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Jacques Martinache (Traducteur)
EAN : 9782070339525
448 pages
Gallimard (11/10/2007)
3.58/5   26 notes
Résumé :

Dans deux mois, la Grande-Bretagne restitue Hong Kong à la Chine, et l'abandon de cet ancien îlot misérable, devenu l'une des places économiques les plus riches du monde, exacerbe la haine que se vouent ces deux puissances depuis cent cinquante ans. Alors qu'un typhon menace, une vedette rapide britannique de la police royale se rapproche dangereusement des eaux territoriales chinoises. Un sac flotte sur les eaux grises de la mer. A l'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Les romans policiers de John Burdett que j'avais lu précédemment se déroulaient à Bangkok La difficulté de vivre de l'inspecteur Soncheï rendait le roman intéressant et permettait de découvrir Bangkok hors des sentiers battus. En choisissant ce roman de John Burdett, j'espérais qu'il partagerait ces connaissances, et je n'ai pas été déçu.
Il y a des crimes compliqués, peu réalistes et imaginatifs ce qui est normal pour un polar.
Ce que j'ai bien aimé, c'est la vie à Hong Kong en 1997 lors du passage de Hong Kong sous la dominance de la Chine, en particulier l'angoisse des fonctionnaires anglais, qui allaient être chassés. et l'apprentissage à l'économie capitaliste des dirigeants chinois.

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Ce qu'il y a de bien avec les polars, c'est qu'ils permettent de voyager facilement et de découvrir de nouveaux pays.
On avait déjà parlé de John Burdett avec l'excellent Bangkok 8, qui comme l'indiquait le titre du billet, nous emmenait en Thaïlande.
Cette fois, l'avion atterri à Hong Kong, en 1997 à la veille de la restitution à la Chine de l'ancienne colonie britannique, vestige de la guerre de l'opium lorsque les blancs exploitaient l'immense marché chinois.
On retrouve quelques clés de lecture propres à Burdett et notamment le choc des cultures qui oppose finement des chinois de Chine ou de Hong Kong, des Britanniques et même des Américains ou des Australiens.
Ce récit (écrit en 1997 pendant les événements de Hong Kong) nous a semblé un petit peu moins maîtrisé que l'humour ravageur de Bangkok (qui date de 2003) mais les quelques passages un peu faciles (genre yacht, sexe and sun) sont vite lus au bénéfice d'un bouquin très intéressant : le rayon polars de l'année 2008 commence avec une belle surprise.
Le typhon qui menace l'île de Hong Kong au début du bouquin est rapidement oublié : ce n'est qu'une allégorie de la menace plus sérieuse, celle de la Chine à qui vont être restitués ces territoires abandonnés par les anciens colons britanniques.
À deux mois de l'échéance de juin 1997, il reste 6.000.000 de secondes : une pour chacun de ces habitants de l'île qui campent devant l'antre du Dragon chinois.
Tout cela prend des allures de fin de siècle et tout le monde s'apprête à basculer du colonialisme anglais (une « dictature éclairée » !) à la dictature tout court.
Le livre a été écrit, on l'a dit, en 1997 et depuis il s'est avéré que le dragon chinois a bien appris des leçons du capitalisme et que les erreurs du passé (notamment l'effondrement de Shanghaï après sa reconquête en 1949) n'ont pas été reproduites : dix ans après, Hong Kong continue son expansion florissante, même sous le drapeau rouge.
Dans ce décor géo-politique soigneusement dessiné, John Burdett trame une intrigue policière riche et complexe qui entremêle argent sale (on est à Hong Kong !), triades et mafias occidentales (russes, italiens, ... il y en a pour tous les goûts), politique, drogue et même nucléaire.
La prose sans pitié de John Burdett fait souvent mouche et l'on renifle même parfois des parfums de Michael Connelly, belle référence.
Chacun en prend pour son grade : les colons britanniques finissants, les expatriés de tout poil venus s'enrichir ou s'exotiser, et bien entendu les redoutés chinois, qu'il s'agisse des cadres corrompus de l'armée populaire ou des anciens fanatiques des Gardes Rouges dont les échos des atrocités commises pendant la Révolution Culturelle résonnent encore.
Il n'y avait pas grand monde à sauver en 1997 à Hong Kong ...
De quoi renforcer l'idée d'une petite escale à l'occasion d'un futur voyage ...
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La période choisie n'est tout d'abord pas anodine. A quelques mois de la passation du pouvoir au Chinois, les relations sino-britanniques sont tendues et doivent être traitées avec soin. Il est bien reflété le climat de peur qui régnait à l'époque à Hong Kong. Tout le monde pensait qu'il allait se passer une sorte de révolution une fois que la Chine serait au pouvoir.
Au début du roman, l'aspect politique m'a un peu freinée dans ma lecture et j'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire. Il est vrai que tout tourne autour de la politique et on se rend compte que même si les meurtres sont le point de départ de l'histoire, c'est avant tout la base d'une intrigue politique beaucoup plus complexe.
Les meurtres sont d'une violence inouïe, les soupçons se portent donc sur les mafias locales qui sévissent à Hong Kong mais aussi dans le monde entier. le crime organisé n'est donc pas en reste et c'était assez intéressant d'avoir un aperçu de leurs activités dans le livre.
A plusieurs reprises, l'inspecteur Chan est menacé d'être retiré du dossier. Ce personnage est particulier et intéressant, il est eurasien, un mélange de deux cultures avec un passé assez lourd. Je pense que ce choix n'est pas dû au hasard dans le sens ou ce personnage est représentatif de la ville elle-même qui est un mélange d'Asie et d'Occident. Je me suis très vite attachée à ce personnage, un flic droit et intelligent, traumatisé par les communistes qui ont tué sa mère quand il était plus jeune.
Les autres personnages sont aussi intéressants mais je ne les ai pas trouvés attachants. La plupart ne font que passer, on a des personnes blessées par la vie, qui essayent tant bien que mal d'arriver à leur fin mais toujours de manière maladroite. Je pense par exemple aux parents De Claire, l'une des trois victimes. Ou encore Emily, une chinoise qui se retrouve au coeur d'intrigues qui la dépassent et elle se sent utilisée.
Le dénouement de l'histoire a été une vraie surprise. Dans les dernières pages du roman, on finit sur une scène très très glauque qui ne donne pas envie de se promener dans les rues de Hong Kong.
C'est donc un bon thriller même s'il m'a fallu un peu de temps pour rentrer dans l'histoire. L'histoire est vraiment intéressante pour le côté politique et Hong Kong est un environnement un peu exotique pour des intrigues un peu glauque.
Lien : http://latetedansleslivres.w..
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J'ai très apprécié. le style global est celui des précédents récits de l'auteur à Bangkok (en moins psychédélique pour certains) transposé à Hong Kong. Il y a un tiers de thriller bien abouti, un tiers autour des personnages et un tiers de géo-politique. L'ensemble est suffisamment complexe afin d'y trouver son plaisir. Les commentaires et analyses sur les ambitions (ou les visées) de la Chine sont au premier degré mais finalement sans doute très justes, avec certainement le grand mérite d'être là.
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Ce roman m'a paru très long a achever. Au regard des précédents ouvrages, je n'y ai trouvé qu'une redite située à HK d'histoires précédemment vues à BKK.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Vivre à Hong Kong, c'était comme camper devant l'entrée de la grotte d'un cyclope. Survivre requérait une étude méticuleuse des habitudes du monstre, mais tout le monde tirait tôt ou tard la même conclusion : le cyclope était fou.
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[...]- Franchement je donnerais dix ans de ma vie pour rester à Hong Kong.

