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ISBN : 2246314321
Éditeur : Grasset (18/09/2002)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 158 notes)
Résumé :
Ca a commencé par erreur.
C'était les fêtes de Noël et le pochard en haut de la côte m'avait dit qu'ils embaucheraient carrément n'importe qui. Alors j'y suis allé et je me suis retrouvé avec cette sacoche de cuir sur le dos. Parler d'un boulot, je pensais. Peinard!
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  20 octobre 2017
C'était dans un bar miteux de L.A. comme on en fait plus. Maintenant, il faut que tout soit propre et aseptisé, même les chiottes et les caniveaux. Je ne sais plus à quelle tournée j'en étais arrivé, les verres vides s'entassaient sur le comptoir. Il devait être minuit, lorsque que le pochtron d'à-côté me sort « tu devrais aller à la Poste, ils embauchent n'importe qui ! ». Me voilà donc à cinq heures du mat', L.A. s'éveille, un sac en bandoulière, prêt à embarquer pour une nouvelle tournée. Postier suppléant. En-dessous, il n'y a rien. Je suis le dernier maillon de la chaîne de distribution. Si les facteurs se portent pales, parce qu'ils ont trop bu la vieille ou qu'il pleut à averses, je deviens le seul, avec mes chaussures trouées, à affronter les éléments de la nature, les vieilles rombières aux bigoudis et les grosses rombières en peignoir ouvert, l'unique même pour acheminer la dernière étape du courrier.
Premier roman de Bukowski. A l'époque, il n'était pas encore tout à fait écrivain mais déjà pochtron convaincu. Il est ce facteur, toujours en retard sur sa tournée mais qui ne faiblit pas, qui ne faillit pas même lorsque des trombes d'eau s'abattent sur sa camionnette, sur ses mocassins, sur sa sacoche. Étonnamment, il met du coeur à l'ouvrage et de l'humanité à cette tâche ingrate. Des rapports pleuvent sur le bureau de son supérieur, malgré tout il garde son humeur et continue sa besogne coûte que coûte, comme un sacerdoce. C'est comme baiser une grosse au foyer des vieilles rombières, genre qui n'arrive plus à jouir. Il la besogne, la besogne, jusqu'à plus soif, jusqu'à ce qu'elle le supplie d'arrêter.
Et pour un premier roman, je découvre déjà toutes les facettes du bonhomme partagé entre les femmes, les courses et la boisson. Je le découvre, homme amoureux, homme besogneux, qui met du coeur à l'ouvrage, autant pour distribuer le courrier que pour s'assoir au comptoir ou baiser une pimbêche. Il est unique et empli de bonté et d'humanité dans ce livre, le seul à distribuer avec autant de fidélité le courrier de gens qui l'indiffèrent et le méprisent totalement. Mais, je sens aussi que ce boulot le ronge de l'intérieur, une douleur dans la poitrine qui le comprime et c'est pour cette raison qu'il file au bar et se pinter la gueule. Je lui trouve des excuses à cet homme, ce grand pochtron de la littérature ; parce qu'il sait m'émouvoir...
Un grand roman autobiographique, des vies comme ça couchées sur papier, j'en demande encore et encore. de toute façon, des putains de vie font forcément des putains de livres avec ou sans putain, d'ailleurs. Pas qu'il ne fréquente pas les putains, mais quand t'as arpenté les rues dans tous les sens sous des trombes d'eau ou en plein cagnard, quand t'as besogné grosse, rombière et pimbêche, le soir t'as plus le coeur à l'ouvrage pour arpenter de nouveau les trottoirs nocturnes des putains bandantes sous tout temps. Tu préfères avoir la queue en berne, te poser sur un tabouret et t'enfiler quelques verres sans rien penser. Et peut-être que là, sans rien demander, une femme genre magnifique même à la troisième pinte viendra s'asseoir à côté de ton tabouret, commandera un whisky et une bière, et te proposera de faire l'amour comme une putain. C'est à ce moment-là que tu te dis, putain j'aurais dû être écrivain, et que tu sais que tu tiens une bonne histoire à écrire, si tu trouves un éditeur qui a les couilles de te publier.
Lien : https://memoiresdebison.blog..
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Woland
  22 mai 2012
Le Postier
Traduction : Philippe Garnier

Pour les gens de ma génération qui, s'ils se sont intéressés aux livres dès leur berceau, y ont assisté en direct, Charles Bukowski, c'est avant tout l'extraordinaire numéro filmé par les caméras d'Antenne 2 le 22 septembre 1978, sur le plateau d'"Apostrophes", en présence d'un Bernard Pivot sidéré, d'une Catherine Paysan très gênée et d'un François Cavanna qui, tenta lui-même, à sa façon bien spéciale ("Ta gueule, Bukowski !"), de raisonner l'écrivain américain. Pour les hommes, Bukowski, c'est aussi un auteur qui, dans ses textes, appelle ... eh ! bien, un félin, un félin et qui, visiblement, se complaît à le faire - procédé qui, de tous temps, a soulevé l'admiration des messieurs, avouons-le, et a souvent fidélisé leur clientèle. Pour les femmes, l'effet est en général inverse et dans le sexe dit "faible", nombreuses sont celles qui tiennent Charles Bukowski pour un fameux pervers et un obsédé absolument dégoûtant.
