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ISBN : 2266280546
Éditeur : Pocket (12/10/2017)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Sept cents ans après la victoire d'Hitler, l'Europe est soumise à l'idéologie nazie. Les étrangers servent de main-d'oeuvre servile, les femmes de bétail reproducteur, le progrès technique est interdit dans une société exclusivement agraire. Alfred, un jeune anglais en pèlerinage, est mis au courant par le chevalier von Hess de l'existence d'une chronique retraçant l'histoire de l'ancien monde...
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Oliv
  25 octobre 2017
Avant de découvrir ce roman dans la dernière sélection Masse Critique (merci à Babelio et aux éditions Pocket, ainsi qu'aux éditions Piranha qui l'ont traduit en premier lieu !), je n'avais jamais entendu parler de "Swastika Night", tout comme j'ignorais tout de son auteur, la Britannique Katharine Burdekin. Celle-ci a donc imaginé une uchronie dans laquelle les nazis et leurs alliés japonais ont gagné la guerre, ce qui débouche sur... Stop ! Une uchronie, vraiment ? Contrairement à ce que l'on pourrait croire au premier abord, nous ne sommes pas face à un petit frère du "Maître du Haut Château" ou de "Fatherland" comme il en existe tant. Publié en France pour la première fois en 2016, ce roman date pourtant de 1937, soit quatre ans après l'accession au pouvoir de Hitler et deux ans avant la déclenchement de la Seconde guerre mondiale, à une époque où les dirigeants des démocraties occidentales en étaient encore à traiter avec le Troisième Reich comme avec n'importe quel partenaire... "Swastika Night" n'est donc pas une uchronie, laquelle consiste à modifier le passé pour imaginer un autre déroulement de l'histoire, mais une anticipation, puisque Katharine Burdekin extrapole sur les événements de son présent pour imaginer un avenir possible. Loin d'être anecdotique, cette distinction fait tout l'intérêt et la subtilité du roman.
Le futur imaginé par Katharine Burdekin est glaçant. Le "Reich de mille ans" promis par Hitler dans notre version de l'histoire est sur le point de devenir réalité, puisqu'il dure ici depuis plus de sept siècles. Le monde est équitablement partagé entre deux totalitarismes, allemand et japonais, qui se regardent en chien de faïence en attendant d'en découdre pour de bon. L'auteur étant une militante féministe, elle met l'accent sur le terrible sort réservé aux femmes, en écho à l'idéologie machiste qui prévalait à son époque dans l'Allemagne nazie : les femmes dans le Saint Empire germanique sont littéralement traitées comme du bétail, "dépourvues d'âme" elles sont privées des plus élémentaires libertés et leur seule fonction dans la société est celle de la reproduction. Sous la coupe des nazis, l'humanité s'est enfoncée dans l'obscurantisme : la plupart des hommes sont illettrés, il n'y a plus de culture, plus d'art, et le passé précédant la naissance du nazisme a été soigneusement effacé des mémoires. Hitler est devenu l'objet d'un culte religieux, dans lequel le Führer mythifié est célébré sous la forme d'un colosse blond mesurant plus de deux mètres. Mais la mise au jour d'un livre rédigé plusieurs siècles plus tôt, et rétablissant la vérité historique, va faire vaciller les certitudes des nazis du futur...
Au vu de la clairvoyance dont fait preuve l'auteur en dénonçant de manière virulente les méfaits du nazisme dès 1937, les lecteurs francophones qui découvrent ce roman au 21ème siècle peuvent se demander pourquoi celui-ci a été si longtemps oublié, au lieu de connaître la renommée de dystopies fameuses et devenues des classiques telles que "Le meilleur des mondes", "1984" ou "Fahrenheit 451"... Sauf que Katharine Burdekin, il faut le reconnaître, n'est pas un écrivain de la trempe de Huxley, Orwell ou Bradbury. D'un point de vue strictement littéraire, le roman est tout juste passable. Il souffre notamment du fait d'être explicatif et démonstratif à l'excès. Les protagonistes — au nombre de quatre seulement : le chevalier von Hess, Hermann le paysan nazi, Joseph le chrétien et Alfred le "candide" anglais — n'ont aucune substance, ce ne sont que des silhouettes destinées à donner ou recevoir des informations et des explications, au cours de tunnels de dialogues s'étendant parfois sur plusieurs dizaines de pages ; quant à l'intrigue, si tant est qu'il y en ait une, elle est réduite à la portion congrue. Je suis loin d'être un intégriste de l'adage "Show, don't tell", mais en l'occurrence tout le roman ou presque est sur le mode "tell", ce qui est assez dommageable : l'horreur de ce régime nazi du futur nous est exposée en détail, mais on ne la ressent pas réellement, elle peut frapper l'imagination mais ne prend pas aux tripes.
