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Jean-Paul Jennequin (Traducteur)Anne Capuron (Traducteur)
EAN : 9782756003795
300 pages
Delcourt (08/11/2006)
3.98/5   472 notes
Résumé :

Dans une petite ville américaine, une étrange maladie fait son apparition. Ce mal, vite baptisé « la Crève », affecte exclusivement la population adolescente. Les symptômes, aussi variés qu'imprévisibles, provoquent parfois d'ignobles mutations. Rapidement, les pestiférés s'isolent et tentent de vivre avec cette maladie venue de nulle part.
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
3,98

sur 472 notes
Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça secoue !
C'est une lecture assez dérangeante, ce n'est pas de tout repos, je me suis senti parfois mal à l'aise, mais ce n'est pas pour me déplaire, j'aime de temps en temps être ainsi pris au dépourvu.
Le graphisme est noir, les traits des personnages jouent entre la justesse chirurgicale du coup de crayon et les traits grossiers des visages, ce jeu entre la beauté et la laideur est déconcertant, le noir est dominant, accentuant la noirceur du récit, pas de nuances, juste quelques dégradés en trames de lamelles jouant sur les déliés, comme les gravures de Gustave Doré, mais avec une certaine épaisseur.
L'histoire se passe au Etats-Unis, vers 1974. C'est l'histoire de la jeunesse désoeuvré de cette époque, entre la drogue, les premiers émois sexuels, l'inanité de la vie scolaire et familiale, l'histoire d'une jeunesse perdue, sans but, qui s'autodétruit. Il est aussi question d'une maladie sexuellement transmissible, la “crève”, mais le sujet n'est pas cette épidémie, elle n'est qu'un support pour le propos, on pourrait y voir une allégorie de l'émergence du sida, mais le récit est avant tout centré sur cette jeunesse, on est plus proche de la Fureur de Vivre que de Walking Dead, même si certaine scène sont franchement fantastique et gore, mais pas du gore qui se mesure en hectolitres d'hémoglobine, c'est une horreur sournoise qui met mal à l'aise, un cauchemar visuel.
On n'est jamais dans le spectaculaire et pas plus dans le pathos, le propos est intimiste, on s'attache à ces jeunes, les chapitres alternent entre le personnage féminin et le personnage masculin, on les suit dans cette fuite en avant, et si le graphisme se permet quelques “envolées lyriques”, c'est surtout pour figurer cette lutte intérieure.
Au final, cette histoire est bouleversante et troublante, belle et effrayante, et cela à un niveau que peu d'oeuvres peuvent prétendre.
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Jeune adolescent des seventies vivant dans l'Amérique imaginaire de Charles Burns ? Prenez garde à vos arrières, la crève, aussi appelée « peste ado », se propage à vive allure… Un rapport sexuel avec une personne contaminée, et vous voilà porteur à votre tour de la maladie. Pire, il suffit d'un simple postillon malencontreusement ingurgité pour que le mal se développe…
Vous voilà contaminé… La déchéance physique se manifeste. Singulière, ses symptômes sauront s'exprimer d'une manière différente pour chaque individu infecté. Chez l'un, la maladie se traduira par l'ouverture d'une petite bouche en bas du cou ; pas maline, celle-ci raconte tout ce que le malade essaie de dissimuler dès lors que le sommeil lui fait perdre le contrôle de lui-même. La maladie affublera l'autre d'une petite queue qui se régénère à la moindre tentative de mutilation ; voici une caractéristique qui vaut bien d'être nommée « Dame Lézard »… Bien qu'impressionnantes, ces marques physiques de la maladie peuvent encore être dissimulées. Malheureusement, pour la plupart, le mal se manifeste par des irruptions cutanées monstrueuses, des boursouflures et autres déformations qui font oublier l'humanité originelle des victimes de la crève.



Les monstres ne sont presque jamais rejetés de la société. Ils n'ont pas besoin d'attendre que les autres prennent la mesure puisque, la plupart du temps, ils s'en excluent d'eux-mêmes. Ils préfèrent se regrouper dans des villas abandonnées ou dresser des campements dans les grandes forêts qui entourent leur ville pour mener, ensemble, un mode de vie à la mesure de leur monstruosité. Si la maladie surgit au cours de leur existence comme un cheveu sur la soupe, elle ne semble finalement pas déranger davantage ces adolescents qu'une mauvaise note à l'école, un rendez-vous désastreux ou une soirée pourrie. Elle s'inscrit dans la continuité de leur existence morne, voire, elle se présente à eux comme l'évènement à l'origine d'un nouveau départ. Ce peut être l'occasion de se retirer d'un quotidien confortable mais aseptisé, et de rejoindre l'idéal utopique d'une vie en communauté, proche de la nature. Mais après quelques semaines de camping, l'ennui et les mauvaises habitudes se rappliquent comme dans le passé et les monstres retournent dans le confort moderne des villas qu'ils parasitent en quelques jours. Ils regardent la télé, mangent et se torchent la gueule jusqu'à l'os pour se donner du courage dans l'éventualité de (peut-être ?) baiser. L'insouciance domine, à moins qu'il ne s'agisse de désespoir. La maladie semble n'effrayer personne. Elle consiste seulement à séparer la population en deux clans distincts. Elle est aussi prétexte à l'épanouissement du style de Charles Burns, tout en glauque et en difformité. Dans un style lourd, uniquement fait de noir et de blanc, de grands paysages surréalistes apparaissent parfois avant de se recentrer sur les portraits hideux des pestiférés. Pas de grandes réflexions dans le texte, rien qui ne pourrait laisser penser que la crève saurait induire un changement dans les mentalités de la population. de bout en bout, on reste dans le quotidien crasse.



