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EAN : 9782246314325
208 pages
Éditeur : Grasset (18/09/2002)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 216 notes)
Résumé :
Ca a commencé par erreur.
C'était les fêtes de Noël et le pochard en haut de la côte m'avait dit qu'ils embaucheraient carrément n'importe qui. Alors j'y suis allé et je me suis retrouvé avec cette sacoche de cuir sur le dos. Parler d'un boulot, je pensais. Peinard!
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  20 octobre 2017
C'était dans un bar miteux de L.A. comme on en fait plus. Maintenant, il faut que tout soit propre et aseptisé, même les chiottes et les caniveaux. Je ne sais plus à quelle tournée j'en étais arrivé, les verres vides s'entassaient sur le comptoir. Il devait être minuit, lorsque que le pochtron d'à-côté me sort « tu devrais aller à la Poste, ils embauchent n'importe qui ! ». Me voilà donc à cinq heures du mat', L.A. s'éveille, un sac en bandoulière, prêt à embarquer pour une nouvelle tournée. Postier suppléant. En-dessous, il n'y a rien. Je suis le dernier maillon de la chaîne de distribution. Si les facteurs se portent pales, parce qu'ils ont trop bu la vieille ou qu'il pleut à averses, je deviens le seul, avec mes chaussures trouées, à affronter les éléments de la nature, les vieilles rombières aux bigoudis et les grosses rombières en peignoir ouvert, l'unique même pour acheminer la dernière étape du courrier.
Premier roman de Bukowski. A l'époque, il n'était pas encore tout à fait écrivain mais déjà pochtron convaincu. Il est ce facteur, toujours en retard sur sa tournée mais qui ne faiblit pas, qui ne faillit pas même lorsque des trombes d'eau s'abattent sur sa camionnette, sur ses mocassins, sur sa sacoche. Étonnamment, il met du coeur à l'ouvrage et de l'humanité à cette tâche ingrate. Des rapports pleuvent sur le bureau de son supérieur, malgré tout il garde son humeur et continue sa besogne coûte que coûte, comme un sacerdoce. C'est comme baiser une grosse au foyer des vieilles rombières, genre qui n'arrive plus à jouir. Il la besogne, la besogne, jusqu'à plus soif, jusqu'à ce qu'elle le supplie d'arrêter.
Et pour un premier roman, je découvre déjà toutes les facettes du bonhomme partagé entre les femmes, les courses et la boisson. Je le découvre, homme amoureux, homme besogneux, qui met du coeur à l'ouvrage, autant pour distribuer le courrier que pour s'assoir au comptoir ou baiser une pimbêche. Il est unique et empli de bonté et d'humanité dans ce livre, le seul à distribuer avec autant de fidélité le courrier de gens qui l'indiffèrent et le méprisent totalement. Mais, je sens aussi que ce boulot le ronge de l'intérieur, une douleur dans la poitrine qui le comprime et c'est pour cette raison qu'il file au bar et se pinter la gueule. Je lui trouve des excuses à cet homme, ce grand pochtron de la littérature ; parce qu'il sait m'émouvoir...
Un grand roman autobiographique, des vies comme ça couchées sur papier, j'en demande encore et encore. de toute façon, des putains de vie font forcément des putains de livres avec ou sans putain, d'ailleurs. Pas qu'il ne fréquente pas les putains, mais quand t'as arpenté les rues dans tous les sens sous des trombes d'eau ou en plein cagnard, quand t'as besogné grosse, rombière et pimbêche, le soir t'as plus le coeur à l'ouvrage pour arpenter de nouveau les trottoirs nocturnes des putains bandantes sous tout temps. Tu préfères avoir la queue en berne, te poser sur un tabouret et t'enfiler quelques verres sans rien penser. Et peut-être que là, sans rien demander, une femme genre magnifique même à la troisième pinte viendra s'asseoir à côté de ton tabouret, commandera un whisky et une bière, et te proposera de faire l'amour comme une putain. C'est à ce moment-là que tu te dis, putain j'aurais dû être écrivain, et que tu sais que tu tiens une bonne histoire à écrire, si tu trouves un éditeur qui a les couilles de te publier.
Lien : https://memoiresdebison.blog..
