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EAN : 9782889061006
235 pages
Éditeur : Editions de l'Hèbe (01/03/2017)
4.39/5   9 notes
Résumé :
Saint-Kilda est ce lieu au bout du monde, oublié des hommes et de Dieu (mais pas de ses ministres), perdu dans le brouillard ambigu qui sépare imagination et réalité. Inhospitalier au possible, ce coin de terre au large de l'Écosse a pourtant accueilli une poignée d'hommes et de femmes évacués à leur demande en 1930. Jusqu'au XIXe siècle, ils ont vécu en autarcie, sans connaître l'écriture ni l'argent, sans hiérarchie ni lois, se nourrissant des oiseaux de mer chass... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
pgremaud
  25 janvier 2019
Peut-on imaginer un endroit aussi perdu que cette île de St-Kilda ? C'est une terre tellement éloignée et inhospitalière qu'on se demande ce qui a pu pousser des hommes à s'y installer !
C'est un peu comme pour certains villages isolés de montagne, je pense par exemple à Derborence. Mais, en montagne, malgré tout, on peut quand même essayer de redescendre en plaine quand on se sent oppressé par le poids des sommets ! A St-Kilda, pas de possibilité de fuir puisque l'île n'est visitée par un bateau que deux fois par an.
Pourtant des familles vivent ici depuis des générations, soumises à l'autorité d'un lord écossais lointain, mais qui rappelle régulièrement son pouvoir, et du pasteur qui régit leur vie quotidienne. Elles survivent plutôt, se nourrissant des maigres produits de la terre, de l'élevage des moutons et des oeufs des oiseaux de mer. A part quelques individus, personne ne pense que c'est peut-être mieux ailleurs.
Cela change à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle. En 1852, une trentaine de St-Kildiens partent en Australie. Malgré des passages de touristes, personne ne s'installe sur l'île dont la population baisse. En 1930, lors d'une réunion, miss Barclay, l'infirmière installée depuis quelques années, convainc les habitants qu'il serait préférable de quitter l'île. le 31 mai, les trente-six derniers habitants écrivent donc une lettre au gouvernement pour pouvoir partir de St-Kilda.
C'est cette scène que nous présente le narrateur pour ouvrir le roman. Puis la narration fait de fréquents allers-retours entre cette année 1930, notre époque et différents moments de la vie de St-Kilda, avant de se clore au moment où les habitants quittent définitivement l'île trois mois après la scène du début.
Nous pouvons donc assister à différents épisodes de la vie de la communauté sur place, avec souvent des moments très durs ou avec la présence forte et contraignante des pasteurs. Nous suivons des habitants de l'île qui essaient d'émigrer vers l'Australie et qui parfois reviennent. Nous accompagnons le narrateur et sa compagne qui font partie d'un visage touristique sur l'île et qui découvrent les témoignages de sa vie passée.
Puis nous revenons à St-Kilda en 1930 pour suivre les préparatifs du départ des habitants et quand nous refermons le livre, comme eux, nous gardons une dernière image, celle d'un “doux adieu sans fin, jusqu'à ce que l'île, là-bas, tout au fond, ne soit plus qu'une tache, puis un point,, une poussière, puis s'efface derrière l'horizon d'un bleu sans pitié.” Finalement, nous sommes peut-être devenus des St-Kildiens... et nous avons de la peine à quitter "notre" île !
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Ignifuge
  07 avril 2017
Ce roman donne un bref aperçu de l'histoire des habitants de St-Kilda, principalement l'émigration d'une trentaine de personnes en Australie en 1852 et l'évacuation des derniers habitants de l'île en 1930. J'ai trouvé que l'auteur présente bien les enjeux et les difficultés auxquels sont confrontés les habitants de cette île, que cela soit dans leur quotidien, dans leur relations avec le monde extérieur ou dans les deux situations citées précédemment. J'ai pu avoir de l'empathie pour les personnages grâce aux multiples émotions que l'on peut retrouver dans le livre. Celles-ci sont souvent exprimées de manière détournée comme, par exemple, la phrase suivante qui exprime la tristesse (les larmes) de Finlay Gillies suite à la décision des habitants de quitter l'île (p. 18) : « Ses yeux asséchés par les fumées de tourbe n'y ont pas résisté ». Il faut avouer que me plonger, le temps de ce livre, dans l'histoire de cette population qui avait son propre mode se vie m'a remuée bien plus que je l'aurais pensé.
Au niveau du style d'écriture, la ponctuation m'a paru un peu singulière au début : une phrase a parfois beaucoup de virgules (ce qui m'a fait en relire plusieurs avant d'en comprendre le sens), mais cela donne un certain rythme à la narration (ce qui est une bonne chose, non ?). Autre particularité à relever : une phrase (ou un mot) est parfois répétée plusieurs fois dans un chapitre et cette répétition m'a donné la sensation d'entendre sonner le glas.
Pour finir, je dois avouer que la lecture de ce livre est liée à certains mots ou certaines images qui ont une emprise presque "magique" sur moi. Peut-être que vous, aussi, avez déjà vécu cela : lorsque vous croisez quelque chose (ou quelqu'un) que vous connaissez (ou semblez reconnaître) et que, le temps d'un souvenir ou d'une nostalgie, tout semble s'arrêter d'un coup et votre esprit vous emmène ailleurs. C'est ce qu'il se passe pour moi quand je "vois" St-Kilda. Mon cerveau a dû intégrer un radar naturel qui attire mes yeux vers tout objet portant le nom ou ayant des images de cette île. Je n'y suis jamais allée et, pourtant, mon esprit s'obstine à s'accrocher à ces falaises. Comme l'a écrit l'auteur dans "L'adieu à Saint-Kilda", c'est « le voyage d'une vie ». Une phrases qui permet des interprétations multiples : Est-ce le voyage qu'entreprend un touriste une fois dans sa vie ou, pour les St-Kildiens qui ont quitté l'île en 1930, le voyage qui laisse derrière lui l'histoire de toute une vie ?