Bien que de nature non bégueule et considérant qu'il faut de tout pour faire un monde, je me tenais jusqu'ici - aurais-je le courage de l'avouer ? - plutôt du côté féminin. Mais avec l'âge, on évolue et on se dit - surtout quand on a sur son forum un dénommé "Ignatius" , dont l'un des Dieux littéraires est justement Bukowski : "Pourquoi pas ? Essayons." Et bien entendu, j'ai essayé par ce qui fut le premier roman de Bukowski. Tout d'abord parce que je trouvais ça logique pour un auteur que je n'avais jamais lu. Ensuite parce que je me disais que, comme il s'agissait d'un premier opus, il y aurait peut-être dans ses pages un peu moins de félins appelés par leur nom.
Et alors là, mes amis, quelle surprise ! Et même quelle surprise plaisante ! Et quels fous rires aussi car, si vous lisez "Le Postier", vous ne pouvez vous empêcher ni de sourire, ni de rire même si, de temps à autre, notamment quand il évoque le décès de Betty, femme qu'il aima visiblement sincèrement, la tristesse de Bukowski vous atteint d'un trait sûr.
Dès la première page, j'ai eu l'impression - assez déconcertante et des plus rares - que l'auteur s'invitait à ma table et commençait à me raconter son histoire avec la familiarité tranquille de qui vous connaît depuis longtemps. Plus déconcertant encore, si possible : il me semblait avoir toujours connu Bukowski.
Pour réaliser ce tour de force, s'installer chez son lecteur, et un lecteur pas si bien disposé que ça après tout, dès les premières pages d'un livre, et sans lui donner un seul instant l'impression de s'imposer autrement que comme un ami, il faut déjà être un sacré bon écrivain. Pour tenir la route pendant près de deux-cents pages, sans que jamais l'intérêt ne retombe, et tout ça sans avoir écrit un thriller, il faut même être un très grand écrivain - un vrai. D'autant que, dans le cas de Bukowski, il y a, bien sûr, le problème de la traduction - je précise que j'ai trouvé celle de Philippe Garnier très réussie.
Car pour atteindre à cette simplicité si paisible, si évidente, il faut avoir un sens aigu du mot. N'importe qui ne peut pas faire ça : il faut beaucoup de travail pour y arriver même si l'on peut penser que la veine poétique de Bukowski l'a beaucoup favorisé.
"Le Postier" est, pour l'essentiel, le récit, insolite, drôlatique, émouvant, des tribulations de l'auteur, dissimulé sous son avatar d'Henry Chinaski, du temps où il travaillait pour la Poste des Etats-Unis - et il y a quand même bossé douze ans, au bout desquels il se plaignait d'ailleurs d'avoir pris je ne sais combien de kilos. Cela déborde d'un humour si féroce et en même temps si jovial que cela ne se raconte pas - ou alors très mal. Et en filigrane, allant et venant comme un requin rôdant dans les grands fonds, cet "A quoi bon ?" terrible de Bukowski s'interrogeant sur la nécessité même de l'existence, cet "A quoi bon ?" dont, pourvu qu'on sache faire preuve d'honnêteté envers soi-même, on sait bien que, certains soirs ou encore certains petits matins, dans les brumes du réveil sur une journée sans but, on perçoit en son coeur les échos lassés et pleins d'humeur.
Après ça, Bukowski, c'est pour ainsi dire un frère. Un frère souvent mal embouché et qui aurait dû boire un peu moins, un frère exaspérant et désespérant quand il se met à parler sexe, sexe et rien que sexe, mais un frère tout de même. Un frère doté d'un charme plutôt mélancolique mais indéniable qui explique sans doute en partie pourquoi cet homme plaisait tant aux femmes. Je vais peut-être me faire taper sur les doigts par Ignatius mais tant pis : il y a beaucoup de l'enfant, chez Bukowski, un enfant râleur, buté, toujours prêt à inventer la bêtise du jour et à poser les questions qu'il ne faut pas, mais aussi un enfant avide de tendresse et de compréhension. Et qui refuserait à cet enfant de s'asseoir à sa table, surtout quand celle-ci est bien garnie ?
Moi, en tous cas, je ne le ferai pas et désormais, Charles Bukowski aura table ouverte chez moi. Dans son intérêt, je garderai tout de même un oeil sur les bouteilles - il boirait n'importe quoi, ce petit ... ;o)
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Tipee
  19 juin 2016
Premier roman de Charles Bukowski présentant en gros les quinze dernières années avant ses 50 ans. Il aura passé 12 ans à vivre de ce boulot infernal à la poste, de courses de chevaux, d'alcool et de femmes. Des femmes qu'il rencontre plutôt sérieusement, deux ou trois relations longues et plusieurs de passage, mais toujours un amour inconditionnel pour la boisson. Et quand il décrit son travail, on peut comprendre pourquoi il sombre aussi facilement dans l'alcool et ait besoin de femmes pour se vider la tête.