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RChris
  13 mars 2018
Bukowski a une façon d'écrire à l'image de sa vie : décousue et au ras de la moquette. Il ne s'embarrasse pas d'un surcroît de vocabulaire, il va à l'essentiel pour parler des femmes et de l'alcool qui lui servent à oublier son métier de postier. Onze années de sa vie défilent avec quelques jolies fulgurances céliniennes et il ne fait pas dans la dentelle pour son premier livre.
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nelly76
  15 janvier 2020
Critique à chaud ,sur ce roman .
Je connaissais de nom Charles Bukowski ,mais n'avais jamais ouvert un de ses bouquins ,erreur car je me suis régalée.
Livre autobiographique racontant ses années noires à la Poste .Personnage ,tout comme l'écrivain totalement déjanté ,abusant sans vergogne d'alcool,de sexe ,accro aux courses, bref tout ce qui fait son génie, dans la description de ces prolos de l'Amérique profonde bossant à la chaîne, dans un univers gris et sans saveur .Une souffrance à l'état brut,ayant pour seul échappatoire l'orgasme et l'ivresse,mais par dessus tout une poésie sombre,noire,mais tellement humaine !!
J'ai vraiment aimé ce premier roman ,j'en ressors " groggy "car je peine à trouver les mots justes reflétant l'univers très spécial de Charles Bukowski ,c'est dérangeant et même temps tellement poignant et Fraternel.Un écrivain à découvrir si vous ne le connaissez pas .Je recommande vivement. 🥂⭐⭐⭐⭐
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Woland
  22 mai 2012
Le Postier
Traduction : Philippe Garnier

Pour les gens de ma génération qui, s'ils se sont intéressés aux livres dès leur berceau, y ont assisté en direct, Charles Bukowski, c'est avant tout l'extraordinaire numéro filmé par les caméras d'Antenne 2 le 22 septembre 1978, sur le plateau d'"Apostrophes", en présence d'un Bernard Pivot sidéré, d'une Catherine Paysan très gênée et d'un François Cavanna qui, tenta lui-même, à sa façon bien spéciale ("Ta gueule, Bukowski !"), de raisonner l'écrivain américain. Pour les hommes, Bukowski, c'est aussi un auteur qui, dans ses textes, appelle ... eh ! bien, un félin, un félin et qui, visiblement, se complaît à le faire - procédé qui, de tous temps, a soulevé l'admiration des messieurs, avouons-le, et a souvent fidélisé leur clientèle. Pour les femmes, l'effet est en général inverse et dans le sexe dit "faible", nombreuses sont celles qui tiennent Charles Bukowski pour un fameux pervers et un obsédé absolument dégoûtant.
Bien que de nature non bégueule et considérant qu'il faut de tout pour faire un monde, je me tenais jusqu'ici - aurais-je le courage de l'avouer ? - plutôt du côté féminin. Mais avec l'âge, on évolue et on se dit - surtout quand on a sur son forum un dénommé "Ignatius" , dont l'un des Dieux littéraires est justement Bukowski : "Pourquoi pas ? Essayons." Et bien entendu, j'ai essayé par ce qui fut le premier roman de Bukowski. Tout d'abord parce que je trouvais ça logique pour un auteur que je n'avais jamais lu. Ensuite parce que je me disais que, comme il s'agissait d'un premier opus, il y aurait peut-être dans ses pages un peu moins de félins appelés par leur nom.
Et alors là, mes amis, quelle surprise ! Et même quelle surprise plaisante ! Et quels fous rires aussi car, si vous lisez "Le Postier", vous ne pouvez vous empêcher ni de sourire, ni de rire même si, de temps à autre, notamment quand il évoque le décès de Betty, femme qu'il aima visiblement sincèrement, la tristesse de Bukowski vous atteint d'un trait sûr.
Dès la première page, j'ai eu l'impression - assez déconcertante et des plus rares - que l'auteur s'invitait à ma table et commençait à me raconter son histoire avec la familiarité tranquille de qui vous connaît depuis longtemps. Plus déconcertant encore, si possible : il me semblait avoir toujours connu Bukowski.
