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ISBN : 2246314321
Éditeur : Grasset (18/09/2002)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 151 notes)
Résumé :
Ca a commencé par erreur.
C'était les fêtes de Noël et le pochard en haut de la côte m'avait dit qu'ils embaucheraient carrément n'importe qui. Alors j'y suis allé et je me suis retrouvé avec cette sacoche de cuir sur le dos. Parler d'un boulot, je pensais. Peinard!
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Woland
22 mai 2012
Le Postier
Traduction : Philippe Garnier

Pour les gens de ma génération qui, s'ils se sont intéressés aux livres dès leur berceau, y ont assisté en direct, Charles Bukowski, c'est avant tout l'extraordinaire numéro filmé par les caméras d'Antenne 2 le 22 septembre 1978, sur le plateau d'"Apostrophes", en présence d'un Bernard Pivot sidéré, d'une Catherine Paysan très gênée et d'un François Cavanna qui, tenta lui-même, à sa façon bien spéciale ("Ta gueule, Bukowski !"), de raisonner l'écrivain américain. Pour les hommes, Bukowski, c'est aussi un auteur qui, dans ses textes, appelle ... eh ! bien, un félin, un félin et qui, visiblement, se complaît à le faire - procédé qui, de tous temps, a soulevé l'admiration des messieurs, avouons-le, et a souvent fidélisé leur clientèle. Pour les femmes, l'effet est en général inverse et dans le sexe dit "faible", nombreuses sont celles qui tiennent Charles Bukowski pour un fameux pervers et un obsédé absolument dégoûtant.
Bien que de nature non bégueule et considérant qu'il faut de tout pour faire un monde, je me tenais jusqu'ici - aurais-je le courage de l'avouer ? - plutôt du côté féminin. Mais avec l'âge, on évolue et on se dit - surtout quand on a sur son forum un dénommé "Ignatius" , dont l'un des Dieux littéraires est justement Bukowski : "Pourquoi pas ? Essayons." Et bien entendu, j'ai essayé par ce qui fut le premier roman de Bukowski. Tout d'abord parce que je trouvais ça logique pour un auteur que je n'avais jamais lu. Ensuite parce que je me disais que, comme il s'agissait d'un premier opus, il y aurait peut-être dans ses pages un peu moins de félins appelés par leur nom.
Et alors là, mes amis, quelle surprise ! Et même quelle surprise plaisante ! Et quels fous rires aussi car, si vous lisez "Le Postier", vous ne pouvez vous empêcher ni de sourire, ni de rire même si, de temps à autre, notamment quand il évoque le décès de Betty, femme qu'il aima visiblement sincèrement, la tristesse de Bukowski vous atteint d'un trait sûr.
Dès la première page, j'ai eu l'impression - assez déconcertante et des plus rares - que l'auteur s'invitait à ma table et commençait à me raconter son histoire avec la familiarité tranquille de qui vous connaît depuis longtemps. Plus déconcertant encore, si possible : il me semblait avoir toujours connu Bukowski.
Pour réaliser ce tour de force, s'installer chez son lecteur, et un lecteur pas si bien disposé que ça après tout, dès les premières pages d'un livre, et sans lui donner un seul instant l'impression de s'imposer autrement que comme un ami, il faut déjà être un sacré bon écrivain. Pour tenir la route pendant près de deux-cents pages, sans que jamais l'intérêt ne retombe, et tout ça sans avoir écrit un thriller, il faut même être un très grand écrivain - un vrai. D'autant que, dans le cas de Bukowski, il y a, bien sûr, le problème de la traduction - je précise que j'ai trouvé celle de Philippe Garnier très réussie.
Car pour atteindre à cette simplicité si paisible, si évidente, il faut avoir un sens aigu du mot. N'importe qui ne peut pas faire ça : il faut beaucoup de travail pour y arriver même si l'on peut penser que la veine poétique de Bukowski l'a beaucoup favorisé.
"Le Postier" est, pour l'essentiel, le récit, insolite, drôlatique, émouvant, des tribulations de l'auteur, dissimulé sous son avatar d'Henry Chinaski, du temps où il travaillait pour la Poste des Etats-Unis - et il y a quand même bossé douze ans, au bout desquels il se plaignait d'ailleurs d'avoir pris je ne sais combien de kilos. Cela déborde d'un humour si féroce et en même temps si jovial que cela ne se raconte pas - ou alors très mal. Et en filigrane, allant et venant comme un requin rôdant dans les grands fonds, cet "A quoi bon ?" terrible de Bukowski s'interrogeant sur la nécessité même de l'existence, cet "A quoi bon ?" dont, pourvu qu'on sache faire preuve d'honnêteté envers soi-même, on sait bien que, certains soirs ou encore certains petits matins, dans les brumes du réveil sur une journée sans but, on perçoit en son coeur les échos lassés et pleins d'humeur.
Après ça, Bukowski, c'est pour ainsi dire un frère. Un frère souvent mal embouché et qui aurait dû boire un peu moins, un frère exaspérant et désespérant quand il se met à parler sexe, sexe et rien que sexe, mais un frère tout de même. Un frère doté d'un charme plutôt mélancolique mais indéniable qui explique sans doute en partie pourquoi cet homme plaisait tant aux femmes. Je vais peut-être me faire taper sur les doigts par Ignatius mais tant pis : il y a beaucoup de l'enfant, chez Bukowski, un enfant râleur, buté, toujours prêt à inventer la bêtise du jour et à poser les questions qu'il ne faut pas, mais aussi un enfant avide de tendresse et de compréhension. Et qui refuserait à cet enfant de s'asseoir à sa table, surtout quand celle-ci est bien garnie ?
Moi, en tous cas, je ne le ferai pas et désormais, Charles Bukowski aura table ouverte chez moi. Dans son intérêt, je garderai tout de même un oeil sur les bouteilles - il boirait n'importe quoi, ce petit ... ;o)
