient", avec Paul Muni et Luise Rainer - on ne décroche pas un instant de ces pages où l'action se déroule sans un seul temps mort et pourtant sur un rythme paisible n'ayant rien à voir avec nos habitudes. Au premier plan, bien sûr, l'ascension de Wang et des siens, une histoire somme toute intimiste. Mais en arrière-plan, planté de manière à nous restituer la manière qu'avait un paysan chinois de cette époque de se représenter le monde qui l'entourait, un décor social où germent et tremblent les grands bouleversements qui vont transformer la Chine à jamais.
Signalons que "La Terre Chinoise" a obtenu le Prix Pullitzer 1932.
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jvermeer
  31 mai 2019
Adolescent, ayant peu de livres à lire, je relisais constamment cette « Terre chinoise » de Pearl Buck qui m'ouvrait les portes de l'orient.
L'histoire de Wang Lung me confrontait avec cette vie rude des paysans chinois qui travaillaient toute la journée pour rentrer fourbus le soir. Il fallait songer à se marier pour assurer la continuité de la famille. Wang Lung se marie à une jeune esclave pas très jolie qui est le profil même de ces femmes laborieuses chinoises, s'éreintant dans les champs toute la journée, s'occupant de la maison, du mari, et, à intervalles réguliers, lui donnant des enfants. Dès l'accouchement terminé, elles repartaient rapidement aux champs car il fallait nourrir tout ce monde, les famines étant nombreuses.
Avec un début de richesse, Wang Lung cherchera en ville une concubine plus jolie que la mère de ses enfants. On pouvait acheter ces femmes qui se faisaient entretenir dans l'oisiveté.
L'histoire se continuera en ville par la suite. Ce livre magnifique est une fantastique épopée dans la chine du 19e siècle.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
stcyr04stcyr04   10 octobre 2012
Elle travaillait maintenant tout le jour et l’enfant restait couché à terre sur une vieille couverture ouatée, endormi. Quand il pleurait, la femme s’interrompait et s’asseyant à même le sol découvrait son sein pour donner à téter à l’enfant. Le soleil tombait sur eux deux, le soleil tardif de la fin de l’automne qui renonce à la chaleur de l’été que contraint et forcé par le froid de l’hiver proche, et sous ses rayons la femme et l’enfant, aussi bruns que la glèbe, ressemblaient à des statues de terre. La poussière des champs saupoudrait les cheveux de la femme et la tendre tête noire de l’enfant.
Mais du grand sein brun de la femme le lait giclait pour l’enfant, et quand l’enfant tétait à un sein, le lait blanc comme neige coulait de l’autre tel une fontaine. Elle le laissait couler. Tout gourmand qu’était l’enfant, il y en avait plus qu’assez pour lui, assez pour nourrir plusieurs enfants, et dans l’orgueil de son abondance O-len le laissait couler insoucieusement. Il en venait toujours de plus en plus. Parfois, soulevant son sein, elle le laissait couler sur le sol pour éviter de salir son vêtement, et il se perdait dans la terre et faisait dans le champs une tache plus foncée, molle et onctueuse. L’enfant était gras et bien portant et absorbait la vie inépuisable que sa mère lui versait.
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KATE92KATE92   11 avril 2012
« C'était le dernier matin qu'il lui faudrait allumer du feu. Il l'avait allumé depuis six ans que sa mère était morte. Il avait allumé le feu, fait bouillir et versé l'eau dans un bol qu'il portait dans la chambre où son père, assis sur son lit, toussait et cherchait à tâtons ses chaussures sur le plancher. Chaque matin depuis six ans, le vieillard avait attendu que son fils lui portât de l'eau chaude. Désormais le père et le fils pourraient se reposer. Il allait venir une femme à la maison. Jamais plus Wang Lung devrait se lever hiver comme été à l'aube, pour allumer le feu. Il resterait tranquillement dans son lit, et à lui aussi on apporterait un bol d'eau, et si la terre était féconde, il y aurait des feuilles de thé dans l'eau… »
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mimifasolamimifasola   17 juin 2013
Quelle avait été son existence, cette existence qu'elle ne partageait pas avec lui? Il ne parvenait pas à la comprendre. Et puis il avait honte de sa curiosité et de l'intérêt qu'il prenait à elle. Ce n'était, après tout, Qu'une femme. (page 39)
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aouatef79aouatef79   26 novembre 2016
Le Nouvel An approchait et dans toutes les maisons du village on faisait des
préparatifs. Wang Lung se rendit en ville à la boutique du cirier et il acheta
des carrés de papier rouge qui portaient tracés à l' encre d' or les uns le carac-
-tère du bonheur et d' autres le caractère de la richesse , et ces carrés il les
colla sur ses instruments aratoires pour lui porter chance pendant la nouvelle
année .
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genougenou   09 septembre 2013
Chaque matin depuis six ans, le vieillard avait attendu que son fils lui apportât de l'eau chaude. Désormais le père et le fils pourraient se reposer. Il allait venir une femme à la maison. Jamais plus Wang Lung ne devrait se lever hiver comme été à l'aube, pour allumer le feu. Il resterait tranquillement dans son lit, et à lui aussi on apporterait un bol d'eau, et si la terre était féconde, il y aurait des feuilles de thé dans l'eau...
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Video de Pearl Buck (1) Voir plusAjouter une vidéo

André Bay
- André BAY : ses goûts, ses croyances, son livre "Des mouches et des hommes" ; sa carrière de directeur littéraire aux Editions STOCK et HACHETTE, son travail de directeur littéraire ; sa rencontre avec Pearl BUCK, sa découverte d'Anaïs NIN ; ses écrivains préférés ; ses traductions ; le rôle de l'éditeur et du directeur littéraire ; anecdote sur Isaac Bashevis SINGER et sur Roger...
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