Pour réaliser ce tour de force, s'installer chez son lecteur, et un lecteur pas si bien disposé que ça après tout, dès les premières pages d'un livre, et sans lui donner un seul instant l'impression de s'imposer autrement que comme un ami, il faut déjà être un sacré bon écrivain. Pour tenir la route pendant près de deux-cents pages, sans que jamais l'intérêt ne retombe, et tout ça sans avoir écrit un thriller, il faut même être un très grand écrivain - un vrai. D'autant que, dans le cas de Bukowski, il y a, bien sûr, le problème de la traduction - je précise que j'ai trouvé celle de Philippe Garnier très réussie.
Car pour atteindre à cette simplicité si paisible, si évidente, il faut avoir un sens aigu du mot. N'importe qui ne peut pas faire ça : il faut beaucoup de travail pour y arriver même si l'on peut penser que la veine poétique de Bukowski l'a beaucoup favorisé.
"Le Postier" est, pour l'essentiel, le récit, insolite, drôlatique, émouvant, des tribulations de l'auteur, dissimulé sous son avatar d'Henry Chinaski, du temps où il travaillait pour la Poste des Etats-Unis - et il y a quand même bossé douze ans, au bout desquels il se plaignait d'ailleurs d'avoir pris je ne sais combien de kilos. Cela déborde d'un humour si féroce et en même temps si jovial que cela ne se raconte pas - ou alors très mal. Et en filigrane, allant et venant comme un requin rôdant dans les grands fonds, cet "A quoi bon ?" terrible de Bukowski s'interrogeant sur la nécessité même de l'existence, cet "A quoi bon ?" dont, pourvu qu'on sache faire preuve d'honnêteté envers soi-même, on sait bien que, certains soirs ou encore certains petits matins, dans les brumes du réveil sur une journée sans but, on perçoit en son coeur les échos lassés et pleins d'humeur.
Après ça, Bukowski, c'est pour ainsi dire un frère. Un frère souvent mal embouché et qui aurait dû boire un peu moins, un frère exaspérant et désespérant quand il se met à parler sexe, sexe et rien que sexe, mais un frère tout de même. Un frère doté d'un charme plutôt mélancolique mais indéniable qui explique sans doute en partie pourquoi cet homme plaisait tant aux femmes. Je vais peut-être me faire taper sur les doigts par Ignatius mais tant pis : il y a beaucoup de l'enfant, chez Bukowski, un enfant râleur, buté, toujours prêt à inventer la bêtise du jour et à poser les questions qu'il ne faut pas, mais aussi un enfant avide de tendresse et de compréhension. Et qui refuserait à cet enfant de s'asseoir à sa table, surtout quand celle-ci est bien garnie ?
Moi, en tous cas, je ne le ferai pas et désormais, Charles Bukowski aura table ouverte chez moi. Dans son intérêt, je garderai tout de même un oeil sur les bouteilles - il boirait n'importe quoi, ce petit ... ;o)
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DonJoplin
  01 mai 2019
On peut dire ce qu'on veut sur Buko, que ce n'est qu'un vieux dégueulasse, qui n'aime que la picole, les guiboles de femmes et les courses de chevaux... Bon on va dire que c'est pas faux... Mais on ne peut pas dire qu'il n'a rien compris à la vie. Tous ses bouquins en sont la preuve, sa relation aux autres, sa vision du travail, sa place dans la société... tout est limpide et pour sûr que j'aimerai être comme lui. Oui quand je serai grand j'aimerai être le grand Charles ! Il a compris qu'il n'avait pas de prise sur la vie (la connerie de l'autre, le pouvoir des patrons...) alors il vit sa propre vie, certes bourrée de whisky à l'eau, de clopes, de paris hippiques et d'écrits. Il vit ou survit, cherche son propre bonheur, seul, face à l'absurdité de la vie. du Camus coule dans ses veines, mélangé avec des litres de bière et des tonnes de cendres et moi j'aime ça et je me lasserai jamais de lire ses bouquins.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   02 juin 2020
Je me réveillais après ces douze heures de nuit avec Joyce qui me tripotait la corde à nœuds sous les géraniums et je disais : « Où est Picasso ? [le chien] ».
« Oh, au diable Picasso ! » qu’elle disait.
Je sortais du lit, à poil, avec ce gros engin-là devant moi.