Au bout du compte, en tant que document historique, de témoignage d'une époque, "Swastika Night" est une oeuvre de grande valeur, qui sera lue avec profit par tous ceux que l'histoire du nazisme et de la Seconde guerre mondiale intéresse ; en revanche, pour les lecteurs de SF et plus généralement de littérature, j'aurais du mal à conseiller ce roman avec enthousiasme...
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belette2911
  26 mai 2017
Il fallait avoir une sacrée paire de couilles pour publier une uchronie dystopique (une dystopie uchronique ?) sur les dangers du nazisme en 1937, alors que la Seconde Guerre Mondiale n'avait pas encore commencé et que certains pensaient toujours qu'elle n'aurait pas lieu.
Des couilles et une sacrée vision des choses qui pourraient se produire si cette idéologie gagnait toute l'Europe.
La guerre n'est pas encore déclarée que l'auteure avait déjà imaginé un conflit terrible, basant son récit sur une victoire des allemands.
Pire, ayant connaissance des faits, je reste sans voix devant la clairvoyance de la dame qui, même si elle remplace les Juifs par des chrétiens, parle déjà d'extermination totale. Et en plus, dans son récit, les Juifs n'existent quasi plus… Exterminés qu'ils furent par les allemands.
C'est là que le roman prend toute sa force car il ne s'agit pas ici d'une 36ème version parlant d'une fin alternative de la Seconde Guerre mondiale mais bien d'une anticipation terrible sur l'avenir de l'Europe et du monde si le nazisme triomphait.
Le roman fait froid dans le dos… Nous sommes 700 ans après Hitler (oui, le vilain moustachu a remis à zéro le compteur de Jésus-Christ), le saint empire hitlérien domine toute l'Europe, et quand je dis toute, c'est toute, même pas un village gaulois pour résister.
Nous sommes face à une dictature impitoyable où les femmes ont autant de droit que les chiens et dont leur rôle est celui de poules pondeuses, juste bonne à se faire engrosser par les hommes et à mettre au monde des garçons, qui leur seront enlevés à l'âge de 18 mois.
Parqués dans des camps, nous sommes soumises au bon vouloir des mâles et le viol n'est plus un crime depuis longtemps. Nous n'avons plus de pensées, plus de vie, plus d'allant, plus rien…
L'art et la culture n'existent plus, les livres c'est pareil, hormis la Bible d'Hitler et les manuels techniques, les gens ne savent plus lire, lire ne sert à rien. Ne reste que la musique, mais tous les grands compositeurs que nous connaissons sont devenus allemands ou autrichiens, sans exception.
De plus, on a beau être 700 plus tard, les technologies ne sont pas très avancées, comme si les Hommes en avaient peur, comme s'ils vivaient toujours à l'époque de 1940 avec ses aéroplanes et ses vieux camions de l'époque.
L'univers qui est décrit dans ses pages est tout bonnement impitoyable, horrible, donnant des sueurs dans le dos car tout le monde a oublié ce qu'il y avait avant l'avènement du nain de jardin moustachu et on a fait de ce dernier un Dieu, limite un Jésus puisqu'il a donné naissance à une religion, la sienne.
Tout est effacé, on a réécrit l'Histoire, les faits ont été changés, tout est à la gloire des allemands et des nazis, les religions éradiquées et ce qui les remplace est une horreur sans nom, les chrétiens étant même considéré comme moins que des rats !
Ah, et le petit homme ventripotent que nous connaissons, moustachu, moche, avec du bide et une mèche de cheveux gras est devenu – propagande oblige – un grand blond magnifique (2,10m) aux yeux bleus, avec des cheveux blonds et longs digne d'une pub de chez l'Oréal, un être quasi divin, et pas sorti du ventre d'une femme.
On lui a écrit une légende, il fait l'objet de culte, on visite les lieux saints en Allemagne et les seuls à ne pas avoir été envahis sont les japonais, qui eux, tiennent sous leur coupe les américains.
L'histoire gravite autour d'Alfred, un anglais, le personnage principal avec Herman, l'ouvrier agricole l'allemand et von Hess, le chevalier.
