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Jean-Paul Jennequin (Traducteur)Anne Capuron (Traducteur)
ISBN : 2756003794
Éditeur : Delcourt (08/11/2006)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 234 notes)
Résumé :
C'était comme une horrible partie de chat.
On finit par découvrir qu'il s'agissait d'une nouvelle maladie qui n'affectait que les adolescents. On la surnomma la "peste ado" et "la crève". Les symptômes en étaient aussi variés qu'imprévisibles. Certains s'en tiraient à bon compte - quelques bosses ou une vilaine éruption cutanée - d'autres devenaient des monstres ou il leur poussait de nouveaux membres. mais quels que fussent les symptômes, une fois touché, on... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
  11 avril 2012
Jeune adolescent des seventies vivant dans l'Amérique imaginaire de Charles Burns ? Prenez garde à vos arrières, la crève, aussi appelée « peste ado », se propage à vive allure… Un rapport sexuel avec une personne contaminée, et vous voilà porteur à votre tour de la maladie. Pire, il suffit d'un simple postillon malencontreusement ingurgité pour que le mal se développe…
Vous voilà contaminé… La déchéance physique se manifeste. Singulière, ses symptômes sauront s'exprimer d'une manière différente pour chaque individu infecté. Chez l'un, la maladie se traduira par l'ouverture d'une petite bouche en bas du cou ; pas maline, celle-ci raconte tout ce que le malade essaie de dissimuler dès lors que le sommeil lui fait perdre le contrôle de lui-même. La maladie affublera l'autre d'une petite queue qui se régénère à la moindre tentative de mutilation ; voici une caractéristique qui vaut bien d'être nommée « Dame Lézard »… Bien qu'impressionnantes, ces marques physiques de la maladie peuvent encore être dissimulées. Malheureusement, pour la plupart, le mal se manifeste par des irruptions cutanées monstrueuses, des boursouflures et autres déformations qui font oublier l'humanité originelle des victimes de la crève.

Les monstres ne sont presque jamais rejetés de la société. Ils n'ont pas besoin d'attendre que les autres prennent la mesure puisque, la plupart du temps, ils s'en excluent d'eux-mêmes. Ils préfèrent se regrouper dans des villas abandonnées ou dresser des campements dans les grandes forêts qui entourent leur ville pour mener, ensemble, un mode de vie à la mesure de leur monstruosité. Si la maladie surgit au cours de leur existence comme un cheveu sur la soupe, elle ne semble finalement pas déranger davantage ces adolescents qu'une mauvaise note à l'école, un rendez-vous désastreux ou une soirée pourrie. Elle s'inscrit dans la continuité de leur existence morne, voire, elle se présente à eux comme l'évènement à l'origine d'un nouveau départ. Ce peut être l'occasion de se retirer d'un quotidien confortable mais aseptisé, et de rejoindre l'idéal utopique d'une vie en communauté, proche de la nature. Mais après quelques semaines de camping, l'ennui et les mauvaises habitudes se rappliquent comme dans le passé et les monstres retournent dans le confort moderne des villas qu'ils parasitent en quelques jours. Ils regardent la télé, mangent et se torchent la gueule jusqu'à l'os pour se donner du courage dans l'éventualité de (peut-être ?) baiser. L'insouciance domine, à moins qu'il ne s'agisse de désespoir. La maladie semble n'effrayer personne. Elle consiste seulement à séparer la population en deux clans distincts. Elle est aussi prétexte à l'épanouissement du style de Charles Burns, tout en glauque et en difformité. Dans un style lourd, uniquement fait de noir et de blanc, de grands paysages surréalistes apparaissent parfois avant de se recentrer sur les portraits hideux des pestiférés. Pas de grandes réflexions dans le texte, rien qui ne pourrait laisser penser que la crève saurait induire un changement dans les mentalités de la population. de bout en bout, on reste dans le quotidien crasse.

