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EAN : 9782021332902
480 pages
Éditeur : Seuil (02/02/2017)
3.9/5   5 notes
Résumé :
Pourquoi mangeons-nous de la viande ? L'être humain a-t-il toujours été carnivore et est-il voué à le rester ? C'est à ces questions apparemment simples que Florence Burgat entreprend de répondre dans un ouvrage appelé à faire date : il s'agit d'une véritable somme sur la question de l'humanité carnivore . Florence Burgat montre qu'on ne saurait se contenter de répondre, avec un haussement d'épaules, parce que c'est bon : la chair humaine est réputée aussi avoir bon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
EManzoni
  26 octobre 2020
Dans ce livre passionnant et très documenté, au-delà de nouveaux arguments et nouvelles voies (viande in vitro ) pour envisager une sortie du carnisme, des chapitres qui lèvent le voile sur cette dimension, bien soulignée par Voltaire puis par Clastres et Levi Strauss, de l'étendue du cannnibalisme chez Homo Sapiens. Un chapitre nécessaire et cinglant sur l'hypocrisie de l'importance sacrificielle réjouira tous ceux qui n'en pouvaient plus de ces apologies interminables d'une pratique meurtrière qui sous le manteau du rituel était parée de toutes les vertus civilisationnelle en ethnologie et anthropologie.
Maintenir une relation sanglante aux animaux, alors que tous les substitus carnés sont prêts, relève donc d'une métaphysique à déconstruire urgemment. Ce qu'elle fait avec talent dans ce livre qui est un marqueur désormais.
"L'horreur que nous inspire le cannibalisme confirme la spécificité de la violence propre à la manducation qui suit une mise à mort. Les anthropologues ont en effet mis au jour un « cannibalisme de gourmandise », où des hommes mangent d'autres hommes « parce c'est bon ». Il peut être curieux de penser que le cannibalisme nous répugne plus que la torture, qui constitue une situation où l'autre continue à être tenu pour un sujet qui doit répondre à une question. La manducation, qui implique un processus de décomposition, ravale celui qui est ainsi traité à un rang qui ne peut être comparé à aucun autre. Quoi de plus absolu que la manducation pour affirmer une forme d'anéantissement d'autrui ?"
Emission très complète autour de ce livre sur RFI
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Commenter  J’apprécie          40
nanouche
  09 août 2021
Florence Burgat est une philosophe et la lecture de certains passages est parfois un peu compliquée pour moi, voire même obscure, je dois l'avouer mais l'essentiel est abordable, illustré d'exemples. En s'appuyant sur de nombreuses sources historiques et ethnographiques Florence Burgat s'emploie à déconstruire un certain nombre de croyances qui justifient la consommation de viande.
La chasse, première activité humaine ?
On l'a longtemps pensé car les vestiges du paléolithique sont essentiellement des armes et des vestiges alimentaires animaux (os). le reste ne s'est pas conservé. En fait les premiers hommes ont laissé si peu de traces qu'on ne peut qu'imaginer comment ils vivaient. Aujourd'hui des préhistoriens remettent en question l'importance de la chasse. L'alimentation humaine à l'époque était essentiellement opportuniste (ils mangeaient ce qu'ils trouvaient), majoritairement végétale.
Le sacrifice religieux, meurtre salvateur ?
Sacrifice animal ou même sacrifice humain, les observateurs extérieurs trouvent de nombreuses excuses au meurtre rituel qui aurait pour vertu de canaliser la violence. Pour l'auteure, au contraire, le sacrifice n'est qu'un prétexte pour manger de la viande car les victimes sont consommées dans la très grande majorité des cas et leur chair se retrouve souvent à l'étal des bouchers. Elle constate que de nombreux chercheurs perdent tout sens critique en matière d'abattage rituel et qualifie cela de "génie du sacrifice": "Il suffit qu'un acte, ordinairement jugé trivial ou barbare, soit déclaré rituel pour le voir perdre son caractère vil, changer radicalement de sens et revêtir une forme noble. Se demande-t-on seulement à quoi tient cette magie ? le rite habille, et il habille toujours somptueusement."
Le cannibalisme, un rite ?
Quand le cannibalisme n'est pas motivé par la survie (en période de famine, il s'agit généralement alors de nécrophagie), quels sont ses motifs ? On parle souvent de vengeance ou de volonté de s'approprier les qualités de celui qui est mangé. Pour Florence Burgat, l'explication est aussi gastronomique ("Parce que c'est bon") et prétendre autre chose relève du déni. Elle développe longuement sur le cas des Aztèques qui a force de "guerres fleuries" pour se procurer des captifs à sacrifier et consommer avaient fait le vide autour d'eux. L'inauguration de la pyramide principale de Mexico entraîne le sacrifice de 80400 captifs abattus à la chaîne pendant 4 jours et 4 nuits d'affilée.