Malgré leurs différences et leurs divergences, ces trois là vont discuter ensemble et le chevalier fera de terrible révélations à nos deux hommes, plongeant dans le désarroi le plus total l'allemand qui voit ses croyances s'effondrer.
Trois personnages attachants, réalistes, avec leurs pensées conformes à ce qu'ils ont toujours vu et vécu, la rébellion étant à proscrire chez les soumis, d'ailleurs, ils n'y penseraient même pas. Pourtant, comme le personnage d'Orwell dans 1984, Alfred a déjà conscience qu'on lui a menti cherche à déjouer la supercherie.
On ne peut pas dire qu'il se passe des tas de choses importantes, dans ce roman, mais on s'en moque, la narration étant tellement forte que l'on blêmit lors des conversations entre Alfred et le chevalier (haut grade chez les allemands), en découvrant la vie des gens, la condition de la femme, de l'enfant, les pensées qui sont celles des humains de tout bord.
Loin d'être indigeste, ce petit roman de 230 pages est limpide, facile à lire, même s'il a tendance à vous foutre des claques régulièrement, et pas des petites.
Il y a un réalisme effroyable, dont des faits qui se remarquent depuis quelques temps chez les Chinois avec leur règle de l'enfant unique (plus de garçons que de filles et un déséquilibre, comme dans notre roman).
Ceci est plus qu'un roman, c'était une vraie mise en garde en son temps, et elle vaut toujours pour notre époque ! Qui voudrait d'une telle société où les gens ne pensent pas par eux-même ?
Glaçant !

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Le_chien_critique
  27 novembre 2017
Avec Swastika Night, vous avez le droit à un roman satirique et à un essai. L'un assez réussi, bien qu'outrancier par endroit, l'autre ennuyeux.
Reste l'intérêt historique...
Hitler a gagné, la moitié du monde est libéré de la démocratie et du communisme. le bonheur ?
Pas si sûr. voyons ce qu'il en est. 700 ans après la victoire nazie, le monde est divisé en deux parties, l'empire allemand et l'empire du soleil levant. Soit bonnet brun contre brun bonnet ! Hitler est devenu un Dieu et la mythologie a fait le reste.
"L'Unique et Saint, le Héros-Dieu, lui, n'avait naturellement jamais fumé, ni mangé de viande, ni bu bière ou vin. Sa colossale stature (deux mètres dix, mesurait-Il) et les phénoménales prouesses que Lui autorisait Sa force ne devaient rien à la nourriture riche et grossière que prisent les Allemands inférieurs."
Les femmes ont enfin reprit leur place naturelle : au poulailler. le viol est considéré comme un simple acte sexuel, les hommes allemands, ont tous les droits. Plus de famille, les enfant sont retirés à leur mère dès leur plus jeune âge, les femmes restent parquées dans des camps, réduites à un simple statut reproducteur.
"Qu'un homme puisse exprimer une préférence sexuelle pour une femme en particulier (hors celle que pouvaient susciter l'état de santé et la force musculaire de cette femme) était une faiblesse, une preuve d'absence de virilité. "
Et pour diriger cette douce société utopique, il faut bien un cadre. Donc, hiérarchie pyramidale : les chevaliers, les religieux, les simples nazis, les populations asservies, les chrétiens (les juifs ayant été exterminé, il faut bien trouver un nouveeau bouc émissaire) et en bout de chaine les femmes considérés comme de simples animaux.
Le tout avec falsification de l'histoire allant jusqu'à son oubli.
Pour l'intérêt historique, c'est réussi même si parfois la projection est un peu trop satirique, outrancière et appuyée. Mais quelle clairvoyance. Écrit en 1937, l'anticipation de l'idéologie nazie est parfaitement juste.
Pour ceux dont les cours d'histoire ennuie, l'anticipation se suffit-elle seule ?
Nous sommes dans une veine assez satirique, avec des personnages réduits à leur simple expression : le candide, l'initié et l'apprenti. Leurs aventures peuvent donc sembler à la limite du rocambolesque.
Quelques moments assez hilare cependant à mon sens : comme la découverte du vrai Hitler par Alfred et Hermann sur une photographie, l'exacte opposée du mythe. Voilà pour une première partie. Et puis patatras, rupture de ton, on assiste à un dialogue érudit sans fin contredisant la psychologie des personnages. Et comme Hermann, j'avais envie de me présenter devant les rhétoriciens et de leur dire que je préférais continuer ma vie d'avant, ou qu'un résumé me suffirait.