Alors, pestiféré ? Plusieurs solutions s'offrent à vous : avoir le bonheur de se faire assassiner par un autre malade qui désire vous libérer de votre situation ; avoir le courage de prendre le flingue pour en finir par soi-même ; enfin, se replier loin des autres, et attendre, attendre…
Rien de réjouissant, mais Charles Burns réussit à amener ce constat en restant cohérent d'un bout à l'autre des six tomes qui constituent cette série et à préserver le style inimitable qui est le sien…
Lien : http://colimasson.over-blog...
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KrisPy
  25 juillet 2014
Black Hole, c'est un trou noir, un trou sans fond, qui aspire toute joie et vous laisse groggy, halluciné.
Black Hole c'est un roman graphique, d'une infinie noirceur, mais somptueusement mis en images.
Les dessins, très sombres, sont parfaitement clairs et réalistes. le trait reconnaissable entre tous de Charles Burns, dépeint ici la vie des jeunes lycéens des années 70 dans une ville au nord des Etats-Unis, en bord d'océan. On se glisse le soir dans les bois pour fumer et boire des bières tout en flirtant. D'autres encore, expérimentent des drogues.
Mais un danger rôde, un danger invisible : une maladie qui se transmet par les sécrétions corporels. (ça vous rappelle quelque chose...?)
Et cette maladie, quand on l'attrape, on mute... On se transforme en monstre de foire. Certains comme Chris, se mettent à muer, d'autres comme Rob, ont une bouche en plus, d'autres encore ont une queue, ou d'autres appendices incongrus...
Alors votre vie n'est plus la même, vous ne pouvez plus supporter le regard des autres, et vous rejoignez les autres parias dans les bois, ceux-là même qui vous faisaient peur quelques mois auparavant, deviennent vos seuls repères dans ce chaos qu'est devenu votre vie...
Il y a aussi la folie, la haine, et quand même beaucoup d'amour dans l'histoire de ces destins croisés. Une lueur d'espoir peut-être au bout du trou noir...?
Charles Burns nous livre sa vision d'une jeunesse américaine : sauvage et sombre. Et cette maladie, c'est cette espèce de stigmatisation exercée sur les gamins "pas comme les autres", impopulaires... C'est ce qui fait péter les plombs des gamins de Columbine et d'autres lycées... C'est le "freak" qui ne rentre pas dans les standards acceptables et qui est montré du doigt. Et en sous-entendu, si tu fréquentes des freaks, tu risques d'en devenir un...
Un Grand Roman Graphique Noir.
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orhal
  29 août 2007
du noir et du blanc.
Mais surtout du noir pour cet ouvrage dérangeant, hors du temps et de l'espace. On y voit évoluer des adolescents embourbés dans leurs désirs. Jusque là, rien de très nouveau. Oui mais voilà, une nouvelle maladie sexuellement transmissible vient compliquer la donne. Ce virus déchire les chairs, transformant ses porteurs en monstres défigurés. Rejetés par la société, ces jeunes sont tiraillés entre leurs hormones échauffées et la peur de muter. Des excroissances de chairs poussent sur certains, d'autres muent comme des reptiles et d'autres encore voient une nouvelle bouche se former sur leur cou. Les plus visiblement touchés choisissent de se réfugier dans la forêt. Ceux qui ont la chance de pouvoir cacher leurs plaies essaient de conserver une vie normale. Ils essaient de faire la fête à grands coups de drogues et d'alcool. Mais tout les ramène au sexe, à la culpabilité, aux conséquences effroyables. le désir, tournant à l'obsession, est trop souvent plus fort que la crainte. Et personne pour les aider, les adultes sont étrangement absents du récit.
L'auteur ne lâche pas ses personnages, il les traque, les dissèque en même temps que la maladie les envahit. L'amour qui essaie de naître tourne au glauque d'une situation inextricable, où on a honte, où on se cache. le propos n'est pourtant pas misérabiliste. L'oeil de Burns reste neutre, tout en étant légèrement voyeur. L'intimité surréaliste de ces jeunes est sulfureuse, sexuée, affamée et glauque. L'ambiance malsaine colle à la peau du lecteur, tant elle est forte et inédite.
On a l'impression de lire une nouvelle sortie tout droit de la Quatrième Dimension. Et pourtant... Impossible de ne pas faire de parallèle avec le SIDA, qui castre encore bons nombres d'élans aujourd'hui. Cette peste qui continue son massacre. le rappeler n'a rien de superflu.
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trust_me
  20 février 2013
Chris et Keith sont deux lycéens vivant dans la région de Seattle au beau milieu des années 70. Tous deux vont contracter une MST qui fait des ravages parmi la jeunesse locale. La Crève (c'est le nom de cette maladie) provoque des mutations physiques aussi aléatoires qu'incontrôlables et transforment ceux qu'elle contamine en abominables freaks. Pour ne pas subir la vindicte de la population qui les rejette, les malades se réfugient en forêt et vivent en groupe, condamnés à la marginalité. D'abord bien décidés à cacher leur situation, Chris et Keith vont peu à peu sombrer à leur tour, incapables de gérer les conséquences physiques et morales engendrées par la Crève.