Alors, pestiféré ? Plusieurs solutions s'offrent à vous : avoir le bonheur de se faire assassiner par un autre malade qui désire vous libérer de votre situation ; avoir le courage de prendre le flingue pour en finir par soi-même ; enfin, se replier loin des autres, et attendre, attendre…
Rien de réjouissant, mais Charles Burns réussit à amener ce constat en restant cohérent d'un bout à l'autre des six tomes qui constituent cette série et à préserver le style inimitable qui est le sien…
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Pour ces lycéens, la vie est belle : amour, sexe et rock'n'roll... et drogues et alcool pour faire bonne mesure. Pourtant, il y a cette crève que ces ados attrapent après un rapport sexuel avec une autre personne touchée. Les symptômes peuvent aussi bien être des éruptions cutanées que des nouveaux appendices poussant sur le corps. Si les premiers repoussent les autres, les seconds peuvent exercer une certaine attraction... On suit quelques jeunes dans leur vie de tous les jours : au lycée, aux fêtes, chez eux... et on découvre ces exclus qui vivent en groupe. On fait vite le lien : ces exclus étaient aussi des lycéens avant ça... Un comics bien pensé par Charles Burns sur le mal de l'époque : le sida. Aux Etats-Unis, il se répandait rapidement dans les années 70 car encore méconnu... J'ai eu mal à m'habituer aux dessins : les garçons ont tous la même coupe de cheveux, seuls les différencient un début de barbichette, un grain de beauté ou autre... Les délires des lycéens sont assez spéciaux aussi avec leurs visions. Black Hole est une histoire effarante sur la vie de ces ados, sur une certaine insouciance des jeunes sur une maladie redoutable mais encore inconnue.
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Un comics sombre, underground et quasi Culte sur la libération de la sexualité des adolescents des années ‘70-‘80 dans un U.S. alors (encore ?, toujours ?) puritain. Sauf que dans cette petite ville et ses environs boisés, mises en scène ici, chaque acte sexuel consommé, la plupart du temps accompagné d'alcool et/ou de drogues, donne lieu à des mutations physiques. Parfois à peine visibles et donc facile à cacher, par moments grotesques. Les jeunes atteints de cette « crève » comme ils l'appellent, sont alors marginalisés et exclus...
Pas difficile de faire une analogie avec le SIDA qui pointait alors le bout de son vilain nez.
En tant que maître du Fantastique glauque, Ch. Burns nous livre ici une critique sociale acerbe, dérangeante et angoissante avec des dessins aux aplats noirs, tantôt réalistes et parfois complètement psychédéliques.
Un album culminant horreur et malaise que j'ai apprécié pour son originalité et son aspect unique.
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Black Hole, c'est un trou noir, un trou sans fond, qui aspire toute joie et vous laisse groggy, halluciné.
Black Hole c'est un roman graphique, d'une infinie noirceur, mais somptueusement mis en images.
Les dessins, très sombres, sont parfaitement clairs et réalistes. le trait reconnaissable entre tous de Charles Burns, dépeint ici la vie des jeunes lycéens des années 70 dans une ville au nord des Etats-Unis, en bord d'océan. On se glisse le soir dans les bois pour fumer et boire des bières tout en flirtant. D'autres encore, expérimentent des drogues.
Mais un danger rôde, un danger invisible : une maladie qui se transmet par les sécrétions corporels. (ça vous rappelle quelque chose...?)
Et cette maladie, quand on l'attrape, on mute... On se transforme en monstre de foire. Certains comme Chris, se mettent à muer, d'autres comme Rob, ont une bouche en plus, d'autres encore ont une queue, ou d'autres appendices incongrus...
Alors votre vie n'est plus la même, vous ne pouvez plus supporter le regard des autres, et vous rejoignez les autres parias dans les bois, ceux-là même qui vous faisaient peur quelques mois auparavant, deviennent vos seuls repères dans ce chaos qu'est devenu votre vie...
Il y a aussi la folie, la haine, et quand même beaucoup d'amour dans l'histoire de ces destins croisés. Une lueur d'espoir peut-être au bout du trou noir...?
Charles Burns nous livre sa vision d'une jeunesse américaine : sauvage et sombre. Et cette maladie, c'est cette espèce de stigmatisation exercée sur les gamins "pas comme les autres", impopulaires... C'est ce qui fait péter les plombs des gamins de Columbine et d'autres lycées... C'est le "freak" qui ne rentre pas dans les standards acceptables et qui est montré du doigt. Et en sous-entendu, si tu fréquentes des freaks, tu risques d'en devenir un...
Un Grand Roman Graphique Noir.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Manger, s'embrasser,
La nuit qui tombait enfin ...
Les premières étoiles qui apparaissaient dans un superbe ciel bleu nuit.

Je n'avais besoin de rien de plus. Même s'il ne m'arrivait jamais plus rien de bien dans la vie,
j'aurai eu cette journée parfaite.
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Les échecs c'est le top... bon les trucs qu'on fait avec les filles, c'est pas mal non plus... le sexe, tout ça... mais les échecs c'est le top !
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- Je ne comprends pas. Pourquoi faut-il que ça se passe comme ça ? Pourquoi faut-il que je subisse toute cette merde ?
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On était dans un cimetière la nuit, entourés d'un million de cadavres... Mais on était vivants... Tellement vivants. Et c'est tout ce qui comptait.
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- Je ne devrais pas être comme ça. J'ai l'air normal mais je ne le suis pas. Je suis un monstre.
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Videos de Charles Burns (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Burns
Dans le cadre du FIFIB, rencontre avec Charles Burns autour de son ouvrage "Dédales" aux éditions Cornélius.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2367867/charles-burns-dedales-volume-1
Notes de musique : © YouTube Audio Library
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