"si vous aviez la bonté de m'y autoriser, j'aimerais mieux continuer à travailler aux champs plutôt que d'entendre parler du livre de votre trois fois noble ancêtre. Veuillez le croire, je ne suis pas un lâche ; cependant, lorsque vous discutez avec Alfred, je n'y comprends rien. Je préfère qu'il me l'explique après vos conversations. Je vous prie donc, Bien-Né, de bien vouloir me congédier. "
Et de deviser sur le nazisme, la virilité, les civilisations, les gouvernements, l'histoire,les femmes et les arts. J'avais l'impression d'être en cours face à un prof ennuyeux, la lecture en diagonale comme seule évasion. Et parfois, l'impression que Katharine Burdekin avait plus à dire sur le féminisme que le nazisme.
N'est pas romancier qui veut. Dommage car le sujet était intéressant et l'anticipation juste
Une postface, Cauchemars éveillés : Et si le Troisième Reich l'avait emporté ?, de Bertrand Campeis clôture le roman. Il revient sur l'uchronie et la seconde guerre mondiale. Paru en 1937, le livre est une dystopie, pourquoi nous parler d'uchronie via une petite pirouette ?
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argali
  16 décembre 2016
Paru en 1937 et tout récemment traduit, cette uchronie est d'une incroyable perspicacité. Sept cents ans après la « Guerre de vingt ans » remportée par l'Allemagne, celle-ci gouverne l'Europe et l'Afrique; l'autre moitié du monde étant sous l'emprise des Japonais. Hitler a été institué Dieu-né et du haut de ses 2m10, la statue de ce blond aux yeux bleus décore chaque ville de l'Empire.
Le passé a été supprimé des mémoires, les livres ont été brulés et la bible nazie expurgée de toutes traces de l'Histoire. La société est divisée en trois : le Führer, les Chevaliers et les Nazis. Asservies, les femmes ne sont que des reproductrices serviles, même le sens du mot mariage a été oublié.
Les races inférieures ont été anéanties et celles restant sont soumises et régies par l'autorité nazie et ses lois décadentes. Les quelques chrétiens restants sont persécutés mais vivent encore en famille.
Alfred, un jeune mécanicien anglais de 36 ans, a obtenu le droit de réaliser un pèlerinage sur le sol du Saint Empire Germanique. Retrouvant son ami Hermann qui travaille à la ferme du Chevalier von Hess, il a l'occasion de rencontrer ce dernier. Franc et direct, Alfred ose affirmer qu' « il n'y a pas d'honneur là où ne règne pas la liberté de jugement. » Bizarrement, le courant passe entre eux et Friedrich von Hess révèle à Alfred comment l'histoire fut déformée par un homme, amenant les Allemands à détruire toutes traces du passé. Il n'en faudra pas plus pour qu'Alfred, déjà sceptique, s'engage à répandre ces informations afin que la vérité éclate.
Dans cet univers futuriste, rien n'a évolué : pas de technologie, ni de progrès dans les domaines artistiques, scientifiques, médicaux, militaires... La conformité, l'honneur, le militarisme extrême et le patriarcat sont les ferments de l'Empire en place. Reléguées au rang d'esclaves sexuelles destinées à perpétuer la race, les femmes ont fini par ne plus mettre au monde de garçons et l'équilibre de la société est en danger. Ce sera l'élément déclencheur de la réflexion et du changement.

Il est étonnant que ce roman écrit à la même époque que 1984 d'Orwell soit resté dans l'anonymat aussi longtemps. Les deux histoires présentent des similitudes notamment dans la description du pouvoir aliénant et de l'autoritarisme aveugle. Dans chacun des romans, le héros est conscient qu'on lui ment et cherchera à déjouer la supercherie.
Ce récit rédigé en pleine montée du nazisme et bien avant qu'il ne livre ses pires moments laisse paraitre sa violence, son injustice, sa misogynie et l'horreur qui en découlera. Mais il annonce aussi sa chute. Féroce et subtile fiction qui m'a glacée d'un bout à l'autre.
A lire absolument !
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Hamisoitil
  31 janvier 2017
Avant de commencer ma chronique, je tiens à préciser que ce livre a été publié en 1937.