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MARTINE300645
  19 mai 2021
L'auteur nous parle de cette île, Saint Kilda où vécurent, sur plus de 2000 ans des hommes dans des conditions extrêmes. Son éloignement des côtes écossaises a isolé sa population qui n'a jamais excédée 180 âmes. Leur subsistance était basée sur les produits des oiseaux, l'exploitation agricole et l'élevage de ces moutons sauvages et particulièrement résistants : les Soay.
Le paysage de cette île volcanique est particulièrement exceptionnel et l'île possède une importante densité d'oiseaux (fous de bassan, macareux et fulmars).
L'île est désormais inhabitée depuis l'évacuation en 1930, du fait des conditions de vie très dures, de ses 36 derniers habitants. Seule une base militaire installée depuis 1957 sur Hirta, ainsi que le tourisme, apportent de la vie sur cette terre solitaire.
Emouvant témoignage nostalgique sur la vie de ces derniers habitants avant leur départ, quelques photos, une belle prose, j'ai été conquis par ce livre qui m'a donné envie d'aller visiter cette île. Merci pour ce petit bout d'histoire que je ne connaissais pas.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
pgremaudpgremaud   19 janvier 2019
Après des millénaires où tous vivaient à la même enseigne, où tout se partageait, où personne ne dominait personne, où les anciens n'auraient pas imaginé se prévaloir d'un quelconque droit d'aînesse, Neil Ferguson avait fini par se croire le plus important, parce que plus riche. Plus puissant, parce que mieux habillé, de des étoffes qu'il achetait aux visiteurs d'un jour. Plus intelligent parce qu'il utilisait des mots que personne ne comprenait à Herta. Il avait fini par renoncer à la chasse, proposant plutôt d'acheter des vivres à ceux qui avaient risqué leurs os sur les falaises (...) Le vieux MacGillis a secoué la tête. Ce jour-là sans doute a-t-il compris que son monde commençait à disparaître. Le postier Ferguson s'était mué , le premier, en homme du XXe siècle.
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pgremaudpgremaud   17 octobre 2018
Je commence à gamberger : qu'est-ce qu'on fait ici ? Qu'est-ce que deux Suisses dans aucun lien avec l'histoire de cette île peuvent bien venir chercher dans le froid, e brouillard, la pluie qui ne cessera jamais ? Dans la boue, dans les crottes de chèvres et de moutons... Pourquoi cette fascination pour ce peuple si éloigné de toute notre éducation, de toute notre civilisation ? Simplement parce que ces photos, au sous-sol du château de Dunvegan, t'ont frappé ? Parce que leurs regards, parce que leurs pieds nus, parce que leurs visages à la fois effarés et si sûrs d'eux-mêmes ?
Dis-moi : qu'es-tu venu chercher, ici, au bout du monde ? Qu'est-ce que tu espérais te prouver ?
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pgremaudpgremaud   17 mars 2018
Lui qui n'a jamais pleuré quand ses enfants ne passaient pas la première semaine. Combien en a-t-il perdu ainsi, après quelques jours de souffrance ? Mais c'était Son dessein, que voulez-vous. Le Seigneur décide de la vie, de la mort, de tout. Pleurer chaque fois qu'Il reprend un enfant, pour des raison que Lui seul connaît, mais qui Lui sont forcément légitimes, pleurer parce qu'il faut faire un nouveau trou et y placer ce petit corps que nous n'avons pas eu le temps de connaître, pleurer alors que ça arrive si souvent et que même les femmes ne versent plus de larmes pour cette douleur si banale, préférant attendre, pour lui confectionner des habits, que le petit ait passé la première semaine et évité la "maladie des huit jours"... C'est le temps qu'il faut au Seigneur pour décider si vraiment le gosse a sa place ici, sur cette île qu'Il semble parfois avoir oubliée, même si personne n'oserait le formuler ainsi. Pleurer un enfant mort reviendrait à contester Sa toute-puissance. Pas un, ici, ne songerait même à commencer de l'imaginer.
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pgremaudpgremaud   18 janvier 2019
Et puis, une dernière prière, un dernier souffle pour éteindre la lampe à huile. Tu entends ? Quoi donc ? La mer... On ne l'entend jamais quand elle murmure aussi doucement... D'habitude, c'est seulement ses hurlements. Pas de vent, ça doit être pour ça. Non, il y a autre chose... Plus un chien pour aboyer : les deux qu'ils ont accepté de sauver n'ont pas le cœur à ça.
Comment ont-ils pu dormir, ce dernier soir ? A quoi ont-ils bien pu rêver ?
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pgremaudpgremaud   24 janvier 2019
Neil Ferguson finit par s'assurer que chaque porte est bien fermée. Il fait le tour des onze maisons encore habitées il y a quelques minutes, encore parfumées de présences séculaires, mais qui lui apparaissent déjà comme des tombeaux vides, racontera-t-il plus tard.
Dans chacune d'elles, ils ont laissé une Bible, ouverte aux pages de l'Exode, et une poignée d'avoine. Ils ont ranimé les foyers de tourbe. Ils brûleront quelques heures encore. Après, pour la première fois depuis des milliers d'années, le feu s'éteindra sur Saint-Kilda.
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