- Sur ce rocher pollué, infesté de chinetoques, superficiel, grossier, matérialiste, étouffant ?

- Vous savez pourquoi ? Parce qu'il grouille de vie, nuit et jour. Il en déborde. Les gens courent dans tous les sens pour gagner leur croûte, personne n'a le temps de rester assis à gémir. L'Angleterre est au Vallium, l'Amérique au Prozac. Ici, les gens se comportent encore en êtres humains. Il y a de la jeunesse, de l'ambition, de l'énergie. Quatre-vingts pour cent de la population ont moins de trente ans.
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Il découvrit que la télévision était destinée à des cerveaux épuisés par une journée de travail. Maintenant qu'il avait la malchance de pouvoir lui accorder son attention, il constatait que les messages avaient la consistance de la barbe à papa. Est-ce que quelqu'un, au-dessus de douze ans, regardait vraiment MTV?
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[...] Chan avait lu un poème contemporain dans lequel le vent était comparé à la ruée d'un milliard d'hommes invisibles écrasant tout sur leur passage. Le poète n'avait pas besoin d'être plus précis : dans la mythologie ancienne, le vent est une manifestation du Dragon, et le trône du Dragon appartenait à l'empereur de Chine.
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[...] À cinquante kilomètres au nord vivaient 1,4 milliard d'êtres humains dont l'attention collective était rivée sur Hong Kong, deux mois avant sa restitution à la République Populaire de Chine. C'était comme vivre dans une soufflerie mentale : vous sentiez le vent d'une envie et d'une haine incontrôlables accumulées de l'autre côté de la frontière. Quelqu'un a dit que Hong Kong est un lieu emprunté vivant en sursis. Ce sursis se mesurait maintenant en heures : quinze cents pour le moment, et filant vite. Les communistes arrivaient, ils étaient presque là.
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Cercle polar : quand les héros s'incrustent. .Cercle polar : quand les héros s'incrustent. Allez savoir pourquoi ! Il arrive parfois q'un héros s'impose à un auteur, jusqu'à ne plus le quitter, jusqu'à vieillir ensemble. le phénomène n'est pas nouveau. Philip Marlowe et Raymond Chandler, Agatha Christie et Hercule Poirot, Arthur Conan Doyle et Sherlock Holmes sont des couples mythiques. Et le phénomène se poursuit, plus encore peut-être depuis le succès des séries télévisées. Fred Vargas et son commissaire Adamsberg, Michael Connelly et Harry Bosch finiront pas fêter leurs noces d'or pour le plus grand bonheur de leurs lecteurs. Car le plaisir est grand, en ouvrant chaque nouvel épisode de leurs aventures, de prendre des nouvelles de ces amis de papier comme on s'inquiète de la santé de nos proches. Matt Scudder va-t- il replonger dans l'alcool, se demandait-on à chaque épisode de la série de Lawrence Block. Ces héros que l'on dit récurrents sont plus nombreux que jamais, en voici trois que vous ne connaissez peut-être pas encore... « le Joker » de John Burdett (Presses de la Cité) « Une affaire d'hommes » de Todd Robinson (Gallmeister) « Aux vents mauvais » de Elena Piacentini (Au-delà du raisonnable)
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