« Regarde, tu l’as encore laissé dans le jardin ! Je t’ai déjà dit de ne pas le laisser dehors dans la journée ! »
Alors je sortais dans le jardin, à poil, trop fatigué pour m’habiller. C’était plutôt bien abrité des regards. Et ce pauvre Picasso était là, recouvert par 500 mouches, des mouches qui couraient en rond partout sur lui. Je sortais en courant toujours avec mon bidule (qui à ce moment-là piquait du nez) et j’engueulais les mouches. Il en avait dans les yeux, sous le poil, dans les oreilles, sur les parties, dans la bouche… partout. Et il restait assis là à me sourire. A me faire des risettes pendant que les mouches le dévoraient. Peut-être qu’il en savait plus long que nous tous.
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colimassoncolimasson   31 mai 2020
Je me suis levé et je me suis approché d’elle.
« Allons allons, baby. T’es seulement un peu en boule ce soir. »
J’ai essayé de l’attraper. Elle m’a repoussé.
« c’est bon, merde ! » j’ai dit.
Je suis retourné à mon fauteuil, j’ai terminé mon verre, j’en ai repris un autre.
« C’est fini », elle a dit, « je ne couche pas avec toi une nuit de plus. »
« D’accord. Garde-la, ta moule. Elle est pas si bath que ça. »
« Tu veux garder la maison ou tu veux déménager ? » elle a demandé.
« Garde la maison. »
« Et le chien ? »
« Garde le chien », j’ai dit.
« Tu vas lui manquer. »
« Je suis heureux de savoir que je vais manquer à quelqu’un. »
Je me suis levé, suis monté dans la voiture et j’ai loué la première piaule que j’ai vue avec une pancarte. J’ai emménagé la nuit-même.
Je venais juste de perdre 3 femmes et un chien.
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colimassoncolimasson   29 mai 2020
Et puis Betty s’est trouvée un boulot de dactylo, et quand une de ces nénettes se mettent à bosser, vous voyez tout de suite la différence. On continuait à picoler toutes les nuits et elle partait avant moi le matin, la gueule en plomb. Ça lui montrait un peu ce que c’était. Moi je me levais vers 10h30, prenais un petit café peinard, un ou deux œufs, jouais avec le chien, flirtais avec la jeune femme d’un mécanicien qui habitait par-derrière, me liais d’amitié avec une strip-teaseuse qui habitait par-devant. A une heure j’étais sur le champ de courses, ensuite retour avec mon bénéf et j’allais à l’arrêt de bus avec le chien pour prendre Betty et la ramener. C’était la belle vie.
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colimassoncolimasson   26 mai 2020
Le whisky et la bière s’échappaient de moi, coulaient à flots de mes aisselles, et je déambulais avec ce chargement sur le dos, comme une croix, sortant les magazines, distribuant des milliers de lettres, titubant, comme soudé sur la face du soleil.
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colimassoncolimasson   24 mai 2020
Les gens avaient toujours la même voix, où que vous portiez le courrier vous entendiez les mêmes choses encore et encore.
« Vous êtes en retard, pas vrai ? »
« Où est le facteur de d’habitude ? »
« Salut, Oncle Sam ! »
« Facteur ! Facteur ! C’est pas pour moi, ça ! »
Les rues étaient pleines de gens fous et emmerdants. La plupart habitaient dans des belles maisons et n’avaient même pas l’air de travailler, à se demander comment ils faisaient. Il y avait ce type en particulier qui ne vous laissait jamais mettre le courrier dans sa boîte. Il se tenait toujours devant chez lui et vous regardait venir 2 ou 3 rues plus loin et il se tenait là et tendait la main.
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Découvrez le deuxième épisode du tout nouveau podcast des éditions du Masque : Conversation dans le noir. Chaque jeudi, nous vous proposons une conversation téléphonique entre éditrice et auteure, à écouter sur l'ensemble de nos réseaux sociaux. Dans cet épisode, Nathalie Sauvagnac se livre dans une conversation très touchante autour de la norme, des marges, mais aussi de son roman Les Yeux fumés et de la littérature en temps de confinement. Nous vous souhaitons une bonne écoute !
Extrait lu : https://www.editions-jclattes.fr/sites/default/files/webmaster/lyf.pdf Oeuvres citées : Colette Philippe Djian Virginie Despentes Claire Castillon Charles Bukowski Salinger Boris Vian Kate Tempest
CRÉDITS : Conversation dans le noir est un podcast des éditions du Masque. Réalisation : Paul Sanfourche. Générique : Longing - Joachim Karud.
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