Pour finir l'auteure s'interroge sur les raisons profondes de la manducation des animaux et propose le moyen d'en sortir. Elle pense que "la manducation des animaux exprime un désir de l'humanité : celui d'une séparation radicale et indéfinie avec "l'animalité", que seule la manducation réalise absolument." Il lui semble que l'humanité ne veut pas que les animaux se voient reconnaître de véritables droits et jouissent d'une égalité de considération avec les êtres humains.
Que faire alors ? Pour elle la viande de substitution (viande de culture ou substituts végétaux) peut être une solution à condition d'être soutenue par la publicité qui la fera passer pour de la "vraie" viande de la même façon qu'aujourd'hui, à coup de petits cochons cuisiniers ou de poulets en liberté on nous fait croire que ces bêtes sont heureuses de passer à la casserole.
C'est donc un livre fort intéressant, dont la lecture m'a appris des choses et qui donne à réfléchir.
Lien : http://monbiblioblog.revolub..
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Romain28
  24 novembre 2018
Avec ce livre important , la philosophe Florence Burgat déconstruit méthodiquement et au moyen de références historiques conséquentes le fait carnivore envisagé comme ayant contribué au fondement de l'hominisation. A travers notamment l'évocation de la Chasse et de la démarche sacrificielle, elle démontre que l'Homme bien plus que pour des raisons culinaires,est d'abord attaché à la relation meurtrière avec les animaux qui institue le droit à la violence en général. Seule petite réserve à mon gout une conclusion qui lie la réification et l'anéantissement des animaux à un agressivité première, disposition instinctive primitive autonome de l'être humain . Si le caractère apparemment universel de la consommation de viande ne suffit pas à en faire le socle d'un quelconque fait civilisationnel il ne saurait démontrer pour autant l'existence d'une "Nature humaine" dont la pulsion de mort serait l'un des fondements.
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critiques presse (2)
LaViedesIdees   17 janvier 2018
À l’heure où les dénonciations de la souffrance animale se font plus vives et où fleurissent les régimes sans viande, comment expliquer la persistance d’une humanité carnivore, ni naturelle, ni rationnelle ?
Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
Bibliobs   20 février 2017
C'est ce voile pudique posé sur le contenu réel de nos assiettes que Florence Burgat nous invite à soulever dans son dernier livre.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
OrgandiOrgandi   13 janvier 2021
Quelques données sur les régimes alimentaires des premiers âges compléteront cet aperçu. Les recherches actuelles permettent de dire que, dans l’alimentation des Australopithèques, huit aliments sur dix furent des plantes, des tubercules et des racines ; un dixième, des insectes ; et le dernier dixième, de petits animaux (rongeurs, reptiles, oiseaux) et des œufs. L’alimentation des premiers hominidés comportait 60 % de plantes et 40 % de viande (issue du charognage et de la chasse). Toumaï, aux dents recouvertes d’un émail épais, seul représentant de sa lignée, fut un consommateur de rhizomes et de racines, mais aussi de fruits et de feuilles tendres. De même les Paranthropes (Afrique du Sud) ont-ils mangé des plantes dures, des arbustes, des racines et des tubercules. Le régime de Homo habilis fut largement omnivore, composé aux deux tiers de végétaux durs et tendres (noix, rhizomes, bourgeons, baies et fruits) ; pour le reste, il aurait charogné et capturé de petites proies. Homo erectus eut une alimentation plus carnivore : il pratiquait activement la chasse des gros animaux et se déplaçait avec ses armes. Les Pithécanthropes (Homo erectus de Java) et les Sinanthropes (Homo erectus de Chine) ont une dentition qui indique un régime essentiellement végétarien composé de noix à grande valeur énergétique et de graines. L’Homme de Broken Hill (- 110 000 ans) se nourrissait essentiellement de végétaux. L’homme de Néandertal fut semble-t-il le plus carnivore de toute la lignée des hominidés, notamment dans les régions nordiques où la recherche de graisse était importante31. C’est enfin le régime de Homo sapiens qui connut les évolutions les plus rapides, puisqu’il passa en peu de temps de la condition de chasseur-cueilleur nomade à celle de cultivateur-éleveur, pour se diriger encore plus rapidement vers une production industrielle de l’ensemble de son alimentation…
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Pourquoi l'humanité est-elle carnivore?
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