Cette autobiographie est écrite dans un registre familier correspondant parfaitement à ce qu'il veut dire. Un très bon roman sans temps mort.
Je ne sais pas pour vous, mais cela ne donne pas envie d'être postier...
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Ludo30
  12 avril 2017
En tant que jeune auteur, ce roman, m'a vraiment montré et prouvé, que tout le monde peu écrire avec ces mots, le monde de l'écriture est infini, ce roman retrace sa vie avec beaucoup de rebondissements dans une ambiance folle et pleine d'humour.
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Malabar_
  28 avril 2013
Moins lassant que le Journal d'un vieux dégueulasse mais toujours aussi irrévérencieux, le Postier permet de découvrir un Bukowski plus humain et plus touchant.
Largement autobiographique, le roman est aussi un bon moyen d'en apprendre plus sur la vie pas très rose de l'écrivain et sur les évènements qui ont forgé sa vision et son style.
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Citations & extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   20 octobre 2017
J’ai besoin d’une bonne paire de fesses, une jeune, docteur. C’est ça qui tourne pas rond chez moi.
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le_Bisonle_Bison   19 mai 2017
« Méchant méchant méchant homme ! Vous êtes venu pour me violer ! »
« Ecoutez la daronne, laissez-moi passer. »
« LE MAL EST ECRIT PARTOUT SUR VOTRE FIGURE »
« Vous croyez que je ne le sais pas ? Allez, laissez-moi sortir d'ici ! »
D'une main j'ai tenté de l'écarter. Elle m'a griffé tout un côté de la figure, et pas qu'un peu. J'ai lâché la sacoche, ma casquette est tombée, et comme j'épongeais le sang avec mon mouchoir elle s'est amenée et m'a ratissé l'autre côté.
« SALE CONNASSE ! NON MAIS CA VA PAS, LA TETE? »
« Vous voyez ? Vous voyez ? Vous ête mauvais ! »
Elle était tout contre moi. Je l'ai empoignée par le cul et j'ai mis ma bouche contre la sienne. Ses seins étaient tout contre moi, tout son corps était collé contre moi. Elle a écarté la tête en me repoussant.
« Violeur ! Violeur ! Sale violeur ! »
Je lui ai happé un nichon avec ma bouche, puis je suis passé à l'autre.
« Au viol ! Au viol ! On me viole ! »
Elle disait vrai. Je lui ai baissé sa culotte, j'ai ouvert ma braguette, la lui ai mise, et je l'ai fait reculer jusqu'au divan. On s'est écroulés dessus.
Elle levait les jambes haut.
« AU VIOL ! » qu'elle beuglait.
Je l'ai finie, j'ai refermée ma braguette, empoigné ma sacoche et je suis sorti en la laissant contempler le plafond, calmée...
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le_Bisonle_Bison   01 juin 2017
J’ai regardé à travers la vitre. L’infirmière a montré mon enfant du doigt. La figure de l’enfant était très rouge et il hurlait plus fort que tous les autres enfants. La pièce était pleine de bébés hurleurs. Toutes ces naissances ! L’infirmière avait l’air très fière de mon bébé. Enfin, j’espérais que c’était bien le mien. Elle a pris la fillette pour que je puisse mieux la voir. Je souriais à travers la vitre. Je savais pas quoi faire. La môme arrêtait pas de hurler dans ma direction. Pauvre morpionne, je pensais, pauvre satanée petite morpionne. A l’époque je ne me doutais pas qu’elle serait un jour une belle fille, mon portrait tout craché, hahaha.
J’ai fait signe à l’infirmière de reposer l’enfant, puis je leur ai fait au revoir à toutes les deux. C’était une chouette infirmière. Belles jambes, pareil pour les hanches. Seins passables.
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le_Bisonle_Bison   13 septembre 2017
Un jour j’étais au bar entre deux courses et j’ai vu cette femme. Dieu ou quelqu’un d’autre n’arrête pas de créer des bonnes femmes et de les jeter dans les rues, et celle-là a le cul trop gros et celle-ci a les nibards trop petits et cette autre est cinglée et cette autre a de la religion et celle-là encore lit dans les feuilles de thé et celle-là arrête pas de péter et celle-ci a ce gros tarin, et cette autre a les jambes cagneuses…
Mais de temps en temps une femme s’amène, en pleine fleur, une femme qui fait carrément péter sa robe… une créature sexuelle, une calamité, la fin de tout. J’ai levé les yeux et elle était là, tout au bout du bar.
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Malabar_Malabar_   23 avril 2013
La sécurité? La sécurité on pouvait la trouver en prison. Trois mètres carrés et pas de loyer, pas de charges, pas d'impôt sur le revenu, pas de pension alimentaire. Pas de carte grise. Pas de contravention. Pas de conduite en état d'ivresse. Pas d'argent perdu aux courses. Service médical à l'oeil. Camaraderie avec ceux qui ont les mêmes aspirations. Messe. Troufignons pour tirer sa crampe. Enterrement gratuit.
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