L'auteure, Katharine Burdekin, envisage à travers cette histoire soit 700 ans après le règne d'Hitler, un nouveau monde où les nazis ont une position dominante sur l'Europe, l'Afrique et une partie de l'Asie, dans laquelle se joint le Japon, deuxième puissance mondiale régnant sur l'autre moitié. Dans ce nouveau monde, Hitler est représenté comme un blond aux yeux bleus qui n'a jamais été enfanté par une femme et vénéré comme le dieu, le un, le tout puissant. Statique est ce monde. Tout a été supprimé : la technologie, la découverte, les voyages, la littérature, la musique... Chacun est à sa place, la mémoire est réduite au minimum, comme un bon lavage de cerveau. Les hommes règnent en maître dans l'autoritarisme et pensent être supérieurs aux autres races, tandis que les femmes se retrouvent rasées du crane, enfermées dans des cages, à l'état sauvage, en esclavage ; violées, pour enfanter, si possible, que des mâles. En clair, du simple bétail reproductif.
...leur conformation physique et intellectuelle les empêche d'accomplir quoi que ce soit de valable, c'est-à-dire d'abouti, hormis leur bestiale activité de mère.
A partir de là, faut bien se mettre en tête que ce monde est différent de l'Allemagne actuel voire du monde actuel, quoique... Un simple Allemand est tout bonnement un nazi où l'Hitlérisme fait partie de lui jusqu'à dans la religion (la Bible Hitler) et le contraire serait grave, pourtant, quelques électrons libres vivent en retrait, comme des marginaux ou des déchets de cette société : les nouveaux juifs qu'on appelle chrétien.
Dans tout ça, on fait la connaissance de Alfred, un anglais, mécanicien d'aéroplanes, en pèlerinage en Allemagne pour visiter quelques lieux saints, quand il tombe sur Hermann, un ouvrier agricole allemand connu pendant son service militaire en Angleterre. Tout au long de la lecture, l'histoire est centrée en partie, sur ces deux protagonistes, jusqu'à ce que Alfred soit convoqué chez le chevalier von Hess, gouverneur du comté, pour s'être interposé dans un viol. Sincèrement touché par ce jeune homme, par sa personnalité, le chevalier décide, quelques jours plus tard, de lui faire part d'un immense secret : le monde avant tous ces bouleversements. Un monde aux antipodes de celui-ci où la place et les conditions des femmes étaient bien différentes de l'actuel. D'ailleurs, cette deuxième partie du livre où les révélations tombent comme une pluie de météorite, le chevalier s'attarde énormément sur le rôle de femmes avant et après. La comparaison est une bombe qui explose en pleine tête quand il précise qu'elles étaient instruites, féminines, travailleuses et vivaient en couple... On sent que c'est quelque chose d'important pour lui et qu'il faut absolument le partager. Il parle également d'Hitler, loin d'être blond aux yeux bleus, mais bien trapu, avec une bedaine, les cheveux foncés, preuve à l'appui avec photographies et livre retraçant l'Europe depuis des décennies. J'ai remarqué en avançant dans ma lecture que l'auteure, Katharine Burdekin, bien que ce livre ait été écrit en 1937, avait déjà anticipé certains faits sans trop s'attarder dessus, heureusement ! du coup, nous sommes plongés dans une dystopie (une première pour moi) où le nazisme a pris possession du monde, et ça fait froid dans le dos, si tel était le cas !
Dans l'ensemble, j'ai passé un très, très bon moment de lecture mais j'ai trouvé les chapitres relativement trop longs, descriptifs et sans trop d'action. La deuxième partie est très instructive !
Je recommande !
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
bibiouestbibiouest   05 juin 2017
Sans rien connaître de la démocratie, tu viens d'en trouver le point faible. Dans une démocratie, aucun homme sensé ne veut renoncer à son droit à exercer son jugement personnel; sachant son chef de même nature que lui, il ne peut lui faire aveuglément confiance; par conséquent il veut diriger lui-même. Et il devient difficile de gouverner. Car il y a de nombreux hommes sensés, le système les encourageant, mais aussi une quantité plus grande encore d'hommes faibles, auxquels il faut toujours dire quoi faire et quoi ne pas faire. Ceux-ci ne peuvent être laissé à eux-mêmes, sans loi. De sorte que la démocratie finit toujours de la même façon:elle dégénère, aboutit au chaos; du désordre naît un gouvernement autoritaire, un der Führer, une oligarchie, une dictature militaire ou quelque régime du même ordre. Je n'ai pas autant de mépris que von Hess pour ce système, car j'assiste en ce moment au dernier stade de la décomposition naturelle de la dictature-le marasme absolu.