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Tipee
19 juin 2016
Premier roman de Charles Bukowski présentant en gros les quinze dernières années avant ses 50 ans. Il aura passé 12 ans à vivre de ce boulot infernal à la poste, de courses de chevaux, d'alcool et de femmes. Des femmes qu'il rencontre plutôt sérieusement, deux ou trois relations longues et plusieurs de passage, mais toujours un amour inconditionnel pour la boisson. Et quand il décrit son travail, on peut comprendre pourquoi il sombre aussi facilement dans l'alcool et ait besoin de femmes pour se vider la tête.
Cette autobiographie est écrite dans un registre familier correspondant parfaitement à ce qu'il veut dire. Un très bon roman sans temps mort.
Je ne sais pas pour vous, mais cela ne donne pas envie d'être postier...
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Ludo30
12 avril 2017
En tant que jeune auteur, ce roman, m'a vraiment montré et prouvé, que tout le monde peu écrire avec ces mots, le monde de l'écriture est infini, ce roman retrace sa vie avec beaucoup de rebondissements dans une ambiance folle et pleine d'humour.
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Malabar_
28 avril 2013
Moins lassant que le Journal d'un vieux dégueulasse mais toujours aussi irrévérencieux, le Postier permet de découvrir un Bukowski plus humain et plus touchant.
Largement autobiographique, le roman est aussi un bon moyen d'en apprendre plus sur la vie pas très rose de l'écrivain et sur les évènements qui ont forgé sa vision et son style.
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Mackie
25 novembre 2014
Violent, alcoolique, mélancolique, jouisseur, mais libre, non asservi à une société qu'il rejetait et qui le lui rendait, tel était Bukowski.
Ses romans? Un réalisme, une écriture sans fioriture un style qui deviennent rares dans notre littérature du politiquement correct.
Une fête de la chair et une fête du verbe.
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Citations & extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison19 mai 2017
« Méchant méchant méchant homme ! Vous êtes venu pour me violer ! »
« Ecoutez la daronne, laissez-moi passer. »
« LE MAL EST ECRIT PARTOUT SUR VOTRE FIGURE »
« Vous croyez que je ne le sais pas ? Allez, laissez- sortir d'ici ! »
D'une main j'ai tenté de l'écarter. Elle m'a griffé tout un côté de la figure, et pas qu'un peu. J'ai lâché la sacoche, ma casquette est tombée, et comme j'épongeais le sang avec mon mouchoir elle s'est amenée et m'a ratissé l'autre côté.
« SALE CONNASSE ! NON MAIS CA VA PAS, LA TETE? »
« Vous voyez ? Vous voyez ? Vous ête mauvais ! »
Elle était tout contre moi. Je l'ai empoignée par le cul et j'ai mis ma bouche contre la sienne. Ses seins étaient tout contre moi, tout son corps était collé contre moi. Elle a écarté la tête en me repoussant.
« Violeur ! Violeur ! Sale violeur ! »
Je lui ai happé un nichon avec ma bouche, puis je suis passé à l'autre.
« Au viol ! Au viol ! On me viole ! »
Elle disait vrai. Je lui ai baissé sa culotte, j'ai ouvert ma braguette, la lui ai mise, et j'ai fait reculer jusqu'au divan. On s'est écroulés dessus.
Elle levait les jambes haut.
« AU VIOL ! » qu'elle beuglait.
Je l'ai finie, j'ai refermée ma braguette, empoigné ma sacoche et je suis sorti en la laissant contempler le plafond, calmée...
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le_Bisonle_Bison01 juin 2017
J’ai regardé à travers la vitre. L’infirmière a montré mon enfant du doigt. La figure de l’enfant était très rouge et il hurlait plus fort que tous les autres enfants. La pièce était pleine de bébés hurleurs. Toutes ces naissances ! L’infirmière avait l’air très fière de mon bébé. Enfin, j’espérais que c’était bien le mien. Elle a pris la fillette pour que je puisse mieux la voir. Je souriais à travers la vitre. Je savais pas quoi faire. La môme arrêtait pas de hurler dans ma direction. Pauvre morpionne, je pensais, pauvre satanée petite morpionne. A l’époque je ne me doutais pas qu’elle serait un jour une belle fille, mon portrait tout craché, hahaha.
J’ai fait signe à l’infirmière de reposer l’enfant, puis je leur ai fait au revoir à toutes les deux. C’était une chouette infirmière. Belles jambes, pareil pour les hanches. Seins passables.
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Malabar_Malabar_23 avril 2013
La sécurité? La sécurité on pouvait la trouver en prison. Trois mètres carrés et pas de loyer, pas de charges, pas d'impôt sur le revenu, pas de pension alimentaire. Pas de carte grise. Pas de contravention. Pas de conduite en état d'ivresse. Pas d'argent perdu aux courses. Service médical à l'oeil. Camaraderie avec ceux qui ont les mêmes aspirations. Messe. Troufignons pour tirer sa crampe. Enterrement gratuit.
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WolandWoland22 mai 2012
[...] ... Les sups eux-mêmes rendaient Jonstone possible en exécutant ses ordres impossibles. Je n'arrivais pas à comprendre comment on pouvait laisser un homme d'une si évidente cruauté occuper le poste qu'il avait. Les titulaires s'en foutaient, le délégué syndical valait pas un clou, alors pendant un de mes jours de repos j'ai rédigé un rapport de trente pages, j'en ai envoyé un à Jonstone et je suis allé porter l'autre au Federal Building. L'employé m'a dit d'attendre. J'ai attendu et attendu et attendu. J'ai attendu une heure et demie et puis on m'a envoyé voir un petit homme grisonnant aux yeux comme des cendres de cigarettes. Il ne m'a même pas dit de m'asseoir. J'étais à peine entré qu'il me criait :

