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EAN : 9782738421371
190 pages
Éditeur : Editions L'Harmattan (28/09/1994)
4/5   2 notes
Résumé :
Cendres et Braises est le roman grave et léger de la dérive et de la liberté. Une quête pour se réconcilier avec soi-même au sein des Harmonies Eternelles.(Quatrième de couverture)
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Charybde2
  17 mars 2013
Tragique histoire de soumission par amour dans ce 2ème volet de la trilogie autobiographique.
Deuxième roman de Ken Bugul, paru en 1994, "Cendres et braises" est à la fois la suite "logique" du "Baobab fou" et la clé de voûte de ce qui deviendra, avec "Riwan ou le chemin de sable", en 1999, la "trilogie autobiographique".
Revenue "en catastrophe" au Sénégal, où la réinsertion sociale est particulièrement délicate pour la narratrice rebelle aux catégories établies, après de longues années vécues en Europe, celle-ci nous raconte, dans plusieurs longs flashbacks, sa terrible histoire d'amour avec un cadre supérieur français, terriblement bourgeois, pour lequel elle a quitté son pays pour venir vivre à Paris et y découvrir avec une certaine horreur qu'il ne s'agissait pas de la belle histoire espérée et voulue, mais de devenir la maîtresse permanente et entretenue d'un homme infiniment moins stable et plus violent qu'il ne le laissait supposer.
Si la dégradation progressive de la situation, et sa bascule dans des accès de plus en plus fréquents de rage et de haine de la part de l'homme, divorcé à ses torts au bout d'un moment, est aggravée par les barrières raciale et culturelle, il s'agit pourtant avant tout d'une histoire "classique", tragique et contée "tout près du terrain", de transformation en "femme-bibelot" d'une part, de soumission par amour à la violence masculine d'autre part.
Le grand talent de l'écrivain reste de nous faire partager "de l'intérieur", incrédules et souffrant avec elle, cette mystérieuse alchimie qui la conduit à rester, alors que les conditions en deviennent de plus en plus abominables, aux côtés de cet homme manifestement déséquilibré (ou pire), parce qu'elle l'aime. Jusqu'à ce qu'une tentative d'internement forcé, grosse goutte d'eau, ne fasse presque déborder le vase, et la conduise enfin à fuir, et à rentrer au Sénégal où, totalement désagrégée intérieurement, tout un travail de reconstruction et de réancrage (ici seulement esquissé, et qui sera l'objet romancé de "Riwan") reste à faire...
Histoire indiscutablement poignante, d'autant plus que l'on a en tête la fière et indomptable héroïne du "Baobab fou", et que la narration est renforcée par la "distance ex post" qui est venue peu à peu solidifier et mettre en perspective les faits les plus terribles parmi ceux qui sont racontés...
"Je sentais un bonheur secret, indicible, à me retrouver dans ce décor.
"Tu sais, repris-je : je n'ai pas faim ; j'ai mangé beaucoup de choses dans le train. J'ai voyagé avec des personnes généreuses et j'ai partagé avec elles tout ce qu'elles mangeaient."
Le mot de l'espoir : générosité.
"Mais si tu tiens à ce que je prenne quelque chose, je vais boire du lait caillé frais, du vrai."
Le plaisir et la nostalgie.
Comme la Mère se donnait.
Elle était comme rétablie dans l'instinct.
Elle frémissait :
"Ah ! oui, viens voir."
Elle m'avait entraînée dans la petite pièce servant à ranger son monde d'ustensiles, d'objets, de feuilles séchées, de mil, d'arachide, de graisses de mouton et de toutes sortes de pots. Des cafetières anciennes aux couleurs fidèles, même si par endroits, un choc avait fait sauter l'émail ; des pots de confiseries, tous ces articles que la grand-mère trouvait dans les magasins coloniaux, tous ces établissements qui s'étaient installés loin, à l'intérieur du pays.
Cette époque avait laissé partout une architecture, un objet ou un sang."
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
nbellalanbellala   05 novembre 2014
Je ne voulais pas être la maîtresse d'un homme marié. (...)
Dans mon pays le mariage arrangeait ces choses et on criait à bas la polygamie; mais les hommes ici épousaient une femme, avaient des maîtresses et vivaient dans l'infidélité permanente et on criait vive la monogamie.
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nbellalanbellala   02 novembre 2014
à travers son processus de libération, la femme devient de plus en plus femme.
Femme, mais libérée.
Faudrait-il libérer la femme ou la libération?
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nbellalanbellala   02 novembre 2014
Ah, la mère, la créature la plus extraordinaire, le sentiment, le sang, la source!
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nbellalanbellala   14 novembre 2014
Que les hommes avaient peur de ne pas être aimé!
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TuclasakoiTuclasakoi   04 février 2019
Dans le malheur, on retourne vers l’enfance on y retrouve les saveurs, le calme, l’harmonie…
Commenter  J’apprécie          00

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Videos de Ken Bugul (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ken Bugul
« LA POÉSIE COMME MODE D'EMPLOI DU MONDE ? » Soirée proposée par les Midis de la Poésie « Luttes, lettres et forces » Avec Bwanga Pilipili & Rokia Bamba Lecture & musique
L'autrice et comédienne Bwanga PiliPili viendra, entre hip-hop et poésie, dire les textes qui nourrissent son travail. Elle sera accompagnée par l'artiste sonore et DJ, Rokia Bamba.
« La poésie vient d'une cité Tout-Monde : Andromède
où le hip-hop transforme des bancs en trônes,
nos quartiers en constellations,
les jeux en rites.
où IAM nous apprend plus sur Notre Histoire que les pères de mon école jésuite.
Elle vient d'une cabane
où les Pendus de François Villon ont croisé les Poursuivants d'Édouard Glissant
où Maya Angelou est Nicky Minaj
où Ken Bugul est la source de Fatou, Léonora et les autres.
Ma poésie est Grands Lacs »
Originaire du Kivu, Bwanga Pilipili est diplômée de l'INSAS en 2012. Au théâtre, on la voit notamment dans « les Monologues du Vagin » mis en scène par Nathalie Uffner, dans « Une saison au Congo » de Aimé Césaire, mis en scène par Christian Schiaretti. Au cinéma, elle joue entre autres dans « Black » de Adil El Arbi et Billal Fallah et « Les empreintes douloureuses » de Bernard Auguste Kouemo. En 2018, elle écrit et met en scène « Datcha Congo », adaptation de « La Cerisaie » de Tchekhov, sur la scène du Tarmac des Auteurs à Kinshasa. Depuis 2012, elle anime des rencontres littéraires au sein de l'association Lingeer, et est également co-organisatrice du festival Bruxelles/Africapitales.
Rokia Bamba est DJ dans des lieux afro-féministes bruxellois et parisien, tels que Globalicious, Afropunk, La Colonie, Massimadi et le festival « New Afro Ke-Pon », dont elle sera commissaire pour la première édition belge en 2020. Elle possède un style unique mélangeant a cappella, groove et punk. Elle travaille également comme compositrice de pièces sonores artistiques et a participé au concert de l'Orchestre Populaire de Bruxelles à L'Ancienne Belgique avec le chanteur Arno (2017) et à la pièce de poésie « Ceci n'est pas un poème II » (Bozar 2016).
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