Black Hole est un roman graphique fleuve d'une richesse incroyable. Charles Burns y décrit, sous couvert d'un récit à dominante horrifique, l'enfer de l'adolescence : transformation des corps, éveil du désir, peur de l'avenir, violence des rapports sociaux, rien n'est épargné à ces jeunes lycéens en perdition. Sans doute pas un hasard si le récit se déroule pendant les années 70. Burns veut tirer un trait définitif sur le Flower Power de la décennie précédente. le monde n'est pas paix et amour, les jeunes n'ont aucune perspective et les drogues sont souvent le point de départ de mauvais trips où les éléphants roses sont remplacés par d'insupportables cauchemars. Malgré ce nihilisme assumé, Black Hole garde une incontestable part de poésie. Une forme de romantisme à l'ancienne, noir, désespéré, crépusculaire. le dessinateur a lui-même qualifié son oeuvre de « romance d'horreur ». C'est incontestablement la définition la plus juste.

La force du récit tient aussi pour beaucoup dans le trait glacé de Burns. Un noir et blanc d'une vertigineuse profondeur qui vous plonge au coeur des tourments de ces ados attachants. le découpage est pourtant simplissime mais les figures torturées, souvent montrées en gros plan, et le traitement hallucinatoire de certaines scènes ont quelque chose de fascinant. Une espèce d'attirance malsaine, presque morbide, qui hypnotise.
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Shool
  09 février 2013
J'ai lu mon premier Charles BURNS, et c'est une expérience que je tiens à partager avec vous.
Dans Black Hole, on entre dans une Amérique complètement barrée et flippante.
Les ados sont frappés d'une maladie un peu particuliére. Par transmission sexuelle ou par la salive, il peuvent être toucher. COmmence alors le jeu du chat. Mais quand on est chat, on le reste. La meute ne fait qu'augmenter.
Le chat, c'est cette maladie qu'on pourrait bêtement comparée au Sida, mais qui propose des symptômes différents. Décuplés. le chat est composé de différents degrés. Seulement ont juste quelques boutons, d'autres deviennent horriblement monstrueux. Une petite communauté rejetée par la société a décidé de vivre dans les bois, dans des tentes, et de se défoncer et boire à longueur de journée; et de nuit.
Keith, grand tombeur, va dominer l'histoire et avoir plusieurs relations clefs. Nous n'intégrerons pas seulement son esprit, mais aussi celui de plusieurs jeunes. Qu'ils soient atteint ou non de l'épidémie à fuir.
Au milieu d'un monde monstrueux ou la maladie est montrée du doigt, les jeunes passent leur temps raides, que ce soit avec la fumette, l'alcool, ou les drogues dures.
Evidement, Charles BURNS propose des illustrations toutes différentes suivant les esprits, les imaginaires, la réalité et l'hallucination.
L'excitation et le sexe sont parties intégrante de cet ouvrage, mais tout reste dans la beauté de l'horreur.
A travers un scènario tout a fait singulier l'auteur retrace des angoisses communes liées à un âge tout particulier.
Cette BD est un hymne à la vie et au libre arbitre. Choisissez donc votre camp.

B.D. disponible aux éditions Delcourt depuis Novembre 2006 !
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Citations & extraits (4) Ajouter une citation
TristanPichardTristanPichard   27 mars 2015
Les échecs c'est le top... bon les trucs qu'on fait avec les filles, c'est pas mal non plus... le sexe, tout ça... mais les échecs c'est le top !
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GregorGregor   18 septembre 2011
- Je ne comprends pas. Pourquoi faut-il que ça se passe comme ça ? Pourquoi faut-il que je subisse toute cette merde ?
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_j_j   21 juin 2014
On était dans un cimetière la nuit, entourés d'un million de cadavres... Mais on était vivants... Tellement vivants. Et c'est tout ce qui comptait.
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GregorGregor   04 septembre 2011
- Je ne devrais pas être comme ça. J'ai l'air normal mais je ne le suis pas. Je suis un monstre.
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Videos de Charles Burns (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Burns
Exposition "Across Charles Bruns" à Lasécu (Espace d'art contemporain à Lille) du 24 novembre 2012 au 2 février 2013. Commissaire d'exposition : Jean-Jacques Tachdjian.
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