- "Vous êtes un petit malin de fils de pute, pas vrai ?

- J'aimerais autant que vous ne m'insultiez pas, monsieur !

- Petit malin de fils de pute, un de ces fils de pute avec du vocabulaire et ça vous plaît de l'étaler partout !"

En agitant mon rapport dans ma direction, il s'est mis à hurler :

- "Mr. JONSTONE EST UN HOMME REMARQUABLE !

- Dites pas de bêtise, c'est un sadique, c'est évident," j'ai dit.

- "Depuis combien de temps êtes-vous dans les Services Postaux ?

- 3 semaines.

- MR. JONSTONE EST DANS LES SERVICES POSTAUX DEPUIS 30 ANS !

- Qu'est-ce que ça a à voir ?

- J'ai dit, MR JONSTONE EST UN HOMME REMARQUABLE !"

Je crois bien que le pauvre type voulait me tuer. Lui et Jonstone devaient avoir couché ensemble.

- "D'accord," j'ai dit, "Jonstone est un homme remarquable. Laissez tomber toute cette putain d'histoire." Ensuite je suis sorti et le lendemain j'ai pris ma journée. Sans salaire, naturellement. ... [...]
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WolandWoland22 mai 2012
[...] ... Le chef était un pète-sec nommé Jonstone. On avait besoin d'aide là-bas et j'ai compris pourquoi. Jonstone aimait porter des chemises rouge foncé - et ça voulait dire danger et sang. On était 7 sups [= agents suppléants] - Tom Moto, Nick Pelligrini, Herman Stratford, Rosey Anderson, Bobby Hansen, Harold Wiley et moi, Henry Chinaski. On commençait à 5 heures du matin et j'étais le seul ivrogne du lot. Je buvais toujours jusque bien après minuit, et à 5 heures du matin, fallait être assis là, à attendre du boulot, attendre qu'un titulaire se fasse porter malade. Les titulaires se faisaient porter pâles généralement quand il pleuvait ou pendant une vague de chaleur ou le lendemain d'un jour férié quand le volume de courrier était le double de d'habitude.

Il y avait 40 ou 50 tournées différentes, peut-être plus, chaque casier de tri était différent, y'avait jamais moyen d'en apprendre aucun, fallait classer le courrier avant 8 h du matin et être prêts pour les camions, et Jonstone n'acceptait aucune excuse. Les sups classaient leurs magazines au coin des rues, sautaient leur déjeuner et mouraient dans la rue. Jonstone nous faisait commencer à classer nos tournées avec 30 minutes de retard - il pivotait dans son fauteuil avec sa chemise rouge - "Chinaski tu prends la tournée 539 !" On commençait une demi-heure en retard mais on était quand même censés préparer et distribuer le courrier et rentrer à l'heure. Et une ou deux fois par semaine, déjà bien vannés, lessivés, entubés, fallait encore faire les levées de nuit, et l'horaire sur la feuille de route était impossible à tenir - le camion n'allait pas aussi vite. Fallait sauter quatre ou cinq boîtes sur le premier parcours, et la fois d'après elles étaient bourrées de courrier, et on puait, on pissait la sueur en bourrant les sacs. Pour baiser, ça j'étais baisé. Jonstone y veillait. ... [...]
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Lecture de "The Crunch" par le Maître lui-même.
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