Mais comment faire durer la démocratie assez longtemps pour que les intelligences se raffermissent? Tes arriere-petits-fils pourront réponde à cette question, Alfred, car une fois la vérité revenue au jour, les gouvernements autoritaires s'effondreront.
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OlivOliv   25 octobre 2017
L'ouvrage de von Wied prouvait ceci : Hitler était Dieu, non point né mais explosé ; les femmes n'appartenaient pas à l'espèce humaine mais étaient similaires aux grands singes ; enfin, tout ce qui avait été accompli et pensé avant la venue d'Hitler n'était que l'obscur et fallacieux produit d'une sous-humanité sauvage, par conséquent, il fallait en faire table rase. Ce fut avec von Weid que la peur de la mémoire atteignit son apogée. Il nous fournit le remède logique et teutonique à cette crainte : la destruction. L'histoire, la psychologie, la philosophie, l'art — hormis la musique —, la médecine — hormis ce qui concernait l'anatomie et les éléments purement matériels —; tout cela devait être complètement anéanti, de même que les livres, les représentations graphiques et les statues qui décrivaient les Allemands du passé. Un gouffre immense devait être creusé que nul ne pourrait jamais plus franchir. Le christianisme devait de même disparaître ; partout dans l'Empire devaient être détruits les textes innombrables de la théologie chrétienne ; les bibles chrétiennes devaient être collectées et brûlées ; et même celle d'Hitler, qui faisait l'objet d'un culte dans tout l'Empire, se voyait expurgée de certaines parties. Car elle contenait des éléments de la mémoire.
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OlivOliv   24 octobre 2017
La consommation de tabac n'était ni encouragée ni vraiment interdite dans l'Empire. L'Unique et Saint, le Héros-Dieu, lui, n'avait naturellement jamais fumé, ni mangé de viande, ni bu bière ou vin. Sa colossale stature (deux mètres dix, mesurait-Il) et les phénoménales prouesses que Lui autorisait Sa force ne devaient rien à la nourriture riche et grossière que prisent les Allemands inférieurs. Il n'y avait cependant aucune obligation à désirer l'imiter en Son hygiène de vie, en Sa totale ascèse (si complète en vérité qu'Il ne s'était jamais trouvé en la présence impure d'une femme) ; la plupart des hommes fumaient, buvaient de la bière et mangeaient de la viande lorsqu'ils en avaient la possibilité.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   27 novembre 2017
Il y a deux façons de gouverner un empire. On peut faire en sorte que les sujets conquis se sentent mieux dans l’empire qu’en dehors, qu’ils soient fiers d’en faire partie, qu’ils en épousent la civilisation, meilleure que la leur, et qu’ils puissent, s’ils le méritent, en acquérir la nationalité. C’est la conception romaine. Il y avait dans l’Empire romain des milliers d’hommes qui, bien que n’ayant pas une goutte de sang romain dans les veines, se reconnaissaient avec joie et fierté dans l’Empire. Ils avaient le droit de se déclarer Romains et partageaient les prérogatives de leurs conquérants. Mais on peut aussi maintenir les races soumises en état d’infériorité essentielle et leur donner à penser qu’elles sont gouvernées par une nation sacrée constituée d’hommes entièrement différents, leur refusant à jamais l’accès à une égale citoyenneté. C’est notre conception. Il est inimaginable pour nous qu’un individu puisse s’arroger le droit d’être allemand s’il ne l’est pas de naissance. Nous sommes le Sang. Et vous autres êtes le non-Sang.
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bibiouestbibiouest   05 juin 2017
Mais nous avons aussi tué notre propre culture, notre littérature... plus rien ne reste. Nous n'avons que la bible Hitler, les légendes et ce que nous, nazis appelons l'histoire de l'Allemagne. Nous n'évoluons plus. Nous ne sommes pas tout à fait des barbares: nous avons un savoir technique et les moyens de l'utiliser, nous ne craignons pas la nature, nous ne mourons pas de faim. Mais nous n'avons plus accès désormais à cette vie si riche du point de vue de l'esprit et des sentiments que les hommes vivent lorsqu'ils ont un but, un but qui les dépasse, aussi absurde soit-il. Nous ne pouvons rien créer, rien inventer. Nous sommes allemands. nous sommes sacrés. Nous sommes parfaits. Et nous sommes morts.
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